Brisinga endecacnemos
(Planche IT.)
1856. — Asbjürnssen, Fauna littoralis Norwegiæ. T. II.
Travailleur, 1881. — Dragage 43. — Lat. N. 445050". Long. Ouest 9°18'15. — Profondeur 136". — Sable vasard.
Talisman. —- 27 juin 1883. — Drag. n° 52. — Lat. N. 2833". Long. 0.15°39".— Prof. 946". Sable piqué de noir; roches.
Talisman.— 9 juillet 1883. — Drag. n° 70.—Lat. N. 25°39", Long. O.18°18. — Prof. 698". Sable vasard.
Talisman. —9 juillet 1883. — Drag. n° 71. — Lat. N. 25°39". Long. O.18°18". — Prof. 640".
Je crois pouvoir rapporter à cette espèce un magnifique exemplaire dragué en 1881 par le Travailleur, bien qu'il ne soit pas absolument identique au type décrit par Asbjornssen. Dans cet exemplaire, le rayon du disque est de 14°". Le rayon correspondant au plus grand bras, de 300"; de sorte que si tous les bras étaient égaux, l'Étoile aurait au total 6 décimètres de diamètre. La plus grande largeur des bras est de
mm
12°"; elle se produit à environ 60" de leur base qui a elle-même 8”
de diamètre.
BRISINGIDÆ. 63
Le disque est uniformément couvert de petites épines obtuses, plus grandes au voisinage de l’anus qu’elles masquent et autour de la plaque madréporique. Celle-ci est saillante, à contour irrégulier, allongée dans le sens du rayon du disque, marquée transversalement d'une sorte de fente. On n’aperçoit à sa surface n1 sillons méandriniformes, ni piquants proprement dits, mais des tubercules irréguliers, et sur la moitié externe de la plaque une sorte de vermiculation elle-même irrégulière, qui paraît accidentelle sur l'échantillon unique que je décris. Les plaques angulaires sont peu apparentes. Entre les piquants du disque, je n'ai pas réussi à apercevoir de pédicellaires.
Comme d'habitude, les bras sont fusiformes. Ils ont encore à leur extrémité environ 2°” de diamètre et sont terminés par une plaque cordiforme plus large à sa base que l’ensemble des pièces squelettiques sur lesquelles elle repose. À environ 9°" de leur base, on aperçoit une première ride transversale. Elle est suivie d’une série de rides analogues qui augmentent de largeur et de hauteur, jusqu'au niveau de la région la plus renflée du bras, décroissent ensuite et finissent par s’effacer. Sur un bras bien développé, on en compte 33. Ces rides transversales, souvent un peu sinueuses, sont soutenues par autant d’arceaux calcaires, formés de plaquettes elliptiques, allongées dans le sens transversal, empiétant les unes sur les autres à leur extrémité et supportant chacune une ou parfois deux très petites épines à peine visibles. Le tégument des rides supporte lui-même parfois, mais non pas d'une manière constante, de très petits pédicellaires. Sur l'exemplaire unique que j'ai pu observer, ces pédicellaires se trouvent surtout sur les côtés des arceaux basilaires ; ils manquent fréquemment entre le 3° ou le 4°. Les arceaux que nous venons de décrire s'appuient inférieurement sur les plaques adambulacraires ; mais ils ne se constituent habituellement que de deux en deux plaques. Dans l'intervalle de deux arceaux consécutifs, le tégument présente d'ordinaire une nouvelle ride transversale, mais celle-ci est dépourvue de plaquettes calcaires et couverte dans toute son étendue ou au moins sur ses bords antérieur et postérieur de très petits pédicellaires; entre cette ride transversale et les arceaux voisins, il existe
fréquemment une série de petits ilots saillants, couverts également de
très petits pédicellaires ; ces îlots sont eux-mêmes disposés en série transversale ; ils s’allongent parfois transversalement, s'unissent en un court fragment de ride semblable à celle qu'ils avoisinent; on doit les considérer, en un mot, comme les rudiments de deux nouvelles rides. Si toutes ces rides étaient développées, deux rides à arceaux calcaires consécutives seraient donc séparées par trois rides sans arceau. Jusqu’au
niveau de la 4° ride à arceau, environ, la base des bras présente une
ornementation caractéristique; elle est couverte de petites épines pointues qui commencent à disparaître sur la région médiane du dos, mais il continue à en exister quelques-unes sur les côtés jusqu’au niveau du 16° ou 17° arceau.
Vers la base des bras, chaque plaque ne porte pas moins de quatre épines ainsi disposées : 1° une petite épine près de son angle interne central ; 2° une grosse épine située en dehors, à peu près vers le milieu de la longueur de la plaque; 3° une petite épine semblable à la première et située près de l’angle interne périphérique ; 4° immédiatement au-dessus de celle-ci une dernière épine bien plus grande, mais plus petite cependant que la seconde. En outre, de deux en deux plaques, il existe une cinquième épine plus grande et plus externe que les autres et qui paraît, au premier abord, portée par une apophyse très saillante de la plaque correspondante ; mais c’est là une apparence, et cette apophyse est en réalité une dépendance de la première plaque de chacun des arceaux transversaux à qui appartient, en conséquence, la cinquième épine. Cette épine persiste toutefois, alors même que les arceaux manquent. On la retrouve jusqu’à l'extrémité des bras, toujours portée par une pièce spéciale qui est le dernier rudiment de a Les plus grandes des épines qui, à la base des bras, ne dépassent pas 5°" croissent assez rapidement pour atteindre vers le milieu des bras 20°” de long; elles décroissent ensuite, mais conservent encore une longueur de 10°" à cinq ou six articles de distance de l’extrémité des bras.
La troisième petite épine a, au contraire, une tendance à avorter à mesure qu'on s'éloigne de la base des bras; elle manque souvent totalement et paraît remplacée alors par la 4°.
Sur les derniers articles des bras, la 2° et la 4 épine persistent
BRISINGIDÆ. 65
seules, accompagnées de deux en deux articles par la 5° épine ou épine accessoire. Vers la bouche, les pièces dentaires portent chacune trois épines, placées l’une derrière l’autre et dont la plus voisine de la bouche est la plus grande. Ces épines masquent les deux véritables épines dentaires qui sont petites, divergentes et portent un certain nombre de pédicellaires. Les grandes épines des plaques dentaires ont une gaine couverte de petits pédicellaires du côté dorsal.
Toutes ces épines sont exactement revèêtues par les téguments qui dépassent souvent de beaucoup leur extrémité, et sont eux-mêmes couverts de petits pédicellaires microscopiques, serrés les uns contre les autres au point de se toucher. Ces pédicellaires sont souvent plus nombreux sur la face interne des piquants, vers la base des bras, et la gaine de ceux-ci se renfle en un large bouton, tandis qu'elle est plus loin graduellement dilatée en une sorte de massue flasque.
L’exemplaire que nous venons de décrire n’a conservé attachés au disque que sept bras dont trois inégaux et en voie de développement.
En comparant avec la description d’Ossian Sars la description que nous venons de faire, on trouve entre les exemplaires que nous avons eus sous les yeuxles différences suivantes: Dans lesexemplaires d’Ossian Sars, la plaque madréporique est sillonnée; les rides intercalées entre les arceaux des bras sont nulles ou rudimentaires ; les épines situées sur le tégument entre les arceaux sont très nombreuses et couvrent tout le tégument. Dans le mien, la plaque madréporique n’est pas sillonnée ; 1l existe au moins une ride tégumentaire et les rudiments des deux autres entre les arceaux à squelette calcaire; les fines épines tégumentaires sont presque limitées à la base des bras; enfin, je ne retrouve pas à la simple loupe les pédicellaires de deux dimensions signalés par Ossian Sars. Ces différences sont peu importantes; quant aux ressemblances, elles sont nombreuses : mème nombre de bras, mème absence de grandes épines sur les arceaux; mème disposition des épines ambulacraires et latérales. Enfin, trait caractéristique, mème disposition des organes génitaux qui, sur l'individu recueilli par le 7ravailleur, qui est une femelle, sont disposés en deux séries (une de chaque côté du corps) de groupes isolés de quatre ou cinq follicules. Chaque groupe possède
f . { (TALISKAN., — Échinodermes.) 9
un orifice externe spécial, et on compte généralement, de chaque côté, deux groupes de follicules entre deux arceaux consécutifs. Ces follicules sont placés au-dessous des cæcums radiaux; leur isolement est plus apparent que réel, car on voit s'étendre entre eux une ligne dont la teinte diffère de celle des téguments et sur la structure de laquelle nous reviendrons dans un autre travail.
Les dimensions des follicules diminuent à mesure qu’on s'éloigne de la base des bras et vers le 20° ou le 25° arceau, ils sont tout à fait rudimentaires.
Les exemplaires recueillis dans les dragages 70 et 71, sur la côte du Soudan, sont brisés; mais nous en avons recueilli quatre disques dont un encore jeune. Deux de ces disques ont le nombre normal de bras, onze; les deux autres en ont douze. Les arceaux dorsaux ne portent que de petites épines immobiles, mais entre eux les téguments présentent toujours un plus ou moins grand nombre de petites épines pointues comme chez le type et ces épines nous paraissent très caractéristiques. Elles sont diversement disposées : chez l’un de mes exemplaires, elles forment des rangées transversales presque régulières ; entre ces rangées vient s’intercaler le repli ou la ride tégumentaire qui porte les pédicellaires et qui divise en deux séries les rangées transversales d’épines comprises entre deux arceaux consécutifs.
Les caractères de la 2. endecacnemos varient donc un peu plus que ne le pensait Ossian Sars à mesure que s'accroît l'aire de son habitat.