LA CAMPAGNE
vous me COMmprendrez.
Éles-vous l'enfant des cités, dont les premières les se sont Passées entre une bonne et un
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morceau de sucre candi, dont les promenades se de b sont faites à l'ombre d'un toit roulant et dont les cœur. mains gantées n’ont jamais bruni un peu sous la pluie et le soleil ? n Ni nres, Lisez-moi, si vous voulez; mais je ne promets bit da: pas de vous amuser ; encore bien moins de vous | empte, attendrir.
J'y suis allé, l’autre jour, à cette campagne, un Point peu, pas longtemps, trente-six heures au plus. Un suis petit point dans mon existence, une goutte d'eau», q
douce dans mon océan.
En sor Il faut dire, toutefois, que, comme l’astronome hi alsait
qui fait sortir un monde de l’une de ces petites it j RAT il Tont
étincelles qui scintillent au firmament; comme k savant qui'se crée tout un peuple dans une gouliéf 1 mes
de rosée, j'ai étudié ce point, j'ai analysé celles 4
goulte, non pas avec le télescope et la lentille... je mais avec quelque. chose de bien plus puissai@iees qe
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eme
les se de bien plus infaillible, avec le souvenir du: nt les cœur.
sous la Hire N'allez pas croire que j'ai fait une des excursions
nres, extraordinaires, impossibles, telles qu’on en promels ii dans les livres à sensation, où les heures
de VOUS Eumptent des jours et les jours des années.
Point.
pagne, un
plus. Un D Je suis parti tout uniment en voiture et je crois itte d'eau Bhime que le cheval boitait d'un pied.
En sortant des murs, je me suis senti plus léger. astronome
faisait une journée splendide ; un de ces soleils
es PEUR Gant bailler la ville et sourire la campagne.
comme le une gout À mesure que nous avancions, je me sentais alysé Celltrer dans la poitrine de ces bonnes bouffées d’un Ja lentilk® dont je reconnaissais la saveur, j’aspirais avec
às puissälÆlices de ces brises parfumées qui contiennent
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dans chacun de leurs atomes tout un monde de
souvenirs. Enfin neus sommes arrivés.
Une maison dont un architecte rougirait, mais qui vous fait plaisir à voir ; un véritable chemin, sans pavés ni pierre broyées, et avec des ornières très-sensibles ; une barrière qui s'ouvre en glissant ; des arbres par-ci par-là, plantés sans symétrie et. aux troncs desquels la nature a travaillé toute seule ; des granges blanchies à Ja chaux, avec des portes rouges ; un ruisseau avec une planche jetée en travers, qui court au milieu d’un jardin où les fleurs et les choux vivent côte à côte et en bonne intelligence ; une basse-cour qui
s'étend un peu partout, vu l'indiscrétion des
canards et des poules ; un cheval à l'air pensif et
une hanche au repos, chassant les mouches par tous les moyens connus de sa race ; enfin une
vache qui rumine tranquillement la feuille de chou
suite que | derri enfin
lende:
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nde de qu’elle a dérobée par-dessus la clôture trop basse du jardin.
t, mais Prenez tout cela ; groupez-le au hasard, sans chemin, suite, Sans rime, comme vous voudrez ; mettez ornières que la grange soit sur le chemin et la maison par en glis- derrière ; faites le cheval blarc et la vache caille ; (és sans enfin arrangez ce petit tableau comme vous l’enx travaillé lendez ; c’est toujours le même fond, et, pour
celui qui a vu toutes ces choses étant enfant, étant
la chaux,
jeune homme, elles vont droit au cœur.
avec une
Habit bas et sans cravate, j'ai couru, regardé
ôte à C0 rtout, je me suis couché sous chaque ombrage, cour qui
étion des
jai mouillé mes mains et mes pieds dans chaque laque d’eau.
Je suis descendu échelon par échelon du faîte de
mes trente ans et je me suis trouvé transporté,
enfin un
Le de chou sans presque m'en apercevoir, au bon temps e de
l'autrefois où la vie était une rose dont les épines
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ne se sont pas encore fait sentir ; où je jouissais du présent sans regretter le passé, que je touchais encore, et sans songer à l'avenir, que pour y voir de temps à autre, à travers un rêve doré, tout ce que les autres y ont vu comme moi el tout ce qu'ils n’y ont pas plus trouvé que moi : le voyage sans ses fatigues, le rêve qui ne se détruit pas au réveil,
Oh ! la campagne ! Comme elle est grande, comme elle est belle pour celui qui la revoit après une longue absence.
Chaque objet, chaque détail le plus insignifiant
vous fait surgir un monde de souvenirs. Ce morceau de cèdre que vous ramassez en passant, vous reporte, rien que par son âcre parfum, à vingt ans en arrière. Vous étiez tout jeune; ce jour-là (vous aviez travaillé d'importance toute la semaine) votre père, en récompense, vous avait donné un beau canif à deux lames et à manche blanc. I
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a mt
vous semblait que le monde vous enviait votre
issais chais bonheur. Le premier morceau de bois sur lequel y voir vous avez essayé les deux lames était un morceau out ce de cèdre comme celui que vous venez de ramasser. e qu'ils Ce grand chaudron soutenu par une barre de se Sans bois en travers sur deux fourches, cela vous rap- 1réveil. pelle-t-il quelque chose ? — Oui, il y a bien longtemps ; vous aviez cinq ou six ans. Vous grande,
couriez sur le bord d’un ruisseau. Il y avait des kmmes qui faisaient bouillir, dans un grand chautron semblable, et pour en faire du savon, le gros chien gris, avec lequel vous jouiiez souvent, mais qui était deveñu trop méchant ; il avait fallu letuer. Vous vous êtes approchéun peu vite, pour demander
ving lux femmes si bouillir faisait mal au chien. Vous
avez trébuché et, en tombant vous vous êtes griè-
-}à (vous
semaine), M'ement blessé sur l'oreille du chaudron. Toute la
hmille a pleuré. Le médecin est venu qui a sondé a plaie et vous a fait bien mal. Votrepèreet votre
sé
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tn,
mère se parlaient tout bas ; ils ont passé bien des nuits à votre chevet ; vous vous souvenez bien de tout cela, mais vous étiez trop jeune alors, et, à présent, vous comprenez ce qu'ils ont dù souffrir,
Cette vieille voiture dont les deux roues de devant sont détachées du brancard, que vous ditelle donc ?
— Voici. Un jour, il y a encore bien longtemps, . c'était en hiver, à Noël ; il gelait dur, mais pas de neige dans les chemins. Votre grande sœur était au loin. C'était le premier déchirement de la famille, la première fois que Noël aurait compté vn absent.
Les chemins, impraticables.
C'est égal, se dit votre père, il faut œu'elk
vienne. Le cheval fut attelé'à une ‘re sem-
blable à celle-ci. Votre père y monte el part. En
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0 dé sortant de la cour, pour prendre le chemin, il y
avait un petit enfoncement. Le fer de l’essieu,
10 à se rendu cassant par le froid, se brise comme un ‘ uffrir, verre ; tout l’avant-train se détache, un craque- | ' ment terrible ; et lui, embarrassé dans les guides, ne ues de tombe lourdement sur la terre durcie. Vous êtes ous dit- trop petit pour l'aider, il se relève tout seul et meurtri, C’est égal ; il met le cheval sur un gros traineau de travail, peint en rouge, vous voyez 1gtemps, :
encore cela, et part pour faire cinq lieues, marchant
is pas de +. : N ait à côté quand il y avait de la terre, montant sur le
ur étai di
| siége, là où le traîneau pouvait glisser.
Cette flaque d’eau, vous rappelez-vous ? Il y en avait une semblable derrière la maison. Un jour vous vous y êtes baigné, dans la boue autant que dans l’eau. Un costume gâté. Il y avait eu défense, done le fouet. Votre père avait des yeux mauvais, sa grosse moustache hérissée. Votre mère vous regardait sévèrement. Vous êtes entré en trem-
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blant. L’instrumentdu suppliceétait une innocente tige de blé ; mais n'importe, cela vous fit pousser des cris comme si l’on vous écorchait. Avec cela votre mère vous mit au lit, et il vous est tombé
une goutte chaude sur la figure, qu'est-ce que cela À
pouvait bien être ? Aujourd'hui que vous avez été obligé de corriger bébé, vous savez bien que c'était | une larme. Quelques instants après, on croyait que vous dormiez, vous entendites la grosse voix dire : «Pauvre petit, je lui ai peut-être fait mal, il a bien pleuré. » Il me semble que c'est le der-
nier fouet que vous avez eu.
Chaque pas que vous faites, chaque odeur que vous respirez vous rappelle un grand plaisir, une petite douleur. Vous recomposez ainsi, toute la famille. Chaque membre épars vient se grouper dans l’ensemble, et vous vivez pendant quelques instants de cette vie d'autrefois, avec:votre père, votre mère, vos frères, vos sœurs ; les coursesdi
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jour dans les prairies, les contes du soir, près du feu ; tout ce qui s'était détaché, morceau par
morceau, sous le courant des années, comme les feuilles laissent la branche une à une, sous le souffle du vent d'automne.
nocente pousser vec cela t tombé
que cela |
, avez été
—Hélas ! cela ne peut pas durer ; le soleil se couche, et bébé a sommeil. Il faut reprendre en toute hâte le chemin de la ville. Adieu, chères brises, nous allons reprendre notre poussière. Il faut vivre. Dieu n’a-t-il pas dit à l’homme: «Tu
mangeras ton pain à la sueur de ton front.»
que c'était nn croyait rosse VOIX
a fait mal,
Dieu nous avait infligé les sueurs, la civilisation
Sctle progrès y ont ajouté la poussière et la fumée du charbon de terre.