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tacha encore, à l'adresse des deux traîtres,une imprécation que je n’entends certes pas Justifier, mais qui me paraît honnélement excusable en un pareil moment. Je restais cloué à ma place depuis une demi-heure, en proie à toutes les réflexions que je viens de décrire ; mais l’idée de la fuite de Nelson et de Côte me fit en quelque sorte rentrer en moi-même, et je me dis: “Allons ! peut-être arriverai-je à temps !” Et je repris avec le pas de la rage le chemin de Napierville.
J’eus alors le temps de repasser de sangfroid dans mon esprit les faits des deux derniers mois ; de peser avec mon bon sens,et non plus avec mes illusions de patriotisme fourvoyé, mes propres actes et ceux des autres ; de réfléchir sur leurs suites probables, leurs conséquences infaillibles ! J’envisageai sérieusement ma position, celle de mes amis ; la position que, par notre étourderie et l’insigne mauvaise foi de deux hommes, nous avions faite au Bas-Canada. Il devenait clair qu’une seconde insurrection serait réprimée
avec plus de rigueur que la première : je :
comprenais que nous avions commencé le mouvement de cette année-là avec moins de chances de succès que celui de 37, puisque le gouvernement était beaucoup mieux pré-