CE DOME
l'Ariège, les établissements plus petits que nous avons signalés.
Saint-Vincent, racheté par l’administration et fermé actuellement, comprend dix cabines, une salle de douches et une piscine de 32 mètres carrés.
Cet établissement était très défectueux, en ce sens que la source naissant à un niveau inférieur à celui des baignoires, il fallait pomper pour remplir ces dernières. L’eau se refroïdissait et sa température maxima ne dépassait pas 31°.
Aux bains Sainte-Germaine, les eaux sont aussi captées au moyen d’une pompe aspirante et foulante qui les envoie dans dix-huit baignoiïres et dans une grande piscine de 12 mètres sur #. Cet établissement est, de plus, muni d’une chaudière, où l’on chauffe l'eau souvent refroidie par les crues de l’Ariège.
Situés au-dessous de la merveilleuse Grotte des Lombrives où se réfugièrent les Albigeois, ces bains ne comptent pour leur assurer un peu de popularité que sur le voisinage de cette grotte célèbre.
Le manque de confortable et surtout de propreté, a reporté sur la rive droite de l'Ariège les quelques malades qui s’y sont hasardés.
Et pourtant, avec un directeur habile et soigneux, elles pourraient rendre de grands services aux malades ; car, si leurs eaux ne diffèrent pas sensiblement des eaux du grand établissement au point de vue chimique, elles ont une thermalité moins élevée qui, comme nous le verrons plus loin, convient, mieux
que les eaux plus chaudes, à toute une classe de malades,
PROPRIÉTES PHYSIQUES
Les eaux d’'Ussat sont limpides, d’une saveur spéciale, onctueuses au toucher, laissant sur la peau un enduit léger mais tenace, en même temps qu’une odeur qui rappelle celle du soufre.
Température. — Nous avons vu qu'aux griffons, la température des naissants les plus chauds était de37°%5, celle des naïissants les moins chauds de 33. Mais ce n’est plus là la température des eaux utilisables. Celles-ci ont, naturellement, perdu de leur chaleur lorsqu’elles arrivent aux baignoires. Autrefois, la température de la baignoire n° 1 était de 36°5 et celle de la baïgnoire n° 38 de 28. La gamme thermique était très étendue grâce à la vanne que François avait établie pour séparer les eaux chaudes des eaux tempérées,
Aujourd'hui, il n’en est plus ainsi, et, lors de notre voyage à Ussat, nous avons enregistré 36°5 au n° 14, 35°80 au n° 6, 34°40 au n° 22, 33°80 au n° 39 et 33 au n° 44,
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La merveilleuse gamme thermique est donc détruite par ce fait que, dépuis la suppression du barrage, les griffons à température élevée, situés en amont des griffons à température plus basse, mêlent leurs eaux à celles de ces derniers, et au profit de la température de ceux-ci, mais au détriment de certains malades qui, comme M. le professeur Garrigou lui-même, se trouvent incommodés gravement, ou voient leur cas aggravé par une balnéation trop chaude. :
Le minimum de température est à Sainte-Germaine où le thermomètre plongé dans la piscine enregistra 28°. Cette température est bien plus favorable pour la plupart des nerveux qui réclament des bains une action sédative.
C’est pour cette raison que nous disions tout à l’heure que l’on avait tort d'abandonner cet établissement au délabrement dans lequel il est. aujourd’hui.
Principe radiogène.— Nousavons vu les eaux d’Ussat arriver aux baignoires du grand établissement, avec, à peu près, la même température qu’elles avaient aux griffons. Ce fait est capital, car comme l’a signalé le professeur Landouzy, cette conservation de la température originelle implique la conservation du principe radiogène en entier, et nous pouvons, avec notre maître, affirmer qu’à la baignoire, les eaux de la station sont employées avec tout leur dynamisme, en ce qui concerne la radio-activité.
Électricité. — A côté du principe thermogène et du principe radiogène, il existe certainement, dans les eaux
d'Ussat, comme dans toute eau minérale, un principe
22690 — électrogène ; mais nous n'avons pu le déceler, et l'ai. guille de galvanomètre Trouvé utilisé par nous aux griffons et à distance, selon la méthode du D° Elevy, ne dévia jamais d’une façon sensible.
Ce fait n'a rien qui nous surprenne, car le travail sur les eaux de Bagnères-de-Bigorre et Bagnères-de- Luchon, communiqué en 1894 à l’Académie des sciences par M. le professeur Garrigou, nous a appris que les eaux à plus grand potentiel étaient les eaux surexcitantes, alors que les eaux sédatives: dont Ussat est un type achevé, ne possédaient qu'un potentiel minime, difficilement appréciable.
Peut-être aurions-nous été plus heureux, si ‘nous avions eu en notre possession l'appareil à récepteur du professeur Ostwald de Leipzig.
Et pourtant, si nous n'avons décelé ce principe électrogène, nous pouvons, en nous couvrant de la haute autorité de M. le professeur Landouzy, affirmer qu’il existe au sein des eaux d'Ussat, eomme au sein de toute eau thermominérale, des phénomènes hydro-électriques qui contribuent à leur donner leur dynamisme,
à en faire des eaux vivantes.
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