‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 47 sur 88 · O.IIII · texte numérisé non relu

O.IIII

lli.12

Au griffon.

Au regard dans les galerie

Au sortir des galeries.

A la burette.

Au robinet des baignoires

Au regard.

A la buvette.

Au robinet des baignoires

Au lia

aprèsôh.d'exp.

Au regard.

a la buvette.

Au griffon.

binet des baign

Au griffon

Au regard

A la buvette.

obineldes baign

Au griffon.

A fa buvette.

Au griffon

\ la buvette

Au griffon

\ la buvette.

ul.

id.

A la buvette.

Au griffon

td A la buvette.

Au griffon A la buvette.

Au griffon.

id.

ariabli'

Explication des abrtriations Huv. — Buvette, lia. — Bains.

H. — Douches.

I). L. — Douches locales.

I). A. — Doucfles ascendantes.

■ Elnv

Quand plusieurs sources portent le i nom, jedésigne toujours la plus cl par le n" 1 , et la moins rhauilr |

chiffre le plus élevé.

'eau blanche esl melee. a sa sorti, grillon, avec une ouanlilé d'eau froide, suffisante pour abaisser sa température a 37" centigrades On favorise air blanchiment.

viens d'indiquer, le médecin peut y faire varier la composition du bain dans des limites très-étendues ; ainsi il peut administrer à son malade; Un mélange de Reine et Froide ,

— Reine et Blanche,

— Reine, Blanche et Froide,

— Grotte et Froide,

— Reine, Grotte et Froide,

— Reine, Blanche, Grotte et Froide,

— Richard inférieure et Froide ,

— Richard inférieure , Richard supé-

rieure et Froide,

— Bosquet et Froide ,

— Bordeu et Froide,

— Bordeu , Bosquet et Froide ,

— Etigny et Froide,

— Ferras et Etigny.

Le tableau ci-contre fait connaître les noms de toutes les sources sulfureuses de Bagnères-de-Luchon , leur température, leur degré sulfhydrométrique brut, leur volume, leur destination, les changements qu'elles éprouvent en allant de leur griffon vers les lieux d'emploi , leur alcalinité (1) , et enfin îa nature du sol au point d'émergence.

Le tableau suivant indique la quantité réelle de sulfure de sodium, d'hyposulfite de soude et de carbonates ou silicates alcalins ou alcalino-terreux que.

(1) On a vu plus haut comment je mesure l'alcalinité de l'eau.

renferme un bain de 300 litres préparé avec l'eau des principales sources, et amené à la température de 35° par l'addition d'une quantité suffisante d'eau froide.

NOMS

sulfur um

s uu b; très.

salca bain, quivale de anh

des SOURCES.

uantilé c

de so

tenue da

de 300

OBSERVATIONS

Qua uten ntée rbon

5gr.875

a » tS

Reine. . . .

lgr

Les données du calcul sont les suivantes :

Richard sup.

La température de l'eau

Richard inf.

froide est de + 18°.

Grotte iiifér.

On suppose que le bain

Bordeu. . .

contient 300 lit. d'eau , el

Bosquet. . .

Eligny. . .

que sa tempérai ure est portée à 35° par l'addition d'un1

froide.

Quand la température de

Blanche. . .

variable

l'eau minérale est inférieure

à + 35°, on suppose que le

bain est donné avec l'eau

minérale pure.

La température de l'eau de ces sources étant connue, il sera facile de calculer la richesse en sulfure de sodium de chacun des mélanges qu'on peut effectuer en les associant d'une manière quelconque pour préparer un bain à 35° ou à toute autre température.

Quand on examine les eaux sulfureuses sur les lieux d'emploi , la quantité de sulfure de sodium indiquée par le degré sulfhydrométrique brut est, en général, supérieure à celle qui existe réellement dans l'eau; ainsi, l'erreur s'élève à près d'un cin-

DE L'EAU PRISE SUR LES LIEUX D'EMPLOI. ~21o

quième pour la source Bordeu prise au robinet des baignoires ; elle est d'un sixième pour la source de la Reine, de sept centièmes pour la source du Bosquet, de près de moitié pour la source Ferras, de cinquante-cinq millièmes pour la Grotte inférieure, de dix-huit centièmes pour la source d'Etigny, de quarante-trois centièmes pour la source Blanche.

Il résulte clairement des recherches qui précèdent que les eaux prises sur les lieux d'emploi sont riches en hyposulfite, sulfate, carbonate et silicate de soude. Or, l'hyposulfite, le carbonate et le silicate ne se trouvent qu'en si faible quantité dans l'eau prise au griffon, qu'on a pu prétendre successivement que l'alcalinité des eaux sulfureuses était due à de la soude caustique, à du carbonate ou à du silicate de cette base.

Evidemment, les longues discussions qui ont eu lieu à ce sujet n'auraient pas pu se produire si les sels à réaction alcaline qui accompagnent le sulfure de sodium eussent été aussi abondants que l'ont prétendu certains auteurs. Il est d'ailleurs facile de s'assurer, à l'aide des moyens qu'ont indiqués MM. Boullay et 0. Henry , que l'eau prise au griffon ne renferme que des quantités à peine appréciables de polysulfure. Nous avons vu plus haut qu'il est possible d'y découvrir l'existence d'une trace d'hyposulfite de soude, mais qu'on n'y parvient qu'en réduisant le liquide à un très-petit volume, tandis que cette concentration n'est plus nécessaire quand il s'agit de l'eau prise sur les lieux d'emploi*

J'ai montré, en traitant de l'analyse qualitative des eaux de Bagnères-de-Luchon , que ces eaux contiennent du sulfite et non pas seulement de l'hyposulfite de soude , comme on le croit généralement. Ce fait est d'autant plus singulier que lorsqu'on exposé à l'air une dissolution de monosulfure de sodium , elle ne tarde pas à contenir de l'hyposulfite de soude, tandis que lorsqu'il s'agit des eaux minérales de Bagnères-de-Luchon , même très-profondément altérées par l'air , il s'y produit une proportion notable de sulfite de soude. Je crois pourtant que les considérations suivantes permettent d'expliquer cette anomalie apparente.

Si l'on abandonne au contact de l'air une solution concentrée de monosulfure de sodium jusqu'à ce que la presque totalité du sulfure ait été détruite, il s'y forme des cristaux incolores qui renferment beaucoup de sulfate et un peu d'hyposulfite de soude, on n'y trouve que des traces de sulfite alcalin. Le sulfate de soude qui se produit dans ce liquide étant neutre ne peut pas provenir de l'oxydation d'un hvposulfite alcalin ordinaire qui aurait la formula S^O'NaO.

Le sulfite neutre de soude peut, au contraire, lui avoir donné naissance par une oxydation directe. Si l'on se rappelle l'extrême facilité avec laquelle les sulfites se transforment en sulfates quand ils subissent en même temps le contact de l'eau et celui de l'air , on trouvera qu'il est assez rationnel d'admettre que le sulfure avant de se transformer en sulfate

a passé par l'état de sulfite. On s'explique alors pourquoi l'existence du sulfite de soude est facile à constater dans les solutions de sulfure de sodium qui ont subi le contact de l'air, et pourquoi ce sel n'y est jamais très-abondant, puisqu'il se détruit presque aussitôt après s'être formé.

Mais si , comme cela se présente pour les eaux minérales dont nous nous occupons, une oxydation incomplète de la majeure partie du sulfure s'effectue d'une manière rapide, le sulfite n'aura pas eu le temps de subir la transformation en sulfate , et on le trouvera en proportion assez marquée dans l'eau ainsi altérée. M. Aubergier avait vu cette production du sulfite de soude et il l'a signalée le premier à l'attention des chimistes (1).

Les chiffres que j'ai donnés plus haut représentent donc le poids d'un mélange de sulfite et d'hyposulfite de soude qui existe dans l'eau minérale, et non pas seulement celui de l'hyposulfite.

Les tableaux qui précèdent montrent que l'eau de plusieurs sources n'arrive à sa destination qu'après avoir subi des modifications profondes qui sont quelquefois regrettables, mais qui d'autres fois sont assez utiles pour que, bien loin de chercher à les empêcher de se produire, on doive tâcher de les favoriser et de les rendre parfaitement uniformes. Nous venons de voir que les eaux sulfureuses dégé-

(1) Revue scientifique et indust., I. IV, p. 227.

nérées contiennent, à une certaine période de leur formation, du sulfite et de l'hyposulfite de soude qui sont loin d'être inactifs, surtout si, comme c'est le cas pour le bain Bordeu, à Luchon, la proportion de ces sels y est un peu considérable. C'est probablement à leur présence qu'il faut attribuer l'activité de certaines sources très-sulfureuses qui arrivent sur les lieux d'emploi complètement dépouillées de sulfure de sodium et jouissent , malgré cela, d'une efficacité très-prononcée. Dans l'ouvrage remarquable qu'il a publié sur les eaux minérales de France , de Belgique , d'Allemagne , de Savoie, etc., M. Constantin James s'exprime ainsi à propos des eaux d'Aix-la-Chapelle (1) :

«Toutes ces sources, et nous prendrons pour » type celle de l'Empereur, qui est la plus chaude et » la plus minéralisée, laissent dégager une forte » odeur d'hydrogène sulfuré. L'eau , vue dans les » réservoirs, a une couleur un peu verdâtre ; mais, » recueillie dans un verre, elle est limpide et par- » faitement incolore ; des bulles de gaz la traver- » sent dans tous les sens. Son goût, tant soit peu » salé, rappelle assez celui d'un bouillon faible, » sans offrir cette saveur d'œufs couvés si désagréa- » ble dans certaines sources sulfureuses.

» Et d'abord les eaux d'Aix-la-Chapelle appar- » tiennent-elles réellement à la classe des eaux sul- » fureuses? Jetez un simple coup-d'œil sur la source

(1) Lac. cit., p. 303 et suiv.

DE L'EAU PRISE SUR LES LIEUX d'eMPLOÎ. 277

» de l'Empereur , vous verrez l'énorme quantité de » soufre qui la tapisse et qui se renouvelle rapide- » ment a mesure qu'on l'enlève. D'ailleurs, les ana- » lyses récentes de M. Liebig ont prouvé que cette » eau renferme une proportion considérable de sul- » Aire et de gaz sulfhydrique. Poser la question » dans ces termes, c'est donc la résoudre; mais » l'eau minérale a une température trop élevée pour » qu'elle puisse être employée en bains, immédia te- » ment à sa sortie du sol. Il faut la laisser refroidir » ou la refroidir artificiellement en y ajoutant de » l'eau froide pour la ramener au degré convena- » ble. Or, ace moment, c'est-à-dire à l'instant où » le malade entre dans le bain, l'eau conserve-t-elle » encore quelques-uns de ses principes sulfureux ? » M. Fontan déclare que non , et voici les raisons » sur lesquelles il s'appuie :

» Il fait d'abord remarquer combien le soufre » contenu dans ces eaux est volatil , puisqu'il s'en » dégage de véritables masses à leur point d'émer- » gence. A cette première perte, qui est nécessaire- » ment considérable, il faut joindre encore celle que » fait éprouver le refroidissement. Comment, en effet, » expliquer autrement, que par l'altération du prin- » cipe sulfureux, la teinte laiteuse et blanchâtre que » l'eau minérale prend dans la baignoire? Enfin , » et ceci est beaucoup plus grave , le même obser- » vateur affirme n'avoir pu , à l'aide des réactifs » les plus sensibles , retrouver dans cette eau fa » moindre trace de principes sulfureux.

» D'où M. Fontan conclut « que la source de » l'Empereur, qui passe pour être une des plus sul-

» fureuses de l'Europe , perd, par la simple chute de

» l'eau dans la baignoire , tout son principe sulfu-

» reux , et que l'eau de cette source devient dans

» le bain une simple source salée , chloro-natreuse,

» comme elle était à son origine, avant d'avoir

» contracté un peu de sulfure par son passage à

» travers de matières organiques.»

» Quelque rigoureuse et quelque logique que pa-

» raisse être, chimiquement parlant, cette déduc-

« tion , j'avoue qu'il m'est impossible d'en accepter

» d'une manière aussi absolue les applications à la

» thérapeutique ; en supposant que l'eau , analysée

» dans ces conditions , ne contienne plus de soufre

» accessible à nos instruments , il reste encore

t> l'épreuve clinique , et celle-là est la plus impor-

» tante: le soufre, par cela seul qu'il a séjourné

» dans l'eau minérale , qu'il a circulé avec elle, qu'il

» a formé un de ses principes constituants, n'a-t-il

» pas pu lui communiquer des- vertus spéciales ,

» perceptibles seulement pour nos organes? Le corps

* de. l'homme est souvent, dans ce cas, le meilleur » des réactifs : Or , il est d'observation que les ■» eaux d' Aix-la-Chapelle sont utiles pour beaucoup » d' affections dans lesquelles les eaux sulfureuses » sont indiquées , et où les eaux simplement sali- •» nés auraient été impuissantes. Je crois donc

• que, tout en tenant compte des observations de » M. Fontan, il ne faut pas non plus éliminer entiè-

» rement ces sources de la classe des eaux sulfu- » reuses. »

Je partage complètement l'avis de M. Constantin James ; mais je vais plus loin que lui , et je n'hésite pas à déclarer que cette eau ne doit pas être complètement'dépouillée de tout ce qui communique aux eaux sulfureuses ordinaires une partie de leurs vertus. Quelque rapide que soit la décomposition d'une eau sulfureuse thermale , il faut encore beaucoup de temps pour qu'elle parvienne au point où une analyse exécutée avec soin n'y décèle aucune trace de sulfite ou d'hyposulfite, et je suis intimement convaincu que ces sels communiquent à l'eau d'Aix une portion de son activité.

Je me fonde surtout sur ce que cette eau devient laiteuse dans la baignoire , ce qui lui donne une certaine ressemblance avec l'eau Blanche de Bagnères-de-Luchon. Une eau sulfureusequi devient blanche dans la baignoire est un véritable lait de soufre qui doit bien avoir ses qualités particulières. L'eau de Luchon, quand elle a blanchi, n'est pas absolument sans action sur les réactifs qui accusent l'existence des sulfures alcalins ; mais elle renferme si peu de ces derniers qu'il est fort probable qu'elle agit bien plutôt sur les malades par le soufre trèsdivisé qu'elle tient en suspension et par le sulfite et l'hyposulfite de soude que par les traces de sulfure de sodium qu'elle retient encore.

Le docteur Astrié, qui a soutenu devant la Faculté de Médecine de Paris, une thèse fort remar-

quable (1) sur la médication thermale appliquée, n'a pas négligé de tenir compte de l'action que peuvent exercer sur les malades le sulfite et l'hyposulfite de soude ; il a fait, à ce sujet, des expériences fort curieuses dont les résultats méritent d'être rapportés.

M. Astrié rappelle d'abord que le sulfure de sodium, quand il est pris à l'intérieur à faibles doses, est absorbé ; mais qu'il résulte des expériences que M. Bonjean a faites sur l'eau sulfureo-alcaline de Challes, en Savoie, que ce composé est immédiatement détruit dans la circulation , sous l'influence de l'oxygénation pulmonaire, et tend à passera l'état d'hyposulfite et de sulfite; c'est , en effet , dans cet état qu'on le retrouve dans les urines. M. Astrié est porté à penser, et M. Mialhe adopte aussi , dit-il. cette opinion , qu'une certaine quantité du sulfure absorbé laisse dégager dans le torrent circulatoire de l'hydrogène sulfuré sous l'influence de l'acide carbonique dissous en assez forte proportion dans le sang, tandis que le reste du sulfure s'oxygène de plus en plus.

Les hyposulfites et les sulfites, dit M. Astrié, se rencontrent en quantité appréciable dans beaucoup d'eaux sulfureuses des Pyrénées. Leur action chimico-physiologique a été établie par des essais répétés, desquels il est résulté:

(1) De la médication thermale sulfureuse appliquée , p. 228 el suiv.

Que ces deux sels agissent à peu près de la mémo manière ;

Qu'ils sont rapidement absorbés ;

Qu'ils exercent sur les matières mucoïdes et albuminoïdes la même action fluidifiante que les sulfures, mais à un moindre degré ;

Que les réactions sontplus nettes et plus promptes avec les sulfites qu'avec les hyposulfites ;

Que les hyposulfite et sulfite de soude éclaircissent , fluidifient le sang, et lui donnent une teinte rosée très-belle qu'il conserve.

Ces sels n'ont, ainsi que les sulfures, qu'une action dissolvante faible sur les caillots fibrinosanguins.

L'on connaît l'action du sulfate et de l'hyposulfile de soude sur les globules du sang auxquels ils conservent leurs formes et leurs propriétés , fait qui pourrait jouer un rôle important dans la reconstitution de l'élément globulaire altéré dans quelques cachexies.

Dans l'intoxication mercurielle , le précipité albumino-mercuriel que tend à former le deutochlorure de mercure est nettement redissous dans l'albumine de l'œuf et dans le sang par le sulfite de soude avec transparence parfaite et limpidité de la solution ; pareille chose a lieu avec l'hyposulfite , mais la liqueur reste souvent un peu louche , tandis qu'avec les sulfures alcalins elle prend une couleur brune.

Lorsqu'on remplace , dans les mêmes conditions , les sels de mercure par ceux de plomb, on voit le

magma albumino-plombique s'éeiaircir et devenir îluide. Les sels sulfureux paraissent avoir une grande affinité pour l'albumine, mais dans la solution fluidifiée restent des molécules sulfo-plombiques en suspension ; celles -ci peuvent , par un excès de liquide, s'atténuer et se dissoudre en grande partie.

Lorsqu'on verse dans un coagulum , formé par l'alcool et l'albumine, les sulfites, hyposulfites et sulfures alcalins, on obtient une fluidification pareille de la liqueur. Semblable effet s'obtient avec l'ammoniaque, qui est, on le sait, l'antidote des intoxications alcooliques aiguës (ivresse).

Action dynamique :

Le sulfite ou l'hyposulfite de soude, pris à l'intérieur, produisent sur l'organisme des phénomènes d'excitation générale analogues à ceux que provoque l'ingestion des sulfures alcalins ; mais ces phénomènes sont beaucoup moins marqués qu'après l'usage de ces derniers ; l'action de l'hyposulfite ou du sulfite est plus douce ; elle irrite rarement les premières voies, l'appétit est provoqué sans ardeur épigastrique; le cours des urines augmente presque toujours d'une manière notable.

Action thérapeutique :

M. Astrié conclut de ce qui précède, que le sulfite et l'hyposulfite de soude, considérés au point de vue de leur action thérapeutique, doivent prendre place à côté du sulfure de sodium. Je suis convaincu , ditil, que beaucoup d'eaux sulfureuses , dépourvues de goût et de réaction sulfurée, doivent aux hypo-

sulfites et aux sulfites quelles contiennent le pria lècje de participer à l'action des eaux sulfurées dans le traitement des maladies qui réclament leur emploi ; c'est ainsi que je comprends l'action des sources de Nossa , près de Vinça, de l'eau bleue àAx,debien d'autres sources, plus ou moins désulfurées , et celle des sulfureuses dégénérées , appliquée à la curation des maladies dartreuses et catarrhales , etc.

M. Astrié a cherché à déterminer quelle est l'action chimique en vertu de laquelle les eaux sulfureuses s'opposent d'une manière si efficace aux effets de l'intoxication mercurielle dans le traitement de la syphilis par le mercure.

Loin des eaux sulfureuses, les accidents que détermine l'usage des préparations mercurielles : salivation , stomatite, colique, diarrhée, etc. , sont combattus avec succès par des médications très-variées. M. Ricord emploie de préférence le soufre sous forme d'opiat et la limonade nitrique ; mais le soufre peut faire mieux, il peut prévenir ces accidents, et c'est chose remarquable que de ne pas les voir se produire pendant l'usage des eaux sulfureuses. S'il en est ainsi , dit M. Astrié, c'est qu'il se forme un composé albumineux, sulfureo-mercuriel très-soluble et très-facile à éliminer, et que les excrétions urinaires et cutanées augmentées entraînent une partie plus considérable du composé mercuriel introduit dans l'économie, ce qui empêche les résultats malheureux de son accumulation.

D'après M. Pages, les eaux de Barèges guérissent l'intoxication mercurielle.

M. Fontan a observé que les malades ne salivent pas, quand ils suivent un traitement mercuriel, en faisant usage des eaux sulfureuses en boissons et en bains; ceux qui étaient déjà atteints d'une salivation guérissent sous l'influence des eaux et peuvent reprendre le traitement, après quelques jours, sans que l'accident se reproduise.

Les désordres qui résultent de l'intoxication mercurielle sont assez graves pour qu'on nous pardonne d'insister autant sur l'action qu'exercent les eaux sulfureuses sur les malheureux qui en sont atteints.

La stomatite, le ptyalisme, l'haleine fétide, le ramollissement des gencives, la diarrhée, une fièvre irrégulière, un trouble plus ou moins profond de-* fonctions digestives , des nécroses des os maxillaires , un tremblement général qui affecte surtout ceux qui ont respiré des vapeurs mercurielles ( doreurs, étameurs, chapeliers), des hémorrhagies, des troubles cérébraux, etc. , constituent le triste cortège des accidents qui accompagnent l'intoxication mercurielle. L'expérience prouve que les composés mercuriels séjournent longtemps clans l'économie : leur élimination s'effectue avec une lenteur telle qu'on a douté pendant longtemps de l'existence du mercure dans les sécrétions des individus qui étaient soumis à un traitement mercuriel.

Les eaux sulfureuses favorisent cette élimination de deux manières :

DE L'EAU PKISE SLR LES LIELX D'EMPLOI. 285

1° En rendant plus soluble le composé mercuriel qui était fixé dans les organes ;

'2° En donnant en même temps aux organes sécréteurs une plus grande activité.

M. Astrié cite, comme preuve du mode d'action des eaux sulfureuses, deux cas fort extraordinaires qui ont été observés à Baréges par M. Pages. Il s'agit de deux individus qui avaient autrefois abuse du mercure, mais qui avaient cessé d'en faire usage, l'un depuis dix-huit mois, l'autre depuis quatorze. M. Pages s'était assuré que dans cet intervalle ils avaient été complètement soustraits à tout traitement mercuriel. Chez tous deux le traitement sulfureux détermina , dès les premiers jours de son application , une salivation avec tous les accidents de la stomatite mercurielle diphtéritique , qui fut guérie ensuite huit à quinze jours après par l'usage des mêmes eaux qui l'avaient provoquée. (Communication faite à M. Astrié par M. Guenau de Mussy.)

L'élimination du composé mercuriel, redissous e! réintroduit dans la circulation , paraît ici s'être faite principalement par la muqueuse buccale et les glandes salivaires qui sont, comme on le sait, les appareils qu'affecte plus spécialement le mercure.

Il résulte donc des expériences de M. Astrié, que le sulfure de sodium, l'hyposulfite ou mieux encore le sulfite de soude dissolvent les composés insolubles que les matières albuminoïdes forment avec les préparations mercurielles; mais puisque le sulfure de sodium, quand il a été introduit dans le sang,

passe rapidement à l'état d'hyposulfite ou de sulfite de soude, c'est surtout à ces derniers sels, que nous retrouvons dans l'urine en quantité notable, que nous devons attribuer l'élimination du poison. L'existence de l'hyposulfite ou du sulfite alcalin dans ces eaux est donc loin d'être indifférente pour le médecin , et je ne suis pas éloigné de croire que , dans bien des cas, des malades dont l'état pourrait être avantageusement modifié par l'action des sulfites, retireront un meilleur effet de l'usage des eaux dans lesquelles ils trouvent ce sel tout formé, que de celui des eaux qui renferment un sulfure dont la transformation en sulfite dans l'économie constitue une cause d'amoindrissement de l'hématose qu'il serait peut-être quelquefois important d'éviter.

On s'est demandé bien souvent pourquoi les eaux sulfureuses artificielles ne produisent pas à beaucoup près les mêmes effets que les eaux naturelles: la raison en est pourtant bien simple, car rien ne ressemble moins au liquide sulfureux que nous trouvons préparé par la nature que ces bains artificiels ou ces boissons dans lesquels on n'introduit, ni la silice, ni les sulfites, ni la matière organique qui existent dans les eaux naturelles, parlant toujours de ce principe éminemment faux que les eaux sulfureuses n'agissent sur l'économie que par le sulfure de sodium ou par les sels à réaction alcaline (carbonate ou silicate de soude) qui l'accompagnent. Les faits observés par le docteur Astrié jettent un jour tout nouveau sur les causes de l'action des eaux

sulfureuses dans le traitement de l'intoxication mercurielle; le sulfite et l'hyposulfite de soude se comportent, d'après lui, absolument comme le fait l'iodure de potassium dont M. Melsens a conseillé depuis longtemps l'usage pour faciliter l'élimination du plomb fixé dans la trame des tissus chez les ouvriers atteints de l'intoxication saturnine.

Ce jeune et habile médecin tire de ses expériences les conclusions suivantes:

« 1° C'est une erreur de croire que les prépara- » tions sulfureuses agissent en neutralisant, par » formation d'un sulfure insoluble, l'excès des sels » mercuriels;

» 2° Lorsqu'à la suite de l'emploi prolongé des » mercuriaux, il survient des accidents de satura- » tion et de cachexie jnercurielle, les eaux sulfu- » rées par les sulfures et surtout par les sulfites et » les hyposulfites qu'elles introduisent dans le sang » et dans les trames organiques (comme je l'ai éta- » bli expérimentalement), rendent solubles les com- » posés albumino-hydrargiriques, qui fixent les » sels de mercure dans les tissus, et facilitent leur » élimination sous forme de composés solubles que » la suractivité imprimée aux excrétions cutanées , » urinaires et muqueuses ne laissent plus séjourner » longtemps dans l'économie ;

» 3° L'expulsion graduelle, et dans des conditions; » très-favorables, des composés mercuriels, dont la » présence prolongée dans l'économie troublait les «fonctions générales, rend compte de l'efficacité

» des eaux sulfureuses pour prévenir les accidents » d'accumulation toxique et pour guérir la cachexie » mercurielle, etc.... (1). »

Les eaux sulfureuses-sodiques, outre le surcroit des émonctions qu'elles produisent et qui souvent , il faut le dire, suffit à remédier aux accidents, ont une action directe sur le composé mercuriel dont elles facilitent l'élimination définitive par de larges surfaces.

Les effets de l'intoxication plombique peuvent être combattus et détruits par la médication sulfureuse, absolument comme ceux de l'intoxication mercurielle. M. Aslrié a vu, en effet, que les précipitésque produisent les sels de plomb dans les solutions de matières albuminoïdes se dissolvent à la faveur des sulfures, des sulfites ou des hyposulfites ; d'où il résulte que ces derniers agissent, pour favoriser l'expulsion du poison, d'une manière analogue à Tiodure de potassium.

Ces observations sont parfaitement d'accord avec les idées de M. Mialhe ; elles expliquent d'une manière satisfaisante pourquoi l'on peut obtenir de si bons effets de l'emploi des préparations sulfureuses dans le traitement de la colique saturnine. Ces essais fort curieux nous montrent qu'il faut distinguer dans l'action des sels mercuriels, comme dans celle de la plupart desmédicaments dépurateurs : 1° l'action exercée sur le virus ou l'élément morbi-

(1) Loc. cit., p. 233.

fique de celle qui résulte du séjour prolongé de ces corps dans les organes ; les sels mercuriels administrés de concert avec les eaux sulfureuses circulent dans l'économie sans s'y arrêter; ils saisissent au passage (qu'on me passe cette expression) le virus qu'on voulait détruire et l'entraînent audehors avec eux.

Il est curieux de voir un sel aussi réducteur que le sulfite de soude traverser le système circulatoire sans y être brûlé, alors que nous savons que son exposition à l'air libre suffit pour le transformer en peu de temps en sulfate de soude.

J'ai insisté beaucoup sur le rôle des sulfites , parce qu'il m'a paru être plus considérable qu'on ne l'avait cru jusqu'à ce jour, et qu'il justifie ce que j'ai dit dans le courant de ce chapitre, à savoir qu'il ne serait peut-être pas aussi rationnel qu'on le croit généralement, et qu'on le dit partout , en quelque sorte par habitude, de préserver toutes les eaux sulfureuses, d'une manière absolue, du contact de l'air.

L'eau qui constitue le bain Bordeu, à Luchon , est très-riche en sulfure de sodium, et elle contient en même temps une forte proportion de sulfite et d'hyposulfite de soude ; il serait facile d'augmenter la proportion du sulfure en diminuant celle des sulfite et hyposulfite; il suffirait pour cela d'empêcher l'air d'agir sur l'eau sulfureuse pendant son trajet ; et cependant après avoir vu la préférence bien marqué que beaucoup de médecins et de malades accordent au bain Bordeu sur les autres , je

290 ANLYSE QUANTITATIVE DE L'EAU El

n'oserais pas conseiller de faire disparaître le sulfite et l'hyposulfite pour rendre les bains un peu plus sulfureux. Il est à remarquer que le bain Bordeu est encore , malgré cette altération de L'eau , l'un des plus riches en sulfure de sodium parmi ceux qui sont administrés dans les Pyrénées.

A mon avis , quand on a un grand nombre de sources sulfureuses à sa disposition, comme c'est le cas à Bagnères-de-Luchon, à Ax, et dans plusieurs établissements des Pyrénées-Orientales, on doit tâcher de disposer les choses de manière à pouvoir administrer de l'eau sulfureuse aussi pure que possible en même temps que d'autres eaux altérées à des degrés variés. Agir autrement serait se priver sans motif légitime de ressources qui peuvent être précieuses dans beaucoup de cas.

Les détails dans lesquels je viens d'entrer suffisent, si je ne m'abuse, pour fixer les médecins sur les changements les plus essentiels qu'ont subis les eaux de Bagnères-de-Luchon lorsqu'elles sont parvenues sur les lieux d'emploi.

Je ne me suis occupé que du sulfure et des produits qui résultent de l'action de l'air ou des éléments de l'eau minérale sur ce composé, parce que les autres principes contenus dans l'eau prise suites lieux d'emploi n'ont pas éprouvé de changement, et que leur proportion y est sensiblement la même, quel que soit l'endroit où elle est prise pour être analysée.

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