CHAPITRE XI
CONSTRUCTION DU CARACTÈRE
L'idée qu’impliquent ces mots est certainement nourelie à beaucoup de gens. On pense généralement que nous naissons avec un caractère déterminé qu’il est pratiquement impossible de le changer. On croit cependant que parfois le caractère se trouve modifié par de grandes souffrances ou de grands chagrins. Mais bien peu de gens semblent se douter que le caractère est quelque chose que l’on peut prendre en main et modeler soimême, et que l’on peut travailler à cette tâche avec persévérance, avec la certitude d’obtenir de bons résultats^ On peut réellement se modifier intelligemment etvoiontaü’ement,ei faire de soi ce que l’on veut dans une très grande mesure. C’est là certes une tâche très ardue.
Notre caractère actuel est le résultat de nos actions, de nos pensées d’autrefois. Vous à qui l’idée de réincarnation est tamilière, qui savez que cette vie est comme un jour d’une vie plus longue, vous reconnaître que ce jour doit nécessairement dépendre des jours précédents, et que nous sommes aujourd’hui le résultat de notre développement antérieur. Mais nous avons vécu beaucoup d’existences, c’esl-à-dire que nous avons mis des milliers d’années à nous faire ce que nous som-
mes, bien que ce développement ail été inconscient de notre part, et sans but déGni. Nous avons donc acquis un certain nombre d’habitudes bien marquées.
Or nous savons tous combien il est difficile de changer ses habitudes ; et qu’il est à peu près impossible de se débarrasser d’une particularité physique, quand elle est devenue partie intégrante de nous-mêmes. En jugeant des grandes choses d’après les petites, nous comprendrons aisément que, lorsque certaines habitudes ont été développées pendant des milliers d’années, c’est une lâche bien ardue d’essayer de s’opposer à leur force et de faire dévier leur courant. Ces façons de penser, ces sentiments, se sont intimement mêlés à l’individu,et se manifestent sous forme de qualités qui semblent profondément enracinées en lui. Et quand il leur a cédé ainsi pendant un certain temps, leur résister paraît à peu près impossible, au point de vue mondain, et cependant la chose n’est nullement impossible au point de vue occulte.
Si on a par exemple, un caractère irascible, c’est parce que, dans des existences antérieures, ou s’est laissé aller à des sentiments de ce genre, parce qu’on n’a pas appris à se maîtriser. Si l’on est étroit, mesquin, avide, c’est parce qu’on n’a pas encore acquis les qualités contraires, c’est-à-dire la générosité, le désintéressement. Il en est de même pour tout ; celui qui a un esprit ouvert et un cœur généreux, a développé ces qualités pendant des siècles. Nous sommes exactement ce que nous nous sommes faits, sans aucun effort spécial de pensée ou d’intention,jusqu’à présent du moins. Pendant ces vies passées, nous nous sommes développés sans but précis, et nous avons été, dans une large
CONSTRUCTION DU CARACTÈRE
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mesure, à la merci du milieu et des circonstauces oui nous entouraient.
II est possible que parfois nous ayons essayé de nous perfectionner d’après quelqu’un que nous admirions, et Il se peut que cette personne ait beaucoup influencé notre vie pendant quelque temps. Mais, très probable-
recidZ P'’^‘'«t)le aussi, qu'à cette époque
Zur ï; Pf le discernement nécessle
pour ne choisir que ces dernières et repousser les pre-
P-bablement imité le mal
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compte de la açon dont a dû agir notre âme-enfant
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s efforve d imiter. Supposons que l’objet de son culte, so, un vieux matelot qui lui raconte de merveilleuses lusloires d aventures sur des mers orageuses, et dansles pays lointains. Ce que le jeune homme admire,c’est le courage et l’endurance de son héros, et il respecte I expérience et le savoir que celui-ci a acquis dans ses voyages. Or il ne peut pas acquérir tout de suite le courage, 1 endurance ou l’expérience du marin, mais il peut imiter ses particularités extérieures. Il le copiera donc en se servant de ses pittore.sques expressions nautiques, en adoptant son habitude de chiquer,etle balancement de sa démarche. Nous avons dû sans doute être des imitateurs de ce genre, dans nos vies passées, et il se peut que nous ayons ainsi acquis plus d’une vilaine habitude, en imitant quelque chef de sauvage
dont l3 bravoure fanfaronne excitait notre admiration.
Il est piobable toutefois que celle idée de nous allacher à notre progrès ne se soit pas présentée à beaiicoup d’entre nous avant notre vie actuelle. Sans aucun doute, déraciner de mauvaises habitudes invétérées et les remplacer parde bonnes, réclame beaucoup d’efforls et une grande maîtrise de soi. C’est une tâche ardue,et l’homme ordinaire ne connaît pas de motil assez puissant pour être amené à l’entreprendre. N’ayant pas de motit suifisanl, il ne voit pas pourquoi il se donnerait tant de peine. Somme toute il se trouve probablement assez aimable, quoiqu’il se reconnaisse une ou deux légères faiblesses ; mais il songe que chacun a son côté faible, que les autres en ont de bien plus mauvais que lui, et il se laisse vivre sans tenter aucun
effort. .
Avant qu’un homme comme celui-là puisse changer
ses vieilles habitudes et se mette à l’œuvre pour en acquérir péniblement de nouvelles, il lui faut d’abord comprendre la néce.ssilé de raisonner différemment et il lui faut pouvoir se faire dans la vie en général, une idée plus large, l'homme du monde ordinaire est frauchement, cyniquement égoïste. Je ne dis pas qu il soit intentionnellement cruel ou dépourvu de bons sentiments; au contraire, il peut avoir de bonnes et généreuses impulsions; mais il est certain que sa vie gravite en somme autour de lui-méme, que sa propre person nalité est le pivot autour duquel tourne la majorité de ses pensées; d’instinct,il juge immédiatement de toutes choses d après la façon dont elles 1 affectent personne lemont. Ou bien, absorbé par la poursuite de la richesse, il est aveugle à l’aspect supérieur des choses et à la vie
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CONSTRUCTION DU CARACTÈRE 327
Spirituelle ; ou bien son but principal dans le monde paraît être la jouissance physique du momentv
Inconscience et nullité de Vhomme ordinaire.
Nous verrons qu’il en est ainsi en regardant autour de nous les hommes que nous rencontrons chaque jour, en écoutant les conversations dans les rues ou dans les
trains. Neuf fois sur dix, nous remarquerons que les gens parlent d’argent ou de plaisirs, ou qu’ils font des commérages. Leur seul but dans la vie semble être de se procurer « du bon temps >, ou comme ils le disent fréquemment en se servant d'une expression encore plus vulgaire et moins recommandable, « de s’en payer comme si c’était là le but et la fin de l’existence pour
des créatures raisonnables, étincelles de vie faites à l’image de Dieu 1 Cela m’a beaucoup frappé. Bien des gens semblent ne voir dans la vie que le plaisir passager des sens, ramusemenl, rien que cela I On dirait
qu’ils ne peuvent rien comprendre d autre. Dire d’un endroit quelconque qu’il n’est pas amusant, semble une
raison sulfisante de ne l’avoir point été visiter J’ai souvent entendu faire la même remarque en France : là aussi € bien s’amuser » semble être le devoir que recon¬
il f
naît la majorité; c’est devenu une expression courante ;
Il '
on écrit souvent à un ami : « J’espère que vous vous amusez bien I > comme si le plaisir du moment était la seule chose importante.
A écouter la conversation des hommes et des femmes
de notre époque, iis sont comme des insectes d’un jour, sans souci du devoir, de la responsabilité, et dépourvus
li ;
328 ÉCHAPPÉES SUR L\>nCüLTfSME
de tout sérieux. Ils ne se considèrent nullement commedes êtres immortels, qui sont ici-bas dans un but spécial, qui ont devant eux une évolution précise ; leur vie ne connaît autre chose que les insanités de l’iguoiance et des amusements niais. La seule vie qu’ils connaissent est la vie du moment, et ils se rabaissent ainsi au niveau des animaux les moins intelligents qui les entourent. On a déüni l’homme « un animal pensant », mais il paraît évident que, jusqu'à présent, celle définition ne s’applique qu’à une partie de la race humaine. 11 faut bien admettre que la majorité des peuples occidentaux se divise en deux catégories, l’une est absorbée par la chasse à Tor, l’autre par la chasse au plaisir ; ceux au contraire, dont la principale préoccupation est le devoir et qui recherchent le progrès spirituel, ne forment qu’une infime minorité.
Il y a beaucoup de gens qui apportent dans les affaires, un certain sentiment du devoir, et qui considèrent que tout doit leur être subordonné, même le plaisir personnel. Vous entendrez dire à ces hommes : « J’aimerais bien faire cela, mais mes affaires ne me le permettent pas, et je n’ai pas de temps à perdre. » De sorte que même l'idée du plaisir personnel passe au second plan. C’est déjà un petit progrès, mais cela aussi peut être poussé trop loin, car on voit beaucoup de gens pour lesquels les affaires deviennent à leur tour une espèce de dieu qu’ils adorent Ils en sont les esclaves serviles, et ils ne peuvent échapper à son influence, même un seul instant ;ils le ramènent chez eux, ils en sont constamment préoccupés, ils en rêvent la nuit, ils sacrifient tout à ce Moloch, et n’ont pas le temps de vivre véritablement. On voit donc que, bien qu’il y ait là une naissante con-
CONSTBUCïlON DU CAHÀCTèftE
ceplion da devoir, elle est bornée aa plan physique, et les pensées ne s’attachent qu’au moment présent. On ne trouve que peu de gens chez lesquels cette idée soit dirigée à son tour par une faible clarté émanant des plans supérieurs, et il est très rare qu’ils soupçonnent môme l’existence d’un horizon plus vaste. Cette concentration de 1 attention sur la vie physique du jour semble être la caractéristique de notre race actuelle, de la soidisant civilisation qui règne actuellement en Europe et en Amérique. Il est évident que celui qui veut commencer à construire son caractère, devra changer de point de vue, car, sans cela, il ne trouvera pas de motif assez puissant pour entreprendre une tâche aussi ardue.
La, conversion^
Dans les milieux religieux, on donne à ce revirement le nom de conversion, et si le terme n’élail pas associé avec 1 idée désagréable de l’hypocrisie qui accompagne souvent la chose, il exprimerait assez bien ce qui se passe. Nous savons que le latin verlo veut dire tourner, et con : avec ; la conversion est donc le moment où l’homme cesse de poursuivre des fins égoïstes comme de
lutter contre lecourant de l’évolution divine, et commence
ù comprendre sa position, à avancer dans le sens du courant. Dans la religion hindoue, on appelle ce même changementt'iVete ou discernement,parce que l’homme qui change ainsi a appris à voir la valeur réelle des choses, et à distinguer, dans une certaine mesure,entre le réel et l’irréel, de sorte qu’il comprend dès lors que seules les choses supérieures sont dignes d’attention.
330 ÉCHAPPÉES 51:H L’OCCÜLTtSME
Dans la religion bouddhiste ou donne à ce changenienl un autre nom encore, on l’appelle : « manodvâravar iana », l’ouverture des portes de l’esprit. L’homme a en effet ouvert les portes de son esprit, le discernement s’est éveillé en lui et lui a permis d’étudier les problèmes de la vie d’une façon nouvelle. Celui qui est absorbé par le plaisir n’a pas encore l’esprit ouvert, il ne pense pas à la vie d une façon sérieuse, mais est plongé dans les courants inférieurs. L’homme d’affaires a développé le désir d’acquérir, et se sert de toute son énergie pour agir dans ce but, mais son esprit non plus ne s est pas encore ouvert aux réalités d’une vie sup érieure.
Cette ouverture des portes, ce discernement, cette conversion, signifie que l’homme s’aperçoit que les choses du plan physique sont temporaires et de peu d’importance, si on les compare aux autres choses qui elles sont invisibles et éternelles. C’est précisément ce que nous dit la Bible : « Attachez-vous aux choses d eu haut, et non .è celles de la terre... car les choses visibles sont temporelles, mais les choses invisibles sont éternelles. » Cela ne veut pas dire qu’il f-t renoncer à la vie de tous les jours, abandonner ses affaires ou ses devoirs, afin de devenir ce qu’on appelle communément un homme pieux ou dévot ; mais qu’il faut apprendre à apprécier d’une façon mtelli^en autre chose que ce que nous voyons sur le plan ph)S
^ Nous avons tous à apprendre celte leçon à un donné ; il nous faut élargir notre horizon. Enfan s, apprécions seulement ce qui est tout près te > nous ne savons pas regarder en avant, e aire jets pour l’avenir. Mais à mesure que nous grandissons.
CONSTRUCTION DU CARACTÈRE
nous apprenons qu*il faut parfois renoncer aux plaisirs au moment aün de jçagner plus tard quelque chose de meilleur et de plus important. C’est d’abord pour gagner quelque chose pour nous-mêmes; puis peu à peu le désintéressement commence à poindre. Souvent l’enfant passerait son temps à jouer si on le laissait faire, et il est bien fâché qu'on l’en empêche, et qu’on le force à étudier. Et cependant nous recounaissons tous qu’il est nécessaire que 1 enfant apprenne , nous savons, alors que l’enfant l’ignore encore, que ce qu’il apprendra lui permettra de se faire place dans la vie, d’avoir une carrière plus belle, plus utile, que celle qu’il aurait ;^’il passait son temps à s’amuser au lieu d’apprendre.
Et cependant, nous qui forçons ainsi l’enfant à apprendre, nous voyons,on regardant les choses à un point de vue plus élevé, que nous faisons ce que nous lui reprochons. Nous travailloQs aussi pour le moment présent, pour cette vie actuelle, et nous ne nous rendons pas compte qu’il y a, à notre portée, une autre vie infiniment plus heureuse, plus élevée, plus sublime. Nous ne travaillons qu’au jour le jour, et non pour l’avenir qui sera éternel.
Aussitôt que l’homme est convaincu de la réalité de cette vie supérieure, de cette éternité à venir, aussitôt qu’il comprend qu’il a un rôle à y jouer, tout naturellement son bon sens intervient et il se dit : < Évidemment, s’il eu est ainsi, les choses matérielles ont relativement peu d’importance, et, au lieu de perdre mon temps, il me faut apprendre à me préparer à cette vie à venir. » Voilà le motif suffisant dont nous avions tout à l’heure déploré l’absence ; voilà ce qui va nous pous-
ÉCHAPPÉES Sim l’occultisme
ser à apprendre à construire notre caractère, afin de nous préparer à cette autre vie plus élevée.
Le Puritanisme.
Je crois que le puritanisme, qui a joué un rôle siimportant dansThistoire d'Angleterre et dans celle d’Amérique, ne fut en somme qu’une réaction contre cette conception que j’exposais tout à l’heure, que la vie n>st faite que pour jouir, d’une façon égoïste et insouciante, du moment présent Je crois que le puritanisme fut, en grande partie, une protestation ; et il a eu du bon, puisqu’il a affirmé la réalité de la vie supérieure, et la nécessité d’y prêter attention. Il est vrai qu’il a fait aussi beaucoup de mal, plus de mal que de bien,sominc toute, parce qu’il a contribué, chose terrible, à identifier la religion avec la tristesse et l’amertume. Il fit croire aux gens que pour être bon, il fallait être malheareu.v, et en cela il corrompit, détruisit presque, l’idée d’un Dieu paternel et bon. Il blasphéma en racontant d’horribles et coupables mensonges sur la Divinité quïl représenta comme un juge sévère et cruel, un monstre enfin, et non un Père plein d’amour et de compassion ; ce faisant, il faussa, déforma le christianisme anglosaxon, et lui imprima une marque qui ne s’est môme pas encore effacée.
La raison en est peut-être qu’il tomba dans une erreur bien commune, et confondit la cause et l’effet. Il est vrai que celui qui a appris à apprécier les joies plus élevées de la vie spirituelle, se soucie peu de celles que lui présente la vie physique ordinaire. Ce n’est pas
CONSTRUCTION DU CARACTÈRE
(|u il ait perdu le pouvoir de se réjouir, mais ayant aperçu des joies plus pleines et plus larges, les plaisirs inférieurs ont cessé de lui paraître désirables. Quand Tentant devient homme, ses jouets ne Tamusent plus, et cependant il est capable do goûter des plaisirs bien plus élevés que ceux que les jouets auraient pu lui procurer. Il eu est de môme quand Thomrae progresse : il apprend à goûter, au lieu des joies purement égoïstes, les joies bien plus profondes du travail désintéressé, et il s aperçoit que les plaisirs ordinaires ne peuvent plus lui suffire, et ne valent plus la peine d’être recherchés. G est tout simplement qu'il voit les choses d’un point de vue plus élevé, que son horizon est devenu plus vaste, et le résultat de ce changement donne, sur le plan physique, 1 impression que les plaisirs physiques inférieurs ont cessé de Tintéresser.
Mais il ne faudrait pas, comme les malheureux puritains, conlondre la cause avec Teffet, et supposer qu’en tournant le dos aux joies du plan physique, nous allons aussitôt devenir des êtres plus évolués, regardant les choses de plus haut. S’il est vrai que le jeune homme se détourne des plaisirs de Tenfance parce qu’il les a dépassés, il n’est pas vrai qu’en refusant les plaisirs de son âge Tenlant deviendrait adulte. Il est donc absolument nécessaire de comprendre clairement que la doctrine qui enseigne que,pour être bon, les hommes doivent être malheureux, est puérile et fausse. C’est le contraire qui est vrai; Dieu veut le bonheur de l’homme, et c’est certainement le devoir de celui-ci d’être heureux, car s’il est malheureux il répand autour de lui l’abattement et rend ainsi la vie plus dure aux autres.
ÉCHAPPÉES sua l’occultisme
L'éveil.
Comment l’homme en arrive-t-il alors à faire ce grand effort d’essayer de construire son caraclère, de faire quelque chose de lui-même ? Le sentier le plus sûr et le plus satisfaisant est celui que nous venons d’indiquer. L’homme possédant une connaissance plus étendue, en vient à comprendre qu’il y a une vie plus noble, plus haute , il voit qu’il y a un plan dans l’univers, et que l’homme asa place dans ce plan. Une fois qu’il comprend cela, qu’il apprécie dans une certaine mesure, la splendeur et la gloire de ce plan, il désire en devenir une partie intelligente, il désire y prendre sa place non plus comme un fétu balayé par la tempête, mais comme un être intelligent, et il veut prendre part à l’muvre divine qui s’accomplit.
Chez certain, l’éveil se produit différemment, par la dévotion plutôt que par la reconnaissance. Ils sont attirés fortement soit par un haut idéal, soit par une grandiose personnalité ; leur émotion, leur admiration sont excitées, et, par amour pour cet idéal ou pour celle personnalité, ils font de grands efforts afin de se développer. Quand elle est inspirée par un idéal sublime,cette dévotion est vraiment une bonne chose, et ses eftets ne peuvent se distinguer de ceux de la connaissance spirituelle. Quand elle s’attache à une personne, elle est souvent presque aussi belle, quoiqu elle renferme d ja un certain élément de danger, provenant de ce que l’objet de l’affection intense est humain et doit nécessairement présenter quelques imperfections. Il arrive alors parfois que le dévôt découvre soudain une de ces im-
GONSTRirCTïOxN DU CARACTÈRE
perfections, et en reçoit un coup tel que sa dévotion peut en être ébranlée ou rnôme détruite. L^déal élevé ne peut jamais faire défaut à celui qui met en lui sa confiance, mais il n*en est pas de môme de la personne; la dévotion offre donc, dans ce cas, moins de sécurité.
Dans la société théosophique nous avons eu quelques expériences de ce genre, car beaucoup de nos étudiants viennent à la vérité par ce sentier de la dévotion. Quand leur dévotion s’attache à la théosophie, tout va bien; leur enthousiasme grandit à mesure que la vérité se découvre à eux ; quel que soit le côté spécial qu’ils étudient, et quelque loin qu’ils poussent leurs recherches, ils ne sont jamais déçus. Mais quand la dévotion s’attache, non plus à la théosophie ni aux maîtres qui l’ont donnée au monde, mais à l’un de leurs instruments sur le plan physique, nous avons constaté que cette base est moins sûre. Beaucoup par exemple entrèrent dans la société et commencèrent à étudier par attachement personnel à sa fondatrice M^^Blavatsky. Ceux qui connurent intimement cette dernière, ceux qui surent comprendre cette individualité si complexe, ne perdirent jamais leur foi en elle,et ne cessèrent jamais d’éprouver pour elleune affection,une dévotion sincère et profonde. Mais ceux qui la connaissaient moins bien furent troublés lorsqu'ils eurent connaissance des accusations extravagantes lancées contre elle, ou quand ils lurent le rapport défavorable que fit sur elle une société savante. Il arriva alors que leur foi reposant sur une personnalité, et une personnalité qu’ils ne comprenaient pas, ils se trouvèrent absolument désemparés et abandonnèrent l’étude de la théosophie pour cette incarnation. Une telle façon d’agir est évidemment irrationnellcj cajr
ÉCHAPPÉES SUR l’OCCULTISME
quand bien môme les histoires absurdes qui circulaient sur H. P. B. eussent été vraies, les doctrines théoso* phiques n’en demeuraient pas moins les mêmes, et le système n’en restait pas moins inattaquable. Mais la personne émotive ne raisonne pas, et c’est ainsi que, leurs préjugés ayant reçu un choc, leurs sentiments ayant été blessés, ces braves gens, furieux, abandonnèrent la société, ne se rendant pas compte qu’eux seuls souffraient de leur folie.
La dévotion est une force magnifique, mais, sans une compréhension intelligente de ce à quoi elle s’attache, elle a parfois fait commettre de terribles erreurs. Si le plan divin de l’évolution est bien compris par l’homme et suscite sa dévotion, nous n’avons rien à craindre, car cette base ne lui fera jamais défaut. Plus il Tapprofondira, plus il y sera attaché, plus il cherchera à s’identifier avec lui. Une telle dévotion n’a rien à craindre des recherches ; au contraire, une connaissance plus étendue entraîne une adoration plus profonde, un étonnement plus grand, un amour plus fort. 11 vaut donc mieux s’attacher à un idéal qu’à une personnalité, quelque noble soit-elle. 11 vaut mieux encore s’appuyer sur le raisonnement et les faits, et déduire de ce qui est scientifiquement bien connu, les choses encore inconnues du monde invisible. On peut faire des erreurs dans les déductions, mais on sait bien qu’on y est exposé, et on est par conséquent toujours prêt à abandonner ce qui est faux, quand une fois on en a découvert la fausseté. D’ailleurs de tels changements dans le détail ne sauraient affecter labasedu système qui n’a pas été accepté par une foi aveugle, mais repose sur la raison et le bon sens.
CONSïnUGTION DU GARACfÈfiE
Lorsqu’une fois nous savons qu’il existe ^bien que nous ne le connaissions encore qu’imparfaitement)^ iiu plan de l’évolution, quand nous savons que nous sommes ici-bas dans un but spécial, et que nous devons essayer de jouer un rôle dans le monde, il ne nous reste plus qu’à nous préparer à jouer ce rôle. C’est alors que SC pose la question de la construction du caractère. Nous nous apercevons que nous sommes prêts par certains côtés, mais bienempôchés peut-être par quelques particularités de notre caractère. Mais nous avons maintenant unmotii suffisant de travailler à nous modifier, car nous savons que notre vie n’embrasse pas seulement celte période courte et éphémère, mais que nous avons tout une éternité devant nous, et que nos actions d’aujourd hui vont décider des conditions de la vie à venir. Nous reconnaissons qu’il faut nous mettre en mesure de remplir notre noble tâche, nous ne voulons pas perdre notre temps à rester inactifs ou à nous amuser, sachant bien que nous serions alors incapables de tenir notre rôle. Il faut nous instruire, nous développer de diverses manières, afin d’être prêts à prendre notre part de l’avenir qui nous attend, de la gloire qui nous sera révélée.
Pour ce qui est de la marche à suivre, nous ne saurions mieux faire que d écouter les paroles d’un des plus grands instructeurs du monde et que je citais dans une conférence précédente Vous vous souvenez qiie lorsqu’on demanda au Seigneur Bouddha d’exposer sa doctrine merveilleuse en une seule strophe, il répondit par ces vers mémorables : « Cessez de faire le ma).. Apprenez à faire le bien. Purifiez votre propre cœur : telle est la religion des Bouddhas. > Étudions donc la constitution du caractère en suivant l’ordre indiqué par
ÉCHAPPÉES SUR l’OGCULTISME
les préceptes d'or du graud prince indien, et nous verrons que sa strophe renferme l’œuvre de plusieurs vies.
Sa,hha pâpassa akaranam»
« Cessez de faire le mal.» Examinons-nous avec soin et réflexion, et voyons quels obstacles se trouvent sur notre roule et nous empêchent de devenir parfaits. Nous savons quel est le but à atteindre ; nous avons lu, dans les ouvrages théosophiques, ce qu’on dit des Maîtres de Sagesse, de ces hommes presque surhumains, de leur gloire, de leur puissance, de leur compassion, et de leur sagesse. 11 n’est pas fait mystère dos qualifications requises pour devenir adepte; nos livres décrivent tout au long les diverses étapes du sentier de Sainteté, et les qualités qui appartiennent à chacune. Ce que sont les Maîtres, ce que furent le Bouddha et le Christ, nous le deviendrons tous un jour. Ayons donc présent à l’esprit ce que nous savons de ces grands caraclères, car, en nous comparant à eux, nous verrons aussitôt combien, à beaucoup d’égards, nous sommes éloignés de ce sublime idéal. Mais il ne faut pas pour cela nous désespérer, car ces grands Maîtres nous assurent qu’euxmêmes sont sortis des rangs où nous luttons aujourd’hui, et que ce qu’ils sont aujourd’hui, nous le serons plus tard, dans un avenir plus ou moins rapproché, suivant les efforts plus ou moins grands que nous ferons pour cela.
En essayant de nous comparer à ces hommes parfaits, nous découvrirons aussitôt en nous de nombreux défauts qu’ils ont bannis depuis longtemps. En nous attachant
CONSTRUCTION DU CARACTÈRE
à faire disparaître ces défauts peu désirables, nous jomniencerous à essayer d^obéir au commandement du Bouddha : « Cessez de faire le mal. » Il ne faudra pas chercher bien longtemps avant de les découvrir. Prenons par exemple l'irritabilité, défaut très commun dans une civilisation comme la nôtre où l'onvitdans une agitation, dans un tourbillon perpétuels, et où le système nerveux est si surmené.
Voilà un défaut très répandu qu'il faut pourtant abandonner.
Certaines personnes s’imaginent souvent qu'elles sont nées avec un système nerveux très sensible, qui fait qu'inévitablement elles sentent les chosesplus vivement que d'autres, et elles manifestent cette sensibilité par une extrême irritabilité. C’est là qu'est l'erreur. Il se peut que nous soyons vraiment très sensitifs, car à mesure que la race évolue, nombre de gens le devien*nent, mais il n’en est pas moins certain que nous devons toujours être maîtres de nos véhicules, et que nous ne devons pas nous laisser emporter par le flot de nos passions.
Troubles astraux.
Le clairvoyant voit que cette irritabilité correspond à une tendance à l’instabilité dans le corps astral. Le corps a>tral est un véhicule dont l’homme s’est revêtu afin d'apprendre et d agir par lui. Or il ne peut évidemment remplir ce but que s'il est un instrument docile. Gomme le disent les livres hindous, les passions et les désirs sont comme des chevaux; pour être utiles
ÉCHAPPÉES STJR l’OCCULTISME
il faut qu’ils soient raaîtrisés par le mental qui est le conducteur, et ce conducteur lui-même doit être prêt à obéir au plus petit commandement de l’homme véritable, assis dans le chariot, qui dirige les mouvements de ses serviteurs. Si l’homme se laisse entraîner, dominer par ses passions ou ses émotions, il laisse ses chevaux s’emporter et l'emmener où ils veulent, et non pas où lui veut aller. A nous de voir si nous voulons nous laisser maîtriser d’une façon si peu digne par ces sentiments qui devraient être nos serviteurs. Nous avons le droit et le pouvoir de dire que nous ne le voulons pas, et que ces chevaux indociles seront dressés. Peut-être leur avons-nous permis pendant longtemps d’agir à leur guise, si bien que nous nous sommes habitués à leur obéir au lieu de les dominer. Et cependant le premier pas sur le sentier consiste à en devenir maître ; il n’est pas douteux que nous devions faire ce pas, et le plus tôt sera le mieux.
11 n’est jamais trop tard pour commencer, et il est bien évident que chaque fois que l’on cède, il devient plus difficile de reprendre le dessus. L’homme irritable se laisse troubler constamment par de petits ennuis, et, sous leur influence,il se laisse aller à dire et à faire des choses qu’il regrette ensuite amèrement. Si fortes que soient ses résolutions, maintes et maintes fois la vieille habitude reprend le dessus, et sous son influence il dit et fait les choses avant d'avoir eu le temps de réfléchir. S’il continue cependant à faire de sérieux efforts pour se dominer, il arrivera à la fin à être capable de s’arrêter au moment même où il prononce des paroles trop vives, et pourra détourner le cours de sa colère quand elle est à son paroxysme. De là à devenir capable de
rONSTHUCTïON DU CARACTÈRC
s'arrêter avant d’avoir parlé, il n’y a plus qu’un pas ; et ^uand il en sera là, il sera bien près de la victoire. Quand il aura empêché la manifestation extérieure de ses sentiments, il arrivera bientôt sans peine à ne plus («s éprouver. Il aura fait alors un grand pas, car son arritabililé aura disparu, et sera remplacée par la patience qu’il possédera de façon permanente, et il en jouira dans toutes ses vies futures.
La fatuité et les préjugés,
Nous avons beaucoup de défauts que nous ne voyons môme pas, et que cependant nous ne tarderons pas à découvrir, si nous prenons soin de nous examiner et de nous juger d’après un idéal suffisamment élevé. Un des plus répandus est la fatuité. Il est si naturel à i’homme de désirer penser du bien de lui-même, de ià’appesaQtir sur les côtés par lesquels il croit qu’il excelle, et d’y attacher trop d'importance, en môme temps que de glisser rapidement sur les points par lesquels il est inférieur aux autres. Cette fatuité doit être surveillée avec soin et détruite aussitôt qu’elle se manifeste, car elle est non seulement très répandue, mais très difficile à maîtriser; quand on en vient à bout sous une forme, elle reparaît sous une autre forme. Elle est subtile, insinuante, elle se déguise avec beaucoup de succès, et cependant, jusqu’à ce qu’elle ait été arrachée, bien peu de progrès est possible.
Une autre mauvaise herbe qu’il faut arracher sans pitié, ce sont les préjugés. Nous sommes si souvent intolérants quand il s’agit d’une nouvelle idée, d’une
342 ÉCHAPPÉES SUR l’ocgültismk
croyance que nous ne partageons pas ; nous sommes obstiîjés, dogmatiques, pour certaines opinions,et nous ne voulons pas écouter la vérité. Nous avons, par exemple, nos préjugés au sujetdece qu on appelle la morale, et ils sont basés exclusivement sur des opinions conventionnelles ; une suggestion quelconque venbiit à rencontre de ces idées,nous choque tellement que nous en perdons la tête, et que nous sommes aussitôt envahis par la iureur, Tamertume, la haine elle besoin irrésistible de combattre et de persécuter.
Plus d’un homme qui se croit tolérant parce qu’il n’a aucune croyance religieuse définie, est cependant tout aussi dogmatique dans ses idées matérialistes que n’importe quel dévot fanatique. Souvent un homme de science regarde toute espèce de religion avec une tolérance facile, la considérant comme ne pouvant convenir qu’aux femmes et aux enfants. Il regarde de haut, avec une supériorité amusée, l’horreur qu’une secte religieuse éprouve pour les opinions d’une autre secte, et SC demande comment ces gens peuvent faire tant d’histoires pour des choses qui, en définitive, ne sau raient avoir d’importance. Et cependant il a lui aussi au sujet de la science, certaines idées arrêtées pour lesquelles il est tout aussi étroit que ses amis religieux le sont pour leurs dogmes. Il ne s’aperçoit pas qu’il y a un autre fanatisme que le fanatisme religieux et qu’en science comme en religion, l’esprit de l’homme doit rester ouvert à toute nouvelle vérité, quand bien même celte vérité renverserait beaucoup de ses idées préconçues.
Ce défaut n’est souvent qu’une forme subtile de cette fatuité dont je parlais tout à l’heure ; les idées que
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l'horame a adoptées étant ses idées à lui, doivent être traitées avec respect,et tout ce qui tend à les contredire ne saurait être admis par lui, même un instant, car il lui faudrait alors reconnaître qu’il a pu se tromper. Beaucoup de gens ont en eux, sans s’en douter, de la mesquinerie, de l’étroitesse d’esprit, et ces défauts ne se manifestent que quand les circonstances les mettent en évidence.
Souvent lorsque nous apercevons en nous quelque vilain défaut, nous nous excusons dans une certaine mesure, en disant qu’il est naturel. Que voulons-nous dire par là ? Tout simplement que la majorité des hommes, dans des circonstances semblables, manifesterait ce môme défaut, et que, par conséquent, nous appartenons nous aussi à la moyenne de l’humanité. Mais souvenonsnous que, si nous sommes résolus à construire notre caractère en vue du haut idéal que nous avons adopté, nous nous efforçons de nous élever au-dessus de la moyenne, de sorte que ce qui est naturel à la moyenne des hommes ne suffit pas dans la vie supérieure que nous essayons de vivre. Il nous faut nous élever audessus do ce qui est naturel à la majorité, et nous mettre dans des conditions telles que seul ce qui est bien, bon et juste, nous devienne naturel. Il nous faut extirper le mal, le remplacer par le bien, de façon à ce que ce soit l’expression de ce dernier qui se manifeste quand nous agissons spontanément. Si nous essayons de réaliser la vie supérieure, nous efforçant de deviner des canaux par lesquels la force divine se déverse sur nos semblables, ce qui est naturel, jusqu’à présent,à lamajorité, devient indigne de nos aspirations plus élevées. Il ne faut donc pas excuser nos fautes et nos défauts en di-
ÉCHAPPÉES SUR l’oCCULTISME
sant qu’ils sont naturels, mais nous devons travailler à rendre naturelles les qualités que nous voudrions voir en nous, et cette œuvre est, elle aussi, entièrement entre nos mains.
Kusalassa upasampadà.
Parfois la manière la plus facile d’obéir au premier commandement : « Cessez de faire le mal >, est de commencer par essayer d’obéir au second : « Apprenez à faire le bien. » Si nous voulons maîtriser une mauvaise habitude, il est quelquefois plus facile et préférable pour nous de faire des efforts sérieux pour développer en nous la verlu opposée. Quelles sont les qualités qui nous sont les plus nécessaires? Si nous examinons les choses sans parti pris, nous verrons que beaucoup de celles qu’il faut à l’homme parfait nous manquent.
Prenons d’abord la qualité très importante de l’empire sur soi-même. La majorité d’entre nous en manquent totalement, et cela se voit de mille manières. L’irritabilité dont j’ai parlé est une des formes les plus communes de ce défaut d’empire sur soi-même. Il y a des passions plus grossières, comme l’ivrognerie ou la sensualité, que la plupart d'entre nous ont déjà appris à maîtriser, ou ont peut-être éliminées de leur nature dans des vies antérieures. Mais s’il nous en reste quelques traces, sous forme de gourmandise par exemple, il nous faut aussitôt les assujettir à notre volonté.
Dans des cas de ce genre, nous voyons facilement qu’il est utile de faire intervenir notre volonté ; mais il y a d’autres manifestations du défaut d’empire sur soi-
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même qii© nous ne reconnaissons pas aussi aisément. Quand un ennui,une peine, une souffrance nous arrive, nous nous laissons souvent aller à une agitation excessive ou. à un abattement profond. Au lieu de garder une attitude calme et sereine, nous nous ideotitions avec notre véhicule inférieur, et nous laissons dominer par lui. Il nous faut apprendre à résister en nous disant : « Ces forces du dehors agissent sur mes véhicules inférieurs, mais le Moi, l’Ame, THomme véritable, est au-dessus de tout cela ; il reste impassible et ne veut pas en être affecté ni troublé. »
Il est puéril de se vexer.
La façon dont nous nous irritons de ce que disent ou font les gens offre, de ce défaut, un autre exemple malheureusement trop fréquent. En y réfléchissant nous voyons que c’est là non seulement un manque d empire sur soi-même, mais aussi de bon sens. Si l’on dit quelque chose qui vous blesse, vous pouvez être sûr que, neuf fois sur dix, la personne n’a pas l’intention de vous offenser ; pourquoi donc vous laisseriez-vous troubler ? Et môme dans les rares cas où une remarque est inten tionnellement malhonnête ou méchante, où Ton dit quelque chose dans le but de nous blesser, il est bien sot dô s’en affecter. Si la personne a eu une intention malveillante, elle n’en est que plus à plaindre, puisque nous savons que. grâce à la loi de justice divine, il lui faudra souffrir de sa sottise. Nous n’avons pas besoin de nous offenser de ce qu’elle a dit. Si on nous donne un coup sur le plan physique, il nous faut bien nous défendre,
]^.CHAPPÉES SUR l’occultisme
car il s’agit là d’un mal réel ; mais dans le cas d’une parole blessante, aucun effet n’est réellement produit. Un coup qui frappe notre corps physique est un choc perceptible de l’extérieur ; la parole blessante, au contraire, ne nous fait de mal que si nous y prêtons aitenlion, si nous nous y appesantissons, et si nous lui permettons de vous blesser. Que sont les paroles pour que nous les laissions troubler notre sérénité ? De simples vibrations de l’air. Et si nous ne les avions pas entendues, si nous n’en avions pas eu connaissance, nous auraient-elles troublés? 11 est donc bien évident que ce ne sont pas les paroles elles-mêmes qui nous ont fait mal, mais le fait de les avoir entendues. Si donc vous vous souciez de ce que dit un homme, c’est vous seuls qui ôtes responsables du trouble causé dans notre corpsastral. L’homme n’a rien fait, ne peut rien faire qui vous blesse. Si vous vous sentez blessés, et si vous vous causez aiusi beaucoup de trouble, vous ne devez vous en prendre qu’à vousmômes. Si votre corps astral est bouleversé de ce fait, c’est tout simplement que vous n’avez pas encore appris à le maîtriser.
Vous n’avez pas encore développé le calme qui vous permettra de regarder tout cela au point de vue de l’âme, de continuer votre route,et défaire votre besogne, sans prêter la moindre attention aux remarques sottes ou méchantes des autres hommes.
Quand une fois vous aurez atteint le calme et la sérénité, vous verrez que votre vie sera beaucoup plus heureuse qu’auparavant. Je ne vous donne pas cela comme une raison de rechercher ce développement : c’est une bonne raison sans doute, mais il yen aune autre, beaucoup plus noble, qui est que nous devons travailler pour
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les autres, et que nous ne le pourrons pas si nous ne sommes ni calmes ni sereins 11 est toujours bon d’avoir présente à Vesprit celle raison supérieure de nous développer, et, à moins de nous perfectionner, nous ne saurions être un canal parfait de la force et de la puissance divines. C’est là ce qui doit être noire motif d'action ; toutefois, il n’en demeure pas moins vrai que le résultat de nos efforts sera une joie plus grande à accomplir notre tâche. L’homme qui cultive le calme et la sérénité s’aperçoit bientôt que la joie de la vie divine se répand dans toute son existence. Pour le clairvoyant qui observe les corps supérieurs, le changement qui se produit alors chez cet homme est remarquable et tout à tait beau à contempler.
Vagitation inutile est mauvaise.
L’homme moyen est généralement un centre vibratoire ; il est toujours, ou bien à se tourmenter au sujet de quelque chose, ou bien dans un état de dépression profonde, ou bien il s’excite outre mesure dans l’effort qu’il fait pour se procurer quelque gain. D’une façon ou d’une autre il est perpétuellement dans une agitation inutile, et cela en général, pour des vétilles. Bien qu’il ii’y songe pas, il n’en influence pas moins constamment, par Télat de son corps astral, les gens qui l’entourent. Il leur communique ces vibrations et ces agitations, et c’est parce que des milliers de gens sont ainsi agités sans raison, par toutes sortes de vains désirs et de sentiments, qu'il est difficile à une personne sensitive d’habiter une grande ville, ou d’aller au milieu de la foule.
ÉCHAPPÉES SI'R L^Or,CULTISME
Üoe élude des illustrations de « Thomme visible et invisible » nous fera tout de suite comprendre qu’un homme, dans un pareil état d’agitation, troublera la matière astrale qui l’entoure, et que tous ceux qui se trouvent dans son voisinage ne peuvent manquer d’être influencés par lui. L’homme qui cède à la colère propage des ondes de colère; l’homme qui se laisse aller h un abattement profond, rayonne, dans toutes les directions, des ondes d’ahattemeat, si bien que tous deux rendent la vie plus difficile à ceux qui ont le malheur de se trouver auprès d’eux.
Dans la vie moderne chacun de nous a de petites occasions d’être ennuyé, occasions qui tendent à réveiller son irritabilité ; chacun de nous a tôt ou tard des causes d’abattement et d’anxiété;quand nous y cédons, les vibrations que nous rayonnons tendent assurément à accroître les difficultés de nos voisins. Ces vibrations rendent la résistance plus difficile à ceux qui nous en tourent, lorsqu’ils se trouvent en présence d'un nouvel assaut de dépression ou d’irritabilité. S il y a en eux les germes de ces sentiments, les vibrations que nous envoyons ainsi leséveillent, alors que, sansnous, ils seraient restés endormis. Personne n'a le droit de commettre le crime de semer les obstacles sur la route de ses semblables; personne n’a le droit de se laisser aller h l'abattement ou à la colère, non seulement parce que ce sont de mauvais sentiments, mais parce qu’ils font du mal aux autres.
Il n’est pas étonnant que ce soit là une tâche difficile,, car en se débarrassant de son égoïsme,l’homme triomphe d’une habitude qu’il a mis des âges à contracter, et qui avait son utilité et sa place dans les stades infé-
CONSTRUCTION OU CARACTÈRE 349
neurs Comme l’a dit une fois un maître de la Sagesse • volnfin du plus apte est la loi de l’é-
Sledu d?‘T ’ I* intelligent est
Tw C’est ainsi quel homme
ef^d^f • qui lui était autrefois naturel.
f lui le désinléressemeut et Tamour
semenr P"'®"® apprendre à sacrifier joyeu-
^ Or il importe ici de ne pas commettre d’erreur. Il ne
faondévelopper un sentimentalisme faon marché. Ceux qui commencent seulement ces études s imaginent parfois qu’on leur demande d arriver à un niveau où ils aimeront tous leurs semblables de la même façon. C’est là une chose impossible, quard bien môme elle serait désirable, et pour le comprLdre nous n avons qu à regarder quel exemple nous ont donné les plus grands d entre les hommes. Rappelez-vous qu’on
et nue ^^Iau «®i°t ^eau,
Anarda, qu à beaucoup d’autres doués cependant de
mand?nfl‘^H>'^°“^°r®’ avancés. On ne nous de¬
mande pas d avoir la même affection pour tous les bom-
S ^ que nous ressentons anjour-
XT kT'. ressentirons pour tous
nniio t h ®f aurons pour ceux qui
Z ..r ir ®‘ ^“® chérissons le
P , une affection beaucoup plus grande que celle que nous éprouvons aujourd’hui. Notre pouvoir d’aimer sera devenu beaucoup plus grand, mais il ne cessera pas pour cela d être plus fort dans un cas que dans l’autre monde enüer ne nous inspirera pas le même amour '
ÉCHAPPÉES SUH l’OCCULTISME
Ce qu’il importe aujourd’hui, c’est que nous n’ayons plus, pour l’humanité en général, des senlimentshostiles, mais que nous adoptions vis-à-vis d’elle cette altitude bienveillante qui attend l’occasion deservir. Quand nous éprouvons une affection profonde, une vive gratitude pour une personne, nous recherchons constamment les occasions de faire quelque chose pour elle, afin de lui témoigner notre gratitude,notre respect ou notreaffeclion. Essayons d’adopter vis-à-vis de l’humanité cette altitude qui consisleàêtre toujours prêt à aider ; soyons toujours disposés à faire ce qui se présente, recherchons même les occasions de venir en aide à nos semblables et que chaque rencontre avec un être humain soit pour nous une occasion de lui être utile d’une façon ou d’une autre. Nous apprendrons de cette manière à faire entrer dans notre caractère ces vertus importantes qui sont p.t. Ift désmtéressement.
Unité de but.
Il nous faut enfin apprendre à n’avoir qu un seul objet en vue. Rappelons-nous que le but principal de notre vie est de nous préparer à devenir des canaux par lesquels la force divine se déversera. Ce but devra donc toujours être le facteur dominant dans toutes les décisions que nous aurons à prendre. Quand deux voies se présentent à nous, au lieu de nous arrêter à chercher laquelle des deux vaut mieux pour nous personuell^
ment,demandons-nousplulôt quelle est la plus noble, la
plus utile, et laquelle fera le plus de bien aux autres. Dans les affaires, dans la vie sociale, quand nous prenons une
CONSTRUCTION Dü CARACTÈRE
décision qui nous paraît avantageuse pour nous-mômes;» demandons-nous en toute sincérité ; « Est-ce que cette chose qui semble devoir être bonne pour moi, fera du tort à quelqu un d autre : Est-ce que je me procure un gain aux dépens d’un autre homme? S’il en est ainsi je n’en veux pas ; je n’agirai pas dans ce sens. Car ce qui doit faire du tort à mes frères ne saurait être bon pour raoi ; je ne dois jamais m’élever en me faisant un marchepied de mes semblables. » Nous apprendrons ainsi à adopter toujours le critérium le plus éleve et à devenir vertueux. Il se peut que nous y mettions du temps, mais nous y arriverons sûrement.
Sachitta. pariyo dapanam.
N’oublions pas non plus le troisième vers de la strophe de Bouddha : « Purifiez votre propre cœur. » Commençons par les pensées ; qu’elles soient nobles et désintéressées et nos actions leur ressembleront. Ce qu’il faut, c’est nous conformer d’une façon intelligente aux conditions de la vie véritable. Ici, sur le plan physique, il nous faut vivre en accord avec les lois de ce plan. Par exemple, il y a les lois de l’hygiène, et l’homme intelligent s’y conforme avec soin, sachant que s’il ne le fait pas, sa vie sera imparfaite et pleine de soulTrancos physiques. Tout homme cultivé sait bien que le simple bon sens l’exige, et cependant nous voyons chaque jour combien il est difficile de persuader aux ignorants qu’il est nécessaire d’obéir à ces lois naturelles. Nous qui avons appris ces lois, nous nous y conformons tout naturellement^ et comprenons qu’en ne le faisant pas, nous
352 ÉCHAPPÉES SI R l’occiltisme
agirions sottement, et ne pourrions nous en prendre qu’à nous-mêmes s’il en résultait quelque souffrance.
Nous qui étudions roccultisme, avons, dans nos études, appris beaucoup de choses sur les conditions delà vie supérieure. Nous avons appris que, tout comme il y a des lois ph^^siques auxquelles il faut obéir pour que la vie physique soit saine et heureuse, il y a aussi des lois morales concernant cette vie plus élevée, auxquelles il est également nécessaire si nous voulons la rendre plus heureuse et plus utile. Ayant appris ces lois il faut nous servir de notre intelligence et de notre bon sens pour y conformer notre vie. C’est dans le but de nous y soumettre que nous essayons d’acquérir les qualités dont nous venons de parler. Le sage les choisit une à une, puis s’examine afin de voir ce qui lui manque à ce point de vue. Il pense d’avance aux occasions de la mettre en pratique, tout en étant toujours prêt à saisir les occasions inattendues. Il a toujours cette qualité présente à l’esprit, et chaque jour, à chaque heure du jour, il s’efforce d’y conformer sa vie. S’il a ainsi toujours devant les yeux la vertu qu’il veut acquérir, il verra bientôt en lui un grand changement; puis quand il sentira qu’il la possède définitivement, et que la pratique lui en est devenue une habitude, une sorte d’instinct, il en prendra une autre qu’il traitera de la même manière.
Aucune introspection morbide.
Telle est la façon de procéder, mais il faut avoir bien soin en l’adoptant de ne pas tomber dans une erreur très
commuae. Vous vous rappelez peut-être que le Bouddha conseillait à ses disciples de suivre eu toutes choses la Voie moyenne, les avertissant que les deux voies extrêmes sont également dangereuses. Cela s’applique aussi au cas présent. L’homme du monde ordinaire n’est nullement éveillé à cette idée de la construction du caractère ; il n’en a pas encore compris la nécessité, et il i ignore même totalement ; c’est là un extrême, et le pire certainement. L’autre extrême se rencontre chez les braves gens qui se livrent constamment à une sorte ■O introspection morbide. Ils se lamentent sans cesse sur leuis fautes et leurs défauts, si bien qu’il ne leur reste aucun temps pour se rendre utiles aux autres. Ils se donnent ainsi beaucoup de peine inutile et gaspillent beaucoup de forces et d’efforts tout en faisant très peu de progrès. Un petit enfant qui a son jardin à lui, est quelquefois si anxieux de voir croître les graines, qu’il les déterre avant qu’elles aient vraiment germé, afin de ms examiner, ce qui les empêche tout à fait de pousser. Quelques braves gens paraissent aussi impatients que cet entant, ils sont constamment occupés à se regarder croître spirituellement, empêchant ainsi tout dévelopj pement réel.
L examen de soi-même, la connaissance de soi-même sont évidemment nécessaires, mais cette introspection morbide doit être évitée par-dessus tout. Elle a souvent sa source dans une forme subtile de la fatuité, car elle n est qu’uiie opinion exagérée de sa propre importance.
Il faut regarder dans la bonne direction, noter ses fautes, ses défauts, et s’efforcer de s'en délivrer ; il faut noter les qualités qui nous manquent, et essayer de les acquérir. Mais quand une fois nous avons pris de fer~
ÉCHAPPÉES SUR l’OGCULTISME
nies résolutions, et faisons de notre mieux pour les tenir, il faut nous oublier et ne penser qu’à servir nos semblables. Si nous nous donnons tout entiers à un travail désintéressé, nous développerons, en accomplissant notre tâche, bien des qualités utiles.
Une fois que nous aurons maîtrisé nos sens et noire mental, pensons souvent à l’idéal le plus élevé que nous connaissions. Pensons aux Maîtres, au Christ, au Bouddha, et efforçons-nous de modeler notre vie sur la leur; travaillons, ayant toujours ce but en vue, et efforçonsnous de nous élever « à la mesure de la stature parfaite du Christ ». Rappelons-nous que le Christ nous a dit : « Soyez parfaits,comme votre Père céleste est parfait » Mais rappelons-nous aussi qu’il n’aurait jamais prononcé ces mots s’il n’avait pas été possible à l’homme de suivre ce commandement. La perfection est possible pour nous parce que Timmorlalité est un fait ; nous avons toute l’éternité pour y travailler, et cependant nous n’avons pas de temps à perdre, car, plus tôt nous commençons à vivre la vie du Christ, plus tôt nous serons à même d’accomplir l’œuvre du Christ, et de prendre place parmi les aides et les Sauveurs du monde.