XXXVI, 7 | J
PoANNT AT? | avy
Tl est écrit : (Exode XXIX, 48) « C'est la que je me a « mettrai en rapport avec les enfants d’Israél, et ce lieusera
ses études sous la direction de son oncle, qui s’y trouvait, a |’école du Patriarche, R. Juda I, a Séphoris. Son activité, soit en Palestine, soit en Babylonie, fut trés grande, et son autorité fut partout reconnue. ;
Dans son enseignement, il parle d’une double immortalité :° de celle qu’on acquiert ici-bas, si, aprés nous, nos disciples marchent sur nos traces, et de celle de l’au-dela. Voici, du reste, le portrait qu'il trace du monde futur: « Ici, dit-il, il n’y a ni manger, mi « boire, ni commerce, ni jalousie, ni haine, mais les Justes sont « assis, portant couronne sur la téte, et contemplant la Majesté
« divine... »
(Berakhot, 17).
Voici, dans un autre ordre d’idées, les observations qu'il fait au sujet des devoirs du « maitre d’école » : « Il ne doit pas rece- , « voir d’éléve agé de moins de 6 ans; il doit s’abstenir de puni- « tions corporelles et doit, dans l’exposé de ses lecons, employer « un langage clair et concis ».
Il dit ailleurs : « Soyez plutdt du cdté de ceux qu’on maudit, « que du cété de ceux qui maudissent ».
Ajoutons que Rab désapprouve ceux qui, croyant plaire 4 la Divinité, se privent de la jouissance des biens qu'elle a mis A notre disposition. « Mon fils, dit-il, profite de |’existence, car, dans la « tombe, il n’y a plus de plaisir, et la mort n’attend pas... Peutétre, me diras-tu: « Je.me prive, pour en laisser davantage A mes « enfants ! Mais qui donc viendra te parler de leur reconnaissance, « quand tu dormiras ]’éternel sommeil ? »
(Eroubin, 544).
Cc est cette Gierpretation que le Seigneur fit entendre a loise, qui l’avait ignorée jusqu’au moment de la mort sudes deux fils d’Aron. Quand |’événement, si douloureux le coeur d’Aron, fut arrivé, Moise dit a son frére :
-« Trés-Haut ». Alors, dés qu’Aron eut compris que ses enfants étaient parmi les Elus, il garda le silence de la rési-
que David a chanté : (7)
Soumets-toi a [’Eiernel et ne cesse de compter sur lui, i ‘Ne jalouse pas celui qui voit réussir ses projets, l'homme qui réalise ses desseins. |
(Sebakhim, 1142).
- XXXVIL 1 raw ON
Pour 4 motifs les biens des propriétaires périclitent : « sils lésinent sur les journées des travailleurs; s’ils se mon- « trent durs et grossiers en les payant; s’ils se déchargent s sur -« eux de toute responsabilité et s’ils sont pleins d’orgueil ». his |
(*) Cette expression se trouve fréquemment dans les livres talmudiques :. « Ne lis pas », c’est-a-dire, comme le voudrait le texte, « mais his... »
« Frére, tes fils ne sont morts que pour honorer le nom du
gnation, dont Dieu lui tint compte. C’est dans le méme sens
70 EcHOsS DES PSAUMES
Ce dernier défaut est le pire de tous; tandis que, pour les
humbles, il est dit : (11)
mais les humbles posséderont le pays et ils se délecteront d'un immense bonheur.
(Soucca, 29°).
XXXVI, 21 Io) IEA pws oper x1 aw MT
Rabbi Jokhanan dit, un jour, 4 ses disciples :
« Voyons, refléchissez, et dites-moi ce que l'homme doit . « rechercher de préférence ? » | ‘i
R. Eliézer dit : un homme généreux; R. Josué, un ami a), sincére; R. Jossé, un bon voisin; R. Simon, la prévoyance; ‘ R. Eléazar, un bon coeur. R. Jokhanan leur dit: « J’aime \
« mieux la réponse d’Eléazar que toutes les autres, car on « celles-ci sont comprises dans la sienne »). "4
Une autre fois, il leur dit : « Voyez, et dites-moi ce que « lon doit surtout éviter > » R. Eliézer dit : un mauvais ceil; R. Josué, un faux ami; R. Jossé, un mauvais voisin; > R Siméon, celui qui emprunte et ne pale pas, comme il est | dit : (21) Il emprunte, l’impie, et ne rend pas, tandis que le Juste a pitié et donne; R. Eléazar dit : un mauvais cceur. .
Le maitre, alors, dit 4 ses disciples : « J’aime mieux la >
« réponse d’Eléazar que les autres, car celles-ci sont com- « prises dans la sienne »).
(Aboth, ch. II).
eo) eos pes PSAUMES 7\
- -XXXVIL 31 1pO3 NX NI
R. Akiba (*) avait perdu ses fils, et tout Israél prit part a son grand deuil. Quand ses visiteurs, venus pour lui pré-
(*) R. Akiba, fils de Joseph, d’une famille de prosélytes (41-120), avait été berger, au service du riche « Calba-Scheboua ». La fille de celui-ci consentit 4 l’épouser, malgré l’opposition paternelle, condition qu’il fasse les études voulues pour devenir un Docteur en Israel !
Akiba partit et resta absent pendant 12 ans, visitant les écoles les plus célébres et partout il se fit remarquer par son ardeur & l’étude, et bientét par sa science.
Quand il revint en son pays, entouré de nombreux disciples, et précédé d’une magnifique réputation, il fut regu, en grande pompe, par les Maitres les plus illustres. On remarqua, voulant traverser la foule qui vint le saluer sur son passage, une pauvresse en haillons, qu’on allait repousser, quand Akiba, la reconnaissant, s’écria, tout ému: « Faites-lui place, au contraire, car tout ce que je suis et tout « ce que vous étes, vous le lui devez ».
Calba-Scheboua, cela va sans dire, ne tint pas rigueur a son gendre.
Akiba s’est occupé, plus qu’aucun de ses collégues, des questions purement juridiques et fut un des premiers, se basant sur les textes de |’Ecriture A demander |’aboliton de la peine de mort.
Voici quelgqes-unes de ses pensées :
« Les,souffrances sont des messagéres d'amour pour amener no- « tre régénération »».
« La pauvreté sied 4 la fille de Jacob, comme un collier rouge « a un cheval blanc ».
« C'est & cause du mérite des femmes vertueuses que nos ancé- « tres furent délivrés de lesclavage egyptien ».
« De méme que |’or et le verre peuvent étre refondus, de méme « le pécheur peut redevenir un homme de bien, grace a la pénitence ».
Patriote exalté, il salua en Bar-Cokheba le Messie annoncé par les Prophétes. I] subit le martyre avec un incroyable courage.
~ senter leurs condoléances, Huon sur le point de se retirer, iy - Jeur adressa ce discours : « Quoique j j ’aie eu la douleur imae lhG mense de perdre deux enfants qui étaient a la veille de s'asseoir sous le dais nuptial, votre visite m’a fait grand — i bien, a cause de l’honneur dont j’ai été l'objet de votre part. Vous n’étes pas venus a cause de moi, Akiba, car il y a tant d’autres Akiba, et pour lesquels vous ne vous dérangeriez pas en pareille circonstance : mais vous étes venus pour honorer la Tora, et je vous ne remercie doublement, car vous vous étes dit : (31)
La loi de Dieu est dans son ceur, rien ne fait chanceler ses pieds.
| (Moéd-Katan, 21°).
- XXXVIL, 32 :
cineil2 Upaei PTE? Dw Mp
Le Saint-béni-soit-I] dit 4 Israél : « Enfants, j’ai créé le mauvais penchant, et, comme antidote, la Tora : si vous ( vous occupez de celle-ci, le Malin ne pourra rien contre vous; mais, dans le cas contraire, vous tomberez sous sa domination, comme il est dit (Genése IV, 7) : « Le péché guette 4 ta porte »). Bien plus, tous sés efforts ne tendront qu’a vous dominer, mais si vous le voulez, c’est vous qui le dominerez, comme il est dit : (ibid.) : « Mais tu le domineras »). Met:
Le mauvais penchant est une chose dangereuse, puisque Dieu, lui-méme, |’appelle « méchant », comme il est dit (Genése VIII) : « Car le penchant de l’homme est mau-— « vais dés son jeune age ». ;
ne Sineon, ils de bea:
; Le mauvais penchant se rend maitre de Pioome et herche a le tuer, comme il est dit : (32)
Il se met, limpie, aux aguets du fuses et il cherche 4 a lui donner la morte. '
Ot Dieu! ne venait a notre secours, nous succomberions infailliblement, comme il est dit : (33).
oviay UEternel : ne f'abandonne pas entre ses mains, a et il ne le laisse pas condamner quand on le juge.
: de R. Ismaél :
Si tu rencontres « ce vilain » (le mauvais penchant) traine-le jusqu’au « Bet-hamidrasch » (*) : s’il est de pierre, il s’attendrira, et s'il est de fer, il fondra, comme il est dit : (Jérémie, XXIII, 29) « Est-ce que ma parole ne ressemble ‘© pas au feu, dit |’Eternel, et au marteau, qui fait voler en @ éclats les roches ? » Et s'il est de pierre, il s ‘attendrira, ; comme il est dit (Isaie. LV, 1)'s he O vous, qui avez sof, Me allez a a Teau! »
a ; i "(Kidldouschin, 30).
XXXVIIL 14
maw NO WINS YX)
Et moi, je ressemble a un sourd, je n’entends rien; et a un muet qui n’ouvre pas la bouche.
(*) Ecole.
74 E.cHOS DES PSAUMES
Le sourd et le muet sont obligés d’observer les préceptes religieux, mais le sourd-muet, celui qui n’entend ni ne parle, est comme un jeune enfant, encore irresponsable de ses actes.
(Guittin, 71*).
SST1 TEER TENS
Mar Oukba envoya demander 4 R. Eliézer :
J’ai des ennemis qui veulent me nuire et une occasion se
présente & moi pour m’en débarrasser, en les dénoncant a l’autorité, que dois-je faire >
Il lui fit dire simplement : (1)
J avais dit : je prendrai garde a ma conduite, pour ne pas pécher par ma langue, je me mettrai a la bouche un frein, tant que l’ennemi sera devant moi !
(Guittin, 7*).
may] IBDN) de Resch-Lakisch :
Celui qui s’occupe de |’étude de la Loi, n’a pas A craindre le mal.
R. Yokhanan lui objecta :
: Cela n’est pas nouveau, et les enfants, sur les bancs de I’école, connaissent ce passage
(Exode XV) : « Si tu écoutes la voix de |’Eternel, ton « Dieu, et que tu fasses ce qui est juste 4 ses yeux, et « écoutes ses préceptes, tous les maux que j’al envoyés sur « Egypte, je ne les enverrai pas sur toi, car je suis celui « qui te guérit »).
D’accord, répliqua-R. Lakisch; mais je veux dire que la contre-partie est également vraie, et que celui qui, ayant ‘ la faculté de s’occuper de |’étude de la Tora, ne le fait pas, sera accablé de souffrances, ainsi qu'il est dit : (3)
Je fus muet, je me tus Je restai en silence, plus que de juste.
(Berakhot, 5*).
SDT ANT
Fais-moi savoir, 6 Eternel, le terme de ma vie.
Quel est le sens de ce verset > — Voici:
David dit au Seigneur : « Maitre du monde, fais-moi « savoir quand arrivera le terme de mon existence, et quel « jour je mourrai >? » Dieu lui répondit: « J’ai décidé « qu’aucun mortel ne connaitra le nombre d’années qu'il « aura a vivre. Quant au jour de ta mort, cela sera un « Schabbat ». — « Mais pourquoi pas le premier jour de « la semaine > » (‘) — « C’est que le jour de l’avénement
(*) Afin qu’on puisse, ce jour, s’occuper de mes funérailles,
chose défendue le saint jour de Schabbat (Raschi).
« au tréne de ton fils Salomon est déja fixé, et deux rois ne « peuvent exister simultanément » (7).
David reprit: « Pourquoi ne puis-je mourir la veille « de Schabbat ? » —- « Parce que j’aime mieux un jour « que tu passes sur la terre que tous les holocaustes que « Salomon offrira sur l’autel, comme tu l’as chanté toi- « méme :
Car mieux vaut un jour dans tes parvis gue mille ailleurs; j'aime mieux me tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu
gue séjourner dans les tentes de l’impiété (Ps. LXXXIV, 11)
Aussi, tous les jours de la semaine, David était a étudier la Tora (7), et ce n’est que par surprise que l’Ange de la Mort a pu cueillir son ame.
(Schabbat, 30*).
APIS UMW) Att nan oyaw
de R. Eliézer :
Le jetine vaut mieux que l’auméne, car celui-la se fait avec notre corps et celle-ci avec notre argent. La priére vaut mieux que les sacrifices, car il est dit
(Isaie I, 11) : « Qu’ai-je & faire du grand nombre de vos « sacrifices ? )
(*) Mot-a-mot : un gouvernement ne doit pas toucher |’autre, meme un instant.
(?) La Tora nous protége contre la mort (Raschi).
fob
\ Ah! écoute ma priére, Eternel, et @ mon cri préte l’oreille, ) a mes larmes ne sois pas sourd; car, c'est en passager que je suis chez tot, un hdte, comme tous mes ancétres |!
a (Baba-Metsia, 59°).
Iie wpe fay app | om
do. Josué, fils de Lévi :
Le « Guehinam » (’) porte 7 noms, ce sont : « schéol » (?), enfer; « abadén », perdition; « beér-schakhat », puits d’abime; « beér-schéon », puits 4 bruissement; « tit-hayawen »), argile bourbeuse; « tsalmawet », ombres mortelles, et « éretz-hatakhti », le pays souterram.
~ « Schéol », comme il est dit (Jona, II, 3) : « Du ventreea ie Schéol je t’ai imploré, et tu as entendu ma voix ».
ee Enfer, littéralement : vallée de Hinném. . (7) Du verbe schaal (demander) : qui demande ‘toujours des victimes.
fora EcHOos DES PSAUMES
« Abadén », comme il est dit (Ps. LX XXVIII, 2) : « Peut-ton raconter dans la tombe ta bonté, et ta fidélité
« dans |’Abadon ? ».
« Beér-schakhat » (Ps. X, 16) : « Car tu n’abandon-
« nes pas mon ame au Schéol et tu ne permets pas a tes « adorateurs fidéles de voir l’abime »; « beér-schéon » et « tit-hayawen », comme il est dit : (3) ,
Il me fit remonter de la fosse aux bruyantes eaux, du bourbier fangeux, et il établit mes pieds sur le roc, affermissant mes pas.
« Tselmawet », ainsi qu'il est dit (Ps. CVII, 10) : « Ceux qui demeurent dans les ténébres et l’ombre de la « mort! » Quant a « Eretz-hatakhti », pays souterrain, c’est une expression qui ne se trouve pas dans la Bible !
(Eroubin, 19*).
XE 2 brs Saw) WX
C'est un devoir de visiter les malades et de prier pour leur rétablissement, comme il est dit : (2)
Heureux celui qui a des attentions pour le faible, Au jour du malheur, il en sera tiré par I’ Eternel; l’Eternel veillera sur lui, et lui conservera la vie, le rendant heureux sur terre.
Et tu ne le mettras pas a la discrétion de ses ennemis, l’Eternel le soutiendra sur son lit de souffrance, toute sa couche tu la retourneras pendant sa maladie.
EccHos DES PSAUMES 79
Et celui qui visite un malade, quelle sera sa récompense ?
— Il sera sauvé du « Guehinam », et, dans ce monde, « l’Eternel veillera sur lui. I] ne sera pas livré a la discré- « tion de ses ennemis, mais aura des amis comme en avait « Naaman, qui, grace 4 eux, fut guéri de la lépre, et non « comme Rekhabéam, gui fut mal conseillé et devint la « cause du schisme en Israél ».
de R. Schéchet :
On ne doit pas visiter un malade pendant les 3 premiéres heures de la journée (ot le malade pourrait étre mieux et ou l’on se dispenserait peut-étre de prier pour lui) (*), ni pendant les derniéres heures de la journée (ot le malade est généralement plus abattu, et ou, le croyant perdu, on jugerait inutile de prier pour lui (*).
de Rabinn :
D’ow savons-nous que le Saint-béni-soit-Il ») nourrit. luiméme le malade > — Parce qu’il est dit :
l’Eternel le soutiendra sur son lit de souffrance, toute sa couche, tu la retournes, pendant sa maladie.
D’ou savons-nous que la Majesté divine (?) se trouve a la téte du malade > — Parce qu'il est dit :
l’Eternel le visite.
Nous avons appris :
Celui qui visite un malade, ne doit pas s’asseoir sur le lit ni sur une chaise ou un escabeau; mais il doit s’asseoir
80 E.cHos DES PSAUMES’
humblement par terre, parce que la Majesté divine se trouve a la téte du malade.
(Nedarim, 40*).
Méme sujet :
Celui qui, au jour du Schabbat, fait visite 4 un malade,
doit réciter la formule suivante : « C’est Schabbat; tréve de
« soucis : la guérison est proche ».
de R. Jehouda :
I] convient de réciter la priére suivante :
« Que celui qui est partout (*) ait pitié de toi, ainsi que « des autres malades d’[sraél! ».
Schabné, le Jérusalémite, en entrant dans la chambre d’un malade, disait : « La paix soit avec toi ! » Ett en partant, il disait : « C’est Schabbat; tréve de soucis : la gué-
« rison est proche, la pitié de Dieu est immense, demeurez « en paix ! »
Dans la priére, il est bon de comprendre tous les mala-
des, en général, pour que la Miséricorde divine s’ s émeuve plus facilement et plus siirement.
Quand Rab bar bar ’Hana se trouvait au pays de R. Eliézer, dans ses visites aux malades, il disait : « Que « Dieu se souvienne de toi pour ton salut »), tantot en langue hébraique, et tantot, en langue araméenne :
« Mais, demandent les Rabbins, comment pouvait-il agir « de la sorte > Ne se rappelait-il donc pas que R. Jehouda « a dit, au nom de Rab et de R. Yokhanan « que les An-
(*) « Hamakom », une des dénominations de la Divinité dans les livres post-bibliques.
dui. mC oe ainsi, en a qu’enseigne R. Anan : « d’ou sa- : « -vons-nous que la Schekhina se tient auprés du malade >— ce « i marce qu'il est dit : (4) | ace mee ae
a LElernel le soutiendra sur son lit de souffrance !
(Schabbat, 112.8»). oe :
(®) Magnifique exemple de patriotisme ! Pendant la domination syrienne, ceux qui élaient a la téte du Judaisme et qui se préoccupaient de ses destinées futures, ne voulaient pas de la langue du conquérant en déclarant que « les anges ne la comprenaient pas »,
Ailleurs, les Midraschistes, en énumérant les causes de la délivrance egyptienne, sous les Pharaons, n’omettent pas de mentionner que les Hébreux, pendant leur long asservissement, « n'ont pas changé de langage ».
Il est intéressant de rappeler, ici, que les Juifs chassés d’Espagne et du Portugal en 1492, et qui ont fait souche en Turquie, par exemple, se servent, encore de nos jours, dans les réunions familiales, comme dans certaines cérémonies religieuses, de la langue castillane de l’époque, dans toute sa pureté.
C’est dans le méme esprit, et pour les mémes motifs, que, d’aprés le Talmud, on a défendu, pour enrayer les progrés de |’hellénisme en Judée, la lecture des livres d’Homére (sifré Homeros) pour con-
server intacte la langue nationale.
Wey hae
XLII, 9 | ‘og mou) moveay MOM TT ApS) opt
de Resch Lakisch :
béni-soit-I] le comble de ses bienfaits pendant le j jour,
qu’il est dit : (9)
et que, dans la nuit, il y ait un chant sur mes lévres, une Ae au Dieu a est ma vie.
comparé 4 la nuit, sera comblé de faveurs dans |’autre monde, qui ressemble au jour.
CHacuea 12").
XLIV, 2 UPY WINS | OTN
Hormiz, la mére du roi Sabor, dit a celui-ci : ‘a jamais rien avec les Juifs, car ils obtiennent de Dieu tout ce qu’ils lui demandent ». — « Comment cela ? » At Roi. — « Eh bien, continua-t-elle, ils n’ont qu’a fair une priére en temps de sécheresse, et la pluie se met tomber. »» — « Possible, fit le roi, & l’époque des pluies, mais ‘essaie donc maintenant, au mois de Tamouz, nous sommes ? ») Elle envoya auprés de Rabba et lui fit
dire : « Recueille-toi, et prie pour faire tomber la pluie ». Le rabbin se recueillit, se mit en priére, mais de pluie point. Alors, il adressa 4 Dieu cette supplication :
« Maitre du monde (2),
De nos oreilles nous avons entendu parler, nos Ancétres nous ont raconté l’ceuvre que tu opéras en leur temps, au temps antique,
mais de nos yeux nous n’avons rien vu! ») Aussitét la
pluie se mit 4 tomber avec abondance.
Rab ’Hanina, fils de Dana, était en voyage et il se mit
a pleuvoir. Il fit alors cette priére : « Maitre du monde,
chacun, en cette saison, se réjouit de voir tomber la pluie, et 'Hanina seul en est ennuyé )). De suite, la pluie cessa.
Rentré chez lui, aucunément mouillé, il fit cette priére
Maitre du monde, chacun est mécontent, tandis que ’Hanina est heureux »». La pluie aussitot se remit a tomber.
R. Joseph dit 4 ce sujet : « A quoi alors sert la priére du Grand-Pyétre, le jour de Kippour, au Temple de Jérusalem, si Hanina fils de Dossa, a un tel pouvoir ? »
Et voici quelle était la priére du Grand-Prétre :
« Que ce soit ta volonté sainte, Eternel, notre Dieu, de favoriser ]’année nouvelle de pluies fécondes, et puisse-tu ne pas exaucer les voyageurs qui te demandent de faire cesser la pluie >). Ett il finissait ainsi :
« Que jamais le sceptre ne sorte de la maison de Juda et que ton peuple Israél n’ait besoin de personne pour sa
84 EccHOS DES PSAUMES
« subsistance ») (*). R. Jehouda, au nom de Rab, dit : Cha-
que jour une voix du ciel (*) se fait entendre en ces termes :
« Le monde entier trouve sa subsistance grace au mérite de 9 . 9 ° >
« ’Hanina, mon fils, et ’Hanina, mon fils, se contente d’une
« mesure de caroubes pour son alimentation, d'une veille de
« Schabbat a l’autre ».
(Taanith, 24°).