SCÈNE PREMIÈRE
ÉCHO seule^ assise auprès d'une source.
J'ai quitté ma couche au matin.
L'Aurore n'avait pas éteint Le Chariot ni la Grande Ourse.
Sous les rocs, par les chemins creux, Avec mon cœur si douloureux, Loin du vallon, j'ai pris ma course.
Vers la solitude des bois, Ainsi qu'une biche aux abois.
J'ai fui, portant au cœur ma peine.
T'ai fui, traînant mon cœur si lourd, Mon cœur endolori d'amour, Et viens pleurer à la fontaine.
Pleurer mon amour dédaigné, Et d'un cœur qui a tant saigné L'attente si longue et si vaine !
O voix apaisante de l'eau, Qui dis ta chanson au roseau, N'es-tu pas l'instrument des tristes?
Mon âme, pleine de sanglots, Vient demander, au bruit des flots, Que tu la berces et l'assistes.
Que tu la berces de ces sons, Où vivent les vieilles chansons, Que sait ta mémoire d'aïeule
Et qu'achève le plus souvent, Mêlée à la chanson du vent, Ta flûte qui soupire seule, Ta flûte de cristal, chère à qui va rêvant.
Mais que vois-je? Espoir inutile!
Ah! fâcheux contretemps! Voici mes amoureux. Hélas ! où trouver un asile Qui m'abrite contre eux?
Ils viennent tout fleuris pour célébrer ma fête. Mais à leurs vœux je n'ai ni le cœur, ni la tête. Et ce lieu pour rêver était pourtant si doux !
Derrière ces bois, vite, cachons-nous.
{Elle se cache. Entrent Silvius et Sere^tus.)