‹ ÉchinodermsChapitre 24 sur 80 · Odinia robusta, E. P · texte numérisé non relu

Odinia robusta, E. P

(Planche VI.

1885. Enmonn PERRIER, Prisinga robusta. — Comptes rendus de l'Académie des sciences. Talisman. — Dragage 72. — Lat. N. 25°39’. Long. 0. 18°22’. (Pilones). Prof. 882».

— Dragage 73. — Lat. N. 25°39’, Long. 0. 18°26’. (Pilones). Prof. 1435".

Il n'a été recueilli que deux exemplaires de cette espèce, la plus grande, au tout au moins la plus robuste des Brisix&px draguées par le T'alisman.

Sur le plus grand de nos individus P=ASMENR = RME — 18.33 r

Le diamètre total est done de 5 à 6 décimètres. Mais ce qui donne surtout à cette espèce un aspect de puissance, c’est le nombre des bras qui est de 17, au lieu de demeurer à 11 comme chez la Z. endecacnemos. Ces bras sont très renflés à leur base, de sorte qu'ils se touchent par leur partie renflée et laissent entre eux un vide, au niveau de la partie

rétrécie par laquelle ils se rattachent au disque.

BRISINGIDÆ. 19

Les plaques dentaires sont courtes, élargies de manière à se toucher ou mème à confondre leurs téguments au devant des gouttières ambulacraires qu'elles séparent ainsi du cercle buccal. Dans le cas où la coalescence n’est encore qu'indiquée, chacune d'elles porte encore trois piquants; mais si les plaques se développent assez pour que leurs téguments se fusionnent, ce troisième piquant disparait. Ces petits piquants dentaires présentent une simple couronne de pédicellaires vers la moitié de leur hauteur. La membrane buccale, dans la moitié de sa surface avoisinant la bouche, est munie de rangées de papilles saillantes disposées en rayonnant autour de cet orifice.

Les plaques ambulacraires et adambulacraires sont très courtes. Ces dernières ne portent qu'un seul piquant, souvent tronqué et même élargi à son extrémité libre et dont la base a un diamètre presque égal à la longueur de la plaque adambulacraire qui le supporte. Les plaques adambulacraires sont elles-mêmes épaissies et présentent une surface articulaire plane sur toute la longueur de la partie coalescente des bras. Au niveau de la 13° ou 14° plaque adambulacraire, on reconnaît distinctement l’indication d’un premier arceau dorsal; ces arceaux se suivent sur le reste du bras en laissant entre eux, tantôt trois, tantôt deux plaques adambulacraires, de sorte qu'en numérotant 1, une plaque à arceau quelconque, la plaque à arceau suivante doit être numérotée tantôt 4, tantôt 5 ; le premier cas est le plus fréquent, et c’est surtout à la base des bras que les arceaux sont séparés par 3 plaques adambulacraires sans arceau. Sur la partie renflée des bras, ces arceaux, plus ou moins dissimulés par les pièces squelettiques du tégument, sont peu apparents. Les trois ou quatre arceaux qui suivant cette partie renflée sont, au contraire, bien apparents, complets et chacune de leurs plaques porte une longue épine enveloppée d’une gaine tégumentaire, couverte elle-même de très petits pédicellaires croisés. La partie médiane dorsale des arceaux suivants manque; mais les parties latérales subsistent jusqu'à l'extrémité des bras, et forment de chaque côté de ces derniers un bourrelet saillant constitué par quatre ou cinq plaques calcaires dont chacune porte un long piquant. De trois en trois plaques adambulacraires, on

aperçoit donc sur la partie latérale des bras un peigne vertical de cinq

piquants recouverts de leur gaine à pédicellaires. Les arceaux calcaires ou leurs amorces forment tout le squelette de la partie grèle des bras. Le squelette de la partie renflée se complique, au contraire, de nombreuses et irrégulières plaques polygonales, recouvrant les arceaux et laissant entre elles des orifices circulaires ou elliptiques, allongés transversalement aux bras pour le passage de tentacules respiratoires, semblables à ceux du disque. Ces orifices sont isolés et ne présentent que de vagues indications d’une disposition en séries transversales. Beaucoup des plaques tégumentaires portent des piquants de 2 millimètres de long, différant à peine de ceux que portent, dans cette région, les arceaux dorsaux qui sont rendus par cela même moins distincts. Ces piquants sont assez nombreux dans la partie rétrécie par laquelle les bras se rattachent au disque.

Sur les côtés de cette partie rétrécie et dans la partie correspondante du disque se trouvent d'assez grands pédicellaires isolés.

Les bras sont coalescents à leur base. Ils s'unissent entre eux latéralement par l’intermédiaire d’une chaîne de plaques épaisses, présentant latéralement une surface articulaire plane. Chaque bras emporte quatre de ces plaques lorsqu'il se détache. Les deux premières ont une forme peu régulière, mais sont à peu près aussi hautes que larges ; la troisième a la forme d’un trapèze droit dont le côté oblique serait remplacé par une ligne courbe, la quatrième a à peu près la forme d’un demi-cercle reposant par son diamètre sur le côté vertical externe de la plaque précédente.

Le disque porte de nombreuses épines mobiles, longues d'environ 2", souvent rapprochées par groupes de deux ou trois. Ces groupes d’épines sont portés par autant de plaques calcaires, épaisses, irrégulièrement polygonales, à côtés plus ou moins échancrés, de manière qu’elles laissent entre elles des pores arrondis pour le passage des tentacules respiratoires. Ces derniers sont très allongés, grèles et pointus, isolés ou rapprochés par paires, mais séparés cependant, dans ce cas, par un trabécule épais du tissu tégumentaire.

Je n'ai pu distinguer avec certitude l’anus. La plaque madréporique

est marquée de sillons profonds et espacés; elle est située à une pe-

BRISINGIDÆ. 81

tite distance de la portion arrondie verticalement par laquelle le disque se rattache aux bras. Le disque est assez épais, régulièrement circulaire, et sur son pourtour on n’aperçoit pas les odontophores.

Observation. — L'Odinia robusta ressemble assez à l'O. semicoronata pour que j'aie hésité à séparer ces deux formes. Les 0. robusta se distinguent par leur disque plus saillant; leurs bras plus fortement renflés ; leurs épines plus longues; l'existence d’'épines sur la partie rétrécie des bras qui se rattache au disque et qui est garni de papilles sessiles chez l'O. semicoronata, pédonculées près du bord buccal chez l'O. robusta. En somme l'O. robusta paraît une exagération de l'O. semacoronata. La structure du disque des Brisingaster de M. de Loriol paraît assez voisine de celle de cette Odinia.

Genre FREYELLA, E. Perrier, 1885 (1).

Disque petit, assez élevé.

Bras indépendants, en nombre variable : de six à treize.

Bouche très grande, entourée d’une lèvre de dimensions moyennes.

Dents petites, tronquées, portant ordinairement deux épines dentaires seulement. Plaques ambulacraires et adambulacraires à peine plus longues que larges.

Toute la surface du disque et de la base des bras couverte de plaques imbriquées, polygonales, présentant seulement des traces de disposition en arceaux et pouvant alors se répartir en pièces d’arceau et pièces intercalaires.

Ordinairement de simples épines sur les plaques dorsales et à leur base des pédicellaires croisés.

Point de papilles respiratoires.

Madréporite petit ne présentant qu’un très petit nombre de sillons.

(1) Epmoxp Perrier, Première note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par le Travailleur et le Talisman. — Annales des sciences naturelles. Zoologie ; 1885, &. XIX, art. n° 8, p. 5.

(TALISMAN. — Échinodermes.) 11

Distribution des espèces du genre FREYELLA.

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Freyella Edwardsi..| Golfe de Gascogne. » »

— spinosa. . ..| Côtes du Soudan. 2300" Vase grise. — spinosa (var.

abyssicola). .| N.-E. des Acores. 4060% | Vase blanche molle. — tuberculata . |Entreles iles Canaries et du Cap-Vert. 4310 Vase à globigérine.

— sexradiata .| Entre les Açores et la France. 4060" Vase avec ponces.

— americana. .| Nouvelle-Écosse. 320" 1 — elegans....| Entre la N'e-Écosse etle cap Hatteras. 1115 à 3700" ?

— bracteata . .[Côt.duMassachusetts 2300 à 2600" Vase bleue. — fragilissima. Entre les iles Marion et Crozet. 2500 à 2600" | Vase à globigérine. — echinata. . .[Célèbes, Philippines. 1900 à 4000" Vase bleue et à globigérine.

—— echinata...|Entre les îles Pelew et la Nouv.-Guinée. 1900 à 4000" Vase bleue et à globigérine.

— heroina....| Pacifique Nord. 5900" Vase rouge. — pinnata. ... Japon. 3400% Vase bleue.

— attenuala .. Mariannes. 4200 Vase à radiolaire. dimorpha . .| Détroit de Torrès. 2561 Vase à globigérine. — Tome. Nouvelle-Guinée. 4210m Argile rouge.

- polyenema . N.-E. des îles 14007 Fond solide. Kermadec.

benthophyla| Pacifique Sud. 45007 Argile rouge.

Page 1