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dans les idées, une aspiration neuve qui sent le besoin de se communiquer à un public plus étendu.
Jusque-là, sous le rapport littéraire, Montréal semblait avoir le pas sur la vieille cité de Champlain. Constatons, sans vouloir trop en tirer vanité, mais aussi sans fausse humilité, que,
depuis lors, Québec s'est noblement vengé.
Les Soirées Canadiennes sont véritablement le
Les promoteurs de cette œuvre éminemment utile por-
premier recueil sérieux de notre littérature.
{aient des noms qui étaient alors et sont encore aujourd'hui des autorités dans les lettres canadiennes. Le style s’était formé. On avait dépouillé cette phrase qui se traînait, sans se fixer, du latin à l'anglais et de l'anglais au latin, quand elle ne s’habillait pas dans la vieille façon de Montaigne et de Rabelais.
doive avoir pour l'antiquité, il ne faut pas, d’un
Car, quelque respect que l’on
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me
autre côté, exagérer cette passion d’archéologue
qui peut plaire par un certain aspect original, mais
qui finit par paraître tout à fait démodée.
11 faut, sans vouloir trop se lancer dans les singularités de l’âge présent, suivre un peu son siècle, et ne pas persister à arborer la perruque frisée et poudrée, quand chacun s’en tient aux cheveux que la nature lui a donnés. L'excès, en quoi que ce soit, n’est pas de mise ; et je crois que, après tout, il vaut mieux suivre le conseil d'Horace
et prendre un juste milieu.
Est modus in rebus, sunt certi denique fines Quos ultra citraque nequit consistere rectum.
C’est ce que les fondateurs des Soirées Ccradiennes me paraissent avoir compris et täché de faire adopter. Ce recueil renferme des écrits qui méritent d'être relus et étudiés. Trois Légende de mon Pays, par M. Joseph-Charles Taché, sont écrites dans un'style trés-pur et offrent des ensei
gne âge:
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gnements qui sont de tous les temps et de tous les âges. Ces enseignements conviennent surtout à notre époque où les croyances affaiblies par les dissentiments, où les principes chancelants sous les efforts d'une lutte violente, ont besoin de se retremper au souvenir de cette grande et vigoureuse nature, de cette admirable simplicité des premiers occupants de notre sol que la religion a, pour ainsi dire, émondés et transformés, sans les altérer ni les détruire.
M. Taché a signé, dans les Soirées, plusieurs écrits portant tous le même cachet de cette foi sincère, et de cette philosophie chrétienne si admirable que notre siècle cherche à remplacer, fort mal à propos, par toutes sortes de systèmes dont le dernier éclos ne poursuit son règne d'un jour,
qu'après avoir dévoré ses aînés.
La Jongleuse, de M. l'abbé Casgrain, a égale-
ment paru dans ce recueil. C’est une de ces