‹ Éboulements, glissements et barragesChapitre 26 sur 29 · CHAPITRE III — CONSIDÉRATIONS SUR LES BARRAGES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III — CONSIDÉRATIONS SUR LES BARRAGES

et qae chaque levier, manœuvré par deux hommes, pouvait soulever pratiquement un poids de 5,ooo kilogrammes.

 Taide de trois crics et de deux grands leviers en fer, on put construire des seuils cuhant loo mètres et formés de trois blocs seulement.

La manœuvre est d'autant plus difficile, que la pente du terrain est plus forte» Ainsi, la mise en place de blocs de volume à peu près égal coûte beaucoup plus cher dans les endroits à pente raide que dans les endroits à pente faible»

La fouille de Touvrage à construire étant préparée de façon à se trouver toujours située plus bas ou au même niveau que les matériaux à employer, et jamais à un niveau supérieur, on attaque chaque bloc au moyen de cries et de leviers de façon à le pousser peu à peu vers le lieu d'emploi, mais en évitant avec le plus grand soin de lui imprimer un mouvement de rotation. C'est ainsi que, lorsqu'on manœuvre un bloc de forme arrondie, il est nécessaire de se servir de madriers pour le faire glisser; et encore sa mise en place coûte-t-elle plus du double de celle d'un bloc à faces planes.

Les plus faciles à manœuvrer sont ceux qui ont une forme allongée; à poids égal, ils exigent le minimum d'effort.

L'emploi de crics ne devient nécessaire que pour les pierres d'un volume supérieur à A mètres cubes; dans ces conditions, et en estimant à fr. 3o l'heure d'un ouvrier, on a ti*ouvé que le prix de re* vient pouvait être fixé ainsi qu'il suit pour chaque mètre parcouru :

Bloc de 1 mètre cube o^ 6o*

Bloc de 3 mètres cubes o 76

Bloc de 3 mètres cubes 1 1 5

Bioe de & mètres cubes • ^ 1 &e

A partir de 5 mètres cubes, la manœuvre ne peut se faire qu'à l'aide de crics et de leviei's combinés.

Le prix de revient en est fort variable; on peut toutefois admettre comme moyenne que chaque mètre de distance parcouru coûte o fr« 5 o

par mètre cube; soit un prix de a fr. 5o pour un bloc de 5 mètres cubes, et de i5 à 20 francs pour un bloc de 3o mètres cubes.

D'une manière générale , il est possible de manœuvrer des pierres cubant jusqu'à 3o mètres; mais au delà de ce volume, ce n'es! que dans des conditions particulières que Ton peut tenter l'opération.

Une fois amenés à pied d'œuvre, les blocs sont travaillés grossièrement à la masse, de façon à faire disparaître les angles trop saillants dans les parements.

Sur les côtés, les joints sont préparés à la grosse pointe, pour assurer une bonne juxtaposition des matériaux.

Quand, pour donner à un ouvrage sa forme définitive, on doit recourir à l'emploi accessoire de matériaux de moindres dimensions, on pratique dans les gros blocs des encastrements de o m. i o de profondeur.

L'emploi de ces gros matériaux dans les barrages présente de sérieux avantages, et l'on ne saurait trop préconiser l'extension de ce mode de construction.

Les ouvrages ainsi établis résistent aux cbocs des gros matériaux provenant des berges sans être endommagés; ils fixent le lit du torrent dans le sens du profil en long, et donnent aux berges un appui stable.

De plus, ils coûtent moitié moins cher que les barrages rustiques ordinaires; mais, dans les conditions habituelles où il se présente, le maniement de ces blocs est très délicat et exige l'emploi d'ouvriers jeunes, forts et adroits, seuls capables d'éviter des accidents redoutables toujours à craindre.

Barrages fondés sur voûte. — L'un des plus graves dangers qui menacent les barrages consiste dans l'affouillement qui, se produisant à leur pied, met à nu leurs fondations et, par là, provoque leur effondrement. 11 a semblé qu'on pourrait y remédier dans bien des cas en élevant le barrage sur une voûte dont les culées, installées dans les berges , seraient beaucoup moins exposées aux affouiilements.

Page 1