Pièces intercalaires. 16. — Terminale
8. — Marginales dorsales. 17. — Dorso-latérales. 18. — Réticulaires longitudinales.
C. — SQUELETTE DORSAL. 19. — Réticulaires transversales. a. — Squelette dorso-central.
a. — Pièces calicinales v. — Plaque hydrophore. 9. — Dorso-centrale. 20. — Madréporite.
Les ambulacraires, les adambulacraires, les odontophores, les marginales, les calicinales, les terminales, Le ou les madréporites sont les pièces essentielles qui constituent en quelque sorte le squelelte fondamental des Étoiles de mer. Entre elles viennent se disposer les ventro-latérales, les intercalaires, les discinales et les dorso-latérales, qui varient infiniment plus que les précédentes, qui ne sont plus des pièces typiques, qui présentent au contraire des variations de nombre et de grandeur de toutes sortes, entraînant avec elles les diverses formes que les Étoiles de mer peuvent présenter; comme elles déterminent en somme cette forme on peut désigner leur ensemble sous le nom de squelette déterminant. Quant aux discinales ou intermédiaires et aux réticulaires elles ne constituent qu’un squelette accessoire dont les modifications n’ont qu’une importance subordonnée.
Modifications de formé des pièces du squelette fondamental. — Les modifications du squelette fondamental peuvent porter : 1° sur la forme des pièces qui les constituent et leurs dimensions relatives; 2° sur leurs rapports numériques.
La forme des pièces calicinales, leur grandeur relative, les caractères plus ou moins nets par lesquels elles se distinguent des pièces discinales fournissent de bons caractères spécifiques, parfois des caractères génériques, mais n’ont pas jusqu'ici paru susceptibles de fournir des caractères de tribu ou de famille. Il en est de mème pour les carinales.
La forme et la dimension des marginales entrent dans la caractéristique des familles où elles tiennent une place importante; dans ces derniers temps, elles ont servi de base à Percy Sladen pour l’établissement de ses deux ordres.
Il nous reste à parler des dents et des odontophores étudiées en détail par M. Viguier. Suivant que les pièces les plus rapprochées de l’ouverture buccale étaient des ambulacraires ou des adambulacraires, M. Viguier a divisé les Stellérides en deux sous-elasses; nous avons déjà fait remarquer que les Bris@mz et les PEpICELLASTERDÆ que M. Viguier n'avait pu étudier présentent un type de bouche indifférent, les ambulacraires et les adambulacraires arrivant au même niveau; ces deux familles ne peuvent être séparées d’ailleurs nettement des Astéries à bouche ambulacraire, et toutes ensemble correspondent à l'ordre des ForcIPULATA.
Les Astéries à bouche adambulacraire embrassent les quatre ordres restants qui présentent en outre un odontophore muni d’apophyses latérales, mais d'ailleurs de forme variable. Dans la caractéristique de ces quatre ordres, je n'ai pas fait intervenir la forme des dents, ni celle de l’odontophore, mais M. Viguier fait appel à l’un et à l’autre pour la caractéristique des familles ou des tribus. I semble que les dents soient susceptibles de fournir des indications plus précises encore que celles dont on a fait usage jusqu'ici pour l'appréciation des affinités des familles. Chez les Ecnnasrerinx, les Linckunzæ et les PENTAGoNAsTERIDZ, les dents, brusquement distinctes des adambulacraires, prennent une forme triangulaire, au lieu de la forme rectangulaire que présentent les adambulacraires. Leur bord distal est, en général, de même longueur que la plaque adambulacraire à laquelle il s’affronte; le bord sutural est rectiligne. Les principales différences résident dans les dimensions relatives et la forme du bord ambulacraire qui peut être rectiligne, brisé ou convexe, long ou court, de sorte que la dent se termine du côté buccal soit par une pointe (Valoaster, Scytaster, Fromia, Ferdina, Metrodira, Pentagonaster, Nectria, Culcita, Gymnasteria), soit par une légère troncature (Linckia, Chætaster), soit par une forte troncature (Ærhinaster, Cribrella), soit par un bord arrondi (Ophadiaster).
Les Pentaceros, les Anthenea présentent des dents d'un type parti-
culier; beaucoup plus grandes que les dents des autres formes de l’ordre des Vazvara, elles se prolongent en une sorte d’apophyse sur les aires interradiales de manière à dépasser notablement les adambulacraires voisines, et peuvent être plus ou moins recouvertes à leur base par les plaques ventro-latérales; ainsi, les dents des P. turritus et muricalus, après s'être affrontées de leur angle buccal Jusque vers le milieu de leur bord sutural, semblent s'écarter l’une de l’autre pour rejoindre les premières adambulacraires qu’elles ne dépassent pas en hauteur; en réalité, elles demeurent contiguës sur toute leur longueur et l'apparence que nous relevons est due au revêtement de ventro-latérales qui masque leur véritable forme.
Chez les Sozasrernz les dents sont grandes et leur bord ambulacraire est convexe et arrondi; il en est de même chez les AsrerNinæ où les dents ont en général un angle distal pointu. Cette disposition s'accentue encore chez les Prerasrerinz et les formes parentes qui constituent l’ordre des VELara, où les dents très grandes s'affrontent de manière que leur angle buccal, dépourvu de piquant dentaire, soit un peu plus saillant que le reste du bord libre de la plaque.
Les dents sécuriformes auxquelles passent graduellement les plaques adambulacraires sont propres aux ArcHasrerbæ. Le bord sutural de ces dents se relève de manière que chaque paire dentaire forme une carène sur la face ventrale du corps; en outre les moitiés distales des dents s’écartent l’une de l’autre de manière à figurer les oreilles d’un soc de charrue. Une disposition analogue se retrouve chez les PORCELLANASTERIDÆ et, sauf que les dents sont plus étroites, chez les Asrrorecrininx. Les dents sécuriformes peuvent donc être considérées comme un caractère de PAXILLOSA.
Ainsi la considération de l'appareil dentaire sépare nettement les uns des autres les ForcipuLaTa à bouche ambulacraire; les VELATA à dents grandes, à bord adambulacraire convexe, à angle dentaire saillant; les Vazvara à dents triangulaires, à bord sutural presque rectiligne, à fosse ligamentaire linéaire et étroite; les PaxiLLosa à dents très grandes, sécuriformes, paraissant une exagération de la première adambulacraire, à fossette ligamentaire fusiforme et large. Les SpnuLosa sont moins nettement
caractérisés, on y reconnaît trois types de dents : celui des ECHINASTERIDÆ, où ces pièces sont petites et à sommet dentaire tronqué; celui des ASTERI- Ninæ où les dents assez grandes ont un bord ambulacraire convexe; celui des SoLasreribæ où les dents, également grandes et à bord adambulacraire arrondi, sont beaucoup plus massives que celles des AstErI- Nin&. Il est à remarquer cependant que les SpnuLosa ne présentent pas de dents pointues, comme beaucoup de Varvara, ni sécuriformes comme beaucoup de PaxizLosa; on peut donc les considérer comme ayant eux aussi un {type dentaire assez caractéristique.
La considération des dents est done bien plus favorable à la division des Stellérides en cinq ordres, qu'à la division en deux ordres à laquelle M. Percy Sladen s’est arrôté. Elle fournit en outre d’intéressantes indications; c’est ainsi qu’elle conduit à rapprocher les Porania des ASTERINIDÆ, tandis que les Gymnnasterin se montrent apparentées aux Pexracerominæ; elle fait aussi voir dans les Archaster des types ayant plus d’affinités avec les Pentagonaster que les autres formes de la famille des ARCHASTERIDÆ qui arrivent cependant à en reproduire d’une manière si frappante la forme extérieure.
Modifications numériques dans la constitution du squelette fondamental. — Pour évaluer ces modifications, on peut prendre comme terme de comparaison l’un quelconque des systèmes des pièces brachiales. Les pièces ambulacraires et adambulacraires étant les plus constantes de toutes, c’est à elles qu'il est naturel de comparer les autres. Il peut à cet égard se présenter les cas suivants :
1° Les adambulacraires sont plus nombreuses que les marginales; les marginales et les carinales sont en nombre égal ;
2° Les adambulacraires sont plus nombreuses que les marginales et les carinales qui sont en nombre inégal;
3" Les adambulacraires sont en mème nombre que les marginales; les marginales et les carinales étant elles-mêmes en nombre égal ;
4 Les adambulacraires sont en mème nombre que les marginales ; les marginales et les carinales étant en nombre inégal;
5° Les adambulacraires sont en nombre moindre que les marginales et les carinales.
Il est rare que ces combinaisons se présentent avec une régularité mathématique; ce sont des types limites, en quelque sorte, autour desquels gravitent d'innombrables modifications de détail. En s’en tenant à ces termes, on peut dire que la première disposition est la disposition typique dans l’ordre tout entier des ForciPuzaTa et dans la famille des Lixcknpx.
Le deuxième type est celui que l’on rencontre chez les ECHINASTERIDZ, les Pararcaasrerinx, les Pontaster, les Psilaster, les Craspidaster, les PorCELLANASTERIDÆ, les ASTROPECTININÆ, les PENTAGONASTERIDÆ, les ANTHENEIDÆ, les PENTAcEROTIDÆ, les GANERINÆ.
Le troisième est celui des ASTERININÆ.
Le quatrième, celui des Luidia, des Dytaster, des Ctenodiscus, des
Goniopecten.
Le cinquième type n’est réalisé qu’exceptionnellement chez quelques
Dytaster.
Cette liste montre qu'il n’y a qu’une tribu et une partie d’un genre où le développement du squelette ambulacraire marche de pair avec celui des marginales ou carinales, ou plus lentement que lui. Si l’on ne tient compte que des rapports de nombre que présentent les pièces du squelette fondamental, il semble clair que la presque totalité des Stellérides sont des LErrosrrosrTERIA et que cette structure n’a aucun rapport soit avec la phanérozonie, soit avec la cryptozonie.
Les rapports numériques des pièces du squelette fondamental avec celles du squelette déterminant se prêtent à quelques propositions générales. Dans le plus grand nombre des cas, les arceaux ventraux correspondent aux adambulacraires, mais ceux qui sont en rapport avec les premières adambulacraires sont rarement complets, et dans une partie plus ou moins étendue de la région terminale des bras les arceaux peuvent manquer.
De même, le plus souvent, les arceaux dorsaux correspondent aux carinales, et les premiers qui peuvent aboutir aux radiales passent à droite et à gauche des basales. Les arceaux ventraux et dorsaux présentent donc le plus souvent, avec les marginales, les mêmes rapports de nombre que les adambulacraires d’une part, les carinales de l’autre.
Il y a cependant à cette règle d'assez nombreuses exceptions, principalement dans les familles où, par suite de la contiguité des pièces et de leur pression réciproque, la disposition en mosaïque s’est substituée à la disposition en arceaux ou en séries. Les initiales d’arceaux sont plus petites que les adambulacraires chez les Dytaster, Lonchotaster, Blakiaster, la plupart des PorcezLaNASTERIDÆ ; elles sont plus grandes chez les Craspidaster, la plupart des PENTAGONASTERIDÆ ; dans les deux cas, elles ne présentent ni avecles adambulacraires, n1 avec les marginales, aucun rapport déterminé de position. [n’en est pas de mème chez les Ctenodiscus et les Goniopecten où les ventro-latérales, plus petites que les adambulacraires, forment des bandes dans lesquelles elles sont disposées en mosaique; ces bandes vont d’une adambulacraire à une marginale ventrale, et sont par suite en même nombre que ces plaques, abstraction faite des altérations qui peuvent se produire au voisinage des lignes interradiales.
C'est seulement dans l’ordre des ForcipuLaTa que les arceaux ventraux, d’ailleurs très réduits, sont en nombre très notablement moindre que celui des adambulacraires. Dans cet ordre, les arceaux ventraux, les marginales, les arceaux dorsaux et les carinales sont sensiblement en mème nombre, de sorte que le squelette tout entier, abstraction faite de la partie ambulacraire du squelette ventral, se décompose en segments continus allant sans interruption des adambulacraires de gauche aux adambulacraires de droite. Dans l’ordre des Forcipucara, la forme des pièces adambulacraires varie beaucoup; très allongées chez les Æymenodiscus et les Prisinga, elles se raccourcissent peu à peu chez les Freyella, les Odinia et les Labidiaster, gardent encore une certaine longueur chez les PEpiceLLAsTERIDEÆ et deviennent tout à fait comprimées chez les Asreranæ, STICHASTERIDÆ @l ZOROASTERIDE. Sans changer notablement leurs rapports numériques, les arceaux suivent ce mouvement. Très écartés les uns des autres chez les Brisinga et les Odinia, ils se rapprochent chez les Labidiaster où des pièces réticulaires longitudinales se montrent. Le squelette dorsal arrive ainsi à prendre l'aspect d’un réseau à mailles régulières carrées (Coronaster) où à mailles irrégulières dans les trois
familles des Pepicezcasrerbæ, des HEciasrerbx et des Asrerinx, Chez les
Stichaster et les Zoroasrerbz, les diverses pièces des arceaux se correspondant d’un arceau à l’autre, les pièces du squelette dorsal peuvent paraître disposées en rangées longitudinales aussi bien qu’en rangées transversales. Ce fait n’est pas particulier à ces deux groupes; la disposition en séries longitudinales frappe même souvent davantage que la disposition en arceaux et c’est elle qui, dans les descriptions, est le plus souvent mentionnée. Elle se retrouve notamment dans la famille des Lincxnnz et c’est sans doute ce qui a décidé M. Sladen à placer près des Étoiles de mer de cette famille les Zoroasreribæ et les SricaasTERIDx qui demeurent séparées des autres Forcipulata par les familles des Socasrerinæ, des Pre- RASTERIDÆ et des EcaiNasreribæ. Une étude attentive du squelette ne justifie pas cerapprochement inattendu. D’une part, les Zoroasrerinzæet les Sricas- TERIDÆ, par leur bouche ambulacraire, la forme de leurs pièces ambulacraires, celle de leurs dents, la constitution de leurs arceaux squelettiques, les rapports numériques de ces arceaux et des pièces adambulacraires ne diffèrent en rien des autres Forcipulata; d'autre part, les Lixcxipæ présentent une constitution de leur squelette qui les écarte complètement de cet ordre : leur bouche est nettement adambulacraire; leur gouttière ambulacraire est profonde, serrée et peut, en raison de la forme et du mode d’articulation des pièces qui la composent, se fermer entièrement lors de la contraction ; les adambulacraires sont immédiatement suivies d’une (Oplhrdiaster, Scytaster) ou plusieurs (Linchkia, Chetaster, Fromna) rangées de petites plaques qui, à quelques irrégularités près, leur sont superposées de manière que leur nombre soit à très peu près le même. Je ne connais de plaques ainsi disposées chez aucun représentant de l’ordre des Forcipulata. Ces plaques sont suivies, chez les Opladiaster (0. pyramidatus), de ventro-latérales formant des arceaux qui ne se répètent que de deux en deux plaques et aboutissent aux marginales ventrales dont les rapports numériques avec les adambulacraires deviennent ainsi analogues à ceux des Forcipulata; mais chez les Linclaa, les C'hœætaster, les Fromia, il y a autant d’arceaux que d’initiales.
Les Ecnnasreribæ et les SoLastEribÆ sont des familles voisines que distinguent surtout l’une de l’autre les papilles qui, dans la seconde
famille, se substituent aux pièces portant des piquants isolés ou épars de la première. Dans la plupart des genres, les marginales, plus grandes que les adambulacraires, arrivent rapidement à se mettre en contact avec elles. Les ventro-latérales, peu importantes chez les Crossaster, forment dans ce genre des séries rectilignes correspondant aux adambulacraires, mais dont trois environ correspondent à deux marginales; ces séries sont un peu plus nombreuses chez les Solaster et atteignent leur maximum de développement chez les Cfenaster.
Entre les adambulacraires et les marginales, il y a chez les Acanthaster, sur toute la longueur des bras, une rangée au moins de ventrolatérales correspondant sensiblement aux adambulacraires, s'étendant parfois sur deux d’entre elles, mais dont deux correspondent en général à une même marginale. À peine une rangée de ventro-latérales est-elle amorcée chez les £chinaster; en revanche il en existe une ou plusieurs rangées sur toute la longueur des bras chez les Cribrella et ces plaques correspondent aux adambulacraires. Ce sont là les principaux genres d'EcuiNasTERIDx ; on voit par ce que nous venons de dire que la constitution de leurs arceaux ventraux se rapproche à certains égards de celle que nous avons constatée chez les LiNckuDx, mais s'éloigne nettement, comme la constitution de la bouche, de tout ce que l’on voit chez les Forcipulata. On ne saurait donc intercaler les Ecrinasrernz et les SOLASTERIDÆ entre les Sricuasreribe et les autres Forcipulata; pour arriver à ce résultat, il a fallu que M. Sladen ne tint compte ni de la forme des dents, ni de la constitution de la bouche, ni de la constitution fondamentale du squelette, et se laissät entraîner par la similitude encore lointaine que présente l’arrangement des pièces du squelette dorsal en séries longitudinales et leurs granulations chez les Sricuasrerinæ et les Linckipæ.
Modifications résultant pour la forme du corps du degré de développement des arceaux ventraux ; rapports de la sténopneusie et de l'adétopneusie avec le degré de différenciation de la face ventrale. — Dans l’ordre des Foreipulata, dans les trois familles des Ecnnasreridx, des Sorasreribæ et des Linckibzæ, les arceaux ventraux sont faiblement, mais à peu près également développés tout le long des gouttières ambulacraires. Il en résulte
que les bras demeurent étroits sur toute leur longueur, se joignent direc-
(TALISMAN. — Échinodermes.) 3
tement à angle vif, et quand ils ne se soudent pas entre eux sur une certaine étendue, comme chez les Labhidiaster, les Heliaster, ete, à bras très nombreux, viennent s'attacher à une région centrale de faible diamètre.
La forme du corps se modifie beaucoup lorsque les arceaux ventraux prennent un développement maximum dans la région basilaire des bras et décroissent plus ou moins vite jusqu’à devenir nuls à mesure que l’on se rapproche de leur pointe. Dans ce cas, les arceaux dorsaux suivent la même loi de décroissance que les arceaux ventraux ; les bras, alors mème que leur nombre ne dépasse pas cinq, s’élargissent beaucoup à leur base et se soudent en une aire centrale de grande étendue, établissant entre eux une sorte d'épaisse palmure limitée soit par des arcs interbrachiaux à courbure plus ou moins développée, soit par des lignes presque droites. Ce processus donne naissance à toute une série de formes dans lesquelles la partie libre des bras se raccourcit de plus en plus, de sorte que le corps finit par devenir presque rigoureusement pentagonal (diverses As{erina, Marginaster, Pentagonaster, Culcita).
Dans ce cas Le corps portenécessairement sur le sol par toute l'étendue de la face inférieure de son large disque, et une face ventrale bien nettement distincte de la face dorsale se différencie. L'un des traits consécutifs de cette différenciation est la sféropneusie (Sladen) ou localisation sur la face dorsale des papilles respiratoires qui ne peuvent exercer utilement leur fonction au contact du sol. Si ces deux phénomènes sont liés l’un à l’autre, ils ne sont en aucune façon intimement liés au plus ou moins grand développement des plaques marginales. On comprend donc que la sténopneusie puisse, comme la /eptostrothérie, se produire sans être accompagnée par la phanérozonie. C’est, en effet, ce que montrent les Lebrunaster, diverses Cycethra dans la famille des GAxERIDÆ et la sous-famille tout entière des AsrerNINZ. En s'appuyant sur leur sténopneusie, M. Sladen est conduit à classer ces groupes parmi les PHaxerozoNarA, bien que leurs plaques marginales soient beaucoup moins distinctes que celles de la plupart des CryprozoxaTa. En réalité, décroissance du développement des arceaux ventraux de la base au sommet des bras, différenciation d’une face ventrale du corps, localisation des papilles
respiratoires sur la face dorsale sont des phénomènes qui s’enchainent; mais la différenciation d’une face ventrale peut ètre déterminée par d’autres phénomènes tels que le développement en largeur des plaques marginales qui entraîne aussi un aplatissement des bras; la sténopneusie, conséquence de cette différenciation, peut donc avoir au moins deux origines différentes; elle ne saurait être invoquée dans une classification naturelle comme un signe de parenté, et l'ordre des PHaNEROZONATA de M. Sladen est, par cela mème, essentiellement artificiel. La décroissance sraduelle des arceaux ventraux n’est elle-mème qu'un phénomène secondaire, aussi dans un grand nombre de groupes passe-t-on graduellement de l’indépendance presque complète des bras à la forme pentagonale.
Le fait ne se rencontre guère dans l’ordre des Forcipulata où les bras sont toujours nettement distincts et où il n'existe jamais d’arcs interbrachiaux bien que les bras puissent être fort courts. Dans cet ordre les ventro-latérales ne forment des arceaux de plusieurs pièces que chez les Cosmasterias.
Dans l’ordre des Spinulosa, les Acanthaster, Echiraster, Cribrella, Mithrodia, ont toujours les bras distincts, jusqu’à leur base ou directement soudés entre eux; des aires actinales commencent à se dessiner chez les Valvaster et sont assez bien développées chez les Lebrunaster et les Percnaster. Les premiers genres sont adétopneustes; les deux derniers sténopneustes.
Les AsTERINIDÆ sont tous sténopneustes quoique leurs plaques marginales soient très petites ou non apparentes; partout il existe une aire ventrale distincte; mais on passe de formes à bras plus ou moins cylindriques et allongés telles que les Patiria et les Nepanthia, à des formes éloilées telles que les Asterina cephea ou gibbosa, le Palmipes rosaceus, où presque exactement pentagonales telles que les À. exiqua, parva, etc., le S{egnaster inflatus ou le Palmipes membranaceus.
Les GaxernpÆ sont des sténopneustes en général phanérozones à aires actinales bien développées et à corps étoilé.
Les SoLasrerinÆ sont tous également sténopneustes; Les aires actinales, représentées par trois rangées longitudinales de plaques chez les Xorethraster et les Peribolaster, se développent de plus en plus des Crossaster
aux Solaster et aux Cfenaster où elles atteignent leur maximum.
Alliées de très près aux Sorasrernz, les formes qui constituent l’ordre des Velata n'ont pas d’aires actinales proprement dites; elles peuvent cependant réaliser une forme pentagonale par un procédé tout spécial consistant dans la production entre les bras d'une véritable palmure membraneuse (Æymenaster).
À l'exception des Asrerninz et des Gaxernnx toutes les formes dont nous venons de parler sont comprises par M. Sladen dans son ordre des Cryptozonia, qui ne renferme en conséquence que des Stellérides à arceaux ventraux presque également développés sur toute la longueur des bras, et dépourvus d’aires actinales. C’est évidemment en s'appuyant sur ce caractère que M. Sladen a placé aussi dans cet ordre les LiNcxin. Mais les Lixcknnæ commencent une série dans laquelle on voit peu à peu s'établir le passage de l’adétopneusie à la sténopneusie et celui de la cryptozonie à la phanérozonie. Cette série correspond à l’ordre même des Valvata.
Les Oplaidiaster sont à la fois cryptozonés et franchement adétopneustes. Les Linea et les Ferdina ont une face ventrale sans papilles respiratoires, ces papilles sont nombreuses entre les deux rangées de marginales. Les Scytaster, Narcissia, Fromia, sont nettement phanérozonés, mais présentent des papilles respiratoires isolées entre les deux rangées de marginales et sur la face ventrale. Ces papilles respiratoires disparaissent sur la face ventrale chez les PENTAGONASTERIDÆ, ANTHENEIDÆ, PENTACERO- TiÆ; mais les Fromia présentent déjà de telles ressemblances avec les Penraconasrerinæ que M. Viguier les a classés dans cette famille. Dans ces trois dernières familles nous assistons, pour ainsi dire, à la disparition graduelle des bras.
Dans la famille des PeNraconasrerIDæ, les genres Vectria, Mediaster, Dorigona, Ogmaster, Stellaster, forment une série qui se termine par des formes presque pentagonales, mais à côtés concaves telles que les Phaneraster, les Rosaster et les Stephanaster, ou rigoureusement pentagonales telles que les Pentagonaster.
Chez les Axrnexeinz et les PexracerorDz les bras sont toujours courts, les surfaces actinales bien développées, mais la forme pentagonale n’est
réalisée que chez les quelques Anthenea, les Nidorelha, les Randasia et les Culcita.
Dans l’ordre des Valvata, la sténopneusie succède à l'adétopneusie en raison de l'importance croissante des plaques marginales et de la différenciation de la face ventrale. Dans l’ordre des Paxillosa le grand développement des marginales commande la sténopneusie; mais au point de vue de l’indépendance des bras et du degré de développement des aires actinales on remarque les mêmes passages que dans l’ordre des Valvata.
Dans la famille des AsrroPecrnibæ et dans celle des PORCELLANASTERIDÆ qui forment série, les Luidia et les Astropecten ont des bras étroits et des aires actinales réduites au minimum. Ces aires augmentent chez les Blakiaster etles Leptoptychaster ; les Hiyphalaster et les Styracaster constituent un terme correspondant aux Morigona; les Porcellanaster et les Clenodiscus reproduisent la forme des S{ephanaster et des Phaneraster ; les Pseudaster celle des Pentagonaster. Le parallélisme est plus net encore dans la famille des ArcHastERID# : les Archaster, Pararchaster, Pontaster, commencent la série avec des bras longs et étroits, des aires actinales presque nulles. Les aires actinales se caractérisent de plus en plus chez les Dytaster, les Plutonaster, les Gontopecten; les Astrogonium ont les mêmes contours que les ?haneraster, tandis que les Leptogonaster, es Mimaster et les GNATHASTERINÆ nous ramènent au voisinage des Pentagonaster.
Nombre des bras. — Le parallélisme que nous avons constaté au point de vue du degré d'indépendance des bras se retrouve quant à leur nombre. Chacun de nos cinq ordres contient des genres et des espèces à bras nombreux : ce sont surtout les formes à bras indépendants ; quand la face ventrale se différencie nettement et quand le disque prend un grand développement le nombre des bras tombe à cinq. Cette coïncidence d’une différenciation notable de la face ventrale, d’une diminution dans l’indépendance des bras et d’une réduction à einq de leur nombre indique que les PraxerozonIA où ces conditions sont le plus souvent réunies, ne sont pas, comme le croit M. Sladen, des formes primitives. L’embryogénie semble au premier abord confirmer les vues du savant anglais, mais il ne faut pas oublier que les Étoiles de mer sont d'abord réduites à leur disque
et que leur forme pentagonale tient à ce moment à l’absence des bras et non pas au phénomène tout à fait inverse de leur absorption dans le disque que l’on observe chez les ASTERINIDÆ, PENTAGONASTERIDÆ, PENTACE- ROTIDÆ, PORCELLANASTERIDÆ, etc.
Dans la classification qui va suivre nous placerons en tète de chaque groupe les formes à bras nombreux qu'il contient. Le nombre des bras, lorsqu'il dépasse six, l'aptitude de l’animal à se multiplier par scission sont d’ailleurs des caractères d’infériorité dont il ne semble pas avoir été suffisamment tenu compte, et qui méritent souvent de faire isoler, au moins dans des coupes génériques, les formes qui les présentent.
On peut dresser le tableau suivant de ces formes non scissipares et à bras nombreux, ou scissipares et à bras en nombre variable :
ORDRE I]. — Forcipulata.
Famille 1. — BrisiGnz : genres: Labidiaster jusqu'à quarante-cinq bras, Brisinga de huit à vingt bras, Odinia jusqu'à dix-neuf bras, Freyella de neuf à treize bras (les F. sexradiata, F, benthophila ont six bras).
Famille IT. — PEpicELLASTERDE : genre Coronaster jusqu'à onze bras. Famille IT. — Hecrasreræ : genre Æeliaster quarante bras et plus. Famille IV. — Asrertapæ : Pycnopodia helianthoides, treize bras; Stolasterias volsellata,
onze bras; Asterias calamaria, de douze à six bras; À. polyplax, A. Vancouveri, A. Rodolphi, A. Jehennesti, A. tenuispina habituellement sept bras. Famille V. — ZoroastTERIDÆ, — Toujours cinq bras.
Famille VI. — SricuasrEeRiD&. — Cœlasterias australis douze bras, une espèce scissipare : S. albulus.
ORDRE II. — Spinulosa.
Famille Ï. — EcniNAsTERIDÆ. — Genre Acanthaster vingt à onze bras.
Famille IT. — ASTERINIDÆ. — Palmipes rosaceus, quinze bras. — Asferina cephea, scissipare de six à huit bras. — A. calcar, huit bras.
Famille II. — Sorasrerinx. — Les genres Solaster, de onze à huit bras; Crossaster de
treize à huit bras, Æhipidaster vannipes, huit bras.
ORDRE III. — Velata.
Famille 1. — Myxasrerib&.— Genre Myxaster.
ORDRE IV. — Valvata.
Famille 1. — Lincrunx. — Genre Linchia: Linchkia diplax, L. Guildingü, L. multiforis, scissipares et à bras variant en nombre de quatre à sept.
Famille 11. — PENTAGONASTERIDÆ. — Toujours cinq bras.
Famille II. — PENTACEROTIDÆ. — Toujours cinq bras.
Famille IV. — ANTHENEID#Æ. — Toujours cinq bras. Famille V. — GYMNASTERNDE. — Toujours cinq bras.
ORDRE V. — Paxillosa.
Famille I. — ASTROPECTINIDÆ. — Genre Luidia: L. senegalensis, neuf bras. L. aspera huit bras. ZL. ciliaris, sept bras. — Genre Astropecten, loujours cinq bras.
Famille IT. — PORCELLANASTERIDÆ. —- Cinq bras.
Famille IT. — ARCHASTERID#Æ. — Cinq bras.
Caractères fournis par les formations squelettiques téqumentaires. — Les caractères fournis par le squelette tégumentaire concordent avec ceux que fournit le squelette profond pour la distinction des cinq ordres de Stellérides. Les productions qui constituent le squelette tégumentaire sont : l° les piquants; 2° les granules; 3° les épines; 4° les écailles. Ces diverses productions sont susceptibles de se transformer de plusieurs facons en organes de préhension, les pédicellaires, dont la constitution répond elle-même aux divisions principales que nous avons adoptées.
Nous réservons le nom de piquants à des tiges mobiles, pointues, de grande taille, qui sont portées le plus souvent isolément par les plaques du squelette profond.
Les épines diffèrent des piquants par leur petitesse et parce qu'il ÿ en a, en général, plusieurs sur une même plaque.
Les écailles sont des spinules aplaties et le plus souvent pointues.
Les granules peuvent être considérés comme des spinules mousses, dont la hauteur dépasse à peine le diamètre. Ils forment, en général, un revêtement uniforme sur les plaques squelettiques.
On peut observer des piquants dans les cinq ordres de Stellérides, mais ils S'y présentent avec des caractères particuliers. Ceux des Forcipulata sont toujours entourés, au moins à leur base, de formations tégumentaires, dans lesquelles se développent des pédicellaires.
Les piquants des Spinulosa sont quelquefois revètus de granules (Acanthaster), mais les pédicellaires, quand ils existent, en sont toujours indépendants.
Il n'existe pas de véritables piquants chez les Valvata; toutefois chez les Æippasteria, les Calliaster, divers Pentaceros, les plaques du sque-
lette peuvent porter des {ubercules arrondis au sommet, unis à la plaque
par une suture, mais immobiles. Les plaques marginales des Sellaster portent une écaille mobile, tout à fait exceptionnelle dans cet ordre. Les tubercules semblent une sorte de transition vers les protubérances coniques des Phaneraster, des Nidorellia et des Pentaceros du type du P. muricatus et du P. turrilus.
On trouve enfin des piquants fixes ou peu mobiles, pointus, également sans pédicellaires sur les plaques marginales d'assez nombreux Paxillosa de la famille des Arcnasrerdx (Pararchaster, Cheiraster, Pectinaster, Pontaster, Diytaster); et des PorcezLanasrerIDx (Porcellanaster, Styracaster); ces piquants aigus, qui sont le plus souvent portés par les marginales, paraissent être une transformation des épines qui revêtent en général le reste de la surface de ces plaques. Le fait est particulièrement évident chez les ASrROPECTINIDÆ, où il est souvent impossible d'établir une démarcation entre les épines, les écailles et les piquants des marginales. On n’a pas observé jusqu'ici de pareilles transitions chez les Spinulosa.
Il est à remarquer que les piquants se développent surtout sur les calicinales, les carinales, les dorso-latérales disposées en rangées régulières et les marginales (S/o/asterias, Echinaster brasiliensis, etc.).
Les épines sont portées par les adambulacraires, les dents, les ventrolatérales et les dorso-latérales disposées en réseaux à larges mailles, imbriquées (AsrerNibzx) ou développées en paxilles (Astropectinidæ). Elles remplacent les piquants chez un certain nombre de Forcipulata (Odinia, Pedicellaster, Asterias du type de PA. rwbens, mais on ne les voit pas dans ce type se transformer en organes de préhension; elles sont toujours indépendantes des pédicellaires et on n’observe aucune transition entre ces deux sortes de formation.
Les épines, qui sont la formation dermo-squelettique la plus ordinaire des Spinulosa, s’y modifient souvent au contraire en constituant des pédicellaires en pince, sans que cette transformation ait lieu d’une manière régulière (Acanthaster, Asterina gibbosa); ces pédicellaires sont ordinairement à deux branches. Les épines se groupent chez Les SoLasrTE- RIDÆ en un faisceau rayonnant porté par un bouton saillant de la plaque, disposition qui arrive à son maximum de développement chez les
Velata. Les épines manquent habituellement chez les Valvata.
Chez les Paxillosa, sauf de très rares exceptions, elles se groupent sur les plaques en un ou plusieurs cercles concentriques, entourant une ou plusieurs épines centrales ordinairement plus développées que les autres. Souvent la plaque elle-mème se soulève en forme de sablier, et constitue avec ses épines une paxtlle. On trouve chez les Paxillosa, tous les passages entre les plaques aplaties (PARARCHASTERINÆ, PORCELLA- NASTERIDÆ) et les paxilles (ARCHASTERINÆ, ASTROPECTINIDÆ).
Les épines des Paxillosa peuvent aussi se transformer en pédicellaires, mais ici, les pédicellaires, en raison même du mode de groupement des épines, présentent une forme particulière : ils sont très souvent multivalves. Ou bien tous les piquants d’une même plaque se modifient de manière à former un organe de préhension, un pédicellaire fasciculé; où bien les épines qui bordent deux plaques voisines s'affrontent de manière à former un double peigne préhensile, un pédicellaire pectiné. On trouve des pédicellaires fasciculés chez les Luidia alternata, L. maculata, L. aspera, L. ciliaris, les Pectinaster, les Crenaster. Chez diverses Ludia les pédicellaires sont à deux branches seulement (ZL. Savignyi, L. eleqans, L. longispina, L. forficifer, L. limbata). Il en est de mème chez les Archaster.
Les pédicellaires pectinés caractérisent le genre Cherraster ; ils passent aux pédicellaires fasciolaires des Astrogonium qui sont formés de granules.
Les granules sont les formations dermo-squelettiques fondamentales des Valvata. On les retrouve chez les Forcipulata à plaques entosquelettiques très développées (ZoROASTERIDÆ, STICHASTERIDÆ); mais dans ces deux familles ils sont associés à des pédicellaires droits ou à des pédicellaires croisés, dont ils paraissent d’ailleurs tout à fait indépendants au point de vue morphologique; tandis qu'ils peuvent remplacer ou être remplacés chez les Valvata par des pédicellaires de forme particulière qui leur appartiennent en propre et qu’on peut désigner sour le nom de pédicellaires alvéolés. Ces pédicellaires sont généralement bivalves; ais ils peuvent présenter trois ou quatre valves. Ces valves sont toujours 2mplantées dans un alvéole creusé dans la substance même de la plaque qui les supporte. Les pédicellaires alvéolés appartiennent à deux
(TaLisMAN. — Échinodermes.) 4
types : l°les pédicellaires en salière ; 2° les pédicellaires valvulaires. Dans le premier type les mâchoires des pédicellaires sont des cuillerons plus ou moins allongés verticalement, susceptibles de se dresser en s'appliquant l’un contre l’autre ou de se rabattre horizontalement dans deux fossettes creusées dans la plaque pour les recevoir, et dont l'axe est par conséquent contenu dans le plan médian des deux valves; — dans le second type les valves sont allongées horizontalement ; elles ne peuvent s’écarter que fort peu l’une de lautre; 11 n’y a pas de fossette destinée à les recevoir; mais elles laissent à leur place, quand elles tombent, un alvéole allongé perpendiculairement à leur commun plan médian. Les pédicellaires en salière ne se trouvent que chez les Lincxnpz; les pédicellaires valvulaires sont fréquents chez les ANTHENED, GYMNASTERIDÆ, PENTAGEROTIDÆ.
Un assez grand nombre de PENTAGONASTERIDX présentent une forme de pédicellaires, intermédiaire entre les pédicellaires en salière et les pédicellaires valvulaires. Leurs valves sont allongées verticalement de manière à figurer une petite spatule; de plus elles sont implantées dans un alvéole, au lieu d’être simplement fixées à la plaque comme dans les pédicellaires en pince; presque toujours deux fossettes incomplètes, parfois obliques l’une par rapport à l’autre, peuvent les recevoir quand elles s’écartent l’une de l’autre. On peut donner à ces pédicellaires le
nom de pédicellaires spatulés.
Il résulte de ce qui précède que la forme des productions dermosquelettiques et celle des pédicellaires sont étroitement liées entre elles; en employant pour la dénomination des ordres des noms tirés de ces deux catégories de caractères on fait appel en somme à des caractères de même nature, équivalents au point de vue de la classification. Il n’y a donc aucun inconvénient à conserver pour la dénomination des ordres les noms que J'ai proposés en 1884, et qui font allusion tantôt aux pédicellaires, tantôt au mode de constitution de l’appareil dermo-squelettique.
Ces ordres et la répartition des familles entre eux peuvent être établis
de la façon suivante :
ORDRE I. — FORCIPULATA.
Dents petites, tronquées du côté buccal; ne faisant pas saillie vers la bouche (bouche indifférente ou ambulacraire). — Les deux premières
ambulacraires coalescentes formant une plaque grande, souvent saillante
vers la bouche, percée d'un pore ambulacraire. — Ambulacraires et adambulacraires passant, suivant les types, de la forme allongée à la forme comprimée perpendiculairement aux bras. — Calicinales, carinales et marginales assez souvent distinctes. — Marginales en
général petites, mais souvent distinctes par leur forme et séparées par des pièces intercalaires. — Squelette formé d’arceaux squelettiques indépendants ou reliés entre eux par des plaques intermédiaires de manière à former un réseau à mailles rectangulaires, ou à mailles irrégulières,
rarement une mosaïque ; arceaux se répétant seulement de deux en deux
ou de trois en trois adambulacraires. — Squelette dermique consistant en piquants ou en épines, rarement en granules. — Pédicellaires portés
par les piquants, entourant leur base ou celle des épines, assez souvent tout à fait isolés, appartenant au type des pédicellaires droits ou des pédicellaires croisés; ne présentant aucune forme de transition vers les épines. — Madréporite à côtes rayonnantes à partir du centre et ramiiées.
Tubes ambulacraires terminés par une ventouse normale, bisériés ou plus souvent quadrisériés. — Des papilles respiratoires ordinairement dans toutes les mailles du réseau dorsal, entre les marginales et mème entre les marginales inférieures et les adambulacraires. Bouche très dilatable, entourée d'une large lèvre circulaire que les dents laissent à découvert.
Familles: BRISINGIDÆ, PEDICELLASTERIDÆ, HELIASTERIDÆ, ASTERIDÆ, ZOROASTERIDE, STICHASTERIDÆ.
ORDRE Il. — SPINULOSA.
Dents relativement faibles, faisant saillie vers la bouche, à angle
buccal tronqué ou à bord libre convexe. — Pièces ambulacraires et adambulacraires non comprimées. — Marginales peu apparentes, en
nombre égal ou peu inférieur à celui des adambulacraires. — Calici-
nales et carinales peu distinctes. — Ventro-latérales peu développées ou disposées en séries partant des adambulacraires. — Dorso-latérales disposées en réseau peu régulier ou imbriquées. — Squelette dermique constitué par des épines sans arrangement déterminé ou groupées en faisceau, susceptibles de se transformer en pédicellaires en pince. Tubes ambulacraires bisériés, terminés par une large ventouse; gouttières ambulacraires serrées. — Papilles respiratoires pouvant se développer sur toutes les parties du corps ou se limiter à la surface
dorsale.
Familles : ECHINASTERIDÆ, MITHRODIDÆ, SOLASTERIDÆ, ASTERINIDÆ, GANERIIDÆ.
ORDRE III. — VELATA.
Dents grandes, affrontées sur toute la longueur de leur bord sutural; à bord ambulacraire convexe ; à angle buccal souvent saillant et dépourvu de piquant dentaire. — Ambulacraires non comprimées. — Adambulacraires allongées perpendiculairement à la gouttière ambulacraire. — Marginales peu apparentes, ainsi que les calicinales et les carinales. — Toutes les plaques armées de longues épines unies entre elles par des replis des téguments formant d'ordinaire une tente continue audessus de la face dorsale. — Point de pédicellaires.
Tubes ambulacraires à ventouse bien développée, bisériés (sauf chez le Pteraster mulhipes). — Bouche laissée à découvert par les dents.
Familles : MYxASTERIDXÆ, PYTHONASTERIDÆ, PTERASTERIDXÆ. ORDRE IV. — PAXILLOSA.
Dents grandes, sécuriformes ou comprimées, formant carène sur la face ventrale, séparées par une fosse ligamentaire ordinairement large. — Adambulacraires se déformant à mesure qu’on s'approche des dents de manière à leur ressembler. — Ambulacraires non comprimées. — Ventro-latérales présentant tous les degrés de développement, souvent disposées en séries correspondant aux adambulacraires. — Marginales grandes, correspondant, en général, à deux ou trois adambulacraires. — Calicinales et carinales ordinairement peu distinctes. — Carinales deux ou trois fois moins nombreuses que les marginales. — Dorso-latérales
formant le plus souvent des séries ayant les carinales pour point de départ. — Plaques ventro-latérales et inféro-marginales ordinairement couvertes d’épines, susceptibles de se développer en piquants, ou en écailles ; plaques discinales, calicinales, carinales et dorso-latérales portant chacune un faisceau de petites épines mobiles ou se transformant en paxilles. — Madréporite à côtes sinueuses, peu nombreuses, traversant toute son étendue, ou composé et couvert de paxilles, plus rarement à côtes sinueuses rayonnantes. — Épines susceptibles de former des pédicellaires fasciculés, pectinés ou fasciolaires.
Bouche ordinairement laissée à découvert par les dents. — Tubes ambulacraires bisériés, souvent coniques et à ventouse rudimentaire. Papilles respiratoires limitées à la face dorsale, ordinairement isolées
entre les paxilles.
Familles : ASTROPECTINIDÆ, PORCELLANASTERIDÆ, ARCHASTERIDEÆ. ORDRE V. — VALVATA vel GRANULOSA,
Dents petites ou médiocres; ordinairement triangulaires ou pointues ; à bord sutural non relevé en carène sur la face ventrale; brusquement distinctes des adambulacraires ; à bord sutural et à bord ambulacraire à peu près rectilignes; ce dernier rarement convexe. — Pièces ambulacraires non comprimées. — Adambulacraires presque carrées. — Au moins une rangée longitudinale de ventro-latérales correspondant à peu près aux adambulacraires. — Marginales toujours apparentes, le plus souvent très grandes, toujours moins nombreuses que les adambulacraires, — Calicinales, discinales, carinales et dorso-latérales presque semblables, grandes, disposées le plus souvent en réseau serré ou en mosaique. — Squelette tégumentaire essentiellement granuleux; pédicellaires toujours alvéolés quand ils existent. — Madréporite à fines collines sinueuses, ramifiées, rayonnantes.
Tubes ambulacraires bisériés, cylindriques, à large ventouse terminale. — Papilles respiratoires limitées à la face dorsale dans les formes
à aires ventrales bien développées.
Familles : LINCKIDÆ, PENTAGONASTERIDÆ, GYMNASTERIDÆ, ANTHENEIDÆ, PENTACEROTIDÆ.
Liste méthodique des espèces recueillies durant les dragages du Travailleur et du Talisman.
F % : DISTRIBUTION DISTRIBUTION NOMS DES ESPECES. EN EN DISTRIBUTION EN PROFONDEUR. LATITUDE. LONGITUDE.
Brisingidee.
Brisinga endecacnenos nie 44° à 25° 9° à 148 O 640 à 9467 — | hirsula AE D PEN RE LE Ci » » » » » 2030" — COLONAta 19° » 9° à 20° O 540 à 2330" — mediterranea........ 43° » 9 O5 E 555 à 2660"
Freyella Edwardsi.
4 (SPINOS D esse se 42% à 419 20° à 23° O 9320 à 40607 = SPXTAUIAIA. 1-5... 420 » » 23° O » 4060"
Odinia “elégans.M..rsmcte 250 » » 18° O 882 à 1435" — semi-coronata ......... 950 » » 18° O » 1435" = TODUSIA Se 950 » » 18° O 882 à 1435"
Pedicellasteridee.
Coronaster Parfaiti......,..... 15° » » 26° O » 2952 — Antonil ............ 35° » » 9° » 717%
Gastraster margaritaceus...... 44° » » g° 953 à 1225"
Pedicellaster sexradiatus....... 44° à 38° 12 à 19 3165 à 4255"
Lytaster inæqualis............ 280 » » 46° 30 à 259"
Asteriade.
Hydrasterias Richardi.......... Al à 15° 6° E à 26° O 295 à 540" Stolasterias glacialis. .…......., » » » » » » Zoroasterideæ.
Zoroaster fulsens...:...... A4 à 23° 9° à 49° O 912 à 1975" Prognaster longicauda ........ 44° à 450 19° à 27° 0 2995 à 42557 Stichasteridæ.
Neomorphaster Talismani...... 38° à 28° 31° à 15° O 946 à 1442 Echinasteridæ.
Cribrella-abyssicola:.....-... 33° à 32° 12 à 44° O 1105 à 16357 Echinaster sepositus .......... 42 à 15° 90 à 18° O 30 à 1000" Solasteridæ.
Korethraster setosus .......... A4 » » go 392 à 1226" Pterasteridæ.
HOplastér Spinosus:,..:..,.... 39° » » 12° » 3307"
Myxaster s0i 0... DA AA Te » 19° 1400 à 1550
Pteraster alveolatus........... 42° » » 230 » 4060%
Pteraster sordidus ....,....... 9230 » » 49° » 1139
Hymenaster res. 4. 0, 46° à 23° Ga 19° 1139 à 2285"
—— Giboryi. see ane ee se ae 42° » » 23° 4060%
Cryptaster personatus......... 38° » » 210 2995"
Linchiadæ.
Chætaster longipes ........... 33° à 17° 14045419 102 à 1139"
Ophidiaster ophidianus......... » » » » (Punta Delgada)
Narcissia Canariensis .......... 16° à 56° » 97° » 5
Fromia Narcissæ........... : » » » » » »
Pentagonasteridæ.
Marginaster pentagonus ....... 44° » » 10° » 400%
Liste méthodique des espèces recueillies durant les dragages du Travailleur et du Talisman (suite).
: DISTRIBUTION DISTRIBUTION NOMS DES ESPECES. EN EN DISTRIBUTION EN PROFONDEUR. LATITUDE. LONGITUDE.
Pentagonasteridæ (suite).
Stephanaster Bourgeti......... 38° à 16° 210 3 270 760 à 410" Pentagonaster Perrieri .... . . 38° à 20° 31° à 12° 930 à 1590" —- Gosselini........ 38° à 280 | 31° à 12° 1440 à 946% — hœæsitans..... se 30° » » 14° » 22107 — Déplasi 240. 329 4 2590 1 42-à 18° 1435 à 1193" — Vincent. + 33° à 28° 11914 15° 1105 à 946" Phaneraster semilunatus....... Îles du Cap-Vert (Ribeira grande) 600% Astrogonium annectens........ » » » » »
Astrogonimmfallax, ,.:...,.... 38° à 37° | 29° à 31° 2155 à 1258" ASCrOBODIUM NYSIrIX....,...... 29°8' 14°46/ 840% Astrogonium necator.......... 3838" 30°41" 1257* Paragonaster elongatus........ 38°38/ 21°26 O 2005 — SUICLUS = 15°48' 29043 3655" SUbHiS 04.0. 42 à 38° 23° à 29° 4060 à 2155" Dorigona arenata ............. 35° à 29° 9° à 14° 535 à 1635" — prehensilis.....°".... 44° à 28° JAM 540 à 1288" — = Jacquet... ces ) 44° » 9° 1037% Pentacerotidæ.
Pentaceros dorsatus........:... Iles du Cap-Vert Littoral. Archasteridæ.
Dytaster Agassiziss.:........ » » » » 4060 — rigidus DOS DL 0 DO e Me 2 » » » » 4787" Plutonaster bifrons............ 44° à 19° 29 à 20° 106 à 2324" — Edwards. » 39° » 12° 2590 à 2660" — IDOLINIS see 33° à 28° 11/2290 906 à 22207 Crenaster semispinosus........ » 44° » 15° 5005 — SDIQUIUSUS SR » 44° » 199 4255" SP MINOLIS etre bere » 38° » 21° 2995" Tethyaster subinermis......... 36° à 26° Sd 60 à 1425" Psilaster Christi............... 41° à 17° 6° à 30° 26 à 1617" Pararchas ter ROlNE. 2... 25° à 19° 18° à 20° 1056 à 23247 = FISCHERESS 54670 25°39' 18°26’ 1258 à 2324" Pectinaster Rilholi". 2.2 38° à 19° | 30° à 20° 1056 à 1435" Pontaster Marionis............ 38° à 20° 30° à 20° 850 à 2330" Astropectinideæ. Astropecten ibericus .......... 38° à 33° 10° à 41° 99 à 120" LOIS AS er reine JADL 19°48 2907 Porcellanasterideæ.
Caulaster pedunculatus........ 42°50" 2057" 2020" —— DIAdent. 2 03. 32°38/ 129; 1435" Porcellanaster inermis......... 38° à 16° 91° à 20° 3200 à 2995" — granulosus...... 1993 16° » 20° 2320 à 3200" Styracaster spinosus........... 38°38/ 21°26/ 2995 — Edwardsi.......... 15°48" 29043" 3655" Hyphalaster Antonii ....,..... 38°38/ 27026" 2995% = Para 22 : 46°9" 9916" 4787% Pseudaster cordifer............ 42°19/ 23°36' 4060"