‹ Échappées sur l'occultismeChapitre 14 sur 27 · TV · texte numérisé non relu

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ohant Peau béaite, si le prêtre qui a consacré cette eau a mis ou non dans cet acte toute sa force, et toute sa pensée.

L’eau béaite est employée dans beaucoup d’autres cérémonies de PÉglise. Dans le baptême par exemple^ Peau est soigneusement bénie avant le commencement de la cérémonie; dans l’office de PÉglise anglicane, on en retrouve quelques traces, car le prêtre prie pour que Peau soit sanctifiée et puisse, au sens mystique, laver les péchés ; et tout en prononçant ces mots il fait d’ordinaire le signe de la croix dans Peau qui va être employée. On sait aussi que les églises et les cimetières sont des endroits consacrés, dédiés à un but sacré; on s’efforce donc de répandre en ces endroits de bonnes influences, de façon à ce que tous ceux qui y pénètrent soient amenés aussitôt à l’état d’esprit convenable.

Autrefois, presque tous les objets employés dans Péglise étaient consacrés delà même manière îles vases de Pauteljles vêtements du prêtre, les cloches, Pencens, tous étaient bénis avec un cérémonial spécial. Les cloches, par exemple, étaient imprégnées d’un certain magnétisme, et devenaient capables d’émettre des vibrations d’un certain rhythme, car on croyait que les pensées et les sentiments déterminés par ces vibrations et ce magnétisme, se répandaient au dehors quand on sonnait les cloches, croyance d’ailleurs parfaitement scientifique au point de vue de la physique occulte. De môme on bénissait Pencens, afin que cette bénédiction pût agir partout où il répandrait son parfum, et aussi afin que ce parfum pût chasser les pensées et les influences mauvaises de Péglise là où l’on s’en servirait.

On retrouve aussi l’influence mesmérique dans la cé-

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rémonie de l’ordination des prêtres. Non seulement l’évêque pose les mains sur la tête du candidat, mais tous les prêtres présents font converger leurs forces sur lui^ et posent également leurs mains sur sa tête. Quand tous ceux qui assistent à cette cérémonie sont absolument sincères, il n’y a aucun doute que ce soit là bien autre chose qu'une pure formp; il doit circuler de Tun à l’autre une forte influence de piété et de sincérité, qui aide à confirmer la foi du prêtre nouvellement ordonné dans les pouvoirs dont on vient de l’investir.

L’étudiant en occultisme sait bien que toutes ces cérémonies sont manifestement les vestiges d'une époque où la magie pratique était parfaitement comprise dans l’Église. 11 n'existe guère de cérémonies dans les églises grecque, romaine ou anglicane, qui n'aient quelque signification occulte très réelle, bien qu’aujourd'hui la plupart des prêtres les accomplissent comme de simples formalités, sans même.jamais se douter qu’il puisse y avoir en elles quoi que ce soit de. réel ou d’important. Autrefois on ôtait non seulement moins sceptique, mais encore moins ignorant; et ceux qui établirent le rituel de l’Église savaient très bien ce qu’ils faisaient.

Talismans,

Cela nous conduit à parler des talismans. On croyait autrefois que les bijoux, et à vrai dire à peu près n’importe quels objets, pouvaient être chargés d’influences bonnes ou mauvaises. Bien que cette croyance soit regardée de nos jours comme une simple superstitiou, il est cependant évident qu’une force de cette espèce peut être

MAGIE BLANCHE ET MAGIE NOlKE

déposée dans un objet physiqueet y demeurer très longtemps. Un homme peut infuser son magnétisme dans un objet de ce genre, de façon à ce que l*objet émette ensuite la vitesse vibratoire de cet homme, comme le soleil émet la lumière. L’influence que l’on enferme ainsi dans Tobjet peut être bonne ou mauvaise, utile ou nuisible. Dans beaucoup de cas, cette action magnétique ressemble à celle d’un cordial, elle est simplement stimulante; dans d’autres cas, elle a pour but de calmer le sujet, afin de lui permettre de dominer ses craintes ou son inquiétude. On peut aussi magnétiser le talisman dans le but d’aider le sujet à résister à une certaine tentation, la sensualité par exemple, et quand l’objet a été bien chargé de magnétisme, il exerce sûrement une influence puissante.

Nous avons là toute l’explication des reliques ; nous voyons pourquoi elles ont toujours été un objet de vénération, et pourquoi on a toujours cru à leur efficacité. Chacun de nous a une vitesse vibratoire mentale et astrale qui lui est propre ; tout objet qui nous a appartenu pendant longtemps s’est imprégné de ces vibrations et pourra à son tour les émettre, ou communiquer l’énergie ainsi concentrée à toute personne qui le portera ou se trouvera à distance convenable pour être influencée par lui. Un objet quelconque, ayant appartenu à un grand saint ou à une personne pieuse, aura par conséquent emmagasiné une certaine quantité de magnétisme indb viduel, et tendra à faire naître, chez l’homme ou chez la femme qui le portera ensuite, les mêmes sentiments que ceux qui existaient chez la première personne. J’ai connu beaucoup de cas où un semblable talisman produisait son effet;j’en ai vu par exemple qui permet-

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taient de calmer, de pacifier des individus atteints de maladies nerveuses, leur procurant ainsi le repos dont ils avaient tant besoin.

11 ne faut pas oublier que, dans beaucoup de cas, la foi du porteur intervient et contribue à produire l’effet. Si quelqu un en qui nous avons confiance nous assure qu un certain talisman produira sans aucun doute un certain effet, nous nous attendons à ce que l’effet se produise, et par cela même, nous le faciliterons. Mais indépendamment de la foi, il y a des talismans qui produisent leur effet quand on ne soupçonne même pas leur présence. Certains objets gardent très longtemps leur magnétisme s ils ont été chargés par un bon mesmériste. J’ai vu au Musée Britannique de Londres des talismans gnostiques qui émettaient encore une influence puissante et visible ; ils avaient dû cependant être magnétisés il y a au moins dix-sept cents ans. Quelques scarabées égyptiens, plus anciens encore par conséquent, avaient

aussi conservéuneceiiainepuissance.L’objetainsi chargé

peut l’ôtre naturellement pour le bien ou pour le mai, et en lisant l’histoire de Magie d’Ennemoser, vous en trouverez beaucoup d’exemples.

Le$ charmes ou mantrams.

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C’est encore à la magie qu’il faut rattacher les charmes ou mantrams. Ce sont des formules au moyen des- ■ ; quelles on est censé obtenir certains résultats occultes.

Ici aussi, comme avec les talismans, les effets précis sont parfois produits, et comme avec les talismans, on peut réussir de deux manières différentes, ou même en

combinant les deux manières. Dans la majorité des cas, la formuie ne fait que fortifier la volonté de la personne qui s’en sert, et imprimer dans l’esprit du sujet le résultat que l’on désire produire. La confiance parfaite qu^a l’opérateur en sa formule et la ferme croyance du sujet qui est sûr que Teiret va se produire, suffiraient à elles deux à assurer le succès.

Il y a une espèce de mantram, beaucoup plus rare que l’autre, pour laquelle les sons eux-mêmes produisent un certain effet. Chaque son cause une certaine vibration, et on peut, en disposant dans un certain ordre, une série de vibrations,provoquer chez le sujet des sentiments, des émotions ou des pensées d’un certain genre. La plupart des mantrams sanscrits dont on se sert aux Indes sont de cette nature. Dans ce cas, le charme ü’est pas traduisible, il doit être employé dans la langue originale et prononcé correctement. Mais il n’est pas du tout nécessaire que celui qui l’emploie en comprenne le sens, ni même que les mots aient un sens. Ou trouvera dans quelques uns des écrits gnostiques,des exemples de séries de sons qui ne forment pas des mots intelligibles. ^

Rappelez-vous toujours que, quels que soient les mots vlont se sert le magicien, et sa façon de se donner confiance, il peut employer les forces dont il dispose pour le bien ou pour le mal, suivant l’intention qui l’anime. Nous avons surtout parlé du côté agréable du sujet, nous occupant principalement de cas où l’opérateur désirait aider ; mais il y a eu, il y a encore des cas oix une volonté mauvaise entre en jeu, et il est bon de le savoir,car parfois cette volonté s’exerce inconsciemment. Mais cela appartient à une autre partie du sujet traitant

:éCHAPPÉES Sim L'OCCULTISME

des applications pratiques de la magie à l’homme, et dont j’espère vous entretenir la semaine prochaine. . '

Magie invocatrice. ?

Passons tosintenant à la seconde espèce de magie,celle qui opère par 1 invocation, celle qui ne commande pas, mais persuade. On verra que cette magie-là dispose dé ; ^ moins de ressources que l’autre. Le suppléant ne failï 1 plus rien, il prie seulement quelqu’un d’autre d’agir 1 pour lui, en lui promettant parfois une récompense. La > forme-pensée n’est plus à ses ordres; il ne dispose pas non plus des forces dont nous avons parlé, comme la M pression éthérique, ou l’emploi de l’essence élémentale. -S Il se contente d obtenir les services de quelque entité vivante déterminée, humaine ou non.

11 y a bien plus d efforts tentés dans celte direction “3 qu’on ne le croirait au premier abord, car toutes les fois ■ ^ qu’un homme essaie de produire un résultat, d'obtenir /S quelque chose pour lui-même, ou de faire modifier quoi'^ que ce soit par un agent ou une force en dehors du M plan physique, il se sert en réalité de la magie invoca-' .^1 Irice, bien que ce nom ne lui vienne pas à l’esprit.

Beaucoup de prières ordinaires ayant un but égoïste ' en sont des exemples. Je parle seulement de l’espèce 1 inférieure de prière,qui est la seule d’ailleurs à laquelle ^ on puisse donner ce nom, celle qui demande nettement - J quelque chose. Le mot prière vient du sanscrit prashna par le latin precor, et se rattache à l’allemand fragen, de sorte qu’étymologiquement il sigmfie à proprement : parler une pieuse requête. On donne souvent ce nom

oopendanl à ce qui est en réalité de Tadoration ou de la méditation, c’est-à-dire à la contemplation de Tidéal le plus élevé que puisse imaginer l’adoraleur, et à PelTort qu’il fait pour élever son esprit et son cœur jusqu’à l’objet de son adoration. Mais la simple prière ordinaire, demandant des bienfaits précis et souvent physiques, n’est qu’un effort pour attirer, des plans supérieurs, une influence qui produira des effets physiques; elle se range donc nettement dans notre définition de la magie. Il arrive souvent par exemple que deux nations qui se font la guerre prient toutes deux pour demander le sucés, et la destruction de leurs ennemis. C’est là un effort pour s’attirer l’aide des forces invisibles. Heureusement l’idée dfindiquer ainsi l’aide d’influences extérieures à notre plan physique péut aussi servir un bon but, et c’est ainsi qu’on demande parfois l’aide spirituelle.

L’exemple le plus frappant du bon côté de la prière est peut-être celui que nous offre la vie du Brahmane, Cette vie n’est qu’une prière perpétuelle ; pour chacun de ses actes, même le plus infime, une invocation spéciale lui est indiquée. Bien que plus détaillées, ces prières sont à peu près celles dont on se sert dans les couvents catholiques. Dans ces derniers,*en effet, le novice chaque fois qu’il mange doit prier pour que son âme soit nourrie du pain de vie ; chaque fois qu’il se lave les mains, il doit formuler le souhait que son âme aussi puisse se conserver pure ; chaque fois qu’il entre à l’église il doit demander que sa vie extrême ne soit qu’une longue prière;chaque fois qu’il sème son grain,il doit penser à la semence de la parole de Dieu à laquelle il doit donner la première place dans son cœur pour qu’il puisse à son tour la semer dans le cœur des autres et,

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ainsi de suite. La vie du Brahmane est remplie de la même façon^ si ce n’est que sa dévotion est pins étendue encore, et embrasse beaucoup plus de détails. On ne saurait douter que celui qui obéit réellement et sim cèrement à tous ces ordres, soit profondément et constamment affecté par cette façon d'agir.

On peut voir que si le magicien de cette catégorie est beaucoup plus limité dans son champ d’action que celui qui procède par commandement, il a cependant le choix entre plusieurs classes d’entités auxquelles il peut adresser sa requête. Il peut en effet demander assistance aux anges, aux esprits de la nature ou aux morts. Nous savons quenosamis catholiques invoquent souvent l’aide de leur ange gardien qu’ils croient toujours à leurs côtés. C’est là de la magie invocatrice, et elle peut,d8as beaucoup de cas, produire des résultats ; d’ailleurs l’homme ayant confiance dans l’efficacité de sa supplication, il y a toujours un certain effet produit.

Mauvdiises invocations.

C’est là le bon côté de cette magie qui a cependant aussi son mauvais côté très réel. Nous le voyons se manifester chez les nègres dans les cérémonies des Vaudoux et des Obis. Dans ces cérémonies les magiciens essaient d’invoquer de l’aide extra-physique afin de faire du mal sur. le plan physique, et il est hors de doute qu’ils réussissent parfois très bien dans leurs tentatives. J’en ai vu beaucoup dans l’Amérique du Sud, je puis donc personnellement affirmer qu’ils obtiennent des résultats de cette manière. Il en est de même aux Indes, surtout

MAGIE BLANCHE ET MAGIE NOiRE

parmi les tribus montagnardes. Là il n’est pas rare de voir adorer le dieu de la tribu en lui offrant des sacrifices propitiatoires, en échange desquels le dieu consent parfois à manifester son pouvoir sur le plan physique.

On lit par exemple dans les récits des voyageurs que certains villages prospèrent tant que le dieu de l’endroit reçoit ses offrandes accoutumées ; aussitôt qu’on cesse de lui servir régulièrement ses repas, il se produit des troubles d’une espèce ou d’une autre. J’ai entendu parler d’un cas où des incendies éclatèrent spontanément dans diverses cabanes du village, aussitôt que les habitants négligèrent de s’occuper du dieu de la tribu comme ils avaient l'habitude de le faire. Dans des cas de ce genre une entité quelconque se donne pour le dieu de l’endroit, entité qui aime à recevoir les adorations et retire plaisir ou profit des sacrifices qui lui sont offerts.

Les sacrifices sont généralement de deux sortes : ou bien on sacrifie une créature vivante en répandant son sang, ou bien on brûle de la nourriture, le plus souvent de la chair, pour que la fumée s’exhale et monte sur le dieu. Cela montre bien que le dieu n’est dans ce cas qu’une entité d’un ordre très inférieur, possédant un véhicule formé d’éther physique, véhicule qui lui permet d’absorber ces fumées physiques et de s’en nourrir, ou tout au moins d’en retirer une certaine puissance. Règle générale, touteslesfois qu’une divinité quelconque, quel que soit le nom qu’elle se donne, réclame des sacrifices sanglants, ou de la chair brûlée, on se trouve en présence d’un esprit de la nature d'une espèce très inférieure, car ce n’est évidemment qu’une créature de ce genre qui peut prendre plaisir à de telles abominations.

ÉGIIAPPÎIES SUR l’occultisme

On se rappelle qu’aux premiers jours de la religion juive d’horribles holocaustes de ce genre étaient fréquemment offerts, mais, dans les ternps les plus rapprochés,à mesure que les Juifs se civilisèrent,ces sacrifices disparurent naturellement. 11 est à peine nécessaire d’insister sur ce fait évident qu’aucun êlre évolué, ange ou déva, ne pourrait exiger ni même accepter des offrandes entraînant la souffrance ou la mort. Aucune divinité bienfaisante ne s’estjamais délectée à l’odeur répugnante et aux fumées du sang, et les religions d’une espèce plus élevée n’ont jamais eu recours à de telles horreurs.

La Magie noire.

Le Iraitcaractéristique delamagieà laquelleon donne généralement ce nom c’est d'avoir un but entièremenf égoïste. Dans beaucoup de cas elle n’est qu’égoïste; son but n’est pas de faire le mal, mais d’obtenir pour celui qui possède les pouvoirs, tout ce qu’il peut désirer à ce moment. Beaucoup de la sorcellerie des tribus primitives appartient à cette espèce, et il est certain que les efforts de leurs magiciens sont, dans une certaine mesure, couronnés de succès. J’en ai vu moimême des exemples ; je me suis même donné la peine d’apprendre un rituel compliqué qui m’aurait assuré, si je m’en étais servi, les bons offices d’une entité qui s’engageait à procurer, à son associé, tout ce que celui-ci pouvait désirer- Non seulement l’entité consentait à lui procurer une richesse immense, mais encore elle devait l'aider à servir ses amis et à triompher de ses ennemis. D’après ce que je vis obtenir, je sais que

ces offres étaient réelles, dans une très grande mesure; mais les conditions exigées étaient telles qu’aucun homme au jugement droit ne pouvait y souscrire. Le rituel était facile à suivre,mais il fallait d’abord cimenter ralliance avec du sang humain, et Tentité exigeait par la suite, une nourriture régulière entraînant le sacrifice de formes vivantes moins évoluées. Celte magie est beaucoup plus répandue qu’on ne le croit, et dans diverses parties du monde. Certaines pratiques, qui n’entraînent pas les horreurs dont je viens de parler, sont môme assez intéressantes.

Les à’-côtés de la magie.

Il n’est pas rare de trouver en Orient des hommes auxquels leurs ancêtres ont légué les services de quelque entité non humaine, qui, en échange d’une provision insignifiante de nourriture, consent à produire des phénomènes variés, mais de peu d’importance, pour la personne à laquelle elle est spécialement attachée. Il y a parfois de bizarres restrictions dans le contrat. Presque toujours l’associé humain est tenu de ne révéler à personne le nom ou la nature de son aide invisible, et, chose curieuse, une des conditions est souvent qu’aucun argent ne sera demandé ou accepté en échange des pouvoirs exhibés, ou en tous cas qu’une somme très faible et fixée à l’avance ne sera pas dépassée.

Je me rappelle avoir vu un jour un homme qui avait un aide invisible. L’entité manifestait surtout son pouvoir en apportant à son associé humain tout ce qu’on pouvait demander à celui-ci, comme cela se pratique

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fréquemment dans les séances spirites. Heureusement il était stipulé dans le contrat que l’aide invisible n’apporterait jamais ce qui honnêtement n’apparlenail pas à son ami, sans cela il y aurait eu des vols commis constamment, sans qu’on pût découvrir ou punir le voleur.

Ce que je vis me convainquit de la réalité de ce pouvoir. J’allai avec le magicien chez un fruitier, et j’achetai un choix de fruits de toutes sortes, et je demandai qu’on les mit de côté jusqu’à ce que je les envoie chercher. Il suffisait que le magicien ait vu les fruits, et sache exactement où ils se' trouvaient. Je rentrai immédiatement chez moi en voiture avec mon magicien et ceux qui nous accompagnaient. Les fruits étaient restés dans la boutique. Je demandai alors à l’homme s’il ne lui serait pas possible de faire venir les fruits choisis dans Tordre que nous adopterions. Il nous dit que oui, et nous vîmes bientôt qu’il ne se trompait pas,qu’il avait raison de se fier à son ami invisible. Ce m;igicien appartenait à la basse classe et n’avait aucune instruction ; il n’avait comme vêtement qu’une ceinture, de sorte qu’on ne peut pas dire qu’il avait caché les fruits sur lui. Nous étions assis sur une terrasse avec le ciel au-dessus de nos têtes, et cependant chaque fruit que nous demandions arrivaitcomme s’il avait été lancé du ciel. Tout ce que nous avions acheté arriva de cette manière, et dans Tordre que nous avions choisi ; et nous étions à plusieurs kilomètres de l’endroit où nous avions acheté les fruits.

La plupart des tours incompréhensibles des jongleurs indiens se font de cette manière. Un prestidigitateur européen adroit peut tromper les regards de ses spectateurs et accomplir des choses merveilleuses par des moyens que ne s’explique pas celui qui ne les connaît

pas. Cependant il y a des limites à son pouvoir, et il a besoin pour la plupart de ses tours d’un assez grand nombre d’accessoires ; il faut aussi quelquefois que les spectateurs soient disposés d’une certaine façon. Le jongleur oriental se trouve dans des conditions bien différentes ; il travaille généralement en plein air, sur le pavé d’une cour, au milieu d'une foule excitée qui se presse autour de lui. Dans ces conditions la plupart des ressources de son rival européen ne lui serviraient de rien< Tout le monde a entendu parler du fameux tour du manguier, qui consiste à faire germer une graine qui donne (ou semble donner) un arbre en quelques minutes, sous les yeux des spectateurs, et cet arbre porte môme des fruits que Ton fait circuler et goûter, 11 y a aussi le tour du panier, qui consiste à cacher un enfant sous le panier, à feindre de le couper en morceaux puis à soulever le panier qui est vide, Tenfant arrivant en courant, sain et sauf de derrière les spectateurs. Parfois aussi c'est une corde qu'on lance et qui semble rester miraculeusement suspendue dans les airs, le magicien lui- même, et parfois un des assistants, grimpant à la corde et disparaissant. Quelques-uns de ces tours sont manifestement impossibles, et, si l’on approfondit la chose, on découvre bientôt qu’il s’agit dans ce cas d’illusions mesmériques produites sans le secours habituel des passes ou de la transe. J’ai eu moi-môme la preuve qu’il en était ainsi, de sortes que ces tours-Ià ne font nullement partie de ce que nous avons appelé la magie invocatrice ; cependant le pouvoir mesrnérique n’est pas toujours exercé dans ce cas par le magicien, mais par son associé invisible qui dispose des ressources variées du plan astral.

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Beaucoup de tours moins forts que les précédents paraissent être accomplis par l’entité astrale. Je me rappelle par exemple une petite expérience dont j’ai été témoin, et qui semble appartenir à cette catégorie. Ici encore le magicien n’était pour ainsi dire pas vêtu, il ne pouvait par conséquent dissimuler aucun appareil qui lui aurait permis d’accomplir ses merveilles. On me demanda de mettre une pièce d'argent dans la paume de ma main ; je m’approcherai du magicien qui souffla sur la pièce sans la toucher, puis je repris ma place à environ cinq mètres de lui. On me dit alors de recouvrir la pièce avec mon autre main, et le jongleur se mit à marmotter des paroles incompréhensibles. Aussitôt je sentis quelque chose de très froid qui semblait se gonfler entre mes mains et voulait les forcer à s’ouvrir. Au bout d’un instant, cette bizarre masse froide commença à remuer, et j’ouvris les mains pour voir ce qui trouvait. A ma profonde terreur je vis un énorme scorpion noir à la place de la pièce. Instinctivement je le jetai par terre, et le scorpion, après avoir redressé sa queue, s’éloigna rageusement.

Un autre spectateur se prêta à la môme expérience, et trouva un petit serpent très vivant gentiment replié entre ses mains quand il les ouvrit. Cela n’a rien à voir avec le lapin vivant qui sort duchapeaudu prestidigitateur ordinaire,car notre jongleur se trouvait à cinq mètres environ, la pièce de monnaie était bien une pièce de monnaie et pas autre chose, môme après que nous nous étions éloignés de lui. L’illusion seule pourrait expliquer le phénomène, comme dans les tours précédents, mais certaines circonstances m'empêchent de considérer cette hypothèse comme probable ; je crois

qu'il s’agissait véritablement d’un cas de. substitution due à quelque entité astrale.

Je vis quelques années plus tard un autre exemple assez curieux de ce pouvoir magique traditionnel, employé par un homme sans instruction qui ignorait par quels moyens sa magie opérait. Je m'étais fait un jour une blessure dont le sang s’échappait avec abondance ; un coolie qui passait arracha aussitôt une feuille à un arbuste qui se trouvait sur la route, la pressa un instant sur la blessure en marmottant une demi-douzaine de mots, et immédiatement le sang cesse de couler. Je demandai naturellement à l’homme ce qu’il avait fait, mais il ne voulut ou ne sut me donner de réponse satisfaisante. Tout ce qu’il put me dire fut que ce charme qu’il lui était défendu de révéler,se transmettait dans sa famille, depuis plusieurs générations, et selon lui, c’était un esprit évoqué par le charme qui produisait le résultat voulu. Je lui demandai si la feuille choisie concourait au succès de Texpérience^mais il me répondit que n’importe quelle feuille, voire môme un papier ou un linge aurait fait aussi bien l’affaire. Il croyait évidemment que l’effet produit était dû entièrement aux mots employés et peut-être sa foi aidait-elle sa volonté à amener le résultat physique.

Dans tous les cas que je viens de décrire, la magie ne servait pas à des fins mauvaises ou égoïstes, mais j’ai bien peur que nombre d’autres cas ne soient pas aussi innocents. Les histoires de sorciers du moyen-âge, les récits étranges des pactes avec le diable, sont probablement des exemples de magie noire. Tout cela se retrouve encore de nos jours, dans certaines parties du monde,et les beaux esprits qui prétendent que ce sont là des

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imaginations ou des superstitions, parlent de choses qu'ils ne connaissent pas. Il n’y a toutefois aucune raison de craindre de pareils maléfices, oü d’avoir peur que des ennemis se vengent ainsi sur nous. Il est certain que les charmes des Vaudoux et des Obis produisent des effets parmi les nègres, mais il est bien rare qu’ils parviennent à affecter les blancs généralement incrédules.

Comment on résiste au mal.

Dans certains cas ils y sont cependant parvenus mais il faut se rappeler que le mal venant du dehors a dû trouver chez la victime un terrain favorable qui lui a permis dagir. Celui dont l’âme est forte et bonne ne peut être affecté par de pareilles machinatious. Les mauvaises pensées et les pratiques dictées par l’envie ou par la haine ne peuvent agir que de deux façons. Elles peuvent éveiller la crainte chez la victime et la jeter ainsi dans un état lamentable, où la maladie et le mal pourront facilement l’atteindre. Celui qui ne craint rien est beaucoup plus capable de résister à ces choses, tout comme celui qui n’a pas peur des maladies contagieuses est moins exposé à les attraper que celui qui est constamment sous Dempire de la frayeur. Le clairvoyant qui observe Teffet produit par la nervosité et la crainte dans le corps astral et le double éthérique, comprend pourquoi il en est ainsi, et il voit que Timmunité de l’homme qui n’a pas peur s’explique par des raisons scientifiques.

Une autre manière plus terrible encore dont ces forces peuvent agir pour le mal, c’est de provoquer chez leur

victime des vibrations de même nature que les leurs. Si l’homme a en lui le germe de Penvie, de la jalousie de la haine, de la sensualité, ces sentiments pourront être excités au plus haut point, et le conduire à commet- 1 tre des actes que, dans ses moments de calme, il regar- |derai.- avec horreur L’altruisme, la droiture, la pureté de pensée préservent Phomme de ces dangers ; il n'a donc aucune raison de craindre les effets que les autres pourraient produire sur lui. Craignons plutôt de céder nous-mêmes à des sentiments peu louables, vis-à-vis des autres, et de leur causer ainsi des préjudices C’est là un péril bien plus réel et contre lequel nous ne pouvons nous garantir qu’en veillant à ce qu’aucune pensée de malice, de colère, d’envie ou de jalousie, n’eotre, ne fût-ce que pour un instant, dans notre cœur. Quant au reste, celui qui est bien intentionné, altruiste, ne donne aucune prise aux influences mauvaises qui ne sauraient pénétrer dans son cœur. Si notre vie et nos pensées sont en harmonie avec la Volonté divine, soyons assurés qu’aucun magicien noir ne pourra nous nuire. Ce danger a est pas qu’on nous nuise, mais bien que nous nuisions aux autres en u’étaat pas suffisamment maîtres de nous-mêmes, de nos pensées et de nos désirs Mais ce côté pratique du sujet se rattache plutôt à notre prochaine étude sur « l’Usage et l’abus des pouvoirs psychiques ».

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