MOEURS DOUCES ET MELOMANIE
A Baie, grande ville protestante de 80,000 habitants, de langue et d'allure allemandes, ce qui frappe tout d'abord, c'est le caractère avenant et sympathique de sa population.
L'accueil y est affable et bienveillant pour les étrangers, pour les français du moins.
On s'y dérange volontiers pour vous mettre dans votre chemin.
Les formules de politesse y abondent : « A votre service ! » bon voyage ! bonne nuit !
bon appétit ! » etc.
Ce dernier souhait vous est invariablement servi avec <> la soupe » parla personne qui vous l'apporte.
On appelle de ce nom « la soupe », soupe par excellence, — excellente même ... les
premières fois — une mixture tonique et agglutinative, composée de bouillon, d'oeufs et de fromage de gruyère.
Le suisse allemand n'est pas seulement prévenant et de mœurs douces, il est mélomane.
Presque dans tous les hôtels, les accords d'un piano vous accompagnent du salon dans la salle à manger. Ses tapotements rythmiques facilitent singulièrement, parait-il, chez les habitués, la descente de « la soupe. »
J'ignore si tous les suisses soufflent dans des cuivres avec le même acharnement que ceux de Bâle. Mais mes oreilles ont conservé le plus bruyant souvenir du dimanche que j'ai passé dans cette ville.