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LA GROTTE DE GLA.CE

On monte à la grotte de glace par un chemin tortueux, garni dans les endroits rétrécis de barrières en bois.

Un peu avant de l'atteindre, on peut, moyennant un péage de cinquante centimes, se rendre, par un étroit sentier longeant la gorge, à un pont jeté à 200 mètres au-dessus de la Lutschine. On découvre de là l'ouverture béante de la grotte de glace et les énormes crevasses du glacier sous lequel elle s'enfonce.

On arrive par des marches taillées dans la glace à cette grotte, qui n'est autre chose qu'une galerie sans issue, creusée à même dans le glacier.

On s'y dirige, comme dans un tunnel de cristal, à la clarté de lampes fumeuses.

— la

Bientôt cette clarté douteuse s'obscurcit encore et je me vois disparaître dans un nuage de vapeur, que le froid condense autour de mes vêtements humides.

Je me retrouve assez pourtant au milieu de ce brouillard pour me diriger dans la galerie, au fond de laquelle m'attirent les accords étranges d'une musique grêle et cristalline.

L'antre est, en effet, hanté par une sorte de vieille sorcière, dont les doigts taquinent les cordes d'une mandoline antédiluvienne.

Un rictus de satisfaction accueille la piécette que je dépose dans sa sébille.

Mais quel n'est pas mon étonnement quand, sorti de la grotte, je vois la mégère sur mes pas, brandissant son alpenstock. Je me rassure vite pourtant en la voyant descendre à grandes enjambées vers un chalet voisin, qui doit être son domicile légal.

De là, sans doute, elle guette le voyageur comme l'araignée sa proie ; elle va l'attendre ensuite au fond de son repaire, où elle l'attire — nouvelle Circé — par des accords inconnus des mortels. Elle doit être aussi

la vestale préposée à l'entretien des lumignons sacrés de la grotte.

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