‹ Echos de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 25 · LE VRAI ET LE FAUX · texte numérisé non relu

LE VRAI ET LE FAUX

Les uns disent : faites donc des portraits, vous ls touchez bien. Les autres: écrivez donc des choses tendres, qui vont au cœur; beaucoup de femmes vous lisent, vous leur devez des égards. D'autres, racontez-nous des anecdotes. D'autres, enfin: écrivez des énigmes ou des charades au bas de vos chroniques.

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ee rt,

Je ferais bien des portraits; mais chacun s'y

reconnait, le prend pour soi et s’en fâche.

Je dirais bien des choses tendres, mais franche-

ment, cela devient fade.

Des anecdotes, mes amis me disent que je les

raconte mal.

Des énigmes et des charades : ah ! par exemple, je puis vous en faire à l’année, surtout dans ce temps-ci, où la poésie et les vers sont à bien bon

marché el se servent à toutes les sauces.

Les vers et la flatterie sont à l’ordre du jour.

Il n’ÿ a de chose si extraordinaire qu’une personne ne puisse faire croire à une autre pourw qu’elle sache finement l’envelopper dans un jol

compliment.

On croit généralement que les femmes sont plus

que les hommes accessibles à la flatterie. C'est

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ee

n sy une erreur. Les femmes, quoique plus rusées que les hommes, savent moins déguiser leur td vanité. Voilà tout.

Les compliments que l'on fait aux femmes je les s'adressent généralement à leur figure ou à leur toilette. Ceux que l’on fait aux hommes concernent l'esprit natyrel ou les connaissances xemple, D acquises.

dans ce

Vous dites à une femme qu'elle est belle: natu-

bien bon rellement el nécessairement sa figure sourit. De

là vous concluez qu’elle est vaine.—Vous dites à un homme qu'il a du génie; son âme s'épanouit dans un sourire orgueilleux; sa figure semble repousser votre assertion, il baisse modestement les yeux. Vous concluez qu'il a autant de modestie que de savoir.

Dans les deux cas, vous vous êtes fourvoyé.

sont plus ie À C' est

Cette femme n'était pas vaine: son sourire est

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RE RE DT ÉRET E un te

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un acte physique. Cet homme n’est pas modeste: mais sa figure est un masque qui n’a pas laissé vair la satisfaction de son âme orgueilleuse.

Méfiez-vous d'un homme qui ne vous regarde pas en face quand vous lui parlez. Cet hommelà est coupable ou sur le point de l’être. Ou bien, ce qui est pis encore, il est profondément hypocrite. Quand le cœur est haut et droit, le regard

l’est aussi.

Je n’aime pas cet œil qui se dirige sous ses ... abaissés cirq ou six pouces plus bas que le vôtre

et un peu de côté. Encore une fois, l'âme honnête

regarde sans effronterie, maïs en face.

Il y a des personnes dont le rire aigu blesse les oreilles et le cœur comme la pointe d’une lame empoisonnée. Un gros rire est le signe d’un petit esprit. Mais un bon rire, franc, honnête, annonce un cœur droit. Ne craignez rien de celui-ci:

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ee te

mais gardez-vous de traiter avec l'homme au rire

deste :

sé voir aigu.

Il est triste de songer combien peu souvent l'expression de la figure est en rapport avec l’état regarde du cœur.

1omme- Ou bien, La dissimulation est aujourd'hui une vertu. nt hypo- La langue est aussi fausse que le visage. e regard

On tourne un mensonge sur sa figure, ou bien on l’habille dans une phrase béate, et la conscience

est à l’aise.

à le vôtre

honnête — Pierre, dit le professeur à l’un de ses élèves,

vous avez volé des prunes hier dans le jardin.

—Ah! monsieur, répond Pierre avecun accent de sainte indignation, et en baïssant les yeux, comment pouvez-vous croire une semblable chose ?

— Cependant, vous êtes allé au jardin à sept heures... …

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— À sept heures, monsieur? je suis allé faire une visite.

Voyez, le vilain! il n’a pas nié sa faute: donc

il n’a pas menti. Seulement il n’a pas dit que

c’est justeme it en allant à sa visite qu'il a pris les prunes. Et le misérable ira faire encore une visite demain, avecun mensonge sur la conscience d’autant plus corrompu qu'il ressemble plus à la vérité, et qu'il est basé sur ce qui s'appelle généralement la restriction mentale, autre horreur qui est une

prostitution de la vérité.

Vous voyez un monsieur dans la rue. Il est d’un certain âge, grassouillet, un peu ventru et généralement porte des lunettes. Ilest enveloppé de fourrures, possède une canne à pomme d’or el une tabatière du même métal. Tous ceux quile rencontrent : ,lent révérencieusement la maini leur chapeau : il leur jette un petit sourire prote teur.

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Ce gros monsieur appartient à toutes les sociétés bienfaisantes.

Aujourd’hui vous lisez sur le journal qu'il a fait distribuer cinquante pains aux pauvres; demain il fait don d’un terrain à une œuvre populaire. Son nom retentit partout, dans un concert d’admiration et de louanges. On n’a jamais vu aussi grand cœur.

Savez-vous seulement ce que c’est que cet homme ?

Un jour, il a eu Ja direction d’une banque, d'une aisse quelconque. La banque ou la caisse a hill, D'honnêtes commerçants y ont trouvé la ruine; les pauvres, l'engloutissement de leurs peliles épargnes.—Que de froid, l'hiver suivant, dans la maison mal close! Des pleurs qui gèlent ur les joues ridées de la mère: de petits chéru-

ins en haillons, engourdis par la bise glacée, D

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n'ayant plus même la force de dire leur faim. Lui, qui est si riche de l’amas de leurs dépouilles, il leur refuse brutalement un sou !

Leurs maisons lui appartiennent: si le loyer n’est pas payé, il les fait déguerpir, pa. ie ministère de son huissier.

Cet homme a pris des dépôts considérables :

il était trop honnête pour donner des reçus, Cependant, quand les gens sont venus redemander leur argent: je ne vous connais pas, leur a-t:il dit.

«= Mais, mon bon Monsieur !...…

—Pas de mais!...... Si j'étais dépositaire d votre bien, vous auriez un reçu. A la porte!

Et les pauvres pleurent, volent et se demnent.

Le lendemain, il balance ses livres: il a fait

OIr,

hor dist Quel

Ur donn franc couch nourri!

(@ur :

Vande d plu enfants,

d'ange :

Nils au misère, nor(, la

ne Sœui

* Moque

Le vrai et le faux

EE

honnête. gain de ‘vin distribue Vingt- Quelle âme ! !

a 8l-cinq mille Piastres! I] Cinq louis aux Pauvres. Quel cœur!

aim. Lui,

Jouilles, il

1 le loyer

Une femme passe ;

une de ces femmes qui ont ie minis-

» El leur Corps à Ja

| donné leur cœur à Dieu

souffrance, aux Pauvres :

idérables :

les reçus, demander

leur a-t-il

» Un bas plus

Chaud pour leurs pieds d'ange : une de ces fe

mmes qui passent de longues

malades, S’exposent à tout, misère, angoisse, agonie :

lits au chevet des

qui prient à côté de la pen mort, la nuit, souvent avec la peur des fantômes : demnent Me sœur de Charité, enfin, Passe: les gamins Moquent d'elle, les autr ila fait

es ne daignent pas la oir,

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—————— tn,

— Le fraudeur passe: on se prosterne,

Il n’y en a pas qu'un seul; ils sont mille, ils sont million!

Ainsi est fait le monde.

mille, ils

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