‹ Échec et mat drame en cinq actes, en prose par mm. Octave Feuillet et Paul BocageChapitre 31 sur 83 · LE DUC, LE ROI · texte numérisé non relu

LE DUC, LE ROI

Ll ROI, d pari, assis à la labié de droite.

De qooi pourrais-je bien lui parler?

li duc.

Me voici, «ire, tout prêt à vous entendre.

LE ROI

Savez-vous, duc, que je suis fort ennuyé?

LR DL’C.

En etTet, sire, vous avez l’air soucieux.

LE roi, après avoir cherché.

La question du Portugal me tourmente plus que vous ne pouvez imaginer.

LE DUC

II suffit d’élrc marie, sire, pour le comprendre.

LE ROI

Comment cela?

le duc.

Sire, la vice-royAuté du Portugal ressemble à une belle femme étrangère qui aurait contracté avec le roi d'Espagne un mariage de raison, cl qui serait fort courtisée par les gens de son pays. Or, si fidèles que soient en général les femmes et les vice-royautés, il n’en reste pas moins vrai, pour le malheur des maris ci des rois, le proverbe qui dit : » Loin des yeui, loin du cœur. » LE roi, goguenard.

Vous me paraissez avoir étudié a fond la question du Portugal? le duc, de même.

El celle du mariage, oui, sire.

LE ROI

Mais, dans le cas dont il s'agit, je ne puis cependant faire que ma vice-royauté ne soit point éloignée de moi?

Lt DLC.

Sans doute, mais Votre Majesté pourrait se rapprocher de sa vice-royauté.

LE ROI

Voulez-vous dire qu’il serait bon que je fisse uo voyage à Lisbonne? (II se lève.)

LE DUC

C’est mon humble opiuiun, sire.

le roi.

Bref, vous prétendez m’envoyer en Portugal?

le' duc.

Sire, je voudrais voir Votre Majesté partout où elle a de fa gloire à conquérir et des royaumes a conserver.

LE ROI

Mais je ne vois pas trop à quoi servirait ma présence là-bas?

LE DUC

Sire, elle donnerait d’abord un démenti aux malveillants oui osent accuser Votre Majesté d'indifférence pour les intérêts «les braves commerçants de l.ivhonne. Votre Majesté ferait venir ces braves gens, en appellerait deux ou trois par leur notn, et ils seraient transportés d'cnlhousiaMiie.

olivaris, entrant par le premier plan adroite, dpart.

Albuqucrque ici!

LR DUC.

Tenez, voici justement monsieur le comte-duc, qui sera d© mou avis, j’en suis certain.

8 cens iv.

D’ALBUQl'ERQUE, LE ROI, OLIVARES entrant par la gauche. le ROt.dparf.

Olivares! Dieu «oit loué! (Haut.) Comte-duc, savez-vous ce que mn conseille Alboquerquc? il veut m'envoyer en Portugal tout vif.

OLIVARES.

El qu’en pense le roi?

LH roi.

Eh mais! je ne sais pas trop. Monsieur d'Albaqucrqiie me donnait d’excellentes raisons; il nie disait des choses d’un grand 6ens. Mon cher duc, pour fixer mes idées, veuillez donc ni écrire tout cela en manière de plan. Quelques lignes seulement sur l'avantage de ma présence dans nu vice-royauté de Portugal.

LE DUC

Mais, sire, je vous jure, en vérité, que je n’ai là-dessus que des idées fort ordinaires.

LE BOI

Non pas, non pas, mon cher «lue, vous Aies irop modeste; ne me refuser pas ce service, je vous prie. l'emlanl ce lemps-là je vais, sur la môme question, travailler avec Olivares. Mettez-vous là, vous dis-je... (// lui indique la table de gauche. A Oliitlrri, montrant /a labié de droite.) ht vous ici.

LE duc. s'asseyant, à part.

Sur la môme question ! allons*.

LE ROI, bas, à Olivaies.

Comment donc avez-vous laissé échapper ce maudit homme? le me, les observant, a pari.

Ils entament la question.

olivaies, bas.

Sire, je n’v conçois rien. J'ai vu sortir le duc avec don lliubos et ses hommes. 11 faut qu'il ait trouve moyen de les enfermer à sa place.

le roi.

C’est le diable en persenne. (Riubos passe la tête par la porte de droite ; voyant le roi, il se relire vivement.)

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