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TRANSFORMATIONS POLITIQUES

L'esprit de liberté et d'émancipation phi-

losophique, dont la Suisse avait été l'un des principaux foyers, avait, au cours du siècle dernier, envahi l'ancien monde. Voltaire et Rousseau — le patriarche de Perney et le citoyen de Genève — avaient été les précurseurs de la grande Révolution.

Quand celle-ci éclata, quand, sur les ruines de la royauté, la République française fut proclamée, il y a cette année un siècle, l'Europe monarchique se coalisa contre elle et jura sa perte.

Mais une vertu nouvelle, fille de la liberté, le patriotisme, combattit pour elle ; et les armées de la coalition se brisèrent contre ses bataillons de volontaires.

Emportées par le succès, par leur apostolat des idées nouvelles, les armées de la République devinrent à leur tour conquérantes.

Genève et Porrentruy furent annexées à la France, le pays de Vaud envahi, Berne enfin occupée.

La vieille Suisse avait fait place à la République unitaire, fondée par la France sur son propre modèle (1798). Mais ces deux

pays, si différents d'origines, ne pouvaient s'accommoder des mêmes institutions.

La République helvétique était gouvernée par cinq Directeurs, et ses cantons réduits à la condition de simples préfectures.

Les petits cantons ne voulurent pas se soumettre à ce régime, qui leur enlevait leurs Assemblées générales. Les Schwyzois et les Valaisans s'insurgèrent pour recouvrer leur indépendance.

Le nouvel état de choses avait néanmoins donné de grands résultats : le rachat des droits féodaux, rétablissement de l'égalité civile, l'extension de l'instruction populaire,

etc.

L'année suivante, la Suisse fut pressurée par l'invasion des armées russe et autrichienne. Deux batailles, où les Français furent tour à tour repoussés et vainqueurs, eurent lieu sous les murs de Zurich. Cette ville fut livrée au pillage.

Pendant ce temps, les membres du gouvernement, divisés en jacobins (unitaires) et modérés (fédéralistes), étaient en proie aux luttes à main armée. Bonaparte y mit

fin en envoyant le général Rapp pacifier (!) le pays et en lui imposant Y Acte de médiation (1803).

Cette constitution rendait aux cantons leur souveraineté. Une Diète était chargée du règlement des affaires fédérales.

En 1815, le passage des alliés délivra de la domination française, en même temps que le Valais, Genève et Neuchâtel, qui formèrent les 21 e et 22 e cantons. Le nouveau régime imposé s'appela le Pacte de 1815. Il établissait la constitution fédérale des 22 cantons.

Les querelles religieuses, qui agitèrent pendant la Restauration un grand nombre de cantons, devinrent, de 1830 à 18i0, de véritables révolutions démocratiques.

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