‹ Eaux Thermo-Minérales d'UssatChapitre 6 sur 30 · PO EE · texte numérisé non relu

PO EE

Tous les traitements avaient été vains, lorsque, sur les conseils d’un habitant du lieu, il consentit, « malgré Ja répugnance qu'il en avait », à se baigner, chaque matin, dans la mare miraculeuse.

Après une vingtaine de bains, le noble malade était complètement guéri, et Ussat, dont, déjà, on commençait à parler, devenait tout à coup célèbre.

On se mit alors à curer la mare, puis à construire des caisses en ardoises où l’eau se renouvelait lentement, mais où, pourtant, on venait soigner et guérir « les douleurs rhumatismales et nerveuses, les vapeurs, les manies, l'hystérie (ce en quoi l’eau faisait merveille), les flueurs blanches et les inflammations intérieures des femmes. »

Cette prospérité dura jusqu’en 1789, où, au milieu des temps troublés, elle fut enrayée.

C'est en réalité à Figuier, chimiste à l'école de Montpellier, qu’est dû le renom justifié d'Ussat.

Celui-ci, en effet, fit en 1808, des eaux de cette station, la première analyse exacte ; et, se basant sur les données du chimiste, les D‘ Alibert et Pilhes déterminèrent les indications de la cure.

C’est à peu près vers cette époque que le D’ Pilhes reçut, à Ussat, la visite du D° Leclerc, médecin en chef de l’Hôtel-Dieu de Paris, qui parcourait et étudiait tous les établissements thermaux de France, afin de trouver le plus-propre à guérir son auguste client, Louis Bonaparte, roi de Hollande. Le D' Leclerc fixa son choix sur Ussat, au grand bien de son malade.

Le professeur Chrestien de Montpellier, le prince

POS russe Georges Galitzine vinrent aussi s’y soigner, et Ussat connut alors une célébrité qu’elle n’a malheureusement plus de nos jours.

Les gens du lieu racontent avec fierté, qu’à cette époque, l'impératrice Eugénie, elle-mème... faillit y venir. On avait tout préparé pour la recevoir, lorsque, sur les conseils d’un médecin que nous ignorons, elle sè rendit à Saint-Sauveur.

Ce fut un rude coup porté à la vogue de notre petite station, et sa renommée naissante se ressentit cruellement de cet abandon.

Néanmoins, grâce au D' Félix Vergé, inspecteur, et oncle de M. le professeur Garrigou, à Filhol qui corrobora les données de Figuier, et à une commission formée de MM. François, Abadie et Lemoine ingénieurs, de MM. Viguerie, Estevenet, Fontan, Ourgaud et Magnes, médecins, l'établissement fut réorganisé vers 1845.

C'est Jules François qui, ayant accompli de semblables travaux à Ax, capta les eaux dans la montagne, et les préserva de toute souillure avec les eaux de l'Ariège.

Peut-on dire que, depuis ce temps, malgré les efforts de M. le professeur Garrigou, de MM. Dieulafoy de Toulouse, Bonnans, Cénac et Pujol, la station ait prospéré ? — Hélas ! non ! et cela tient à des causes multiples. Tout d’abord à ce que les plans de François ne furent pas publiés et que, depuis ce dernier, on apporta quelques changements, minimes en apparence, mais

d'une réelle importance, au captage établi. Ensuite,

Ar

à ce que les hôteliers qui se sont installés dans la vallée n'ont rien fait pour assurer chez eux le confort que réclament des malades ; enfin et surtout à ce que depuis 1787, les bains d'Ussat appartiennent à l'hospice de Pamiers, auquel ils furent donnés par Louis de Fraxine, baron d’Ornolac ; en effet, qui dit hospice dit administration, et toute bonne administration, füt-elle hospitalière, doit s'opposer aux réformes et aux améliorations qui lui sont proposées.

Tel est l'historique des thermes d’'Ussat situés sur la rive droite de l’Ariège. Sur la même rive se trouvait autrefois un autre établissement dit des « bains Louet »; il n’existe plus de nos jours.

Sur l’autre rive existent deux établissements, plus petits et d’un moindre confort : Saint-Vincent et Sainte-Germaine.

Établissement Sainte-Germaine. — A1 fut créé en 1866, par un épicier de Tarascon qui, ayant été frappé de ce que, dans un champ, au pied de la Grotte des Échelles, la neige fondait plus vite qu'ailleurs, creusa un puits et y trouva de l’eau chaude.

Monté trop à la légère, et, comme il concurrençait le grand établissement, il sombra. Des financiers, des médecins même, voulurent le relever de ses ruines, mais ils ne purent y parvenir.

D'ailleurs, si les propriétés des sources de cette rive : sont intéressantes, leur histoire, à part les travaux d'endiguement faits par Francois, ne l'est guère, et nous ne la développerons pas autrement.

Etablissement Saint-Vincent. — Disons encore pour

Up

mémoire que des gens du pays, voulant trouver des sources froides pour alimenter des baignoires hygiéniques, ou pour en faire un usage potable, trouvèrent des sources chaudes. C’est ainsi que furent découverts et créés les bains Saint-Vincent presque oubliés de nos jours, et qu'entre les bains Sainte-Germaine et l'hôtel Pélissié on ne fit pas jaillir moins de cinq sources chaudes.

Mais de toutes celles-ci, nous n’enretiendrons qu’une: celle qui alimente les bains Sainte-Germaine ; et nous ne ferons l'étude que de deux établissements d’Ussat : ce dernier de moindre importance, et les Thermes de

la rive droite, les vrais Thermes.

Page 1