NOUS
NOMS
des
des
SOCRCES.
-al
AUTECHS.
ex -3
Le Tambour
Sr
gr
gr
(gr. douche).
Filhol. — 1850.
L'Entrée. . .
Ginlrac. — 1841.
Lachapelle. .
Polard.. . .
id. id.
Bain neuf. .
Gintrac. — 1841.
Le Fond. . .
id: id.
Dassieu. . .
Genecy. . .
Constantin James.
Plusieurs chimistes se sont occupés de l'analyse des eaux de Baréges : les uns n'ont déterminé que leur température et leur richesse en principe sulfureux (Fontan, Gintrac, Constantin James, Lambron) ; les autres ( Longchamps , O. Henry et Boullay) ont fait l'analyse complète de l'eau de quelques sources. D'après M. Longchamps (1), 1 litre d'eau de la source du Tambour renferme :
(1) Annuaire des eaux minérales de France.
EAUX SULFl'RF.USES
Sulfure de sodium.. . . 0 gr. 042100
Sulfate de soude. ... 0 050042
Chlorure de sodium. . . 0 040050
Silice 0 067826
Chaux 0 002902
Magnésie 0 000344
Soude caustique. ... 0 005100
Potasse caustique. . . . traces.
Ammoniaque Id.
Barégine Id.
0 gr. 208364 M. 0. Henry, dont les recherches ont porté sur l'eau de la source de l'Entrée, lui assigne la composition suivante (1):
Sulfure de sodium. ... 0 gr. 0360
Sulfate de soude 0 0300
Carbonate et silicate de soude. 0 0240 Chlorure de sodium. ... 0 0219 Matière organique. . . . j
Iode \ traces.
Chaux et magnésie.. . . \
0 gr. 1119 Les analyses que je viens de rapprocher ont fourni des résultats tellement discordants, que je ne puis m'empêcher de faire ressortir les différences qu'elles présentent. La proportion de silice indiquée par M. Longchamps est à peu près six fois plus forte que
(1) Joum. de Cltim. et de Pharm-, t. II, p.
celle qui a été trouvée par MM. Henry et Boullay ; il est vrai que les analyses n'ont pas porté sur les mêmes sources, mais j'ai bien de la peine à croire qu'il existe entre ces eaux des différences aussi considérables. Mes recherches m'ont conduit à admettre que, dans chaque localité, les sources présentent une analogie de composition bien marquée.
Les eaux de Baréges ne me paraissent pas suffisamment connues au point de vue chimique. D'après l'analyse de MM. Boullay et Henry, que je crois plus exacte que celle de M. Longchamps, elles ne renfermeraient pas le moindre excès de silice, et ce fait, qui peut expliquer pourquoi ces eaux, quoique très-sulfureuses , ne blanchissent jamais, me paraîtrait mériter d'être mieux étudié.
Mes expériences me font considérer les sources de Baréges comme plus alcalines que beaucoup d'autres; j'ai montré plus haut qu'elles dépassaient, sous ce rapport, les eaux de Bagnères-de-Luchon.
Les eaux de Baréges m'ont paru beaucoup moins altérables que celles de Bagnères-de-Luchon et de Cauterets. Ces eaux sont, il est vrai, captées de telle manière que les griffons naissent dans les réservoirs eux-mêmes, et les cabinets de bains étant adossés aux réservoirs, l'eau coule, pour ainsi dire, du griffon dans la baignoire. Il est donc très-naturel que cette eau n'ait éprouvé dans son court trajet qu'une altération inappréciable; mais il n'en est pas de même de celle qui est destinée à l'entretien des piscines, puisqu'elle provient en grande partie de la vidange des
baignoires; celle-ci présente clans les piscines une couleur jaune-verdâtre qui annonce qu'elle renferme un polysulfure, et pourtant elle ne blanchit jamais. Lorsque je visitai Baréges, en octobre 1850, je fus frappé du peu d'altération que subissaient les eaux sulfureuses de cette station thermale lorsqu'elles étaient exposées à l'air. L'eau de la piscine militaire absorbait 75 milligr. d'iode par litre; ce qui indiquerait une richesse en sulfure de sodium égale à 0 gr. 0230, c'est-à-dire peu éloignée de celle de l'eau vierge qui coule dans les baignoires. Si l'on essayait à Bagnères-cle-Luchon d'entretenir les piscines avec de l'eau qui aurait passé par les baignoires, on y donnerait des bains d'eau blanche dont le degré sulfhydrométrique serait presque nul , et dont l'activité serait bien moindre qu'à Baréges.
J'ai dît plus haut que j'attribuais cette stabilité à ce que les eaux de Baréges ne contiennent pas de silice libre ou de silicate acide. Ces eaux ne fournissent pas d'incrustations de soufre, quoique quelques-unes d'entre elles soient aussi chaudes et aussi sulfureuses que celles qui en fournissent à Luchon. Ce qui contribue encore beaucoup au maintien de l'élément sulfureux pendant la durée des bains, c'est que la plupart des eaux de Baréges , ayant une température voisine de celle du corps humain, sont administrées sans mélange d'eau froide; aussi, quoique les sources de Baréges soient pour la plupart beaucoup moins sulfureuses que celles de Bagnèresde-Luchon, les bains qu'on y donne sont-ils près-
que tous aussi riches en sulfure de sodium que ceux de cette dernière localité. On en jugera par les chiffres suivants :
Noms
des SOURCES.
Quantité de sulfure
de sodium
contenue dans un
baiu de 300 litres
à la température de
35 à 36 degrés.
OBSERVATIONS
. Bain neuf. . . .
Le Fond
Lachapelle (1). .
Bain neuf. . . .
9 gr. 012
(1) Température du baiu 31,00.
Comme on le voit, les bains de Baréges sont aussi riches et même plus riches en sulfure alcalin que la plupart de ceux de Luchon. (Il faut pourtant en excepter les bains qu'on donne quelquefois dans cette dernière localité avec l'eau de la Grotte inférieure refroidie sans mélange; ces bains contiennent une quantité de sulfure qui dépasse 15 grammes.)
Ce qui manque aux sources de Baréges, c'est cette variété dans les températures et les sulfurations que nous avons rencontrée dans les deux stations thermales précédemment étudiées. Baréges est complètement dépourvue de ces eaux douces et hyposthénisantes , et de ces eaux de force moyenne dont l'usage gradué permet aux malades d'arriver sans inconvénient à celui des eaux le plus fortement
minéralisées. Aussi les eaux de Baréges sont-elles considérées comme très-excitantes , et je suis convaincu qu'elles le seraient bien davantage encore si elles avaient, comme celles de Bagnères-de-Luchon, la propriété de laisser dégager de l'acide sulfhydrique en grande quantité. Ce que je viens de dire peut sembler assez extraordinaire, puisque l'acide sulfhydrique passe pour exercer une action hyposthénisante; mais les considérations qui suivent permettent de se rendre compte de l'excitation produite par les eaux qui versent dans l'atmosphère une grande quantité de cet acide.
Il est admis par tous les praticiens que le soufre, lorsqu'il est pris à l'intérieur, même à faible dose, agit comme un excitant très-énergique. Il est parfaitement démontré que le soufre mou , provenant de la décomposition à froid de certains sulfures par les acides , agit à dose beaucoup plus faible que le soufre ordinaire. On sait enfin , depuis longtemps, que le soufre très-divisé qu'on obtient en versant un acide dans une dissolution de quintisulfure de potassium ou de calcium ( magistère de soufre) est beaucoup plus actif que la fleur de soufre. D'après cela, plus ce corps est divisé, plus son absorption est prompte et son action énergique. Cela posé, recherchons ce qui doit arriver si l'on plonge deux malades différents, l'un dans un bain préparé avec une eau riche en sulfure de sodium , mais peu altérable et ne laissant dégager que des traces d'acide sulfhydrique , l'autre dans un bain qui
contient une dose de sulfure égale à celle du premier, mais qui, renfermant, en outre, de la silice, verse dans l'atmosphère beaucoup d'hydrogène sulfuré. Chez le premier de ces malades, l'absorption du soufre aura lieu à peu près exclusivement par la peau , et , comme cette absorption s'exerce avec lenteur, la quantité de soufre introduite dans l'économie sera très-faible. En revanche, le sulfure de sodium, n'étant détruit qu'en minime partie pendant la durée du bain , pourra exercer son action d'une manière continue et avec une intensité peu variable sur les plaies , les ulcères, etc., qu'il s'agissait de guérir. Son action, sans être exclusivement locale, ne se fera sentir dans toute l'économie qu'au bout d'un certain temps. Chez le second, l'absorption du soufre aura lieu , en partie par la peau , en partie par les voies respiratoires ; l'absorption de l'acide sulfhydrique par les poumons introduira , au bout de peu de temps , dans le sang plus de soufre que n'eût pu y en introduire l'absorption par la surface cutanée. La première action sera sans doute celle qu'on attribue à l'acide sulfhydrique; mais bientôt cet acide, ayant été décomposé par l'oxygène du soufre , deviendra libre dans le sang lui-même , et les phénomènes d'excitation ne tarderont pas à se faire sentir ; mais ce bain s'appauvrissant d'une manière rapide ne sera pas, à beaucoup près, aussi efficace que le premier, s'il s'agit de traiter une affection locale qui exige le contact prolongé du sulfure avec la partie malade.
Si nous appliquons ces idées aux eaux de Baréges , nous pourrons nous rendre compte de l'efficacité, en quelque sorte merveilleuse, de ces eaux dans le traitement des vieilles blessures , des plaies d'armes à feu , des plaies fistuleuses, des ulcères atoniques, variqueux, des caries des os, etc.
Les eaux de Baréges , mieux que d'autres , facilitent l'élimination des corps étrangers ; la plupart des guérisons signalées par des médecins honorables et très-dignes de foi tiennent vraiment du prodige.
Ces eaux peuvent aussi rendre de grands services dans le traitement des scrofules, des maladies de la peau, des rhumatismes et de la plupart des affections qu'on traite avec succès par les eaux sulfureuses en général, et surtout par les eaux fortement sulfureuses ; mais ce qui les distingue des autres, c'est leur supériorité incontestable dans le traitementdes affections qui exigent, pour être guéries, une action plutôt locale que générale. Il est bien entendu qu'en disant ceci je n'entends nullement établir que les eaux de Baréges n'exercent pas une action générale sur l'économie ; je veux seulement établir qu'elles l'emportent sur les autres sous le rapport de l'action locale.
Le tableau suivant, que j'emprunte au rapport de M. Pâtissier (1), pourra donner une idée du nombre et de la nature des affections qui sont traitées dans cette localité.
(I) Rapport sur le service médical des établissements thermaux en France, par le docteur Pâtissier. Paris 1851.
TABLEAU récapitulatif des maladies traitées à Baréges pendant les années 1848 et 1849, par M. Pages.
NOMS
des