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Echos de Québec [microforme]

La littérature et les beaux-arts sont intimement liés à l’histoire de la civilisation chez tous des peuples. Ils sont comme un thermomètre qui indique ses mouvements de progrès ou de rétrogression, ses alternatives de force et de faiblesse, ses époques 'de gloire ou de décadence.

2 La littérature canadienne

C’est à l’aide des monuments qu'elles ont laissés que nous avons pu connaître et juger les races aujourd'hui éteintes ; et c’est dans les trésors de leurs archives que nous allons, encore aujourd'hui, étudier les magnificences et les misères de Jérusalem, d'Athènes, de Rome, de Mexico et de la

grande capitale du royaume des Incas.

Mais la littérature, les arts et la civilisation sont eux-mêmes subordonnés à une autre grande puissance ; ils sont, malgré eux, les humbles sujets d’un autre grand principe sous l'égide duquel ils fleurissent et prospèrent, mais, en dehors duquel, tout en jetant çà et là quelques fugitives étincelles, ils s’acheminent fatalement vers la désorganisation et les ténèbres de l’eubli. Et ce grand principe qui les nourrit et les soutient; cette grande pui sance qui les inspire et les illumine, c’est la rel gion et seulement la religion.

Otez cette force, inspiratrice parce qu'elle €

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rganisation

La littérature Canadienne 3 mystérieuse, véritablement Civilisatrie

Ce parce qu'elle est divine, et tout ten

d à relourner, non pas vers la barbarie, ce qui ne serait qu'un demimal, Mais vers Je sensualisme et l'abrutissement, c qui est le comble du malheur. On Peul éclairer l'ignorant et adoucir les mœurs du barbare, mais il est impossible, humainement Parlant, de guérir celle terrible maladie, Je senSuülisme qui est devenu, pour Certaines Sociétés, ce qu'est l'usage de l’opium Pour les Indes et Ja Chine, une seconde nalure.

I me serait difficile, dans un seul article, d'embrasser {out Je Sujet que j'ai annoncé, Je me Conlenterai done, pour aujourd'hui, de traiter Ja Première partie, qui a rapport à Ja lillérature. Les beaux-arts, c'est-à-dire la musique et la peinture, les seuls que nous ayons ici, avec, peui-être, un

peu d'architecture, feront le sujet d'un second entretien,

4 La littérature canadienne

mens

Et d’abord, il serait peut-être à propos de nous demander, en commençant : Avons-nous dans cette province, une littérature proprement dite? La question, déjà posée, a été résolue dans le sens négatif. J'ai le plus grand respect pour cette opinion, mais je pense, néanmoins, qu'elle n’est pas tout-à-fait juste.

Il est bien vrai que nous ne sommes pas un peuple distinct et fils de ses propres œuvres. Nous ne sommes qu'une fraction séparée d’une autre grande nation dont nous parlons la langue, et dont nous reflétons, plus ou moins, le caractère et les habitudes. Mais il n’est pas moins vrai, d’un autre côté, que nous avons notre existence à part et que k milieu dans lequel nous avons vécu depuis troi siècles, sans altérer les sentiments d'affection qu nous relient à la mère-patrie, nous a donné un cer tain cachet qui nous est propre, et qui se retrouve naturellement, dans ce que nous produisons.

Bretag

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lingue

Vouloir d'attiré

La li el diffic

La littérature canadienne

“ble Et si ce signe distinctif n’était pas suffisamment

aile accusé chez nous, nous pourrions en montrer un R

autre exemple frappant chez nos voisins qui, sous

, dite?

Le sels ce rapport, sont dans une position semblable à la tte o$i nôtre, moins toutefois cet envahissement d’un élément étranger qui nous a forcés de nous replier sur est pas nous-mêmes, et d'apprendre à ne compter que sur nous, pour ne pas nous laisser envelopper c1 per- Xe :

in PEUR mettre d'effacer peu à peu notre nom du livre des Nous ne

nations

re grande ont nous les habiautre côté,

Aux Etats-Unis, nous avons la langue anglaise, mais ce n’est déjà plus l'Angleterre. La littérature et les beaux-arts ont quelque chose qui les dis- {ingue de la littérature et des arts de la Grande- | Bretagne. Cescrait trop sortir de mon sujet que de vouloir indiquer ici ces nuances. Il suffit, au reste, d'attirer l’attention sur ce fait pour le constater.

La littérature a eu chez nous une enfance longue el difficile. On ne peut même pas dire qu'elle ait

encore dépouillé ses derniers langes. Nos pères 18 n'avaient le temps ni d'étudier le style ni de tourner ait des périodes. Le peu d’écrits qu’ils nous ont laissés ho! ont été burinés à grands traits par le soc du défri- vau cheur, ou l’épée du soldat. Et, cependant, ces enle pages sublimes resteront dans les fastes de notre heur histoire comme autant de monuments offerts à txce, | l'admiration des âges futurs. C'est la grande modè époque des temps héroïques. dignit Mais les choses ont changé : ce n'est plus dans Le une carrière aussi dangereuse que nous allons au- celle jourd'hui cueillir des lauriers. C’est sur un terrain M Sont rq plus pacifique que nos lettres essayent leurs pre- naîlre, mières forces, et s'engagent dans cette voie de n'a été progrès qui semble s'ouvrir devant elles. Juste d résullat | Les premiers efforts dans ce sens ne datent pa, rend encore de bien longtemps. premier Le Répertoire National, fondé à Montréal, ef reme

La littérature canadienne

EEE mans

ee

1848, est à peu près la première tentative que l’on

D 17 0 RE D rh qe

ul ait faite dans le but de provoquer la plume de nos | sig hommes instruits, et de fixer le fruit de leurs tra- 1e vaux d'une manière permanente. Il est bien il ces entendu que je ne parle pas de la presse qui, maloué heureusement alors comme aujourd'hui, à de rares ferts à exceptions près, était loin de pouvoir servir de : grande modèle sous le double rapport du style et de la

dignité. .

Le Répertoire National portait pour épigraphe

lus dans

cette phrase sans prétention : «Les chefs-d’œuvre \lons au-

| sont rares et les écrits sans défauts sont encore à naître. » Hélas! c'était bien vrai, et jamais recueil n’a été plus fidèle à sa devise. Cependant, il est juste d'apprécier ici plutôt les intentions que les résultats. A ce point de vue, le Répertoire National

a rendu un grand service. Il a été pour nous ce

premier pas qui coûle tant, ce premier effort qui

se remet de jour en jour, ce premier mot, cette \

La littérature canadienne

première phrase d’un écrit qui sont si longs à Di

trouver. pr

Ce début n’a pas été brillant, avouons-le, mais a

resnectons, en même temps, une tentalive qui, L.

dans son idée première, ne manquait pas de gran- La

deur. sd

qui

Les quatre volumes du Répertoire contiennent surt, | une tragédie en trois actes et en vers, de M. Gérin- de p 1 Lajoie, intitulée : Le jeune Latour. Cetle pièce dans avait été représentée au séminaire de Nicolet, en doute

1844. M. Gérin-Lajoie n’avait alors que dix-neuf

dans

ans: c'est sa meilleure excuse. Cette composi- En re

tion, cependant, malgré ses défauts, laisse deviner cours

le talent qui devait plus tard faire honneur aux disting

lettres canadiennes. nos lit

Les quatre volumes renferment, en outre, une

C’es

foule de petites pièces en prose et en vers, comé- À la naisd

dies, vaudevilles, légendes, historielles, signés par À de lité

longs à Dupont, Lenoir, L’Ecuyer et autres. Ce sont des premiers essais Plus où moins bien réussis et senc ant, d’une lieue à 12 ronde, l'amplification de . l'élève de belles-letires. On Y lrouve également on: un grand nombre de satires de M. Bibaud, lesquelles, a certainement, ne Sont pas « ces écrits Sans défauts qui sont encore à naîlre.» Le tome troisième, tiennent surtout, est, presqu’en entier, composé de pièces ML. Gérin- de poésie Comme neus en avons {ous commises tle pièce dans ces beaux jours de la jeunesse où l’on ne colet, en doute de rien, pas même de l'avenir, où l’on a foi dix-neuf dans toute chose, surtout dans son talent d composie deviner neur aux 00$ littérateurs.

utre, une C’est également vers ce temps qu'il faut placer rs, ComMé- À la naissance du Premier Albu:: dela Minerve, revue ignés par

de littérature et de modes, illustrée, C'était une

10 La littérature canadienne

entreprise colossale pour l’époque. Aussi, a-t-on da

dù l’abandonner au bout, je crois, de deux ou trois

loi années. Je n’ai pas pu me remettre sous les yeux téri

ce premier Album dout les exemplaires sont, aujourd’hui, extrêmemeut rares; et mon savoir n’est 0 ici appuyé que par mes souvenirs, lesquels, vous pren le comprendrez sans peine, datant d'aussi loin, E Gr | sont nécessairement assez obscurs. Je me rappelle musi | néanmoins, fort distinctement, la faveur avec la- paraî | quelle avait été accueilli le premier roman canadien, J'ai { par M. Georges de Boucherville, intitulé : Une de dans

Perdue Deux de Trouvées. Ce fut, parmi la jeunesse march

surtout, une révélation. Nous ne comprenions Æ onstir

pas, à cette époque, qu’un des nôtres put concevoir souven

et écrire en entier une œuvre de cette importance. Æ : pous

Peu éc

La suspension de l’Album est venue interrompre

Ja publication de cet intéressant récit que M. de L'an

Boucherville a repris ensuite, dans la Revue Cana- Er7,, tru

dienne, en 1864. Les derniers chapitres, cepen- Quoiqu

La littérature canadienne 11

te

-t-on dant, composés près de vingt ans plus tard, sont rois Join d’avoir cette verve el cette fraîchgur qui caracyeux térisaient la première partie de l’ouvrage. \, au- à not : ; “ao On pourrait aussi signaler, à cette époque, la ee première Revue Canadienne, l'Album de la Revue 4 toits Canadienne et le Ménestrel, journal littéraire et ‘ appelle musical. Mais ces publications n’ont fait qu’apparaître pour s’éteindre presqu'aussitôt. vec la-

nadien, Une de

jeunesse marche si vite que vingt-cinq ou trente années

J'ai pu et j'ai même dû oublier quelques noms

dans cette courte nonrenclature ; car notre siècle

constituent déjà un passé assez reculé dont les

oncevoir À souvenirs s’obscurcissent et s’effacent presque dans

sortance. À la poussière brillante que soulève notre course un

peu échevelée.

L'année 1857 a vu la naissance du Journal de l'Instruction publique, publié par M. Chauveau. Quoique cette feuille s’occupât de pédagogie plutôt

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que de littérature, elle a cependant donné un certain élan aux lettres canadiennes par des écrits empreints d'une grande distinction. Ses excellentes revues bibliographiques surtout, n’ont pas peu contribué à éclairer le goût de notre publie, et à inspirer à nos écrivains celte crainte salutaire qui est le commencement du succès, et qu'ils avaient semblé ignorer jusqu'alors. M. Chauveau avait d'ailleurs une plume qui savait se faire remarquer et faire école ; etil est souverainement regreltable que d’autres préoccupations l’aient empêché de se livrer à une carrière pour laquelle il

élait si fortement doué.

Nous voici maintenant arrivés à une seconde époque de notre littérature. . Je veux parler de h création des Soirées Canadiennes, dont la première livraison parut en février 1861, Car il faut bien remarquer que l'apparition d’une publication nou-

velle indique toujours un mouvement nouvea

ser plai vani depu Le prem prom laien aujou dienn cette ] à lang S'habi et de doive

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