PRÉFACE. XV
chaîne; elles doivent probablement leur origine à l'action simultanée de l'air et de l'eau sur les pyrites qui s'y trouvent en si grande abondance.
Les sources ferrugineuses carbonatées sont plus rares et se rencontrent plutôt clans la partie la plus basse de la chaîne. Quant aux sources crénatées , on en trouve de très-importantes sur plusieurs points.
Les sources salées des Pyrénées sont pour la plupart fort remarquables et pourtant très-peu connues ; la source salée de Salies (en Béarn) ne renferme pas moins de 200 grammes de chlorure de sodium par litre; elle est riche en bromure de magnésium , et pourtant , jusqu'à ce jour, on n'en a que rarement utilisé les propriétés curatives.
Les sources salines séléniteuses sont mieux connues et plus fréquentées ; pour celles-ci une expérience qui date de plusieurs siècles a consacré leur efficacité d'une manière positive et incontestable. Je ne sais si l'on s'est bien rendu compte jusqu'à ce jour de la véritable cause de l'activité de ces eaux ; on attribue en général cette activité surtout aux sulfates de soude et de magnésie qui s'y trouvent pourtant en assez faible proportion , de 3 à 6 décig. par litre, et on considère comme inutile, sinon comme nuisible , la forte proportion de sulfate de chaux qu'elles renferment. Je doute fort que cette manière de voir soit exacte, et je suis loin d'être convaincu que le sulfate de chaux, qui est l'élément dominant dans ces eaux, n'entre pour rien dans leur action médicatrice.
Parmi les sources dont je m'occupe en ce moment, il en est quelques-unes qui me paraissent constituer, au point de vue médical, un groupe à part; ce sont celles de Barbazan, Audinac, Aulus, Capvern, qui sont en même temps salines et ferrugineuses.
Les eaux que je viens d'énumérer seront étudiées dans
l'ordre suivant :
( à base de sulfure de sodium.
1° Eaux sulfureuses
à base de sulfure de calcium.
2° Eaux salées.
3° Eaux salines simples.