PAUL GERVAIS
échancrure ovalaire qui le surmonte dans l’espèce déjà décrite.
La botte cérébrale est, en même temps, plus ample, et le moule de sa cavité intérieure montre que les circonvolutions des hémisphères du cerveau sont plus nombreuses.
D’ailleurs, les principales particularités signalées par les anatomistes qui se sont occupés de l’Échidné ordinaire, Cuvier, M. Owen, etc., s’observent dans celui qui nous occupe, et l’on y trouve une nouvelle confirmation de l’opinion que l’on s’était faite des affinités de ce dernier lorsque l’on a comparé la famille dont il est devenu le type aux Édentés, plus particulièrement aux Fourmiliers et aux Pangolins. On sait que ces affinités n’avaient pas échappé au naturaliste anglais Shaw, l’un des premiers auteurs qui aient parlé de l’Échidné, puisqu’il en avait fait une espèce de Fourmiliers sous le nom de Myrmecophaga aculeata.
Bien que le crâne que nous avons sous les yeux, et qui est celui de notre exemplaire mâle, soit dans un état très-avancé d’ossification et que presque tous les os en soient devenus coalescents, on y retrouve les principaux caractères connus dans l’autre genre d’Échidnidés, et la disposition générale des trous nerveux et vasculaires y est sensiblement la même.
Le trou sous-orbitaire y présente également une grande longueur (0,100), et l’on voit aussi extérieurement sur les côtés de la boîte cérébrale, à partir d’un point situé à 0,008 audessus de la cavité glénoïde jusqu’à un autre point enfoncé sous le commencement de la fosse sphéno-orbitaire, le canal particulier à cette famille de Monotrèmes qui est creusé à la face interne d’un os que Cuvier regardait comme étant le temporal. Ce canal file entre cet os et le pariétal. Il existe aussi chez l’Ornithorhynque, mais il y est très-court et plus large. Meckel et M. Owen ont attribué, sans aucun doute avec raison, la plaque osseuse qui le recouvre au zygomatique. Quant
au canal lui-même, il reçoit, chez les Échidnidés, une branche artérielle fournie par la carotide externe et qui envoie des rameaux dans les os recouverts par la plaque dont il s’agit et jusque dans le rostre oh ils pénètrent par le frontal.
Le cercle tympanique et le marteau de T Acanlhoglossus pourront à leur tour être invoqués à propos des nouvelles interprétations données par MM. Peters et Huxley delà signification anatomique de ces pièces et des rapports que la seconde d’entre elles présente avec le cartilage de Meckel : c’est ce dont on a déjà fait la remarque pour le Tachyglossus ou Échidné australien, et c’est ce que justifie la condition inférieure de ces deux genres, qui sont avec l’Ornithorhynque les Mammifères les plus rapprochés des Ovipares.
Une ressemblance remarquable existe entre le faciès général du crâne de l’Acanthoglosse et celui des Aptéryx et pourtant ses caractères principaux, de même que ceux du crâne du Tachyglossus, restent conformes à ceux des animaux Mammifères envisagés comme classe.
Une planche lithographiée, représentant le crâne de XAcanthoglosssus Bruijnii dont il est question dans la présente Note, a été mise sous les yeux de l’Académie ; elle fera partie du fascicule de Y Osléographie des Monotrèmes consacré à l’Échidné.
Il ne nous a pas encore été possible de comparer anatomiquement les caractères de celte espèce avec ceux de l’Échidné, provenant aussi du même pays, dont M. le professeur Rolleston a parlé sous le nom d ’Echidna Laioesii devant la dernière réunion de l’Association britannique pour l’avancement des sciences. Cet Échidné de Lawes, a cinq doigts ; son bec est semblable à celui du Tachyglosse : il est particulier à la Nouvelle-Guinée méridionale. M. Ramsey vient de le décrire dans une communication, faite à la Société linnéenne de la Nouvelle-Galles du Sud, dont nous parlerons plus loin.