CHAPITRE I
De l'imitation et de Taiitomatiime.
De l'imitalioD ; tes cautes. — Respoosabilîlé amoindrie de l*bomne qai commet uoe mauTaise action par imitation et lana réflexion. — Rapports entre l'imitation et l^aotomatisme. — Indépendance, bar. monie da cer?eaa et des centres inférieurs ; leurs relations automatiques. — Actes automatiques par babitude. — Actes automatiques par dédoublement de la pensée. — L'bomme qui agit en automate n'est responsable que des dommages qu'il canse.
L*imitation est une propriété psychique et instinctive qui dispose à agir d'après les actions et les pensées dont on prend connaissance chez autrui.
Les faits d'imitaliony fruits du cerveau en activité, ont pour condition de formation l'absence de disposition à
dire effort tu momenl de leur aecomplissement. Dès lors qu*OQ est presque inerte d*esprit, par suite d'absenee d*efforts pour se remémorer, réfléchir, et qu'on n*est plus porté, par une attention soutenue, à pereeroir les objets extérieurs, on tomlie dans une espèce de passiveté : c*est-èh-dire dMndifférence telle à faire effort, que Tesprit sortant de sa torpeur, subit, faute d*aliments intellectuels tolontaires, le mouvement impulsif de certaines impressions fortes qui frappent les sens, puis des idées qui surfissent de ces impressions; et la pensée et les actes se calquent à la lettre sur les idées et les actes qui se passent et que Ton remarque autour de soi cl parfois à son insu, tant Tactivité initiatrice de Tesprit est anéantie. En d'autres termes, Timitatlon, qu'elle soit intellectuelle, sympathique, antipathique, etc., est, par un effet de Tinertie de Tesprit, une tendance instinctive à s'accorder avec les états actifs des autres.
Dans les actes par imitation ainsi que dans les actes plus ordinaires de la vie, c'est toujours la force nerveuse, mais avec moins d'attention, qui est à leur base : seulement lorsqu'on imite, elle flotte indifféremment h la merci des premières impressions venues pour s'y aban* donner, au lieu de se prêter comme d'ordinaire, avec choix, à la perception des sensations, à l'élaboration de raisonnements et à l'exécution d'actes ayant rapport à ces choses ; elle est donc, par les sens et le cerveau, à la remorque de causes étrangères, tandis que dans les actes provenant d^efforts, elle est, par les mêmes organes, dirigée avec une réflexion soutenue.
Les actes d'imitation véritable, c'est-à-dire non réfléchis, car il en est où la réflexion intervient, faiblement il est vrai ; ces actes prenant naissance lorsque les sens et le cerveau cessent d'être impressionnés et de penser par un effort actif et continu, sont de toute force exécutés
sans discernement, et Tindividu qui les accomplit, lorsqu'ils sont immoraux, les accomplit avec un entraînement irrésistible et n*est responsable, mis en réclusion ou non, que des dommages matériels causés par lui.
Si, pendant qu'on est inerte de pensée, et qu'alors on se laisse aller aux impressions vives qui frappent les sens, puis ensuite aux idées qui se transmettent ainsi à l'esprit, si Ton est imitateur: Ton est par là même automate. Un automate, tel par exemple Tautomate de Vaucanson, qui reproduisait les mouvements du corps humain, est une machine ayant en soi et comme le corps les conditions mécaniques de son mouvement, puisqu'il a le pouvoir d*imiter Thomme plein de vie, moins le principe actif, 'moins la cause d'animation. Si cet automate est purement imitateur, Thomme qui imite est donc par ce point de vue un véritable automate. Et si Ton ne peut, à la rigueur, comparer un être doué de vie et essentiellement actif à un instrument passif par lui-même, il est pourtant en cet être des états psychiques : tel est celui qaï prédispose à l'imitation, où, ses sens étant frappés, il peut être entraîné à des pensées et consécutivement à des actes, sans que ces actes soient consentis, sans qu'il les contrôle par un effort d'examen. Dans ces cas, sensibilité et ralentissement intellectuel à part, il ressemble assez bien à une machine qui, l'impulsion donnée, exécute ce que sa destination lui permet de faire.
Cette comparaison établie, il est maintenant plus facile de comprendre qu'il y a automatisme, lorsque l'homme exécute des mouvements, des actes, etc., sans y porter une véritable attention ou sans que la réflexion cérébrale y participe avec une conscience suivie. Nous l'avons déjà vu, les instincts proprement dits, les instincts organiques, etc., présentent ce caractère à un certain degré; c'est aussi le caractère des actes par imitation et celui des actes
par habitude, sortes d'impulsions instinctives qui ne sont qu'une imitation, une répétition de semblables actes d'abord ordonnés par le cerveau puis surveillés par lui, lesquels enfin s'exécutent pour ainsi dire seuls , par contrecoup et comme à son insu^ et cela avec une régularité machinale et au moyen d'une mémoire propre aux centres perceptifs et psychiques inférieurs qui en sont le second foyer. Aussi, a-t-on donné le nom de centres automatiques au plus grand nombre des centres secondaires et principalement à ceux qui président aux actes attribués à l'habitude ; mais, dans le sens que ces centres répéteraient machinalement ce qu'ils ont appris du cerveau, cette dénomination serait d'une signification irès-incompIéte. Ces centres méritent surtout le nom d'automatiques en ce que, dans leurs petites sphères, à notre insu et pourtant sous l'œil du cerveau, mais par eux-mêmes, ils élaborent aussi avec indépendance et régularité des sensations, des pensées auxquelles se rattachent des mouvements réguliers^ aussi réguliers que ces sensations et ces pensées le sont dans leur renouvellement réitéré et intermittent.
Les centres inférieurs, en outre qu'au su en apparence inconscient du cerveau, leurs pensées et leurs actes se reproduisent avec une intermittence qui est une imitation répétée de ces mêmes pensées et de ces mêmes actes, font encore partie d'une association solidaire et pouvant, chacun pour leur part et avec harmonie, fonctionner avec les mêmes propriétés d'imitation sans que le cerveau y prenne part, quoiqu'ils soient placés sous la direction suprême de cet organe. S'il n'en était pas ainsi, comment d'un côté, le cerveau enlevé, comprendre la persistance de la vie dans les tissus qu'ils innervent ? Comment comprendre l'anencéphalie ? Et d'un autre côté, comment expliquer l'action importante du centre cérébral sur chacune des fonctions dépendant des autres centres ?
Si le oerreao, ainsi que j*ea ai acquis la conviction par mes expériences hypnotiques, paralyse, excite, dénature même les fonctions auxquelles président pour leur part les autres centres inférieurs; si ces derniers peuvent à la rigueur penser et par conséquent vivre plus ou moins sans le cerveau, et si parfois ils troublent ses propriétés psychiques quand leurs relations avec lui sont conservées, il faut admettre que la vie est sous la dépendance de ces deux puissances parallèles réagissant avec accord, dans rétat de santé, pour Pentretenir comme par une harmonie pn' établie : seulement avec cette diflerence entre ces deux puissances que le cerveau, siège de Tune, pénètre chacun des centres, siège de l'aotre, les domine quelquefois entièrement sans en être entièrement dominé.
Cette explication concernant Tautomalisme des centres inférieurs surtout et les rapports réciproques du cerveau avec les centres inférieurs permet : et de concevoir ces centres comme des serviteurs soumis ou des serviteurs presque indépendants de cette masse nerveuse si puissante; puis de comprendre mieux la répétition des actes qu'ils exécutent avec régularité, de leur propre initiative ou d'après les leçons et les ordres du cerveau, à tel point qu'en ce dernier cas ces centres n'en paraissent que des dédoublements.
N'arrive-t-il pas, par exemple^ dans les mouvements de la marche, du tricotage, etc., et tandis que l'on est appliqué à lire ou à causer, que l'on répète continuellement ces mouvements appris, sous l'influence de l'idée fixe que l'on en a ? Il est évident que ces exercices musculaires sont les fruits d'un enseignement antérieur transmis par l'organe cérébral ; et, qu'aux ordres permanents de cet organe, les centres nerveux qui président en dernier ressort à l'exécution de ces exercices, dont ils ont appris la formtde, font accomplir presque tout à fait par
aux-'inéaies, pendant que le cerveau est occupé aHleurs, mille et mille répétitions de séries moovemetitées, toujours identiques et uniformes» et véritables imitations indéfinies de la première série qui procédait plus étroit iement de Faction cérébrale. Mais ce qui pi-ouve que les centres secondaires sont loin d*élre très-indépendants do cerveau 9 c'est que leur action cesse dès qu*il le leur commande.
Les mouvements automatiques par habitude permettent donc à l*homme d'être à là fois à plusieurs occupations diflSirentes : actif, par ce qui est effort cérébral et intellectuel ; passif, par ce qui est imitation, c'est-à-dire du ressort psychique et moteur des centres inférieurs auxquels il suffit de donner des ordres pour que ces ordres, déjà appris, soient exécutés avec une régularité monotone et sans que, pour ainsi dire, il y veille activement par la pensée.
Des psychologues ont mis les expressions de la physionomie, les gestes, les altitudes du corps, etc., quand ils sont associés à la parole, dans la classe des mouvements automatiques par habitude. Rien de plus vrai : pendant que Torgane vocal rend directement la pensée cérébrale à Taide des mots, au même instant Taction des centres inférieurs, à part et presque à notre insu, sert à renforcer la voix par ces mouvements communiqués, et en vient augmenter Texpression.
Mais il est des faits psychiques encore plus intéressants à mettre dans le cadre de Tautomatisme. Au lieU de se manifester indirectement par Taction de centres autres que le cerveau, ceux-ci prennent leur développement dans cet organe même pendant qu'on est occupé à réfléchir ou à observer, et surtout quand Tesprit est pour une bonne part en contemplation. Il suffit pour faire naître ces faits automatiques^ au moins d'une façon rudimentaire, de s'adonner à un travail intellectuel quelque peu
appliquant, et pour les développer d'une manière eomplëte d'employer les procédés des hypnotiseurs. En 1843, M. J. Tissot avait déjà entrevu dans son germe ce singulier mode de fonctionnement de la pensée, c On dirait presque, dit-il {i), qu'il y a toujours deux ordres d'idées parallèles dans le moi, surtout dans l'état de veille : celles qu'on veut avoir, et celles qu'on ne voudrait pas avoir pour le moment du moins. 11 y a les idées de l'homme qui veille et les idées de l'homme qui rêve ; celles-ci semblent faire sourdement leur chemin dans l'âme et ne chercher que le moment de la surprendre et de s'emparer de la réflexion. Il y a pour elles une activité intestine et involontaire qui n'exclut point l'activité volontaire ou l'attention donnée à d'autres idées : ainsi deux hommes dans un seul (2). »
En plus des phénomènes automatiques . de pensée signalés depuis longtemps par H. J. Tissot, et qui harcèlent souvent la réflexion, viennent se ranger dans le cadre de l'automatisme purement cérébral avec dédoublement du travail psychique, les phénomènes de ce genre qui s'accomplissent sans que leurs auteurs croient les avoir produits de leur propre initiative. Plus indépendants que les actes automatiques par habitude et que les précédents, ils ne tirent pas d'ordinaire, comme eux, leur origine d'un exercice répété souvent et contracté d'avance ou à la suite de simples efforts d'attention ; et au lieu d'apparaitre dans un état presque ordinaire d'esprit, ils ne se montrent que dans des états de concentration de la pensée le plus souvent accompagnés d'une détention
(1) Voy. Anihrop, spéc, l. I, p. 166.
(2) Ces deux hommes dans an seul se retrouvent au complet dans les états de folie et de rêve, quand^ doublement acteur, on s'oppose 00 interlocuteur imaginaire.
coucomitante de la volonté : tels sont le sonuneil et les états analogues. Lors de leur production, et tandis que raelivité intellectuelle consciente se concentrant est ralentie, mais non arrêtée, à Topposé et dans le cerveau aussi, une ou plusieurs idées connues du nnoi qui s'endort, mais inscienies pour le moi qui veille encore, ces idées prenant naissance d'elles-mêmes ou par une suggestion étrangère, ont sur Téconomie et par contre-coup des effets aussi durables que dure leur fixité.
On peut déjà ranger dans celte classe d'actes automatiques par dédoublement de la pensée, les mouvements que Ton imprime aux tables, au pendule magnétique, à la baguette devinatoire, etc., mouvements que, dans une hypnotisation commençante. Ton observe avec curiosité et une grande attention, mais que Ton ignore produire soi-même. Lorsque ces mouvements ont lieu, il se produit un dédoublement dans Taclion psychique : pendant que Ton est occupé à observer, l'idée que l'on a en la production future de la rotation des objets sur lesquels on expérimente devenant fixe à notre insu, les centres . inférieurs lui obéissent et font, sans qu'on le sache, mouvoir les muscles dans le sens des ordres exprimés tacitement et tout le temps qu'ils les reçoivent. Certains cas de tremblement des écrivains, tel, celui qui se développe lorsqu'on prend une plume pour écrire, et non un pinceau, un crayon ou tout autre objet analogue ; le besoin d'uriner qui se fait sentir par association inconsciente d'idées chez des personnes nerveuses à la vue de l'eau qui coule, etc., se rattachent sans doute à ce genre d'automatisme.
Si l'on descend maintenant dans le domaine d'un autre état mental, provoqué aussi par une concentration de l'esprit sur l'idée d'un objet unique, le somnambulisme, on y retrouve le même dédoublement intellectuel en deux
séries opposées de la marche de la pensée ; toutes deax se développent consciemment : Tune à la lumière de Tesprît, et Tautre dans ses ombres. A un pôle, la pensée est relativement active, consciente ; à l'autre, si par suggestion Ton y fait naître ensuite un ou méme'plusieurs courants, elle les suit avec passiveté et inscience. Ainsi^ par exemple, lorsqu'un endormeur s'entretient avec son somnambule, et qu'auparavant il a suscité en lui une ou quelques idées fixes avec un ou plusieurs eflets consécutifs à produire et qui, en même temps qu'il converse, ont lieu, soit dans les fonctions de la vie animale, soit dans celles de la vie végétative, il existe manifestement dans l'esprit de cet individu deux actions psychiques parallèles: l'une, plus active, l'autre plus passive ; l'une réfléchie, l'autre irréfléchie et automatique ; l'une consciente et découverte, l'autre consciente aussi, mais comme avec un voile.
Un fait étrange d'automatisme ayant sa place dans la classe précédente, et sur lequel on ne saurait trop revenir, c'est celui par lequel, à l'aide de suggestions préalables, on porte un sujet mis en somnambulisme, à mettre des actes à exécution pour une époque ultérieure au réveil. L'idée de cet acte inculquée^ qu'elle soit morale ou non, est acceptée par le dormeur sans réaction aucune ; elle devient fixe dans son esprit et, par suite, jusqu'à éclosion elle continue sa mardie du sommeil à la veille à son insu et lors même qu'il est éveillé, tandis qu'il est occupé activement à autre chose. Quoique sorti depuis longtemps du sommeil provoqué, cet homme, à l'heure dite, accomplit l'action suggérée, sans qu'il se doute qu'elle lui ait été imposée et que l'idée de l'exécuter soit demeurée si longtemps latente dans son esprit. Et si cette action est contraire à la morale, le sujet sur lequel on expérimente D*a nullement conscience de sa culpabilité ; il a la convie-
Ikm qa'3 agit de son plein frè, tandis cpi'il est le jonet d*iine idée fixe, eomme le peut être llicHimie atteint de folie, maladie oà raotomatisme devient la règle» ^ la netteté de TintelUgence, Texception.
Il est d^aatres moaTements du cerveau prisant. Ds diffèrent seulement de ceux qui précèdent en ce qu% s*exécutent en deux sens opposés plasaetiis : un courant est de même soumis à l'Aeil de la conseience ouverte, et Fautre est soumis à Toeil de la eooseienee farmée. Des deux parts, la pensée s*éIabore au cerveau de la même foçon que pendant la vei{le ; mais du côté où la conscience est voilée, c*est avec un développement d*idées et une ridiesse d'expressions qui ne laissent souvent rien à désirer.
Bien que les facultés de Tesprit soient une, indivisibles et solidaires en principe, ce n*est pas une raison pour rejeter, au premier abord, et avec celle des précédents la réalité des mouvements intellectuels dédoublés dont il s'agit, du moment que Ton sait que, malgré des ablations considérables de substance grée, le cerveau remue des idées comme avant ces ablations : ce qui fait supposer déjà que le tissu nerveux enlevé pouvait égatement pen* ser de même que ce qui a été laissé de cet organe ; du moment que Ton admet surtout le mode d'observation par la conscience, en tant que Ton a le pouvoir d'examiner ses modes d'activité réflectifs et autres, et qu'ainsi une partie du moi conscient cérébral observe la seconde partie dans ses manifestations. Ne voit-on pas aussi, chez les aliénés qui reconnaissent la marche de leur folie, l'io^ telligence se dédoubler en réalité dans ses évolutions ainsi que la conscience ? Le fou assiste en spectateur raison-* nable aux conceptions délirantes qui se produisent en son cerveau, et comme sans son concours (t).
(I) Voy. ififi. méd.^iyeh*, p. 131, 1870 (paroles d» IL Mtiiry)*
Les plus remarquables des actes automatiques par dédoublement actif du mouvement intellectuel cérébral, sont ceux qu*offrent les spirites écrivants et dont il a déjà été question, lesquels, tandis qu*ils regardent courir leur crayon sur le papier ou qu'ils prennent part à une conversation suivie, sentent leurs mains tracer avec entraînement des phrases qu'il ne leur est possible de comprendre que jusqu'au mot commencé, et dont souvent ils n'en déchiffrent les caractères presque illisibles et le sens que plus tard, après une étude préalable. Chose singulière, ces productions littéraires, écrites automatiquement et avec surexcitation, ne présentent pas de rature et sont, en général, supérieures comme style et comme pensée, aux créations du même genre que leurs auteurs produisent à l'état ordinaire; aussi ces rêveurs éveillés sont-ils convaincus que, dans leurs crises, ils sont sous la puissance d'un esprit qui dirige leurs mains. Des centres autres que le cerveau, même par son ordre, seraient-ils aptes tous ensemble de remplir, je ne dirai pas seulement la première, mais- la dernière de ces fonctions, celle qui est insciente et des deux la plus importante ? Une telle supposition est inadmissible. Les centres inférieurs ne répètent du cerveau que ce qu'ils en ont préalablement appris : or ici, les compositions littéraires des spirites sont toutes d'invention et l'on y trouve des morceaux d'une rare originalité.
11 est une dernière classe d'états automatiques : on les désigne du nom de rêves ; ils sont les éléments actifs du sommeil ordinaire et du sommeil provoqué, et résultent encore d'une division de l'action pensante. A un pôle, il y a idée fixe, celle dans laquelle on s'est endormi ; à l'autre, mouvement machinal et parfois bien suivi de la pensée : c'est à ce genre de mouvement qu'appartiennent les rêves. Us se présentent sous deux formes : le rêve
ordinaire, mal choisi, mal élaboré, incohérent, exagéré ; le rêve somnambulique, qu'il naisse dans un état hypnotique naturel ou artiflciel, mieux conçu, plus logiquement déduit et parfois remarquable dans ses manifestations. Ces deux espèces de rêves sont le fruit d'un mouvement intestin du cerveau, et, sauf le rêve du sommeil provoqué, se rattachent aux idées qui ont occupé Tesprit avant de dormir, et cela par Teffet d'une suggestion involontaire de la veille au sommeil et provenant du sujet lui-même. Pour finir, il est presque inutile d'ajouter que si les actes par imitation ne rendent leurs auteurs responsables que des dommages matériels causés par eux, les actes automatiques, y compris la séquestration temporaire pour empêcher de nuire, n'entraînent pas de plus graves inconvénients.