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CHAPITRE III. — CONSIDÉRATIONS SUR LES BARRAGES

la maçonnerie de morlier à l'amont des barrages, de telle sorte que la pression des eaux serait toujours supportée par la masse entière de chaque ouvrage.

Il n'en résulterait aucun supplément de dépense.

En Savoie, dans le torrent d'Arbonne, on a essayé d'un autre système, consistant à obstruer tous les vides de la maçonnerie de pierre sèche avec de la terre argileuse; à côté de la maçonnerie de mortier, on a fait de la maçonnerie de terre argileuse. Il en est résulté un supplément de dépense de i franc par mètre cube, mais on a acquis la certitude que la pression des eaux s'exercerait sur la masse entière du barrage et non pas seulement sur son revêtement en maçonnerie de mortier.

Mais aucune de ces solutions ne pare à l'inconvénient du défaut d'homogénéité; aussi semblera-t-il prudent de recommander de supprimer toute espèce de maçonnerie mixte, dès que la hauteur totale des ouvrages. atteindra une certaine importance, que l'on peut fixer, en pratique, à 5 ou 6 mètres.

ObservationB sur les barrages s'appuyant sur une berge instable. — Quels que soient leur mode de construction , les matériaux dont ils sont constitués, les barrages ne peuvent d'ailleurs jamais résister à la pression que les berges en glissement exercent latéralement sur eux. Une expérience décisive a été tentée à ce sujet, dans le torrent de Saint-Martin-la-Porte en 1897.

Le barrage portant le numéro 3, construit dans ce torrent en 1891, à l'altitude de i,/i5o mètres, était en maçonnerie mixte. Il mesurait :

Hauteur totale sur Taxe .* 8'"5o

Hauteur au-dessus du lit 6 00

^ ., ( Longueur 30 00

Cuvette { ,, °

( rlecbe 9 00

,', . ,, ( Au couronnement û 4o

Lpaisscur sur 1 axe . { . , , ,

' ( A la base u 10

Sous la poussée incessante de la berge gauche, tout entière en mouvement, il subit des dislocations considérables et, en 1896, il était menacé d'une ruine prochaine. Son rôle important dans la correction générale du torrent nécessitant son rétablissement, il fut décidé, en 1 897, d'élever à sa place un ouvrage rectiligne en maçonnerie de mortier aussi homogène que possible. Pour qu'aucune différence ne subsistât entre le couronnement et le parement, le tout fut fait en moellons smillés et les dispositions prises pour que les matériaux qui dessinaient l'arête du débouché continuent sans interruption les assises du parement.

Néanmoins, l'hiver 1897-1898 ayant été doux et pluvieux, la berge gauche, détrempée par les eaux, continua son mouvement, et au printemps la poussée fut telle, que l'aile droite du barrage se trouva complètement soulevée , dans toute la partie correspondant au débouché, c'est-à-dire dans celle où la maçonnerie ne trouvait pas de point d'appui immédiat.

Dès l'été de 1899, on put constater que quelques matériaux, qui cependant étaient du calcaire compact, s'écrasaient dans le corps même du barrage et, actuellement, on ne peut plus douter que cet ouvrage, qui avait une épaisseur de 6 m. 10 à la base, de 2 m. txo au couronnement, pour une hauteur totale de 8 m. 5o, et une longueur de 38 mètres, soit incapable de résister à la pression, malgré les soins apportés à sa construction, malgré l'homogénéité de sa maçonnerie.

Il faut donc renoncer d'une façon absolue à appuyer des barrages contre des berges instables; on devra toujours, dans la pratique, chercher un point d'appui fixe à l'aval des terres en mouvement, et n'élever les barrages que progressivement en les appuyant sur les terres consolidées par l'ouvrage immédiatement inférieur.

Si, cependant, dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, il était indispensable d'encastrer un barrage dans une berge en mouvement, son épaisseur devrait être fortement augmentée; les ailes, en particulier, devraient être renforcées, ce que l'on obtiendrait

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