Les places d'eaux
procurer un repos salutaire, mais dans l’unique but
de changer de monde et d'aller faire figure sur un
nouveau théâtre. de:
On voit cela de suite au nombre des malles L rebondies que chaque voyageuse — et souvent tume chaque voyageur—fait empiler sur le wagon, ouf faut le bateau qui a l'honneur de voiturer sa perd lunch sonne. Visites inposs
On parle des toilettes et des modes de la ville bout Je
elles semblent un simple négligé du matin à c
Chose,
des ajustements, des atours qu'’éclaire le sole
* lriomp | campagnard des places un peu fréquentées.
On go Le Cap-à-l’Aigle compte trois toilettes par j@constry
dans le petit moins; la Pointe-au-Pic, qualf} consa
Buies est le seul mortel que j'y aie vu en néglncore
La Rivière-du-Loup et Kamouraska exigent an ruba
quatre toilettes ; Cacouna se contente à peineMoté.
cinq, et Tadousac, si lord Dufferin eût contin@armi Je
| Les places d'eaux 67 en unique but y Séjourner Pendant la belle Saison, aurait porté à
ure sur un D un chiffre incalculable le nombre de ses jupes et | de ses doubles-jupes.
des malles Le matin, quand la marée adonne, on a un Coset souvent lume pour se rendre à la grève ; pour déjeüner, il wagon, oui faut en mettre un autre que l’on conserve jusqu’au rer sa perl} lunch. Après ce léger repas, vient l'heure des 'isiles ou des réunions au salon de l'hôtel: il est impossible dy paraître dans une robe de matin,
de la on out le monde voit cela d'ici. Mais Ja grande matin à c chose, c’est le dîner; c’est Jà que se décernent les ire le s0k liomphes et les défaites en fait d'élégance et de
bon goût. La loïlette du dîner ne peut pas se
ttes par joconstruire en moins de deux heures. Celles qui
-Pic, quel
vu en négl exigent à nte à peint eût conlin
}Consacrent moins de lemps ne comprennent pas mcore loute l'importance de cette grave affaire. in ruban ou un bijou de moins. On est déjà mal Né; s'ilÿa récidive, on est inévitablement classé armi les gens qui manquent de goût.
68 Les places d'eaux
mm
Le dîner s'achève tant bien que mal ; mais la journée n'est pas finie. Il y a encore la promenade et les réunions du soir. On ne peut pas s'y
montrer avec un.costume trop chargé ; il faut donc
réduire ou changer. Le plus ordinairement on
change. Puis on va prendre l’air, on chante, on joue, on cause. C’est alors que les œillades s'échangent, que les mariages s'ébauchent. Ceh s'ouvre par une romance et finit par une com plainte. Les papas et les mamans s’en mêlent ouvrent ou ferment les yeux suivant que la chose leur va ou leur déplait. Le plaisir marche so train ; on s’amuse et on prend des rhumes ; mai à la campagne cela ne compte pas. Le bain jou nalier n'est-il pas là pour avoir raison de toul!
Bref, après deux mois de cette vie d’épreuve
de santé, le plus grand nombre revient plus pau
toujours, plus malade très-souvent.
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Les places d'eaux 69
Voilà, généralement, le résultat le plus certain des bains de mer fashionables. A côté, cependant, il y a les séjours moins coûteux, plus tranquilles, et où l’on gagne véritablement de toutes ls manières. Ceux-là sont les moins fréquentés. Xe le disons pas trop haut et ne les indiquons pas. Le jour où la foule élégante s’y portera, ils perdront tout leur charme et {ous leurs avantages. Dès qu’un endroit devient à la mode, on y trans-
porte la ville et tous ses inconvénients.
Ce n’est plus alors la peine de se déranger et de
payer très-cher pour alle: souffrir un peu plus loin,
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