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*ï6(j ANALYSE QUANTITATIVE
analyse quantitative de l'eau prise sur les lieux d'emploi.
J'ai fait connaître, dans l'article précédent, les résultats de l'analyse de l'eau des principales sources de Bagnères-de-Luchon , prise à son point d'émergence ; je vais nïoccuper actuellement de la composition de l'eau minérale, prise sur les lieux d'emploi (buvettes, douches, baignoires, etc.).
Ce que j'ai exposé plus haut, relativement à l'altération qu'éprouvent les eaux sulfureuses lorsqu'elles subissent le contact de l'air, suffit pour faire prévoir qu'elles doivent rarement parvenir sur les lieux d'emploi sans avoir subi des modifications plus ou moins profondes, qui ont dû très-probablement leur communiquer des propriétés différentes de celles que possédait l'eau minérale à son griffon.
Il importe de préciser la nature et le degré de ces altérations ; car , si l'on veut se rendre un compte exact de la manière, dont les eaux sulfureuses agissent sur les malades, des causes qui font que les eaux de telle localité conviennent mieux que celles de telle autre au traitement de certaines affections, ou que, dans la même localité, certaines sources agissent autrement que d'autres, qui, prises à leur griffon , possèdent une composition chimique sensiblement égale, on n'y parviendra qu'à la condition de connaître d'une manière parfaite les différences, souvent notables, que ces sources présentent
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quand elles sont parvenues dans les lieux où le malade doit utiliser leurs propriétés.
Dans le courant de l'année 1852, j'ai consacré un temps fort considérable à l'examen de l'eau prise aux buvettes, au robinet des douches, dans les baignoires, dans les piscines, etc. J'ai examiné un à un les mélanges que l'on prescrit habituellement aux malades; j'ai étudié avec soin l'altération qu'éprouve l'eau minérale pendant les divers trajets qu'on est forcé de lui faire subir; j'ai suivi aussi avec intérêt les altérations qu'elle éprouve dans la baignoire pendant la durée du bain, et j'ai pu observer des faits qui me paraissent mériter d'attirer très-sérieusement l'attention des praticiens.
Le dosage du soufre contenu dans l'eau des diverses sources de Bagnères-de-Luchon , prise sur les lieux d'emploi ,. a été exécuté à l'aide de la méthode suivante : J'ai versé dans 10 litres de chacune des eaux que je voulais analyser un excès d'acétate de zinc très-pur; j'ai recueilli avec soin le précipité de sulfure de zinc sur un filtre, et je l'ai lavé avec de l'eau bien privée d'air. Le filtre encore humide a été introduit ensuite dans un malras contenant de l'eau régale pure , et j'ai maintenu le tout en ébullition pendant plusieurs heures pour transformer le sulfure de zinc en sulfate. Lorsque l'opération avait été assez longtemps continuée pour que je pusse considérer comme certain que tout le sulfure avait été complètement oxydé, j'étendais la liqueur avec de l'eau distillée , je la filtrais et j'avais
soin de laver le filtre jusqu'à ce que l'eau de lavage ne fût plus troublée par son mélange avec une solution de chlorure de barium.
La quantité d'acide sulfurique contenue dans la liqueur filtrée était ensuite déterminée cà la manière ordinaire et faisait connaître la proportion de soufre que renfermait l'eau sulfureuse. Il est aisé de comprendre qu'en opérant ainsi on dose exactement le soufre contenu dans le sulfure alcalin, quand même celui-ci est un polysulfure et qu'on ne touche ni aux hyposulfites ni aux sulfates que l'eau peut renfermer.
J'ai dû choisir un sel de zinc pour décomposer le sulfure de sodium, parce que les sels solubles d'argent, mis en présence des hyposulfites alcalins, donnent un précipité de sulfure d'argent qui, s'ajoutant à celui qui provient de la décomposition du sulfure alcalin, devient une cause d'erreur. Les sels de plomb donnent un précipité qui contient te soufre des sulfures et des sulfates; quant aux sels de cuivre, ils fournissent un sulfure tellement altérable, qu'on ne peut pas le laver au contact de l'air sans éprouver une perte sensible. Le sulfite et l'hyposulfite de zinc étant solubles dans l'eau, et le sulfure de zinc pouvant être lavé sans éprouver une perte appréciable, j'avais l'avantage de ne précipiter que le soufre du sulfure, et de laisser en dissolution celui qui existe dans l'eau sous un autre état.
Mais le poids du sulfate de baryte obtenu par cette méthode ne nous ferait connaître exactement celui
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(lu sulfure alcalin que renferme l'eau qu'autant que ce dernier s'y trouverait à l'état de monc-sulfure; ce qui n'arrive presque jamais sur les lieux d'emploi. Il faut donc, pour compléter l'analyse, rechercher quelle est la quantité de sodium qui était combinée avec le soufre dont l'essai précédent a fait connaître la proportion. Pour cela, j'ai eu recours à des essais sulfhydrométriques, combinés de manière à isoler, par une série d'opérations convenables , la portion d'iode qui est absorbée par le sulfure de sodium de celle qui a été employée à décomposer l'hyposulfite, le carbonate ou le silicate de soude. Ma méthode consiste à faire:
i° Un essai sulfhydrométrique à la manière ordinaire ;
2° Un essai sur de l'eau mêlée avec un excès de chlorure de barium pour éliminer l'erreur introduite dans le premier essai par le carbonate ou le silicate alcalin ;
3° Un essai sur de l'eau désulfurée par l'acétate de zinc et filtrée. L'eau, ainsi préparée, ne contient plus ni sulfure de sodium, ni carbonate, ni silicate de soude, etla quantité d'iode qu'elle absorbe revient toute entière au sulfite ou à l'hyposulfite de soude.
Je rapporterai tout-à-1'heure les résultats de ces expériences ; mais je dois auparavant faire connaître les noms des sources qui arrivent sans mélange sur les lieux d'emploi , et la manière dont les autres sont associées avant de parvenir aux douches, cabinets de bains, etc.
Les sources qui arrivent sans mélange au robinet des baignoires sont: la Reine, la Grotte inférieure, Richard inférieure. La source Blanche est tempérée dès sa sortie du rocher par une quantité d'eau froide suffisante pour que sa température s'abaisse jusqu'à 38 ou 39° centigrades. L'eau froide, qui est riche en oxygène et en silice, favorise le blanchiment. L'ancienne source Blanche était formée par un filet de la Reine qui se mêlait avec un filet d'eau froide. On n'a donc fait qu'imiter la nature.
Les sources Ferras ancienne , Ferras nouvelle et de l'Enceinte sont mêlées , et constituent le bain Ferras.
Le mélange des sources Richard supérieure et Azémar a lieu dans les galeries souterraines, et parvient à la buvette et aux baignoires sous le nom de Richard supérieure ou de Richard nouvelle.
Le mélange des numéros 1,2, 3 et 4 de Bordeu avec les numéros 1, 2 et 3 du Pré, constitue le bain de Bordeu.
Les sources du Bosquet, réunies à la source de Lachapelle, constituent le bain du Bosquet.
Les sources d'Etigny, numéros 1 et 2, sont mêlées pour former le bain d'Etigny.
Les sources de Sengez , réunies au numéro 5 -de Bordeu et au numéro 4 du Pré, fournissent un mélange qui blanchit très-facilement, et peut au besoin être versé dans le réservoir de la Blanche.
Le même cabinet recevant l'eau de plusieurs sources minérales , ou plusieurs des mélanges que je
ROUI DES SOURCES