‹ Échappées sur l'occultismeChapitre 15 sur 27 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

A proprement parler, les pouvoirs psychiques sont les pouvoirs de l’âme, puisque le mot psychique vient du grec psyché qui veut dire âme. Mais dans le langage courant ce terme est employé pour désigner ce qu'en théosophie nous appelons les pouvoirs du corps astral, ou même dans bien des cas, ceux qui appartiennent à la partie éthérique du corps physique. Quand on dit que certaines personnes sont psychiques, cela veut dire tout simplement qu’elles sont sensitives, qu'elles voient ou entendent plus quece que voient ou entendent la moyenne des gens qui les entourent. Or, si on a raison de dire que c’est là un pouvoir de l’âme, on aura tout aussi raison de dire que toutes les facultés dont nous nous servons dans la vie physique sont des pouvoirs de l’âme;car les corps, qu’ils soient astraux ou physiques, ne sont après tout que des véhicules.

Ce qu’on entend donc généralement par pouvoirs psychiques, ce n’est qu’une légère extension de nos facultés ordinaires ; mais l’expression s’applique aussi à d’autres manifestations qui sont encore quelque peu anormales chez l’homme, comme par exemple le pouvoir mesmé-

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rique ou le pouvoir guérisseur. Or puisque la volonté est incontestablement une faculté de 1 ego. ot que c’est elle qui agit dans le mesmérisme et dans la«mind cures', je suppose qu’il n'y a pas d’inconvénient à appeler ces manifestations des pouvoirs psychiques.

La télépathie, la psychométrie sont souvent rangées dans cette catégorie, bien que ces facultés n indiquent en réalité qu’une sensibilité peu commune aux impressions du dehors. A la vérité tous ces pouvoirs de Tâme sont inhérents à chacun de nous, mais ils ne sont développés que chez un petit nombre d’individus, et encore ne s’y manifestent-ils que partiellement, à moins que ces individus n’aient eu le privilège inestimable de recevoir un entraînement occulte défini.

Importance de Ventraînement psychique.

Dans mes conférences sur la clairvoyance, j’ai souvent été obligé de faire une distinction entre les individus ayant un entraînement, et les autres. Avant d’avoir étudié la chose pratiquement et par soi-même, on ne peut guère s’imaginer combien cet entraînement accroît le pouvoir de l’homme doué de facultés psychiques. Ln somme tous ceux qu’en Occident nous appelons de» psychiques, n’ont aucun entraînement de ce genre. Ce sont tout simpl ement des gens qui possèdent, à un léger degré, les facultés supérieures, innées chez eux. parce qu’ils se sont efforcés de les développer dans leurs existences antérieures, ayant peut-être été vestales dans quelque temple antique, ou ayant pratiqué, au moyenâge, une forme de magie moins recommandable. Dans

la plupart des cas, ils se servent de leurs pouvoirs à l’aveuglette ; peut-être même ne font-ils aucun eflort conscient pour s’en servir, et se contentent-ils de recevoir les impressions qui leur arrivent.

Aux Indes et dans d’autres pays de l’Orient, on a étudié ces choses scientifiquement depuis des siècles, en sorte que tous ceux chez lesquels ces facultés apparaissent, ou bien apprennent à en réprimer toute manifestation, ou se soumettent à un entraînement régulier, dirigé par ceux qui ont Tintelligence complète de cet ordre de faits. L’esprit hindou considère ces problèmes d’un tout autre point de vue. Pour l’Hindou, la sensibilité psychique n’est nullement une qualité désirable, car il craint qu elle n’amène la médiumnité, état qui lui fait horreur. Pour lui, ces pouvoirs de l’homme ne sont pas le moins du monde anormaux; il sait qu’ils existent dans tout homme, et n’est donc nullement surpris quand ils se manifestent. Mais il sait aussi que s’ils ne sont pas dirigés et développés convenablement, ils pourront être, pour celui qui les possède, une source d’erreurs, surtout au début de ses expériences.

L’étudiant hindou sait comment traiter ces facultés qui ont été classées il y a des milliers d’années. 11 y a aux Indes des instructeurs qui se chargent de développer un homme au point de vue psychique, tout comme dans nos pays on le développe par les sports, ou on lui faitapprendre une science quelconque.En Orient,iiexiste, pour ces facultés tout un système méthodique d’entraînement, et beaucoup de ceux que nous appelons chez nous des psychiques ou des clairvoyants, seraient considérés là bas comme des élèves des plus médiocres. Je crois même que la plupart des instructeurs orientaux

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ne voudraient pas se charger d’un homme ayant déjà en germe certaines facultés psychiques, car il arrive que cet homme a beaucoup à désapprendre, et qu’il est, par cela même, beaucoup plus dilficile à diriger que celui chez lequel aucune de ces facultés ne s’est encore manifestée, C’est qu’en Orient, ils connaissent la question à fond; ils guident leurs élèves dès le début, en leur expliquant toutes les causes de mépris et d’erreur, de façon à les en préserver le plus possible.

Dans nos pays occidentaux, la clairvoyance ne jouit pas d’une très bonne réputation, parce que justement beaucoup de ceux qui prétendent la posséder ne commettent que des erreurs. Il peut y en avoir parmi eux qui soient de simples imposteurs, mais je crois que chez la plupart cette faculté est partiellement développée, bien qu’ils s’illusionnent souvent sur le peu quïls possèdent. Il est certain qu en Orient personne ne voudrait se présenter au public ou môme se donner comme clairvoyant, de quelque façon que ce soit, avant d être suffisamment développé pour ne plus tomber dans les erreurs grossières qui sont si communes parmi nos soidisant clairvoyants. Si nous comprenons bien ce fait, nous verrons aussitôt qu’il doit y avoir une énorme différence entre les clairvoyants entraînés, et ceux qui ne le sont pas. et combien peu, en général, il convient d’avoir confiance en ces derniers.

La plupart de nos psychiques se croient infaillibles, et s’imaginent toujours que les messages qui leur arrivent, proviennent d’une source supérieure, alors qu’il leur suffirait d’un peu de bon sens et d’étude pour se rendre compte qu’il ne saurait en être ainsi. Il est évident que la subtile vanité du médium est flattée s'il se

-croit, à Fexciusiou des autres, en commumcation avec quelque archange. Mais si le médium voulait bien se donner la peine de lire les ouvrages traitant de ces questions, il verrait bien vite que des centaines de gens ont eu aussi leurs archanges, et ont cependant été grossièrement trompés. Il est évident qu’un clairvoyant entraîné ne tombera jamais dans une pareille erreur, mais comme je Tai déjà dit, la plupart de nos psychiques en Europe et en Amérique n’ont subi aucun entraînement. Quelques-uns sont parfois guidés par les morts, par ceux que l’on appelle les « esprits-guides »; mais ce n’est pas là une direction pratique ni sûre, et elle aboutit plus souvent à la médiumnité et à la sensibilité générale, qu’à la maîtrise de soi-même et au développement personnel.

Je ne crois pas que beaucoup de nos psychiques occidentaux consentiraient à se soumettre, môme pour un instant, à l’entraîneraent que les sages orientaux jugent nécessaire. Là-bas l’élève doit produire maintes et maintes fois, avec patience et persévérance, les phénomènes les plus simples jusqu’à ce qu’il atteigne la perfection. On lui demande d’édifier sa connaissance des plans supérieurs, pas à pas, en partant de ceux avec lesquels il est déjà familier, et on n’encourage pas ces envolées hardies qui lui feraient abandonner le roc inébranlable des faits prouvés. Nos psychiques occidentaux se jugeraient probablement offensés, si on les forçait à s’appliquer avec acharnement à acquérir la maîtrise du soi, comme on l’exige tout naturellement dans les écoles orientales de développement psychique.

Il y a des sciences qui ne sont pas des sciences psychiques proprement dites. Beaucoup de gens qualifient

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de sciences psychiques, l’astrologie, la phrénologie ot la chiromancie. Je crois toutefois que nous ne pouvons leur donner ce nom, sous prétexte que ces sciences prétendent obtenir leurs résultats par des déductions tirées de faits observés. L’astrologue étudie la position des astres à un moment donné, et d’après elle, tire son horoscope ou dessine son diagramme ; cela fait, il ne s’agit plus que de trouver par de simples calculs quelles sont les influences eu jeu. De la même façon le chiromancien observe les lignes de la main,puis travaille sur ces données d’après les lois reconnues par sa science, le phrénologiste procède de la même manière après avoir examiné d’abord la conformation du crâne. Dans toutes ces sciences, la capacité du praticien consiste simplement à peser les indications contraires et à décider entre elles ; en cela, il est vrai, il est souvent aidé par des intuitions qui se rapprochent des facultés psychiques. Ce sont ces pouvoirs, qui n’appartiennent pas aux sciences elles-mêmes, qu’on pourrait seuls qualifier de psychiques; nous ne nous occuperons donc pas de ces études dans cette conférence.

Il arrive parfois que celui qui s’occupe de ces sciences, a l’habitude de recevoir des impressions, des communi' cations, qui lui viennent de quelque entité astrale, impressions qui l’aident beaucoupà juger exactement entre les faits qui lui sont présentés. Dans ce cas son succès ne dépend plus de ses facultés personnelles, mais î>ieu de celles de son aide invisible, doué des facultés astrales ordinaires.

Il ne nous semble pas non plus que la médiumnité doive être comprise dans les pouvoirs psychiques, et qu’on puisse même l'appeler un « pouvoir ». Le médium

n’exerce pas de pouvoir, mais au contraire abdique le contrôle qu il devrait légitimemeut exercer sur ses organes, ou sur ses différents corps. Le médium a essentiellement besoin que ses corps se séparent facilement. Si c’est un médium à transes ou un mMiurn écrivain, cela veut dire que n’irnporte quelle entité astrale peut facilement s’emparer de son corps physique, et se servir de sa main ou de ses organes vocaux, de sorte que le médium n’est qu’un individu qui peut être aisément possédé par un mort. Si c’est un médium à tnalériaiisations (qu’il s’agisse de formes nettes et visibles, ou de mains invisibles qui touchent les assistants, jouent sur des instruments de musique, ou trausportent de petitsobjetshla qualité spéciale qu’il possède consiste à pouvoir, vivement et sans danger, donner de la substance éthérique, ou même de la nature physique de son corps pour l’obtention des divers phénomènes de la séance. Dans tout cela le médium est passif, nullement actif, et l’entité peut facilement s’emparer de lui et l’obséder. Une possède ni n’utilise aucuu pouvoir; il a simplement celui de se mettre dans un état spécial, qui permet à d’autres de s’emparer de lui.

Pouvoirs psychiques conscients,

Nous pouvons donc réserver ce nom de pouvoirs psychiques à l’emploi déterminé de la volonté ou des sens astraux ou éthériques, c’est-à-dire que nous pouvons y faire entrer la clairvoyance véritable et consciente, la « rnind cure », le mesmérisme, la télépathie et la psychométrie. Il y a également beaucoup de pouvoirs psychiques qui s’exercent inconsciemment, mais j’en par-

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lerai plus loin ; nous allons d'abord examiner l'emploi conscient de ces pouvoirs, qui n’est encore que le partage d’un très petit nombre d’individus. On trouve assez souvent de bons mesméristes, il y a aussi u n assez grand nombre de gens qui possèdent le pouvoir de guérir d’une façon ou d’une autre; mais ce nombre est bien petit, comparé à la population totale de la terre* Les pouvoirs inconscients sont au contraire possédés par nous tous, et nous les utilisons plus ou moins.

Je tiens à dired’abordà tous ceux qui possèdent consciemment les pouvoirs psychiques, que ces pouvoirs peuvent être bien ou mal employés, et qu’il convient par conséquent d’être très prudent dans l’usage qu’on enfait. La règle générale qui peut s’appliquer à tous est celleci : il ne faut se servir des pouvoirs psychiques que dans un but parfaitement altruiste. Si l’on s’en sert afin de s’assurer un gain quelconque, que ce soit de l’argent ou de l’influence, on s’en sert mal. Ce sont des pouvoirs de l’âme,avons-nous dit; ils se rattachent au développement,au progrès supérieur de l’homme,il ne faut donc pas les employer autrement. C’est là un point important que tous les psychiques devraient avoir constamment présent à l’esprit, c’est la seule règle sûre que l’on puisse leur indiquer. Ces pouvoirs permettent d’avoir des échappées sur l’avenir de la race humaine. Si chacun se sert pour lui-même de ces facultés qui seront notre partage à tous, l’avenir peut être sombre et terrible. Si au contraire, à mesure qu’elles se développent, les hommes apprennent à les utiliser pour aider la race et la faire progresser, l’avenir sera splendide. Nous savons que dans le passé il y eut une race qui posséda ces facultés au plus haut point; mais elle

s’on servit mal et par conséquent disparut. Nous qui appartenons à la cinciuièine race mère, devrons à notre tour passer par la môme épreuve ; nous hériterons des mômes pouvoirs. Leur apparition parmi nous aujourd’hui est un présage de l’époque où ils seront aux mains •de tous, où tous les accepteront et les comprendront.

La grande question est donc de savoir si nous ferons comme nos prédécesseurs, et si, une fois que nous aurons développé ces pouvoirs, nous nous en servirons mal. Dans ce cas nous suivrons aussi nos prédécesseurs dans la ruine. Si au contraire, comme on peut Tespérer, nous faisons mieux, et s’il y a parmi nous un plus grand nombre d’individus qui s’en servent pour le bien de l’humanité, nous éviterons peut-être leur sort,car le bon sens et le sentiment de la majorité condamneront et réprimeront l’emploi de ces pouvoirsdansun but égoïste.Si cela doit être, si nous voulons qu’il y ait parmi nous un grand nombre de gens comprenant les choses et se servant intelligemment de leurs pouvoirs, il est certain qu’il faut commencer dès maintenant, alors que ces pouvoirs ne sont encore qu’à l’étal de germe, à nous en servir dans un but altruiste et à rejeter l’idée de les employer pour le soi inférieur. On n’a déjà que trop de tendances à les faire servir à des fins personnelles; i’avidité des ignorants leur fait employer tous les avantages nouveaux qu’ils croient à leur portée,à essayer de SC procurer la fortune ou la renommée pour leur misérable personnalité.

Il ne faut pas que l’éclosion de ces facultés supérieures soit gâtée par des sentiments ou des pensées de ce genre; nous devons nous rappeler que des facultés plus hautes entraînent une responsabilité plus grande, que

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celui qui les possède se trouve déjà dans des conditions spéciales, puisqu’il lui est ainsi possible de se développer dans maintes directions.Nous comprenons bien cela quand il s’agit du plan physique;personne ne songerait à soutenir que la responsabilité du sauvage qui commet un vol ou un meurtre, est égale à la nôtre si nous commettons le môme crime. Nous comprenons instinctivement qu on peut nous demander davantage parce que nous sommes plus éclairés que lui. Il en est de môme pour cette connaissance nouvelle, qui met entre nos mains un pouvoir nouveau; car ce pouvoir signiGedes occasions nouvelles, et par conséquent une responsabilité nouvelle.

Le mesmésme et la « mind cure ».

J’ai expliqué dans des conférences précédentes quelle était l’opinion théosophique au sujet du mesmérisme et de la « mind cure », je n’ai donc pas besoin de la redire ici. Il est facile de voir comment il est possible d’abuser du pouvoir ,mesmérique, en l’employant pour dominer le mental du sujet et l’inGuencer en faveur de l’opérateur. On entend parfois parler de cas où un homme désirant une situation ou ayant besoin d’argent, emploie son pouvoir mesmérique à se faire donner l’emploi qu’il n’est d’ailleurs pas capable de tenir, on réussit par ce moyen à se faire donner ou léguer de l’argent qui devrait, selon les lois ordinaires de la justice, passer en d’autres mains. Il n’est pas rare de voir dans les journaux des annonces où l’on offre d’enseigner l’usage du pouvoir mesmérique en affaires, et d’apprendre à la personne qui remploiera,

à triompher des malheureux qui se trouveront sur son chemin.

Il est évident que ce sont là de sérieux abus, dont on peut aussi rapprocher Tusage public du pouvoir raesmérique, exposant le sujet au ridicule. Mais il n’est pas moins évident que le mesmérisme peut être employé très utilement à guérir. On peut,comme je Fai déjà dit, dissiper un mal de tête, un mal de dents, au moyen de quelques passes, sans qu’il soit nécessaire pour cela d’endormir le sujet. Je suis sûr qu’on pourrait même de cette façon, et sans le secours de la transe, guérir une grande partie des maux « auxquels la chair est assujettie ». On ne devrait d’ailleurs que très rarement avoir recours à la transe, parce qu’elle implique la domination de la volonté ; le seul cas dans lequel elle soit justifiée, est peut-être le cas des opérations chirurgicales. Vous trouverez, dans les ouvrages du D*" Esdailede Calcutta et du D** Elliotson de Londres, le récit de son emploi efficace dans ces opérations.

On peut voir égalementcombien il serait facile d’abuser de la ^mindcure ». On emploie souvent ce pouvoir pour se procurer de l’argent ; il me semble que c’est là un terrible danger, car on risque fort de céder à des motifs impurs et d’employer des moyens indélicats dans la pratique. On dit parfois que ceux qui consacrent tout leur temps et toutes leurs forces à guérir les autres doivent gagner leur vie d’une façon ou d’une autre, et que, sous ce rapport la «raind cure » peut se comparer à la médecine ordinaire. Je ne puis me ranger à cet avis. Quand il s’agit d’une médecine ordinaire, nous savons qu’il a fallu faire des études coûteuses pour se préparer à soigner convenablement les malades ; nous savons tous que

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nous lui achetons les services que soîi expérience et son habileté lui permettent de mettre à noire disposition. Mais le « mind curist > est parfois absolument ignorant, il n’a eu aucune préparation et en tous cas, il se sert d un pouvoir qu’on ne peut pas évaluer sur le plan physique puisqu’il appartient à des régions plus élevées et moins matérielles. Si le praticien n’a pas de fortune et consacre tout son temps à guérir les malades, il peut naturellement accepter les dons que ses patients reconnaissants désirent lui offrir en échange de Taide qu’il leur a donnée; mais il me semble peu honnête de fixer un tarif pour des services de cette nature; cela est contraire à l’esprit de l’enseignement occulte. Chacun doit évidemment juger ces choses d'après sa conscience, mais il me paraît dangereux d’introduire un élément de gain personnel dans l’emploi de pouvoirs qui appartiennent à des régions supérieures ; il vaut mieux, dans ce cas, éviter jusqu’à l’apparence du mal.

La clairvoyance.

Cela est vrai aussi pour la clairvoyance. Cette faculté peut servir au bien dans beaucoup de cas. A celui qui possède cette faculté, les mondes supérieurs s’ouvrent partiellement, du moins de temps à autre, et, par suite, il peut utiliser ce pouvoir à s’instruire. Dans ce but il est nécessaire que le clairvoyant étudie tout ce qui a été écrit sur ce sujet, afin de se rendre compte de ce que les autres ont déjà appris, de profiter de leur expérience, et d’éviter les pièges dans lesquels certains sont tombés. Un clairvoyant qui ne connaît rien de la clair™

voyance, qui n’essaie pas de vérifier ses visions, de les comparer aux expériences des autres, pourra se tromper sérieusement, et par ses prédictions,ses descriptions fantastiques, discréditer cette faculté dans Tesprit de ceux qui ne la connaissent pas encore.

Mais pour celui qui se sert de cette faculté avec jugement, sans se laisser entraîner par sa vanité, dans un esprit d’investigation scientifique plutôt que dans Tespoir d’en tirer un gain personnel, la clairvoyance peut être une source, non seulement de grande joie, mais aussi de grand progrès. Non seulement il peut acquérir pour lui-même la science qu’il est libre d’ailleurs de transmettre à ses semblables, mais il peut aussi apprendre à voir quand et comment les gens doivent être aidés, et discerner la manière la plus efficace de donner cette aide. Souvent il peut voir où se fait sentir le besoin d’une parole bienveillante, et où l’envoi d’une pensée affectueuse et réconfortante, produira un résultat immédiat. Le clairvoyant a, en tous cas, un pouvoir de faire le bien, plus grand que ses semblables, à condition de rechercher les occasions de l’employer, et de toujours penser à aider les autres plutôt qu’à gagner quelque chose pour lui-même.

De splendides perspectives s’offrent à nous, quand nous songeons à ce pouvoir qui sera entre les mains de tous, dans un avenir assez rapproché; et celui qui •est quelque peu clairvoyant jouit déjà, dans une faiWe mesure, de cette capacité de faire le bien qui deviendra notre lot à tous, à mesure que la race progressera. Le clairvoyant qui est complètement désintéressé, et dont les facultés nouvelles sont équilibrées par un robuste et solide bon sens, peut faire beaucoup de bien dans le

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monde, et se développe spirituellement rien qu’en aidant les autres.

11 n’est pas ditficile de voir que Ton peut aussi abuser de ce pouvoir. On peut se servir, on se sert môme parfois des intormations que Ton obtient ainsi sur son prochain, pour un gain personnel, pour satisfaire sa curiosité et môme dans un but de chantage. On voit donc qu’il est absolument nécessaire que le clairvoyant soit un honnête homme, et d’ailleurs quand il appartient à la catégorie que nous appelons, en théosophie, les Pitris de la première classe, il en est naturellement ainsi.

Abus scandaleux de la clairvoyance.

Malheureusement la clairvoyance peut être acquise par des âmes moins évoluées et de senliments peu délicats, comme on le voit en lisant les réclames éhontées qui paraissenl si souvent dans nos journaux. Nous voyons là des personnes qui annoncent sans pudeur qu’elles mettent leur clairvoyance (quelle qu’en soit l’espèce), à la disposition de quiconque désire obtenir sur ses semblables un avantage illégitime, et nui offrent tout simplement d’aider à voler les autres, sous le couvert du jeu ou des paris de courses. Ces personnes flattent bassement les viles passions des hommes, elles descendent, de ce qui devrait être une région pure et élevée, dans la boue la plus immonde de la vie physique la plus grossière.

Et ce ne sont pas là les seuls coupables, car nous voyons aussi des annonces de gens qui offrent d’enseij gner la clairvoyance ou une science occulte quelconque,

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pour une certaine somme d'argent. Ces praticiens sans scrupules ne vivent et ne prospèrent que grâce à Tignorance du public qui ne connaît pas encore les véritables conditions de tout enseignement de ce genre. Aussitôt qu’un homme fait de la réclame, demande de l’argent pour un soi-disant service occulte, il se dénonce comme incapable d’enseigner le véritable occultisme. Le véritable enseignement occulte est entre les mains de grandes écoles, qui sont sous la direction de la grande Fraternité, et leurs élèves n’ont pas le droit d’accepter de l'argent pour la manifestation de leurs pouvoirs psychiques.

Ces gens se condamnent donc eux-mêmes, et leurs annonces publient leur condamnation ; s’ils prospèrent et s’accroissent aux dépens de ceux dont ils se moquent, les victimes ne peuvent s’en prendre qu’à ellesmêmes des résultats de leur sotte crédulité. Je répète une fois de plus qu’il n’y a qu’une règle sûre touchant l’emploi de ces facultés supérieures, règle d’après laquelle ces facultés ne doivent pas servir à des fins personnelles et égoïstes.

Pouvoirs psychiques inconscients.

Laissons de côté ces pouvoirs qui n’appartiennent qu’à un très petit nombre d’entre nous, pour passer à ceux que nous possédons tous, et dont nous nous servons, bien que d’une façon inconsciente. Le premier et le plus grand est le pouvoir de la pensée. Beaucoup de gens ont vaguement entendu dire que les pensées sont des réalités, sans que cette assertion ait eu pour eux

aucun sens précis. Quand une fois on a la chance de posséder la clairvoyance sur le plan mental, on peut témoigner de l’extrême importance de la vérité exprimée par cette assertion. Si au moyen des sens mentaux le clairvoyant regarde les corps mentaux de ses semblables, il voit comment la pensée se manifeste à ce niveau et quels résultats elle produit. C’est dans le corps mental ou intellectuel de l’homme, que la pensée se montre d’abord à la vision clairvoyante, comme une vibration prenant naissance dans la matière de ce corps. D’après les gravures que j’ai publiées dans « l’Homme visible et invisible », on peut se rendre compte de l’aspect que présente ce corps mental, quoique les dessins ne soieat qu'une tentative pour reproduire partiellement, et sur le plan physique,l’impression beaucoup plus grandiose et plus puissante, produite sur la vision mentale par ce corps plus élevé.

Si un homme pense pendant qu’un clairvoyant l’observe, ce dernier voit une vibration naître dans le corps mental, et cette vibration produit deux résultats distincts. Comme toutes les autres vibrations, elle tend à se communiquer à la matière environnante capable de la recevoir ; de cette façon, l’atmosphère étant remplie de matière mentale qui se met facilement en mouvement, le premier effet produit est celui d’une sorte d’onde qui se propage à travers l’espace environnant ; absolument comme lorsqu’on jette une pierre dans une mare, on voit des ondes s’éloigner du centre en rayonnant sur la surface de l’eau. Dans le cas de la pensée, la radiation ne se produit pas sur un seul plan, mais dans toutes les directions, comme les radiations du soleil ou d’une lampe. 11 faut se rappeler que l’homme vit dans une mer

immense de matière mentale, tout comme sur le plan physique nous vivons au milieu d’une atmosphère, bien que nous y pensions rarement.

Cette vibration irradie donc dans toutes les directions, devenant moins puissante à mesure qu’elle s’éloigne de sa source. Comme toutes les autres vibrations elle tend •à se reproduire toutes les fois que l’occasion s’en présente, et chaque espèce de pensée a sa vitesse vibratoire propre, cela veut dire que toutes les fois que cette onde vient frapper un autre corps mental, elle tend à provoquer en lui des vibrations analogues à celles qui lui ont donné naissance. C’est-à-dire que si nous regardons l’homme dont le corps mental est ainsi touché, nous voyons que l’onde tend à reproduire en lui une pensée identique à celle qui a été émise par le premier P enseur.

La distance à laquelle Tonde mentale est transmise, la force et la persistance avec laquelle elle frappe le corps mental des autres, dépendent de la force et de la netteté de la pensée originelle. La voix de Torateur met en mouvement des ondes sonores qui, à travers l’air, s éloignent en rayonnant dans toutes les directions, et transmettent son message à tous ceux qui sont à portée de sa voix ; or, la distance à laquelle sa voix peut être perçue dépend de la force et de la netteté de son débit. De la même façon, une pensée forte portera plus loin qu’une pensée faible et vague ; mais la netteté et la précision importent plus que la force. Mais, tout comme la voix de Torateur peut tomber dans des oreilles inattentives, si les gens sont absorbés par leurs affaires ou leurs plaisirs, de môme une onde puissante de pensée peut ne pas affecter Thorame dont l’esprit est pro-

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foûdéraeut absorbé par d’autres espèces de pensées*

La plupart des hommes ne pensent fortement et avec netteté que dans la poursuite de quelque affaire qui réclame leur attention. Il y a donc à notre portée beaucoup d’esprits qui ont chance d’ôtre affectés par les pensées qui viennent les frapper. Nous sommes donc responsables des pensées que nous émettons et des effets qu'elles produisent sur les autres.

Voilà un pouvoir psychique que nous possédons tous, et que nous exerçons tous ; et cependant, combien peu d’entre nous songent à la sérieuse responsabilité qu’il implique! Inévitablement, et sans que nous fassions pour cela aucun effort, toutes les pensées que nous entretenons dans notre esprit influencent ceux qui nous entourent. Voyez donc combien notre responsabilité est terrible si cette pensée est impure ou mauvaise, car alors nous répandons la contagion morale parmi nos semblables. Rappelez-vous que des milliers de gens ont en eux des germes latents de mal, germes qui peut-être ne fleuriront pas et oe porteront pas de fruits, si quelque force du dehors ne vient pas agir sur eux et éveiller leur activité. Si vous vous laissez aller à une pensée profane ou impure, les vibrations que vous produisez ainsi pourront être le facteur qui éveillera le germe à la vie active, et fera commencer sa croissance ; et vous pourrez de cette façon provoquer la perdition d’une âme. Plus tard ce germe pourra donner des pensées, des pcnroles, des actes mauvais, et ceux-ci à leur tour pourrontaffecter des milliers d hommes dans un avenir éloigné. Nous voyous par là quelle responsabilité nous encourons par une seule pensée mauvaise. C’est ainsi que l’homme fait constamment du mal, et bien qu’il le fasse inconsciemment, il

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n^en est pas moins responsable, car il sait du moins qu’il doit purifier ses pensées et il a négligé de le faire.

Si donc il nous arrive d’avoir une pensée mauvaise ou égoïste, hâtons-nous d’envoyer à sa suite une forte pensée de bonté et de charité, de façon à réparer dans la mesure du possible, le mal que nous aurions pu faire. Car heureusement tout ce que nous venons de dire s’applique aussi anx bonnes pensées, et celui qui comprend cela peut essayer de devenir un véritable soleil, rayonnant sur tous ceux qui l’entourent des pensées d’amour, de paix et de calme. C’est là une puissante force psychique, et qui est pourtant à la portée de tous, riches ou pauvres, enfants ou sages. Nous voyons donc clairement que nous avons le devoir de maîtriser nos pensées et de les tenir au niveau le plus élevé que nous puissions atteindre.

Formes-pensées^

Ce n’est là cependant qu’un des résultats de la pensée. Le clairvoyant qui surveille la genèse d'une pensée voit que, non seulement elle émet une vibration qui rayonne à l’infini, mais qu’elle produit aussi une forme déterminée. Tous les étudiants théosophes connaissent Pessence élémentale, cette vie étrange, semi-intelligente qui nous environne ; ils savent combien elle est prompte à répondre à Tinfluence de la pensée humaine, et comment chaque impulsion venant du corps mental se revêt aussitôt d’un véhicule temporaire fait de cette essence. Il se forme ainsi pour un temps une sorte de créature vivante, dont Pâme est la pensée et le corps l’essence

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élémentale. Ces formes-pensées revêtent une infinité de couleurs et de formes; on les appelle parfois des élémeiitals artificiels. Chaque pensée attire autour d’elle la matière qui lui convient et la fait vibrer comme elle; la couleur varie avec chaque espèce de pensée,et il est extrêmement intéressant d’étudier ces variations et ces combinaisons diverses.

Dans le livre dont j’ai parlé : Vhomme visible et i/ivisible^ vous trouverez la liste des couleurs et leurs significations, et dans le volume qui lui fait suite : Les formes-pensées, vous trouverez toute une collection de dessins coloriés représentant différentes espèces de formes-pensées.

Dans la plupart des cas, les pensées ne sont que des nuages mouvants, d’une couleur appropriée à l’idée qui leur a donné naissance ; mais quand il s’agit d’unepensée précise, la forme a des contours bien plus nets et est * souvent très belle. Si la pensée est intellectuelle ou impersonnelle, si par exemple le penseur essaie de résoudre un problème d’algèbre ou de géométrie, ses formespensées et les ondes vibratoires resteront dans le plan mental. S’il s’agit d’une pensée spirituelle, si elle se colore d’amour et d’aspirations profondément altruistes, elle s’élèvera au-dessus du plan mental et revêtira la splendeur et l’éclat du plan bouddhique. Son influence sera alors très puissante, car chaque pensée de ce genre est une force pour le bien qui produira certainement un effet très net sur tous les corps mentaux environnants capables toutefois de vibrer à l’unisson.

Si d’autre part la pensée est personnelle, égoïste, ses vibrations se dirigent vers le bas, et elle prend, outre son vêtement mental, un corps de la matière astrale.

Une telle forme-pensée pourra agir non seulement sur le corps mental, mais sur le corps astral des autres honimes, et pourra non seulement éveiller des pensées, mais susciter des émotions. Nous voyons donc une fois de plus quelle terrible responsabilité nous encourons, en envoyant des pensées égoïstes ou chargées de magnétisme impur et mauvais Shl se trouve auprès de nous une personne ayant un point faible (et qui n’en a pas ?), notre pensée égoïste ira peut-être trouver ce point taibie, et y fera germer la fleur du mal qui bientôt portera ses fruits. Mais les pensées bonnes et aimantes projettent aussi des formes, et agissent sur les autres tout aussi fortement que les pensées mauvaises agissent clans un sens opposé ; ce qui nous prouve que nous avons d'innombrables occasions de nous rendre utiles quand une fois nous sommes parvenus à maîtriser parfaitement nos pensées et nos sentiments.

Effets des formes^pensées.

Il n’est peut-être pas inutile d’étudier d’un peu plus près cette forme-pensée et de la suivre dans ses diverses pérégrinations. Il arrive souvent que nos pensées sont dirigées d’une façon précise vers une autre personne ; nous envoyons à quelqu’un des pensées d’affection, de gratitude, et parfoisaussi malheureusement, des pensées d’envie, de jalousie ou de haine. Une pensée de ce genre donne naissance, comme toutes les autres, à une vibration ; mais la forme-pensée ainsi générée, ayant une intention définie, se dirige, aussitôt qu’elle quitte le corps mental et le corps astral du penseur, vers la per-

ÉCHAPPÉES srft l’occultisme

sonne à laquelle il a pensé, et s’attache è elle. On peut la comparer à une bouteille de Leyde, chargée d’électricité. Si I homme vers lequel elle est dirigée est à ce moment dans un état passif, ou s’il a en lui des vibrations actives qui peuvent s’harmoniser avec celles de la forme-pensée, la décharge a immédiatement lieu. La pensée aura alors pour effet de provoquer, s’il n’en existe pas encore, des vibrations analogues aux siennes, ou de les intensifier si elles existent déjà. Si l’esprit de cet homme est fortement occupé à d’autres pensées, et si les vibrations ne peuvent pénétrer, la forme-pensée planera autour de lui, attendant une occasion.

Malheureusement,audegré d’évolution que nousavons atteint, la majorité des hommes sont généralement occupés d’eux mômes, quand ils ne sont pas activement égoïstes. Leurs pensées sont môlées de désirs, et dans ce cas, elles descendent aussitôt sur le plan astral, se revêtent de la matière de ce plan, et réagissent constamment et avec force sur l’homme qui leur a donné naissance. On peut voir la plupart des hommes entourés d’une coque de formes-pensées, qui planent tout autour d’eux, et réagissent perpétuellement sur eux. Elles tendent alors à se reproduire, c’est-à-dire à provoquer en eux les mêmes pensées. Beaucoup de gens ont conscience de celte pression du dehors, de cette suggestion constante des mêmes pensées, et si les pensées sont mauvaises, ils. s’imaginent fréquemment que ce sont des démons qui les poussent au péché. Ce sont pourtant leurs créations, car c’est toujours l’homme qui est son propre tentateur.

USAGE ET ABUS DES POUVOIRS PSYCHiQÜES

Les pensées qui stident.

Mais remarquons aussi quel immense pouvoir nous avons entre les mains^ et combien celle connaissance doit nous rendre heureux, car nous poarrons l'utiliser quand nous connaissons quelqu'un qui souffre ou qui est dans la peine, comme cela nous arrive à tous fréqueminent. Il se peut que nous soyons absolument ineapable de faire quoi que ce soit sur le plan j'basique, car beaucoup de raisons nous empêchent souvent d’aider physiquement, quelque anxieux que nous soyons de le faire. Dans certaines circonstances notre présence môme peut n’ôtre pas désirable ; le cerveau physique de celui que nous voulons aider peut être rétractaire à ce que nous pourrions lui dire, à cause de ses préjugés religieux ou autres. Mais son corps astral et son corps mental sont plus sensitifs, plus aisément impressionnables, et nous pouvons toujours les influencer par des pensées d’aide ou des sentiments affectueux et un vif désir de consoler. Rappelez-vous que ces pensées auront nécessairement leur effet, et qu’il est impossible que nos efforts ne soient pas couronnés de succès quand bien même nous ne pourrions apercevoir aucun résultat sur le plan physique.

La loi de la conservation de l’énergie se retrouve sur ce plan, il faut donc que l’énergie ainsi émise atteigne son but, produise son résultat. Il est certain que la pensée que nous voulons faire parvenir à notre ami pour le consoler ou l’aider, lui arrivera; mais elle ne se présentera clairement à son esprit que si nous sommes

ÉCHAPPÉES SUR l’oCCüLTISME

parvenus à lui donner des contours bien nets, et aussi si son état mental à ce moment le permet. Il se peut qu’il soit trop préoccupé de ses soucis, de ses souffrances, pour qu’une idée étrangère arrive à pénétrer; dans ce cas, notre pensée attendra son heure, et quand l’atlentionde notre ami sera détournée ou que la fatigue le forcera à suspendre Taclivité de ses propres pensées, elle se glissera dans son mental et fera son œuvre de consolation. 11 en est de même sur un autre plan des sentiments d’affection que nous envoyons avec force à celui qui souffre; s’il arrive qu'il soit trop préoccupé de ses propres sentiments, ou trop excité pour recevoir et accepter une suggestion du dehors, il viendra cependant un tenips^ où notre forme-pensée fidèle trouvera moyen de péné trer et de se décharger, et alors notre sympathie produira son effet. Il y a beaucoup de cas où,avec la meilleure volonté dii monde, nous ne pouvons rien faire sur le plan physique, mais il n’y a pas d’occasions où, sur les plans mental et astral, on ne puisse aider par une ferme concentration de la pensée.

Les phénomènes de la « mind cure » montrent combien la pensée peut être efficace même sur le plan physique, et maintenant que nous savons qu’elle est beaucoup plus puissante encore sur les plans supérieurs, nous voyons quel pouvoir immense est à notre disposition si nous voulons seulement nous en servir. Rappelons-nous qu’il faut toujours nous représenter les gens comme nous voudrions les voir. L’image que nous formerons ainsi agira puissamment sur eux et essaiera de les transformer à sa ressemblance. Fixons nos pensées sur les bonnes qualités de nos amis, car en pensant à une qualité nous contribuons à en intensifier les vibrations et par

suite à la fortifier. Il n’est jamais légitime d’essayer de

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278 ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme

leur altention sur eux,et s’efforceront par ce moyen de l’aider à triompher ; leur critique sera devenue cette critique bienveillante qui cherche les perles aussi avidement que la critique moderne se jette sur les défauts imaginaires.

Sensibililé psychique.

Il est une autre qualité psychique que nous possédons tous à un degré quelconque, c’est la sensibililé aux impressions. Tous. nous recevons ces impressions de temps à autre. Elles sont encore imparfaites et nous ne pouvons guère y ajouter foi; mais il faut cependant les noter et les surveiller avec soin, afin de les faire servir au développement d’une faculté plus parfaite. Elles peuvent parfois nous aider à découvrir ceux qui ont besoiu d’aide, à qui une bonne pensée ou une parole affectueuse feraient du bien. U arrive parfois qu’en présence d’une personne, nous nous sentons gagnés par un abatlemenl profond. Si vous avez vu dans < l’homme visible ou invisible » l’image que représente un homme sous l’influence de l’abattement, vous vous rappelez sans doute qu’il semble y être enfermé, comme l’avare qui s’est fait une prison de ses pensées égoïstes. Ceux qui se rapiwllent cette image impressionnante, verront aussitôi ce que peut taire la pensée pour un tel individu.Elle pourra, eu envoyant de fortes vibrations, l’aider à briser les barreaux de sa prison, à rejeter leur poids terrible, et à se délivrer du lourd nuage qui l’entoure.

Si nous nous sentons déprimés en présence d’un toi homme, nous pouvons être sûrs qu’il a quelque raison à cela, et qu’une occasion nous est offerte.

Puisque l’homme est une étincelle de la Divinité, il doit toujours y avoir en lui quelque chose capable de répondre à notre pensée affectueuse et calme, et nous pourrons ainsi le rassurer et l’aider. Essayons de lui faire comprendre qu’en dépit de ses ennuis et de ses chagrins personnels, le soleil Idit encore pour tous, qu’il lui reste bien des raisons d’être reconnaissant, car il y a encore beaucoup de belles et bonnes choses dans le monde. Nous verrons souvent un changement se produire, et cela nous encouragera à recommencer ; car nous aurons la preuve que nous savons maintenant utiliser nos pouvoirs psychiques^ d’abord la sensibilité qui nous a aidé à découvrir le mal, et ensuite la pensée qui nous a permis de le soulager.

Mais cette faculté peut aussi être mal employée.Nous pourrions par exemple nous laisser abattre, soit par nos propres souffrances, soit par celles d’autrui. Le sensitif rencontre en effet beaucoup de choses qui lui sont désagréables, surtout s’il habite une grande ville et qu’il se trouve en contact avec ce qu’on appelle la civilisation moderne. Mais il doit se rappeler qu’il est de son devoir de rester joyeux,et de résister à toutes les pensées de tristesse et de désespoir. Il doit, de son mieux, essayer d’imiter,sur les plans supérieurs, ce que fait sur le plan physique, le soleil: ce glorieux symbole du Logos. Gomme celui-ci répand sa lumière et sa vie, le sensitif doit s’efforcer de devenir un centre de calme et de paix, à travers lequel la puissance supérieure se déversera sur ses semblables. Il pourra devenir ainsi le véritable collaborateur de Dieu, car, par lui, la grâce et la lorce divines qu il réfléchira, affecteront ceux qu’elles ne pourraient atteindre directement.

28 (> ÉCHAPPÉES SUR l/OGCULTlSME

Le soleil physique répand sur nous à grands flots sa vie et sa lumière, et il y a cependant des grottes et des caves dans lesquelles sa lumière ne peut pénétrer directement ; mais un miroir placé sur terre au niveau de Torifice pourra réfléchir les rayons solaires de façon a éclairer les recoins les plus obscurs. L’homme peut devenir lui aussi un miroir reflétant la gloire divine qui,par lui, pourra se manifester à ceux dont les yeux seraient sans cela aveugles à sa lumière.

Les chagrins nous viennent toujours, mais il ne faut pas nous laisser égoïstement abattre par eux, car nous mettrions ainsi les autresen danger,en répandant l’abattement autour de nous, et en intensifiant celui de nos amis. Il y a toujours bien assez d’anxiété et de chagrin dans le monde, sans y ajouter égoïstement en nous lamentant sur nos propres souffrances ; travaillons plutôt avec la Divinité qui a voulu que l’homme soit heureux. Efforçons nous de chasser l’abattement, et de répandre au moins la résignation et le calme si nous ne pouvons pas encore aller jusqu’à la joie. Nous avons donc, dans cette voie aussi, beaucoup à faire ; la tâche est à notre portée, il ne tient qu’à nous de l’assurer.

La sensibilité psychique peut encore être mal employée d’une autre manière,car elle peut nous entraîner à être tellement repoussés par les défauts de ceux que nous rencontrons, qu’il nous devient impossible de les aider, quand l’occasion s’en présente. Un homme vertueux et pur, éprouve, pour tout ce qui est vicieux ou grossier, une répulsion instructive très forte; ce sentiment donne lieu à bien des malentendus, car nous pouvons l’éprouver sans que la personne qui nous répugne soit vulgaire et grossière.

Vibrations discordantes.

Si nous cherchons à expliquer, du point de vue de la Tnatière, cette répulsion de Thomme délicat pour celui ^ont les pensées et les sentiments sont purement égoïstes, nous verrons que c’est tout simplement parce que leurs vibrations sont discordantes. Tous deux ont, dans leur corps astral, de la matière astrale à tous les degrés, mais lis s’en sont servis dilTérerament. L’homme vertueux a développé avec persévérance les vibrations d’une espèce plus subtile, qui affectent les espèces plus subtiles de matière astrale, tandis que l’homme aux pensées égoïstes s’est à peine servi de cette partie de son •corps astral, et n’a fait que fortifier en lui les vibrations qui affectent surtout la matière la plus grossière. Aussi quand ces deux êtres se trouvent en présence, leurs vibrations différentes produisent un sentiment de gêne et de discordance. Iis s’évitent donc instinctivement, et ce n’est que quand l’homme vertueux a appris qu’il est de son devoir et en son pouvoir d’aider, qu’il essaie d’influencer quand ce ne serait qu’à distance, son frère moins évolué.

Il arrive parfois cependant que deux personnes également bonnes, également évoluées ne sont pas en harmonie. Bien que la différence entre elles puisse n’être pas aussi grande que celle dont nous parlions tout à l’heure, elle peut être néanmoins suffisante pour faire naître un sentiment de discorde et par conséquent de répulsion. Il ne serait pas prudent de conclure, quand nous n’aimons pas la société d’une personne, que cette

ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme

personne est nécessairement mauvaise. C’est pourtant une erreur que beaucoup de gens très bons et bien intentionnés commettent fréquemment, et c’est pourquoi il n’est pas inutile d’y insister. Il est certain que ce sentiment, quand il est trop marqué, rend l’aide difficile, alors qu’au contraire, quand nous nous sentons attirés vers une personne, nous pourrons être sûrs qu’il nous sera très aisé de lui être utile, car cette personne sera toute disposé© à se laisser guider par nous. On peut cependant surmonter ce sentiment de répulsion, et quand il n’y a personne d’autre pour aider, il est tout naturellement de notre devoir de le faire.

Nous devons donc tous nous efforcer de comprendre ces pouvoirs psychiques que nous possédons, et une fois que nous les comprenons, de les employer sagement et bien. Il est vrai que notre responsabilité s’en accroît, mais il ne faut pas pour cela les éviter. Puisque beaucoup s’en servent insconsciemment pour le mal, il est d’autant plus nécessaire que nous, qui commençons à les comprendre un peu, nous nous en servions consciemment pour le bien. Acceptons-les donc joyeusement, mais n’oublions jamais de leur donner, comme contrepoids, l’étude et le bon sens. Nous éviterons ainsi tout danger de les mal employer, et nous nous préparerons à utiliser d’autres facultés plus élevées encore qui nous viendront au cours de l’évolution, à les utiliser pour aider à l’accomplissement du plan divin et pour le bien de nos semblables.

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