CHAPITRE PREMIER. — TRAVAUX DE RESTAURATION
Cette courbure qui est un peu faible pour les petits barrages rustiques a cependant l'avantage de procurer un encastrement facile des ailes qui n'ont jamais de tendance à aborder tangentiellement les berges, comme il arrive avec des courbures plus prononcées.
Quand la disposition des lieux s'y prête, on peut, pour une corde donnée, augmenter un peu la longueur de la flèche et, par conséquent, accentuer la courbure.
Dans ce cas, en supposant que la demi-corde C soit égale à n fois la flèche, la formule précédente donne pour valeur des rayons
En pratique, il est commode de faire établir sur les chantiers des gabarits en planches qui servent de guide aux maçons et qui donnent une approximation suffisante dans la construction d'où* vrages rustiques en pierre sèche.
C'est sur le parement amont, élevé verticalement, que l'on maintient le tracé exact de la courbe. Quant au parement aval, on lui donne un fruit de 20 à â5 p. loo, qui assure la stabilité de l'ouvrage.
Le personnel de surveillance devra être muni d'une table donnant, pour les différents rayons à employer, les flèches correspondant à des cordes variant de mètre en mètre ou de â en â mètres.
En appelant R le rayon, C la demi-corde, /la flèche et A la valeur (R— /), on a la relation suivante :
et/=.R~A==R-v^R^-C^ Si on observe que R^ reste invariable, que C^ représente le
carré des différents nombres de i à n, on voit que cette formule permet d'obtenir très rapidement la valeur de /.
Sur le terrain, on peut mesurer directement la flèche /sur Taxe de la courbe, mais, pour des dimensions un peu fortes de la demicorde C, cette mesure devrait se faire dans le vide. Il est plus commode de tracer la tangente à lamont du barrage et de mesurer ensuite l'ordonnée qui, élevée sur cette tangente, va rencontrer la courbe.
Élargissement des profils en travers d'un ravin. — Il
peut arriver que, par suite de circonstances locales, le lit du ravin à corriger soit très étroit et qu'il paraisse nécessaire d'en obtenir l'élargissement à la fois pour diminuer l'impétuosité des eaux, obligées, en s'étalant, de subir un frottement considérable et pour mettre le pied des berges à l'abri de leur érosion. On doit alors procéder à un relèvement de ce lit au moyen de barrages du même type que ceux que nous venons de décrire, mais ayant une hauteur pouvant atteindre i mètre à i m. 5o, au maximum, au-dessus du fond du lit (la hauteur des barrages se mesure toujours au parement amont sur l'axe).
Dans toute la section du torrent à relever, on devra rapprocher ces barrages qui, par l'effet de leur hauteur de chute, se trouvent exposés à un affouillement important et qui, par suite, devront être disposés de façon à s'appuyer mutuellement.
En même temps, on augmentera la profondeur de leurs fondations, de telle sorte que la base d'un ouvrage se trouve au niveau du couronnement de l'ouvrage immédiatement inférieur, ou tout au moins que la ligne idéale qui joindrait ces deux points ne dépasse pas la pente de & à 5 p. loo.
Enfin, on peut rencontrer des ravins dont l'une des rives soit rocheuse. On a eu souvent, dans ce cas, la tentation de faire des ouvrages destinés à rejeter les eaux sur le rocher, celui-ci constituant à lui seul l'une des ailes du barrage. Ce système est très défec-