‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 57 sur 88 · EAUX-CHAUDES · texte numérisé non relu

EAUX-CHAUDES

Les Eaux-Chaudes sont situées dans la partie supérieure de la vallée d'Ossau : une route pratiquée sur le flanc de la montagne, route qui est une œuvre d'art, pleine de hardiesse et de beauté , rend l'accès du vilhige très-facile.

Les sources des Eaux-Chaudes sont au nombre de

six.

Le tableau suivant fait connaître leur température, leur richesse en sulfure et en chlorure de sodium , et leur alcalinité :

NOMS des

SOCRCES.

§Ji

S S Ju

Quantité de carbonate ou silicate alcalin, représeutée par soh équivalent ou carbonate de soude.

Clôt

Le Rey. . . . t .

0 gr. 0090 0 0098 0 0083 0 0080 0 0083 0 0043

0 gr. 0997 0 0909

0 gr. 0960 0 0945 0 0900 0 1050

J'ai analysé, en 1852, l'eau de la source Baudot . et je lui ai trouvé la composition suivante :

Sulfure de sodium 0,0087

Chlorure de sodium. ... 0,1150

Sulfate de chaux 0,1030

Silicate de chaux 0,0050

— de magnésie. . . j

„ , . I traces.

— d alumine. ...»

Sulfate de soude. ..... 0,0420

Carbonate de soude. . . . 0,0350

Iode traces sensibles.

Toutes les sources contiennent en plus ou moins grande quantité et laissent déposer cette matière

pseudo-organique connue sous les noms de barégine ou de glairine.

Les Eaux-Chaudes conviennent dans le traitement de la plupart des maladies qui réclament l'emploi des eaux sulfureuses en général. D'après M. Isarié , médecin-inspecteur de ces eaux , les affections contre lesquelles on peut les employer plus spécialement sont (1) : les rhumatismes chroniques , articulaires ou musculaires ; la sciatique , principalement quand elle est liée à une diathèse rhumatismale; la goutte, les ulcères et les plaies d'une cicatrisation difficile. Les névralgies de l'estomac et du tube digestif ne leur résistent pas quand la source qui convient à ce genre de traite ment est bien choisie. La scrofule, clans ses formes nombreuses, comme les engorgements lymphatiques, les ophthalmies scrofuleuses, cède aussi à la médication par les Eaux-Chaudes. La dysménorrhée, et les accidents produits par la suppression du flux hémorrhoïdal , cèdent le plus souvent à leur action, car il est rare qu'elles ne rappellent pas ces écoulements. Enfin, elles décentralisent les principes herpétique et syphilitique en les portant sur la peau, et aident à leur guérison.

Voici les propriétés spéciales de chacune de ces sources :

L'eau du Clôt est la plus excitante. Elle agit sur-

(1) Aperçu historique, topograpliiqitc et médical sur les Eai:x-Chaudes , par le docteur Isarié , p. 37 el suiv. , 1852.

tout avec force pour combattre les rhumatismes, rappeler le flux menstruel supprimé , le flux hémorrhoïdal et les éruptions herpétiques.

La source Chaude de TEsquirette fournit une eau peu excitante comparativement à celle du Clôt. Elle convient, en effet, dans les maladies nerveuses, où il faut se garder de développer de la surexcitation.

La source de l'Esquirette tempérée, moins excitante encore que la précédente , est très-efficace dans les inflammations chroniques. C'est surtout contre les affections utéro-vaginales , avec engorgement et ulcérations, accompagnées de douleurs plus ou moins vives , que cette eau , administrée en douches ascendantes, est réellement d'une efficacité remarquable.

Le Rey guérit souvent les rhumatismes qui ont résisté à l'action plus énergique du Clôt. Les organisations lymphatiques et scrofuleuses qui ont besoin d'être ménagées , celles des enfants , par exemple , qui présentent une débilité et une impressionnabilité très-grandes, se trouvent bien des bains pris à cette source.

La source Baudot fournil une eau d'une digestion facile et très-employée en boisson. Cette eau est détersive, résolutive et diurétique, à un point plus élevé que les autres sources. Elle exerce une action fortifiante sur les muqueuses bronchiques, sans jamais déterminer, même à assez haute dose, de mouvement fébrile; elle guérit les catarrhes humides, opère la résolution des lésions qui constituent

la pneumonie chronique , et exerce même une salutaire influence sur les symptômes qui caractérisent la phthisie à son début. Cette source, nouvellement découverte, a déjà acquis une certaine célébrité par les cures qu'elle a produites. Elle mérite un rang distingué dans le groupe des Eaux-Chaudes ; car elle a une spécialité d'action qu'elle ne partage pas avec les autres, et lui donne, par conséquent, un caractère particulier. D'après l'analyse chimique , l'eau de la source Baudot serait sensiblement plus alcaline que celle des autres sources des Eaux-Chaudes ; peut-être cette alcalinité plus prononcée n'estelle pas étrangère aux propriétés spéciales qu'elle possède.

Larressecq donne une eau très-résolutive, qui est employée traditionnellement, et avec un succès qui ne s'est pas démenti , dans le traitement des plaies, ulcères , ophthalmies chroniques et scrofuleuses , engorgement des articulations, etc. Elle n'a pas démérité de la réputation qu'elle avait dans un temps déjà bien éloigné de nous, et qui lui valut du premier des Bordeu le nom de Fontaine de Salut.

La source Minvielle a une température de 11° seulement. On comprend donc combien elle doit être froide dans la saison des eaux. Ceux qui la boivent sans ménagement peuvent en éprouver et en éprouvent des accidents quelquefois graves.

Le tableau suivant, que j'emprunte au rapport de M. Pâtissier, complétera les données précédentes

et fixera suffisamment les praticiens sur la valeur thérapeutique des Eaux-Chaudes :

TABLEAU récapitulatif des maladies traitées aux Eaux- Chaudes pendant l'année 1849, par M. Laffore.

Page 1