SCÈNE IU
0L1VARES, seul un moment; puis LF. ROI.
OLIVABES.
Je les liens maintenant, uns deux fiers ennemis : Alhnqucrque! Mcdiana I Oh I deux noms odieux I deux noms qui troublent depuis assez de temps mon r> pos ! Tandis que cet enfant hautain prenait ici ma place dans la faveur du maître, l'aune, ce railleur impitoyable, envoyait jusque du fond d'ou autre inonde sa renommée in-Dlter à la mie ii lie. Mais je les perdrai tous doux, J’ un par sa jalousu*, l’autre par son amuur insensé; oui, aujourd'hui même >i je puis! Quand écalera la tempête à laquelle je dois
in'alirndre, il faut que je suis seul m.iilic dtf l'ospiil du roi
Leur disgrâce ou lu iinciitic* ! (Le roi entre.)
LE ROI
O.ivarcs, j'ai un conseil à mois demander.
OLIVABES.
Sire...
le noi.
Nous faisons, vous le savez, une comédie avec Mcdiana.
„ OLIVABES.
En effet. (.4 part.) Le roi parle toujours au pluriel. ( Uaui .) Et le sujet est-il arrêté ?
le soi.
Oui, duc. Ce sont les amours de François I«» avec madamo «TEtampes.
OLIVABES.
Sa Majesté jouera François l«'?
LL ROI
Oui.
OLIVABES.
Et le duc d’Albuqucrqtie?
LE ROI
J’ai envie de lui proposer le rôle de M. d’Elampes. Croyez-vous qu'il acceptera ?
0LIVARP8.
Nous tâcherons.
LE ROI
Au reste, ne ponsczx'ous p is que la duchesse aura saisi avec empressement l’occasion de cette lettre de la reine pour 6C sauver de 6a prison?
OLIVABES.
De sa prison! Oh! sire, le mot est dur pour M. d'Aibuquerque.
LB ROI
En vérité, Olivares, je suis peu dispose à l'épargner. Depuis trois moi*, coi homme fuit manquer tou* nos projets Nous faisons un complot pour isoler la duchesse Siilnnia, il l'épouse, et il enlève la nouvelle rnaiiée de la cour. Nous le rappelons en lui donnant un commandement, dans l’ espérance qu’il ramènera sa femme avec lui; pas du tout, il revient .seul, et tout cela par instinct de contrariété, car il ne se doute de rien.
OLIVABES.
Sire, le duc n'en est peut-être encore qu’à ces vagues pressentiments qui précèdent les catastrophes. Mais il a l'esprit trop judicieux pour négliger ces averlisst-incnts providentiels; sans savoir d’où viendra le coup, il le flaire et sc met eu garde.
LE uot.
Eh bien! nous verrons comment il va parer celui-ci. La duchesse, si elle obéit, comme je n'en doute pas, à cet ordre de la reine, sera ici vers midi, taudis que, selon toute probabilité, le cher duc ne reviendra que demain.
OLIVAIES.
Oui. mais demain, ce sera à recommencer; le piège où il aura été pris le rendra plus déliant encore.
Mais, en vérité, ce n’est pas la peine, mon cher duc, d’élre premier ministre, de s’appeler Oli'ares, de passer pour le premier politique du monde, si lu ne trouves pas moyen d’éloigucr, pour nuit jours, on mari de 6a femme.
LCIÏEC ET MAT.
OLIVARES.
On pourrait susciter au duc quelques démêles avec l'inquisition.
le soi.
Songez, Olivares, que je ne voudrais pas le jeter dans un péril sérieux.
OLIVARtg.
Comment Votre Majesté peut-elle supposer?... le duc, un ami à moi!
LE ROI-
Duc, est-ce que je n'entends pas?... (Il va à ta fenêtre de côté.)
OLIVARES.
Eu effet, sire, un carrosse entre dans la cour du palais.
LE ROI
Aux armes du duc.
01» ! l'excellente vue qu’a Votre Majesté.
LK ROI
C’est elle, enfin!... après trois mois d'ennuis mortels... Allez, laisscz-moi, Oiivarês.
OLIVARES.
Sire, il me restait cependant quelque chose d’important à vous dire.
LE roi.
Plus tard, plus lard; allez, allez. Non pas par là. (.if entrant le fond.) Vous pourriez la rencontrer, ei vous savez qu’elle est facile à eflaroucher. Par ici. {Montrant la porte latérale. — Otica-
res $ ori.)