EAUX SULFUREUSES DU DÉPARTEMENT DE LA HAUTE-GARONNE
BASNÈRES- DE - LUCHON.
Parmi les stations thermales des Pyrénées , il n'en est pas de plus importante que celle dont nous allons nous occuper. Ici , en effet, on rencontre les sources les plus sulfureuses de toute la chaîne ; on y trouve, en outre, des sources moins riches en principes actifs, et qu'on peut classer parmi les eaux de force moyenne, et des sources faiblement minéralisées; on y rencontre enfin des eaux qui ont la propriété de subir une décomposition telle qu'une partie du soufre qu'elles renfermaient primitivement à l'état de sulfure de sodium , devenant libre, se trouve suspendue dans l'eau minérale et lui donne l'aspect d'une émulsion. Les bains d'eau blanche, qui ont l'apparence de bains de lait, sont fort recherchés par les malades.
Parmi les sources de Bagnères-de-Luchon , il en est dont la température est assez élevée pour qu'on puisse, à leur aide, utiliser le calorique sous toutes les formes et à tous les degrés auxquels on a recours dans les établissements d'hydrothérapie ; les unes , très-chaudes et fortement minéralisées, se prêtent au traitement des maladies qui exigent l'emploi de beaucoup de chaleur et de beaucoup de soufre (sources Bayen , Pré n° 1); d'autres, très-chaudes mais beaucoup moins sulfureuses, conviennent pour le
traitement des affections qui exigent l'emploi de beaucoup de chaleur et d'une proportion moindre de soufre (Grotte supérieure); d'autres joignent à l'avantage d'être très-riches en principe sulfureux , celui d'avoir une température peu élevée et de permettre de donner aux malades peu de chaleur et beaucoup de soufre (Bordeu n° 1, Sengez n° 1). On trouve enfin, dans cette localité privilégiée, des sources à basse température et peu minéralisées. Le passage des sources chaudes aux sources froides, des sources fortes aux sources faibles, a lieu par une série de nuances ou de dégradations successives qui multiplie les ressources que les médecins peuvent utiliser.
Ajoutons à cela que, grâces à la haute intelligence de l'administration municipale de Bagnèresde-Luchon , grâces aux efforts personnels de M. Tron , maire de cette ville, les ressources les plus variées se trouveront réunies dans le magnifique établissement dont la construction a été confiée à M. Chambert , l'un des plus habiles architectes du Midi ; et dans lequel les sources ont été conduites et aménagées avec une rare perfection par M. François.
A ces nombreux avantages, Bagnéres-de-Luchon joint celui d'être placée dans l'une des plus gracieuses vallées de toute la chaîne.
Les malades qui ne peuvent pas , sans inconvénient, gravir des pentes un peu rapides, et qui ont cependant besoin de faire beaucoup d'exercice, peu-
vent parcourir le bassin dans lequel est bâtie la petite ville de Bagnères , et y faire de longues promenades sur un sol si peu accidenté, que l'on peut dire de ce bassin qu'il constitue une petite plaine située au milieu des montagnes.
Ceux qui ne craignent ni la fatigue ni les émotions vives trouveront sur les sommets des monts voisins les points de vue les plus ravissants. Je ne ferai que citer , parmi les localités que visitent habituellement les étrangers , le port de Vénasque , d'où l'on aperçoit clans son entier la Maladetta et ses immenses glaciers que les plus hardis, j'allais dire les plus téméraires, se hasardent quelquefois à traverser pour gravir jusqu'au sommet du pic Néthou (le plus élevé de la chaîne); le pic de Céciré, d'où l'on jouit à la fois de la vue de la plaine et de celle d'un nombre considérable de vallées , dont les plus gracieuses sont celles d'Oueil et de Larboust; l'Entécade, où l'on aperçoit, dans presque toute son étendue, la vallée d'Aran ; le pic de Bocanère et le Monné, qui, se trouvant placés en quelque sorte sur le premier plan des Pyrénées, permettent d'avoir une vue d'ensemble des principales montagnes qui constituent cette chaîne. Je citerai encore, comme de charmantes promenades , celles de la vallée du Lys , du lac d'Oo, de la vallée d'Aran , etc.
Les eaux de Bagnères-de-Luchon , si variées par dles-mêmes, emprunteront une valeur nouvelle aux ressources balnéaires qui se trouvent rassemblées dans cette belle localité.
On en jugera par la description suivante que j'emprunte à MM. Chambert et François (1) .
Considérés dans leur ensemble, les thermes de Luchon comprennent : 1° des galeries souterraines creusées dans la montagne dont quelques-unes sont taillées dans le granit lui-même. Ces galeries ont servi à poursuivre presque toutes les sources supérieures jusqu'à leur sortie de la roche en place où elles ont été captées avec le plus grand soin ; elles présentent un développement d'environ 890 mètres courants, les sources supérieures s'y trouvant disposées dans l'ordre suivant, en allant du nord au sud : Richard tempérée, Richard supérieure, Azémar, Reine, Bayen, Grotte supérieure, Blanche, Enceinte, Ferras ancienne, Ferras nouvelle, Lachapelle, Bosquet, Sengez, Bordeu,Pré. Ces galeries ont, dans presque toute leur étendue, une hauteur suffisante pour qu'on puisse s'y promener debout. Elles ont été appropriées, dans une étendue d'environ 210 mètres, pour salles d'inhalation et étuves sèches. A l'entrée de la galerie de la Reine se trouve une salle de forme semi-circulaire , au milieu de laquelle est disposé un tambour muni d'ouvertures qui peuvent être fermées , soit partiellement, soit en totalité, à l'aide d'un registre mobile qui permet de répandre dans cette salle une quantité variable de vapeur sulfureuse. La température de l'air s'y élève jusqu'à 46° centigrades
(1) Voir à la fin de l'ouvrage le plan de l'établissement.
quand la vapeur d'eau minérale s'y répand librement. Une petite galerie latérale sert de vestiaire, et peut au besoin être utilisée comme salle de repos. La galerie de l'Enceinte pourrait d'ailleurs fournir au besoin une salle de repos d'autant plus convenable que sa température étant moins élevée que celle de la salle d'étuve , les malades éprouveraient , en sortant des galeries , une transition moins brusque et par conséquent moins dangereuse que s'ils fussent sortis directement.
Voici les températures qu'indiquait mon thermomètre, le 13 mai 1853, dans les principales galeries , les portes extérieures étant ouvertes :
Enceinte. ..:.... 24°.
Blanche 25,40.
Reine 33,00.
Grotte 31,00.
Richard supérieure. . 32,20.
Les portes étant fermées :
Reine 39,80.
Grotte 40,20.
2° Quatorze buvettes , situées entre les galeries souterraines et leurs réservoirs , sur un plein-pied de 500 mètres de développement qui peut servir de promenade aux buveurs.
Ces buvettes sont entretenues par les sources suivantes : Richard supérieure , Richard tempérée , Reine, Grotte supérieure, Blanche, Enceinte, Ferras ancienne, Ferras nouvelle, Etigny n° 1,
Songez n° 1, Borcleu n° 1, Pré n° 1, Pré n° 2, Source ferrugineuse.
L'eau de certaines buvettes (Pré n° 1) est refroidie par serpentinage, et peut être bue sans mélange d'eau froide.
3° Dix-neuf réservoirs, dont quelques-uns (celui de la Reine pour bains) communiqueront avec des gazomètres à air désoxygéné ; ce qui permettra de conserver l'eau dans ces réservoirs aussi bien que si elle était enfermée dans des bouteilles pleines et parfaitement bouchées.
Le bâtiment thermal comprend :
1° Une vaste salle de pas-perdus communiquant,, par deux belles galeries transversales avec toutes les parties des thermes; elle se termine par un grand escalier central qui conduit aux salles d'inhalation , aux buvettes supérieures , aux réservoirs et aux étuves souterraines.
2° Sept salles de bains qui constituent autant de pavillons isolés. Parmi ces salles, les unes ont leur voûte très-élevée, ce qui amoindrit considérablement l'altération de l'air par les vapeurs sulfureuses; les autres ont des voûtes plus basses et en quelque sorte déprimées, ce qui favorise l'élévation de température et l'action de l'acide sulfhydrique sur les malades.
Dans les salles à voûte élevée , il en est qui contiennent des cabinets de bains dépourvus de voûtes et recouverts par de simples tentures en coutil ; d'autres ont des voûtes partielles; d'autres, enfin , des voûtes complètes.
Dans les salles à voûte déprimée se trouvent des cabinets de bains à voûte surbaissée, fort analogues à ceux de Baréges.
Les eaux sont divisées dans ces salles, dételle sorte que chacune d'elles puisse, suivant que l'exigent la saison, l'état du ciel ou les indications médicales , être prise avec ou sans buée de vapeur , et dans une atmosphère dont la richesse en principe sulfureux est réglée , pour ainsi dire , à volonté.
Les salles et les cabinets sont pourvus de moyens d'aérage disposés de telle manière , qu'il n'est pas possible que les baigneurs éprouvent des variations de température trop brusques (1).
Les salles n° 1 et 2 reçoivent, d'une part, les sources du Pré, de Borcleu et du Bosquet; d'autre part, celles de Ferras et d'Etigny. La salle n° 1 a des cabinets à voûtes pleines et à voûtes partielles; ceux de la salle n° 2 sont recouverts par des tentures en coutil.
Au centre, et symétriquement par rapport à Taxe des thermes , sont groupées les salles n° 3, 4, 5 et 6, desservies par les sources de la Reine, la Grotte inférieure, la Blanche et Azémar. Chacune de ces salles a un caractère particulier et une destination
(1) 11 résulte de la disposition des salles et des cabinets de bains , que les malades trouveront, en entrant dans l'établissement , un air dont la température et la richesse en principe sulfureux iront croisssant jusque dans le cabinet des bains. Ce sera l'inverse à la sortie. Cette disposition , conforme aux données de la science , fait honneur à l'archictecle.
spéciale; ainsi la salle n° 3 est à voûte déprimée et à cabinets voûtés, tous pourvus de douches diverses de force moyenne alimentées par la Reine. La salle n° 4 est à voûte élevée avec des cabinets à voûte entière ou partielle. Les salles nos 5 et 6 sont alimentées par les sources de la Reine , de la Grotte inférieure et de la Blanche; mais les deux premières y seront facultativement refroidies par serpentinage. La salle n° 5 est à voûte déprimée , et les cabinets y sont à voûte pleine; les appareils à douches y sont entretenus par la source Azémar et la Froide. La salle n° 6 est à voûte élevée , et les cabinets y sont recouverts par une simple tenture en coutil. La salle n° 7 reçoit les eaux de Richard supérieure et de Richard inférieure (n° 2).
Enfin , une salle spéciale , alimentée par l'eau des sources Richard , sera disposée pour les dames et alimentée par les mêmes eaux que la précédente ; elle recevra, en outre , la source Richard inférieure n° 1. Une salle particulière est destinée aux indigents. Les baignoires, au nombre de cent une, sont en marbre ; toutes sont munies de douches locales mobiles et des douches d'injection ; 23 sont pourvues de douches ordinaires diverses.
Toutes ces baignoires reçoivent l'eau, à leur partie inférieure et latérale, par une bague fdetée qui permet d'y adapter facultativement des appareils à douches locales mobiles, comprenant toutes les douches locales diverses et les douches d'injection de toute sorte.
3° Cinq grandes douches (douche jumelle, douche écossaise , et douche de pression ) ;
4° Trois piscines, de quinze places chacune; l'une d'elles est destinée au service des indigents;
5° Trois douches ascendantes fixes , facultativement sulfureuses ou émollientes;
6° Une douche locale fixe ou de lotion ;
7° Des étuves, bains et douches de vapeurs totaux ou partiels , deux bains russes, avec cabinets de repos , alimentés à volonté par des vapeurs sulfureuses ou par des vapeurs salines fournies par deux générateurs ;
8° Une piscine gymnastique et natatoire ;
9° Sept buvettes inférieures, groupées le long du corridor des douches.
Les eaux sont dirigées du point d'émergence aux réservoirs dans des tuyaux en porcelaine , pour les sources les plus rapprochées, et dans des caniveaux hermétiques en bois injecté, pour les plus éloignées. Depuis les réservoirs jusqu'aux lieux d'emploi, les eaux sont conduites dans des tuyaux en bois injecté. Ces tuyaux ont l'avantage de conserver mieux que ceux de plomb la température du liquide minéral.
Toutes les baignoires admettant l'eau par la partie inférieure, on évite l'introduction d'une quantité notable d'air dans le bain , et on empêche la destruction rapide du sulfure.
Les grandes douches et les bains chauds avec douches fortes sont alimentés par les sources de la
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Grotte supérieure, de Bayen , de la Reine et d'Azemar.
La douche locale fixe reçoit les eaux d'Etigny.
Les douches ascendantes sont entretenues par les •■aux d'Etigny , de Ferras, et de Richard tempérées; elles peuvent aussi être alimentées par des' mélanges mucilagineux et émollients.
Les étuves souterraines sont échauffées par la portion des eaux de la Reine et de Bayen, destinées aux douches. Les étuves inférieures reçoivent au passage les trop pleins des buvettes et sources inférieures, ainsi que ceux des réservoirs chauds, qui, de là, se rendent aux réservoirs des piscines. Elles seront d'ailleurs munies d'appareils qui permettront d'y développer à volonté des vapeurs sulfureuses.
La piscine de natation sera alimentée à l'avant et à l'arrière de la saison par les eaux des sources de Richard , de la Reine et de la Froide. Pendant la saison, elle recevra la Froide qui, comme on le sait, est une eau saline que l'on entretiendra à une température convenable par des jets de vapeur fournis par un générateur placé sous le grand escalier de la salle des pas perdus.
Telles sont, en abrégé, les ressources balnéaires dont on peut disposer à Bagnères-de-Luchon. Passons maintenant à l'examen des propriétés physiques et chimiques des eaux de cette localité.
Chargé, en 1849, par le Conseil municipal de Bagnères-de-Luehon , (l'étudier les sources ther-
maies que possède cette commune, j'ai consacré environ quatre ans à leur examen; j'ai passé, à plusieurs reprises , des mois entiers sur les lieux pour y étudier la composition des eaux, les variations qu'elles éprouvent dans les diverses saisons, les moyens qu'il convient d'employer pour prévenir leur altération , etc. Mes recherches ont fait le sujet de plusieurs Mémoires que j'ai adressés à l'Institut, à l'Académie impériale de Médecine et au Conseil supérieur d'Hygiène. Les encouragements flatteurs qui m'ont été accordés par ces compagnies savantes m'ayant autorisé à croire que les résulats que j'ai obtenus ne sont pas absolument dépourvus d'intérêt, j'ai cru devoir entrer, à propos de ces eaux , que j'ai beaucoup mieux étudiées que celles des autres localités thermales, dans des détails assez circonstanciés. Je décrirai donc avec soin les propriétés des eaux de Bagnères-de-Luchon , et je les considé rerai comme un type auquel je rapporterai les autres eaux sulfureuses de la chaîne, en ayant soin de faire ressortir de mon mieux les analogies et les différences qu'elles présentent.
. Les sources minérales que possède la commune de Bagnères-de-Luchon sont fort nombreuses : on peut les diviser comme il suit :
1° Eaux sulfureuses ;
2° Eaux salines ( sulfureuses dégénérées) ;
3° Eaux ferrugineuses.
Les sources sulfureuses sont actuellement au nombre de 38, dont 22 ont été découvertes par M. Fran-
cois, depuis 1848. Ces 38 sources constituent la série d'eaux sulfureuses la plus belle et la plus complète qui soit connue ; la richesse de certaines sources est telle qu'aucune autre localité des Pyrénées ne peut être comparée , sous ce rapport , à Bagnères-de-Luchon. Le débit de l'ensemble des sources s'élève à environ 416 mille litres en 24 heures à l'étiage, et à 472 mille litres lors des grandes infiltrations.
Analyse qualitative des eaux de Bagnères-de- Luchon.
Ces eaux sont limpides, incolores, elles exhalent une odeur prononcée d'oeufs couvés ; leur saveur est franchement hépatique, leur densité est un peu plus forte que celle de l'eau distillée. Ces eaux laissent dégager à leurs griffons une quantité assez notable d'azote; on trouve dans les conduits de quelques-unes d'entre elles (Sengez , Bosquet) des dépôts abondants de glairine, tantôt colorée en noir par un peu de sulfure de fer, tantôt grisâtre et translucide; dans d'autres, des filaments de sulfuraire d'une belle blancheur. Quelques-unes de ces sources (Pré n° 1, Bordeu n° 1 , Reine, Grotte supérieure, Richard supérieure ) dégagent dans leurs conduits et dans leurs réservoirs une quantité assez notable d'acide sulfhydrique ; cet aeide, étant décomposé par l'air dans certains points, produit de l'eau et des dépôts de soufre qu'on remarque sur la
partie supérieure des conduits , ou sur les voûtes des réservoirs dans des endroits que le niveau de l'eau sulfureuse n'atteint jamais. Les portions de roche , qui sont dans les galeries souterraines où coulent les sources étant soumises à l'action simultanée de l'air, de l'acide sulfhydrique et de la vapeur d'eau à une température élevée, sont vive^ ment attaquées par les vapeurs et se recouvrent d'efflorescences cristallines, dont je ferai connaître plus loin la composition.
Soumises à l'action de la chaleur, à l'abri du contact de l'air, les eaux de Luchon laissent dégager, quelques instants avant d'entrer en ébullition, une petite quantité de gaz; le dégagement devient plus rapide quand l'eau commence de bouillir, mais il semble cesser bientôt après ; cependant , si l'on entretient l'ébullition, de très-petites bulles continuent de se dégager en même temps que la vapeur d'eau , et ce dégagement, lent et presque insensible, dure jusqu'au moment où le principe sulfureux a été complètement détruit, ce qui exige un temps fort long.
Si l'on examine l'eau qui reste après que tout dégagement de gaz a cessé, on ne lui trouve plus ni l'odeur ni la saveur qui la caractérisaient; elle ne précipite plus en noir les sels de plomb, l'élément sulfureux semble s'être dissipé tout entier sous la forme gazeuse. Une recherche attentive prouve cependant que le résidu contient un peu plus d'hyposulfite de soude que n'en renfermait l'eau avant
d'avoir été ainsi altérée. Le gaz qui s'est dégagé est absorbé en partie par les sels de plomb qu'il précipite en noir; la partie non absorbée possède tous les caractères de l'azote; je n'ai jamais pu y reconnaître la présence de l'acide carbonique (1). La vapeur d'eau qui se condense pendant cette opération fournit un liquide possédant tous les caractères d'une solution d'acide sulfhydrique.
Si, au lieu de faire bouillir l'eau minérale pendant longtemps, on n'entretient l'ébullition que pendant quelques instants, le gaz qui se dégage est formé presque en totalité par de l'azote , et ne contient que des traces d'acide sulfbydrique.
Si, après avoir désulfuré de l'eau minérale par un sel de plomb ou d'argent , on la fait bouillir sur-lechamp dans un appareil convenable, elle fournit un gaz qui est un mélange à proportions variables d'azote et d'oxygène.
J'ai remarqué que l'eau de certaines sources était plus riche en oxygène à l'époque de la fonte des neiges qu'à toute autre époque. Le tableau suivant peut donner une idée de ces variations.
L'analyse a été faite en absorbant l'oxygène par le phosphore; le volume du gaz est rapporté à la température de zéro et à la pression de 0,76.
J'ai fait moi-même la majeure partie de ces analyses ; quelques-unes ont été faites à ma demande
(1) Les eaux de Bonnes, de Baréges et de Saint-Sauveur donnent un gaz qui contient un peu d'acide carbonique.
par M. François. J'ai joint à l'examen des gaz tenus en dissolution par l'eau minérale celui des gaz que contenaient à la même époque les eaux froides environnantes.
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