‹ Echappé de la potence [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 29 · OS · texte numérisé non relu

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infaissez jus- 1la-

tion. Cette population se trouvait compromise par eux, compromise de ypaieté de cœur; livrée desormais sans défense à la haïne des tories et à la vengeance d’un Colborne. Je m'étais, moi, Félix Poutré, laissé berner pendant deux mois sans avoir eu même un soupçon de la sottise qu’on me faisait faire! J'avais accepté, cru, avalé, avec une crédulité d’enfant, mille balivernes plus ridicules, plus ineptes les unes que les autres!! J’avais en un mot naïvement pris pour des vérités® des actes de patriotisme, tous les contes bleus qu’il avait plu à ces deux émérites compères de me débiter! J'avais tout cru, tout mangé, pour ainsi dire, comme si ces bêtises avaient eu même l’apparence du bon sens !! Je me réveillais comme d’un long rêve, et je me demandais si c'était bien à moi qu’une aussi affreuse mésaventure avait pu arriver.

Et puis qu’allait-il advenir de tout cela ?

Qu'’allions-nous faire ? Point d’armes! Et les troupes qui arrivaient ! Pris entre deux feux! Les troupes venant d’un côté, et les volontaires, qui avaient clairement dû recevoir l’ordre de se concentrer sur Napierville, de Pautre! Nous étions comme pris au filet!!

Qu’allaient devenir tous mes pauvres amis, et leurs familles, et leurs propriétés, avec

cette propension nationale, chezles Anglais, à tout brûler!! Combien d’entre nous seraient arrêtés, emprisonnés, fusillés ou pendus!! Toutes ces réflexions se pressuient maintenant dans mon esprit, et Je me senais, de fait, rendu à la raison. Je croyais revenir d’un vertige, et la vérité, le vrai côté des choses m’apparaissaient soudaiï.

nement, se fesaient jour dans mon esprit, que l’absence de ces armes tant de fois proini- $es illuminait enfin d’un jour nouveau.

Mais une chose me préoccupait surtout.

‘ Pourquoi, diable,” me disais-je ‘ m’avoir envoyé ici sachant bien que c'était peine perdue ?” Enfin lexplication se présenta d’elle même et mit le comble à l’exaspération où j'étais. Je vis clairement que le seul but de cette mission était de m’éloigner momentanément pour permettre à Nelson et à Côte de s’évader plus facilement. C’étaient toujours deux yeux de moins.

J’eus comme une seconde vue, et il me sembla que je les voyais tous deux filer discrètement du côté des lignes. On va voir bientôt que mon avenglement passé avaitfait place à l’intelligence complète de la situation. Cette idée de leur fuite, cette espèce de vision qui me traversa subitement l'esprit, m’ar-

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