EXCURSIONS ET PROMENADES
Les excursions à faire aux alentours de Lucerne sont nombreuses et fort en vogue.
Si je n'avais été limité par le temps, je n'aurais pas manqué de faire celles à'Immensée et du Seelisberg, ou tout au moins celle de la vallée de YEngelberg.
Je me contentai, le premier jour, de l'indispensable promenade au GiUsch et au Sonnenberg.
On monte au château du Gûtsch par un funiculaire. De sa terrasse on découvre la ville tout entière, magnifique à voir au coucher du soleil.
En attendant ce moment-là, je gagne, par les allées d'un bois de sapins, le sommet du Sonnenberg.
Cette « montagne du Soleil » est le centre d'un beau panorama, embrassant le lac et son majestueux amphithéâtre, Lucerne, les villages voisins et de vastes prairies, au nord-ouest.
Le lendemain, quittant Lucerne pour arriver le soir à Alpnach-Stad, je passai ma journée au Burgenstock. Ce fut une des plus belles de mon voyage.
Débarqué à Kehrsiten, je montai par le chemin de fer électrique — d'une pente extrêmement raide — sur cette montagne du Burgenstock, boisée, charmante sous tous ses aspects.
Je commence par suivre, à gauche, un sentier sous bois, où s'ouvrent de claires échappées sur les revers ondulés d'un riant vallon. Il me conduit sur la crête aiguë de la montagne.
Debout sur un faîte taillé à pic, je découvre toute la partie centrale du lac des Quatre Cantons, qui me paraît reléguée à une profondeur vertigineuse.
A ce moment un coup de canon, suivi de toute une salve, éclate et se repercute au
loin avec une extraordinaire sonorité. Ils partent (à l'occasion d'une fête locale) de Weggis, dont les toits brillent sur la rive opposée du lac.
Après avoir déjeuné sur la terrasse du châlet-restaurant placé à gauche du chemin de fer électrique, je visite, à droite, les dépendances et la terrasse de Y Hôtel du Bùrgenstoch. L'exposition de cette terrasse est admirable, entre ces deux géants : le Righi et le Pilate, séparés par les grands bras du lac des IV Gantons.
On arrive à la terrasse par un poétique sentier extérieur, bordé de rampes rustiques.
Au-delà de l'hôtel s'étend un grand parc, au sol accidenté, sillonné de chemins capricieux, où l'on rencontre des chalets, des ponts rustiques et une grande allée de platanes.
C'est là surtout, semble-t-il, qu'il ferait bon vivre, où l'on s'attacherait comme le lierre aux grands arbres du parc, le lierre qui a pour symbole la devise : où je m'attache je meurs !
On se dit cela sous le charme d'un temps radieux, d'un ardent soleil tamisé par d'épais feuillages, dans ces réduits somnolents, dans ces allées ratissées, silencieuses, pleines d'effluves résineuses et grisantes.
Mais l'hiver ! (et l'hiver se prolonge ici jusqu'à la fonte des neiges, en mai), quand siffle la bise dans les brindilles dénudées, quand la neige nivèle, en les enveloppant de son drap funèbre, la galerie extérieure, la terrasse et le parc, ah ! pendant l'hiver, Nice... ou simplement Paris valent décidément mieux.
D'ALPNACH A BRIENZ.