LE DUC, LA DUCHESSE
LE DUC, à part.
Il est furieux. Il parait qu’il était temps que j'arrivasse. (A la duchesse.) Eh bien! vous tue quittez, madame?
LA DUCIIESSE.
N'avez-vous pas entendu ce que vient de me dire Sa Majesté, que 1a reine m’attend?
Oh! duchesse, vous me permettrez bien de vous féliciter auparavant, ü ’est-CC pas, de ce que le goût de la retraite vous ait passé si vile. Le bonheur que j’éprouve en vous voyant à la cour eud’aulaul plus grand qu'il était inattendu.
LA DUCHESSE
Il n’y a pas longtemps que j’y suis, comme vous voyez. Eh bien f j’ai déjà entendu dire que certaines personnes m’y faisaient une réputation de femme bizarre et à demi sauvage, fort capable de ni y ridiculiser à tout jamais.
, LE DUC
Je vois avec désespoir, madame, que l'on m’aura desservi près de vous.
LA DUCHESSE
Mais, si je ne me trompe, monsieur, vous ne seriez pas fort contrarié qu'on me prit dans ce pays-ci pour une femme bonne à vivre dans les bois seulement.
LE DUC
J’aurais de la peine, madame, à donner de l’apparence à un pareil bruit. D’ailleurs, dans quel but? ce serait mentir effrontément, et cela pour mentir.
LA DUOlESSe.
Je ne crois pas un seul mot de ce que vous dites, mon cher duc; continuez.
r LE DUC.
Vous rappelez-vous, dicte duchesse, une chose aimable que vous m'avez dite il y a cinq jours, pendant mon apparition au
r MAT. 9
chAleau d'Ilerrm, cl comme nous nous rrnmenion* dans le parc? nous passions en ce moment- là prés de la ibüic d'Apollon.
L u KKMSSI.
C’est possible, duc, mais ma mémoire est courte cl ne va pas jusque-là.
LE DUC
C'est d’autant pins fâcheux, que vous êtes assez économe de ccs mots-là pour qu'il n'y ait pas lien à confusion.
la Ducnr.ssK.
Dites quelle était celte cho^e, et peut-être m’en souviendrai ie.
LE DUC
Ah! voi'ii qui est étrange; voyez la force de la sympathie, je ne B 'en souviens pas non plus.