‹ Échec et mat drame en cinq actes, en prose par mm. Octave Feuillet et Paul BocageChapitre 19 sur 83 · LE MC · texte numérisé non relu

LE MC

Eh bien ! vous vous trompez; c’est lo roi.

la duchesse.

Vous figurez vous que cela m'intéresse beaucoup, duc, CC que vous me dites en ce moment?

LB DUC

Voyons, parlons franc. Est-ce à dite que vous ignorez que le roi d'Espagne et des Indes vous aime éperdument, et qu’il a pour rival le due d’Albuquorquc; ou bien, aurais-je l’Iieur de vous l'apprendre, duchesse?

lu DUCHESSE.

Est-ce d’aujourd'hui que vous vous êtes aperçu de cet amour?

LB DVC.

Peu importe, si je m'en suis aperçu à temps. Car, pardon de l'indiscrétion, duchesse, vous n’en êtes pas encore venue, je présume, à partager ces beaux sentiments?

LA DGGDXSSI.

Qu’on savez-vous?

LE DUC-

Parbleu ! vous ne me le diriez pas, je suppose, (ha durhesm sourit.) Eu vérité vous êtes une femme singulière, chère duebesse-

LA DUCHESSE

El vous un homme fort injuste, mou cher duc.

LE DUC

Injuste! parce que je ne puis m'empêcher de vous prévenir da danger qui vous menace!

LA DUCHESSE

A votre compte, je suis donc la seule menacée?

LE DUC

Oui, sans doute; qu'ai-je à voir là-dedans, moi?

LA DUCntSSK.

C’est sérieusement que vous parh-z?

LE DUC-

On ne peut plus sérieusement, duchesse.

LA DUCHESSI.

Pardon, dac, mais c'est moi qui ne vous comprends plus.

LS DUC

Si j'ai la hardiesse de m'informer de vos affaires, pouvur-vou» vous méprendre à l’intérêt qui m’y engage, obère duebessc? Est-ce que je suis jaloux, bon Dieu ? Est-ce qtte j<> suis d humeur à contrarier vos idées, à tyranniser vos fantaisies? Est-ce que je ne comprends pas suffisamment que vous êtes jeune et que je suis u ieux ? qu’on soldat courbé sous le harnais n'a pas pour une femme u« attrait bien puissant; et que des lauriers flétris sur une tête grisonnante ne valent pas des cheveux noirs boucles sur un front de vingt ans?

la duchesse, troublée. %

Où voulez-vous en venir, monsieur?

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