‹ Ebauche d'un glossaire du langage philosophiqueChapitre 37 sur 39 · DES MATIÈRES · texte numérisé non relu

DES MATIÈRES

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Introduction

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Première section. — Expressions psychologiques. — L'Entendement consiste dans l'association de la rai»onetde la sensibilité reliées entre elles par le sentiment ; la connaissance dans une association de notions absolues et de notions relatives reliées entre elles par des notions indéterminées. 5

Deuxième section. — Expressions ontologiques. — L'objet de la connaissance c'est l'être, c'est ce qui est. Les notions dont l'association constitue la connaissance de l'être sont celles de noumènes et de phénomèmes reliées par celle de substance.

Mais les notions ne se rapportent qn'à des abstractions, qu'à des qualités ; donc l'être ne nous est connu que connue une association de qualités phénoménales et nouménales rattachées entre elles par la substance, qui n'est, elle-même, qu'une qualité, qu'une manière d'être.

D'autre part, l'être n'est accessible à la connaissance que parce qu'il se manifeste par l'action, par le temps et par l'espace. Or, chacun de ces attributs de l'être n'étant que l'être lui-même partiellement considéré, devient un objet de connaissance. Ces connaissances des attributs de l'être éclairées par l'analyse, qui les étudie dans leurs notions élémentaires, se transforment en conceptions et, par conséquent, en affirmation de la vie, de l'organisation et du progrès, d'où cette conséquence que l'être est une association vivante, organisée et progressive 47

Troisième section. - Expressions cosmologiques. — Il n existe que des êtres. L'univers n'est pas un être ; il est les êtres associés; il est l'association des êtres. Une des principales lois, des principales manières d'être de cette association, c'est la systématisation, l'ordre co-ordonné, hiérarchique. Une hiérarchie, un Système suppose des séries convergentes se résumant en un moiudre nombre de séries convergentes encore et cela jusqu'à un groupe assez compréhensifpour résumer en lui les qualités de toutes les séries.

La hiérarchie suppose l'égalité à chacun de ses étages et Y inégalité d'un de ses étages à l'autre; égalité et inégalité, que la solidarité ramène à l'harmonie.

TABLE ANALYTIQUE

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L'univers, pas plus que les êtres dont il est l'association, n*a eu de commencement, mais, loin d'avoir toujours été ce qu'il est, il a passé par une suite d'évolutions et de révolutions sans nombre. C'est à la science seule qu'il appartient de raconter quelques scènes de l'éternelle genèse ... 97

Quatrième section. — Expressions anthropologiques. — L'espèce humaine est le chaînon intermédiaire entre les séries animales qu'elle résume et une série supérieure à l'anima • lité. L'homme est un animal créateur.

L'homme est progressif, mais les progrès qu'il accomplit ou dont il est l'initiateur, ne sont pas toujours une justification morale de ses actes. Le succès n'absout ni n'excuse.

L'homme s'affirme lui-même. La personnalité, sous un certain point de vue, suppose l'universalité qu'à tort, jusqu'ici, on a cru lui être incompatible.

La croyance en la continuité non interrompue de la vie, tant avant le berceau qu'après la tombe, est une conséquence forcée de la conception môme de l'existence 151

Quatrième section. — Expressions théologiques. — La Religion consiste : t° Dans le sentiment ; 2* dans la science de l'association universelle , 3 S dans l'ensemble des moyens par lesquels cette science et ce sentiment se manifestent : si l'association universelle pouvait se concevoir sans Dieu, il n'y aurait pas de théologie et cependant la religion n'en existerait pas moins.

L'humanité, prise dans son ensemble, n'a jamais eu qu'une même religion dont le Panthéisme, le Polythéïsme et le Monothéisme ne sont que des sectes, que des expressions

. unilatérales, également incomplètes.

Dieu a partout et toujours été considéré comme parfait, c'està-dire comme résumant en lui toutes les qualités possibles. Nous complétons cette formule en disant : toutes les qualités ACTUELLEMENT possibles.

Si Dieu est, il doit nécessairement remplir les conditions de l'existence. Il doit donc être vivant, organisé et progressif. Quoique progressif, il n'est pas imparfait, car il ne lui manque actuellement que des qualités actuellement impossibles.

11 n'est pas seulement le premier des êtres, il est un être spécial et distinct de tous les autres. Gomme il résume en lui toutes les qualités, en lui se trouvent, mais résumées et amplifiées, toutes les qualités humaines, la bonté, la sagesse, etc.; sous cet aspect, il est, jusqu'à un certain point, accessible à notre faculté de connaître. 11 possède, en outre, des qualités qui lui sont propres et que, parce que nous ne les possédons point, nous ne pouvons connaître en aucune manière. Sous cet aspect, il nous demeurera éternellement caché.

Bien qu'il possède les qualités humaines, comme il n'est pas un homme, il est impossible que, violant les lois de sa

TABLE ANALYTIQUE

propre nature, il commun [que avec nous par des procédés humains. La croyance à des révélations verbales est aussi absurde que La croyance aux miracles.

Dieu n'est point en dehors du monde. Associé aux autres êtres, sans les autres êtres, il ne pourrait exister Réciproquement, les auties êtres ne pourraient non plus exister sans lui.

L'univers es une association, une société. Peut-on concevoir une société sans administrateurs, sans fonctionnaires placés surtout au point de vue des intérêts généraux ? L'univers est un atelier composé de travailleurs dont beaucoup sont ou privés d'intelligence ou fort peu intelligents. Cet atelier pourrait-il produire constamment des merveilles d'intelliligence sans un ingénieur qui le dirige ?

La coercition est un signe d'incapacité chez celui qui l'emploie. Elle n'est indispensable qu'à ceux qui ne savent pas se faire spontanément et librement obéir. Dieu n'est niun roi ni un maître. 11 ne gouverne pas le monde ; il l'administre. Il est l'administrateur de la grande république des êtres : il en est le premier citoyen.

Si tout était soumis à la fatalité, Dieu serait inutile. Sa raison d'être est dans la liberté. Il n'est, de plus en plus, qu'en travaillant à rendre, de plus en plus, libres tous ceux qui existent autour de lui. Dieu ne peut plus être compris que comme le gardien et le promoteur de la liberté. Toute révolution émancipatrice est sainte ; toute tentative d'asservissement est une impiété.

L'analogie se refuse à arrêter brusquement, au niveau de l'homme, la série progressive des êtres. Tout nous oblige à regarder l'univers comme un immense système, dans lequel les diverses espèces se résument les unes dans les autres jusqu'à une espèce suprême qui les résume toutes.

Si on en excepte l'Islamisme, dont le Dieu soumis à la fatalité n'a qu'une existence nominale, tontes les croyances s'accordent à placer, au sommet de la hiérarchie des êtres, un Conseil, une Assemblée, parce qu'en effet c'est une imperfection que de n'avoir point d'égaux, c'est un supplice qu'une existence solitaire. — Unanimité dan3 la Trinité

TABLE ALPHABÉTIQUE

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