CONCLUSIONS
.Ussat, dont le rénom, faible encore, ne date en vérité que de l'époque où François y exécuta ses travaux de captage et où Figuier fit des eaux une analyse sérieuse, est donc, à juste titre, classée parmi les stations à « eaux indéterminées », 3
La minéralisation y est minime (1 gr. 30 environ); le débit considérable puisqu'on peut évaluer à 8.000 hectolitres par vingt-quatre heures la quantité de liquide thermo-minéral jaillissant des seuls griffons de la rive droite de l’Ariège.
La température du bain (seul moyen efficace d’employer les eaux de la station), y varie de 36°5 à 38.
François, par ses travaux habiles, fit en sorte de maintenir constants cette minéralisation, ce débit et cette température en empêchant le mélange dés eaux minérales avec celles de l'Ariège. |
Le bain se prend à Ussat, dans de l'eau courante, à
température constante, et les thermes sont agencés de
is CE telle sorte que cette température varie suivant le numéro de la baignoire occupée. |
Ces baignoires y sont au nombre de quarante-quatre.
L'action sédalive des eaux est d'autant plus manifeste que l’on descend dans l'échelle thermique.
Ussat demeure spécialement le bain des femmes et des nerveux. Nous ne croyons pas qu'on puisse lui reconnaître d’autres indications ; ces deux seules lui suffisent d’ailleurs, et à ce titre, la petite station mérite-
rait un sort plus heureux que celui dont elle jouit de nos jours.
Nous voudrions, en choisissant ce sujet de thèse, faire œuvre utile, et c'est pourquoi nous nous permettons, en terminant, de résumer les quelques travaux qu'il faudrait accomplir et les quelques modifications que l’on devrait faire subir à la station pour lui procurer l'éclat, ou tout au moins, la bonne renommée à laquelle ses qualités naturelles lui donnent droit.
Au point de vue scientitique il faudrait faire ce que, hélas! nous n'avons pu faire: analyser les eaux d’Ussat selon les méthodes de M'le professeur Garrigou, déceler les métaux qu'elles contiennent, et leur assigner une place et un rôle dans la métallothérapie.
Au point de vue pratique, ce serait le rétablissement de la vanne posée par François pour séparer les griffons chauds des griffons à température moins élevée, que, pour le bien des malades, nous réclamerions tout d’abord, si l’hospice de Pamiers voulait nous entendre.
Puis nous dirions tout le profit que les baigneurs
pourraient retirer d’une étuve aménagée à peu de frais dans les galeries creusées sous la montagne, et tout le bien-être qu'ils éprouveraient à trouver, aux thèérmes, une salle de douches et une piscine installées selon les règles de l'hygiène moderne.
Nous dirions aussi tout le plaisir qu'ils auraient à se plonger dans des baïignoires plus propres et à se vètir dans des cabines plus confortables.
Enfin, il serait à souhaiter que les hôteliers du lieu fissent un effort pour mieux recévoir leurs malades, qu'ils eussent un matériel suffisant pour les jours où l’affluence des baigneurs est considérable et que (nous espérons qu’on l’on nous pardonnera cette boutade, au nom de l’hygiène et de la prophylaxie), les clients ne se trouvent plus exposés à retrouver, comme cela nous est arrivé, leurs propres gobelets de toilette servant de verres à leurs voisins de table.
Alors, le jour où l’hospice de Pamiers et les gens du lieu auront mieux compris leurs intérêts et leurs devoirs, sans doute, la station d'Ussat redeviendra-t-elle ce qu'elle a été, ce qu’elle devrait être: une station de réputation mondiale et non plus seulement locale, une
station peut-être unique dans son genre.
Vu : le Président de la thèse, LANDOUZY
Vu : le Doyen,
DEBOVE Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris.