‹ ÉchinodermsChapitre 23 sur 80 · Odinia elegans, E. Perrier · texte numérisé non relu

Odinia elegans, E. Perrier

(Planche IV, fig. 1)

Epmonp PERRIER. Brisinga elegans. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 10 août 1885.

Talisman. — Dragage 73. — Lat. N. 25°39’. Long. O. 18°26'. Pilones, Profondeur 1435 à 1056. 1 exemplaire.

(1) Epmonn Perrier. — Première Note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par le Travailleur et le Talisman. (Annales des sciences naturelles, Zool., t. XIX; art. n° 8, p. 9.)

72 ÉCHIDODERMES.

Talisman. — Dragage 72. — Lat. N. 25°39'. Long. O. 18°22’. Pilones Profondeur 882". 14 exemplaires.

15 exemplaires de 882 à 1445" de profondeur.

Cette espèce a été recueillie dans une région d’où le chalut est revenu constamment déchiré comme s’il avait traîné sur un fond rocheux.

Petite espèce à 19 bras, remarquable par sa forme aplatie, le disque assez large étant à peine saillant au-dessus des bras. Ceux-ci s'unissent ou tout au moins se touchent à leur base avant d'atteindre le disque, de sorte que les proportions du disque paraissent encore augmentées et donnent l'impression, quand on observe l’animal vivant, d’une Brisinqa à disque très large et à bras relativement courts et grèles. En mesurant du centre du disque à la jonction des bras, on trouve, en effet, sur le plus grand de nos exemplaires :

r —= 10 Mm R — 79 Mm R <8r.

Les bras ainsi unis au disque se détachent d’ailleurs moins facilement encore que chez les autres Odinia, de sorte que la plupart de nos exemplaires sont entiers. Ils sont du reste peu renflés dans leur région génitale, peu rétrécis au sommet, relativement flexibles et contribuent ainsi à donner à l'Étoile une physionomie caractéristique.

Les plaques dentaires, résultant de la transformation des premières adambulacraires, sont très nettement différenciées, et ont une tout autre forme que chez les Brisinga. Leur bord buccal s’élargit, en effet, beaucoup, si bien que la gouttière ambulacraire est oblitérée du côté buccal par les plaques dentaires d’un même bras qui arrivent sensiblement au contact ; elles peuvent porter Jusqu'à cinq piquants sur le bord libre, au lieu de deux ou trois qu'on observe chez les Prisinga et les Freyella.

Les plaques ambulacraires et adambulacraires sont plus courtes que chez les Brisinga. Les sutures des plaques ambulacraires présentent une inclinaison bien marquée de haut en bas et de la base vers le sommet des bras. Chez divers individus les apophyses elliptiques que portent ces plaques et qui chevauchent sur les plaques adambulacraires sont si rapprochées qu’elles arrivent à s’imbriquer.

Les plaques adambulacraires ne portent qu'un seul piquant long,

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obtus, revètu comme les piquants marginaux d’une gaine couverte de peuts pédicellaires.

Les pièces du squelette dorsal du disque portent, au lieu de piquants, de petites épines ordinairement isolées, parfois bifurquées où trifurquées au sommet et portant chacune un petit nombre de pédicellaires croisés, souvent un seul. Entre ces épines sont parsemés les tubes tentaculaires grèles, pointus, isolés et pour le passage desquels un orifice arrondi, à peine plus large que leur diamètre, semble spécialement ménagé dans le squelette. Il est impossible d'apercevoir au travers des téguments les limites des pièces squelettiques du disque.

Le squelette des bras ne se compose pas de plaques disposées en arceaux successifs, mais bien de plaquettes arrondies, assez grandes, assez visibles au travers des téguments, disposées sans ordre, irrégulièrement imbriquées et ne laissant entre elles d’intervalles que pour la sortie des tubes tentaculaires isolés, Un certain nombre de ces plaques portent de petits piquants dont la gaine tégumentaire est, comme d'habitude, couverte de pédicellaires. Sur toute la partie génitale des bras, ces piquants sont disposés sans ordre. Au delà les plaques squelettiques disparaissent, sauf sur les bords des bras où, à des intervalles réguliers, elles forment des rudiments d’arceaux armés de 2 ou 3 longs piquants, comme chez les autres Odinia. Ces arceaux rudimentaires s'appuient comme d'habitude sur les plaques adambulacraires; seulement iei les plaques adambulacraires, supportant des plaques et des épines marginales sont séparées non plus par une plaque adambulacraire inerme, mais par deux.

La coalescence des bras dans le voisinage du disque est bien établie par ce fait qu'ils ne se séparent qu'après la quatrième plaque adambulacraire, y compris les pièces dentaires ; mais elle est encore plus nette du côté dorsal. Là on observe, en effet, entre les bras une sorte de palmure en partie occupée, dans sa largeur et dans toute sa longueur, par les plaques marginales basilaires. Ces plaques ont elles-mêmes une disposition spéciale. L’odontophore ou tout au moins la pièce interradiale (1)

(1) Nous employons ici cette formule dubitative parce que la pièce angulaire des Brisinga ré-

sultant de la soudure de deux pièces superposées, l’odontophore et la première interradiale dor- (TALISMAN. — Échinodermes.) 10

re

à laquelle elles se relient n’est pas visible à travers les téguments et elle est certainement petite. Les marginales sont elles-mêmes au nombre de quatre paires et vont rapidement en croissant de la 1% à la 3° paire. Les plaques de la 3° paire ont une longueur double de celles de la 2°. Elles ont la forme d’un triangle à sommets arrondis dont la base serait tournée vers le sommet des bras, le sommet contigu aux secondes marginales et la hauteur double de la base. Les plaques de la 4 paire sont souvent si intimement soudées à celles de la 3° paire qu'elles ne paraissent faire qu'une seule et même pièce. Elles sont moins apparentes du côté dorsal que les plaques précédentes; mais si après avoir séparé deux bras voisins, on les examine par leur tranche, on reconnaît que la 4 plaque, vue sur cette tranche, a la forme d’un demi-cercle et que la 3" plaque vue également de champ présenteune surface plane trapézoïdale à laquelle fait suite la surface demi-cireulaire de la 4°. Les deux bras voisins s’accolent par la surface latérale de ces deux plaques et sont ainsi intimement unis. Ces plaques sont volumineuses ; leurpartie visible du côté dorsal représente en réalité leur épaisseur; elles unissent solidement les bras au disque, et l’on s'explique ainsi que l’Odinia elegans ne se brise pas aussi facilement que les Prisinga. Cette disposition n’est pas sans analogie avec celle que nous avons décrite précédemment chez la PB. hirsuta. Chez cette espèce, les bras ne sont donc pas attachés comme chez la P. endecacnemos, ce qui justifie la séparation que nous avons faite, et la ressemblance qui existe à l'égard du mode de jonction des bras entre la 2. hirsuta et l’Odinia elegans conduit même à se demander si, quand la 2. hirsuta sera tout entière connue, il conviendra de la laisser dans le genre Brisinga.

Nos quinze individus présentent les dimensions moyennes suivantes :

1pgrOupe 8 MGR = 05 MOR — 6657,

2 PIOUDE T0 MAR = MER 0; Je SIOUpE PA MAR —20ME 0 R —107 sale, il peut se faire que dans d’autres genres de BrisiNGinx, ces deux pièces demeurent séparées.

Ce sera alors une question de savoir si les plaques marginales basilaires se relient à l'odontophore ou à la première interradiale.

BRISINGIDÆ. 75 6. — Odinia semi-coronata, E. P.

(Planche V).

E. PERRIER. — Prisinga semi-coronata, Comptes rendus de l'Académie des sciences ; 10 août 1885. |

Talisman. — Dragage 73. — Lat. N. 25939". Long. 0. 18°26’, Pilons. Profondeur 1435 à 1056%, 2 exemplaires.

Des deux exemplaires recueillis, Pun possède quinze, l'autre dixsept bras assez grèles, très allongés, ayant jusqu’à dix fois la longueur du rayon du disque.

La membrane buccale est épaisse et garnie de papilles sessiles disposées en séries simples, rayonnant autour de la bouche; les papilles les plus rapprochées de la bouche sont les plus grosses, les suivantes s’atténuent rapidement et disparaissent ou tout au moins cessent d’être saillantes à la surface de la membrane, à mi-chemin de la bouche et du cercle dentaire. Les sillons qui séparent les rangées de papilles se continuent cependant sous forme de stries jusqu'au voisinage de ce cercle.

Les pièces dentaires, élargies du côté buccal, sont presque confluentes au-devant des gouttières ambulacraires et portent chacune trois courts piquants, armés d'assez gros pédicellaires, les uns droits, les autres Croisés.

Les plaques ambulacraires et adambulacraires sont courtes. Les premières s'unissent entre elles par une surface articulaire assez fortement inclinée de haut en bas et de la base vers l'extrémité du bras, pour que vues de profil, elles paraissent imbriquées. Chaque plaque ambulacraire porte, comme toujours, une apophyse elliptique embrassant les plaques adambulacraires correspondantes. Les plaques adambulacraires sont unies elles-mêmes par des surfaces articulaires planes, perpendiculaires à l’axe des bras. Elles ne portent chacune qu'un long piquant dont la base occupe presque toute leur longueur. Leur bord interne, au lieu d’être concave, de manière à embrasser la base des tubes ambulacraires comme chez les Brisinga, est rectiligne.

Le disque est saillant, couvert, ainsi que les bras, par un tégument épais et protégé en outre par le squelette caractéristique du genre qui ne laisse pas apparaître les plaques angulaires, comme chez les Prisinga

proprement dites. Chacune des pièces du squelette dorsal du disque porte de une à trois épines, souvent bifurquées où même trifurquées au sommet. Ces épines sont plus fortes que celles qu’on observe ordinairement sur le disque des Brisinga, mais courtes et obtuses. Le disque parait ainsi irrégulièrement parsemé de robustes épines.

Les tubes tentaculaires sont longs, coniques et pointus. Ils sont isolés ; il peut arriver que quelques-uns semblent disposés par paire, mais mème alors chacun sort par une ouverture spéciale du squelette. La plaque madréporique est petite, arrondie, marquée d’un petit nombre de sillons; elle est placée, tout au bord du disque, sur sa partie inclinée vers les bras, ce qui, bien qu'elle soit légèrement saillante, la rend difficile à apercevoir.

Les pédicellaires manquent ou tout au moins sont très rares dans la région centrale du disque ; ils ne deviennent nombreux que sur ses bords et sur sa partie verticale. Les uns sont disposés par fascicules sur la hauteur des piquants; les autres isolés. Dans les fascicules, on trouve souvent un ou deux pédicellaires plus grands et dont l'aspect, à la loupe, est tout à fait celui des pédicellaires droits. Ce même aspect est présenté par les pédicellaires isolés. Tous les pédicellaires du disque sont d’ailleurs beaucoup plus grands que ceux de la gaine des piquants des bras.

Il existe au centre du disque un orifice anal très petit et les épines qui l’avoisinent portent d'assez nombreux pédicellaires.

Comme le disque, les bras sont recouverts d’un tégument épais ; mais dans certains d’entre eux, il est possible de reconnaître avec une netteté suffisante la disposition des pièces du squelette où sont en quelque sorte combinés les caractères de la Brisinqa coronata et ceux des Freyella. A partir de la 20° pièce adambulacraire environ, on distingue nettement des arceaux calcaires bien réguliers, analogues à ceux de la Brisinga coronata. Ces arceaux se suivent au nombre de quatre ou cinq; mais les pièces adambulacraires qui les supportent au lieu de n'être séparées que par une seule pièce sans arceau sont séparées par deux pièces. Comme d'habitude, ces arceaux portent des piquants revètus

par une épaisse gaine membraneuse, recouverte de très petits pédi-

BRISINGIDÆ. 77

cellaires croisés. Les piquants latéraux atteignent 5°" de long; ils sont beaucoup plus grands que les piquants de la région dorsale médiane dont la gaine prend quelquefois une forme sphérique. A partir du 4° ou du 5° arceau, les piquants de la région médiane dorsale disparaissent graduellement avec les pièces squelettiques qui les supportent et les arceaux se réduisent à deux amorces latérales, composées chacune de trois pièces respectivement munies d’un piquant. Sur les bras bien conservés, on constate que cette disposition persiste jusqu'à leur extrémité. La longueur des piquants se réduit naturellement proportionnellement au diamètre de la région correspondante des bras. Les deux amorces latérales des arceaux sont réunies par un repli des téguments couvert de pédicellaires croisés semblables à ceux des piquants. Des replis transversaux analogues correspondent à chaque plaque adambulacraire sans arceau; mais il est rare que ces replis soient complets ; en général, ils sont fragmentés de manière à former des îlots saillants arrondis ou allongés transversalement, couverts de petits pédicellaires.

Toutes les dispositions que nous venons de décrire rappellent, à quelques détails près, ce qu'on observe chez la #. coronata, mais ce n’est là qu’une partie de l'appareil tégumentaire, À partir de la base des bras, jusque vers le premier tiers de leur longueur, le tégument laisse, en effet, apercevoir dans son épaisseur une mosaïque irrégulière de pièces polygonales, se soudant par toute la longueur de leurs côtés, mais laissant entre elles de temps en temps, ordinairement à leurs angles de suture, mais pas toujours, des orifices elliptiques, allongés transversalement par rapport aux bras et par lesquels sortent les tubes respiratoires. Ces tubes disparaissent sur les bras en même temps que les plaques. Ces dernières passent sans interruption au-dessus des arceaux calcaires et se soudent aux pièces sous-Jacentes se laissant traverser par le support de leur piquant; les pièces des arceaux et celles que nous venons d'indiquer ne présentent d’ailleurs aucun rapport de forme, ni de position; de sorte qu'il s’agit bien là de deux systèmes de pièces squelettiques distinctes. Les tentacules respiratoires des bras ont une tendance à se disposer en séries transversales, mais ces séries sont peu

régulières.

La pièce terminale des bras a une forme remarquable; elle est assez large, arrondie, convexe en dessus et concave en dessous; son bord libre se prolonge vers le bras ; il est découpé en six dents qui portent chacune une longue et fine épine. Dans la concavité inférieure, on apercoit comme d'habitude un tentacule impair et un lobe oculaire. Mais ces parties, logées sous la pièce terminale, ne semblent pas pouvoir se redresser en dessus du bras comme cela a lieu chez la plupart des Étoiles de mer. Le tégument supérieur de cette plaque terminale est couvert de petits pédicellaires.

Il existe à la base des bras plusieurs paires de pièces marginales basilaires dont les dernières sont plus grandes que les premières et s’affrontent deux à deux par leur surface latérale plane pour unir les bras les uns aux autres, comme dans l'Odinia elegans.

Les pédicellaires sont les uns grands et isolés, les autres petits et fasciculés, tous croisés.

Les papilles respiratoires sont nombreuses sur la partie basilaire

des bras et, comme sur le disque, coniques, isolées.

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