‹ Echos des Psaumes dans le TalmudChapitre 15 sur 47 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

mega y a7 mes de R. Jérémie :

Deux étudiants qui « s’aiguisent » réciproquement |’intelligence, Dieu les protége, comme il est dit : Et dans ta splendeur, avec succés, monte sur ton char

pour la cause de la vérité et de l’opprimé qui est dans son droit. |

La protection, bien entendu, ne leur est acquise que s‘ils s efforcent d’acquérir la vraie science, car le Psalmiste a eu soin de dire : pour la cause de la vérité !

(Schabbat, 63°).

XLV, 10 THD O79 MD

Des filles de rois sont parmi celles que tu as distinguées; debout, son épouse se tient a sa droite,

parée d’or d’ Ophir.

Cela veut dire : que si la Tora vous est aussi chére que la Reine l’est aux nations, vous mériterez une couronne en or d’Ophir.

(Rosch-Haschana, 47).

XLV, Il

Jas ET NT Navy

La fille de Elisée, fils d’Abouya (*), surnomme —

« Akhér », vint devant Rabbi, en criant : « Maitre, donne-

« moi a manger, car je meurs de faim! » — « Qui estu > » lui demanda le Docteur de la Loi. — « Je suis la « fille d’Akhér », fut la réponse. — « Comment, reprit le

« rabbin, il existe encore guelqu’un de cette race ? » — « Maitre, reprit la malheureuse, ne considére pas ses actes, « mais considére sa science )». Aussit6t une flamme descendit du Ciel, entourant le siége du rabbin. Et celui-ci dit, en pleurant : « Si Dieu se manifeste en faveur de ceux qui lui « font tort avec leur science, que ne fera-t-il pas pour ceux « qui sen servent pour lui rendre hommage | »

Et d’aucuns se demandaient comment le pieux R. Meéir avait puerester le disciple respectueux du grand hérétique,

Akhér, et « cueillir les vérités de sa bouche ? » R. ’Hanina

répondit simplement par notre verset : (11)

Ecoute, ma fille, et regarde et préte l’oreille, ef oublie ton peuple et la maison de ton pere, en sorie qu'il soit épris, le roi, deta beauté !

Un autre rabbin donne |’explication suivante :

@R. Méi a trouvé une grenade; il en a mangé I’inté- « rieur et en a jeté l’écorce »).

(Haguiga, 15°).

af Z i

@) oe FILS. DE ABOUYA

Extrait de ma Sonicnee faite a Marseille,

le 12 Novembre 1910).

nntes “reprises. ‘et ‘sans trop de re par ia auteitrs e Tal d. Je veux parler de « Elisée, fils d’Abouya », qui vint au monde, Jestine, un peu avant la destruction du Temple, et qui a assisté 1 défaite de Rae A la perte de fin'tive de la nationa-

de pete sa Sieicmalas en ee :

fs an pere, Poi était trés riche et un ee citoyens les ve

a ne jour “ale la circoncis: ‘on de son fils, i dias une fete ee dide a laquelle il convia tout ce que la cité sainte comptait de notabilités... IL. y eut un festin, comme savaient en organiser les Anciens, avec fleurs & profusion, des chanteurs en renom et des danseuses les 2 vue, Il voulut que sa joie de pére fait changée en réjouissance publique, et je n'ai pas besoin d’ajouter que, selon l’usage juif, en -pareille circonstance, les’ pauvres ne furent pas- oubliés.

oe Quand la féte battit son plein et que la gaité devint quelque peue <> 5 eres deux Docteurs de la Loi, qui se trouvaient a table, quittérent la salle du festin, en disant-: « Nous allons nous livrer égale-

it a notre plaisir, ne goatant pas celui des autres », et ils se rendirent dans une piéce voisine, a l’abri de la chaleur communicative des vins généreux du Hermon, et ils entamérent une de ces discussions -religieuses dont ils avaient da passion. Dea ils 8’ ’absorbaient dans les Se mystéres de la ‘science, lorsque, tout- -4-coup, ils se virent entourés de

flammes, qui jetérent leur clarté dans tous les recoins de 1 Abouya accourut tout affolé et dit aux Docteurs : « Avez-vous d « juré ma ruine et étes-vous venus pour faire dévorer ma maison | « le feu ? » Mais eux, en souriant, lui répondirent : « Il n’y a « d’incendie A craindre : c’est la Tora seule qui brille de la sort « se manifeste de si miraculeuse facon ». « Par le Dieu « s’écria Abouya, puisque la puissance de la Tora est « extraordinaire, je vouerai mon enfant aux études sacrées

Elisée grandit dans la science, ne se contentant pas des de la Bible et du Talmud, mais se nourrissant également de d’ceuvre littéraires d’Athénes et de Rome. Pour des raisons tiques, et qu'il est facile de deviner, les Sages avaient défe lecture des « Sifré Homeros » (Livres d’Homére), au momen paganisme tentait un supréme effort pour étouffer la culture pr israélite. sae

Elisée, dans sa soif d’apprendre, ne se doutait pas qu'il limite que |'intelligence humaine ne saurait franchir sans dange un jour, il sentit sa raison vaciller, se troubler, et son ame se ¢ cher : il perdit la foi, la foi indispensable aux peuples comme individus, la foi qui, sur un pont d’or, nous méne, sans secous: ce qui est périssable, ephémére, vers ce qui est durable et im

Cette évolution dans |’esprit de notre philosophe, qui avait qu le « Bet-Hamidrasch », ot, avec une entiére sérénité, s agitaient problémes les plus graves, et qui transgressait, ouvertement, les” criptions que ses contemporains entouraient d’une vénération prof a été décrite, en ces termes, par un des rédacteurs du Tal « Quatre imprudents pénétrérent dans le Pardess (*) (dans 4 n « Mystére), ce sont : Ben Azai, Ben Soma, Elisée, fils de Abou « et R. Akiba. Le premier donna un simple coup: d’ceil-et « le second regarda et devint fou; Elisée, fils de Abouya, « les plantations et Akiba, seul, sortit indemne de la <péri « excursion ». , ‘

Comment ce jeune homme, si pieusement élevé, devint- « révolté ? » L’Histoire nous raconte qu’il avait vu, un jo homme monter sur un arbre, et, se conformant a la prescription “nm saique, prendre les petits oiseaux qui se trouvaient dans un nid, avoir rendu la liberté 4 la mére. En descendant, le malheureu: faux pas et se tua! « Est-ce a, s’écria Elisée, la justice : « qui a promis longue vie a l'homme qui observe ses co « ments ? » aa

‘ I] avait assisté aux atrocités commises par les Rom ; ‘ avait de ses yeux, vu un des « Martyrs de la Foi », R. How

~ (*) Paradis.

-auquel le bourreau arracha la langue, et il .s*écria: « ‘Esteee 1a le .@ fait de‘la Providence ? »

sll ssouffrit mille «morts «quand un -déchirement :s’opéra dans tout son:étre, quand les croyances que:ses:parents et:ses maitres lui avaient inculquées, s’envolérent “et quand les :souvenirs d’ enfance, qui. mous ré- schauffent :encore ‘lorsque ‘nous sommes devenus vieux, s’évanouirent -asubitement !... :I] était blessé: dans son -patriotisme qui, a -cette <poque si troublée, se confondait avec la religion elleeméme, «de -voir | les ensnemis .d'Israél triomphants, ‘et ce n’est pas, la -haine au:coeyr, qu'il entra dans les écoles pour dire aux enfants, penchés sur les livres : « Pourquoi perdez-vous votre temps en réveries creuses ? Faites-vous « artisans, soyez des gens utiles ‘a la société, -apprenez ‘A “conduire la « charrue, 4 manier le matteau ‘ou le rabot, ou -méme |’épée qui « commande le respect ! » ‘Hélas ! il avait ‘beaucoup -souffert ‘lui «méme et -vu souffrir autour dei lui, et il:n’est pas*rare de ‘voir ceux qui ~gémissent “dans |’épreuve renoncer aux cespérances données par la

‘Religion’!..

*Nous.2 -avons la conviction: que Ellisée, fils de Abouya, auquel fut donné le surnom de « A’her » — « autre », « étranger » ou « révolté » — a révé, dans son patriotisme, le relévement de son peuple, mais “que ‘c'est malgré lui, que le doute dissolvant-s*est-emparé de son ame. ‘A ‘vrai dire, ‘il‘n’a pas rompu ‘complétement avec ‘ses *anciens «collégues, -qui, “dans les «cas particuliérement * ‘épineux, -n'hésitaient spas aller “le ‘consulter et faire appel’a ‘sa haute ‘sciencie.

Chose curieuse | Le pieux R. Méir, son disciple, aS pour lui plein d'attention et de vénération, tout en regrettant profondément ses hardiesses et ses écarts. L’on raconte qu'un jour de Schabbat, “il «accompagnait a la promenade, R. Elisée, fils d’Abouya, qui était a cheval (malgré la défense rabbbinique 4 ce sujet), et qu'ils devisaient ensemble de 1’interprétation de certains textes de 1’Ecriture Sainte et de leur application aux pratiques de la vie. Tout-a-coup, Avher dit 4 R. Méir : « Retourne, mon ami, car nous voici arrivés « a l’extréme limite qu'il t’est permis de franchir, au saint jour de « Schabbat ! » Et R. Méir ‘lui -répondit, avec des larmes dans Ia voix : « Et toi, cher Maitre, ne veux-tu donc pas « retourner », toi « aussi ? Ne veux-tu pas revenir en arriére et redevenir le Docteur de « la Loi dont tout Israé] était si fier ? » Mais Elisée, aprés quelques hésitations, lui dit: « Plus tard, plus tard, pas maintenant J...

D’aprés d’aucuns, il était sur le point de « revenir », d’abjurer officiellement son erreur; mais il rencontra deux enfants qu'il pria de lui réciter leur « Passouk » (verset), et le premier lui dit: « Si tu « te laves avec du nitre, tes péchés ne seront pas effacés »; et l’autre: « Il n’y a pas de paix pour le méchant, dit le Seigneur ».

vers son pére dont les instants sont comptés. Le moribond hh

- Cependant,. R. Méir ne decepta pas, de la ennveuice Maitre et il continua A ]’entourer de ses soins. Quand il sée était gravement malade, il accourut vers lw, comme ‘on

sa reconnaissance pour tant de ‘fidélité et semblait vouloir « Est-ce que la miséricorde divine m vaccueillera snc ‘balb iat

« sensible au repentir, méme chad il ne se "manifeste qu « oul [pric s avele »).

toujours, et Hie larmes pet Se de ses yeux.

* Roe

R Méir se jeta.sur son corps et s'écria, au “milieu ‘de leurs : « Oui, je ne me trompe pas : il a rendu le dernier soup r: on @ pénitence, il reposera au sein de Dieu ».

' <Sa mort produijsit une impression profonde ioe ses. col seal l’Académie et r on se demandait bes serait le sort du défunt :

« ae Metcccr Sonler la heada: des fae il fut un « cheur »,

Sean la eae de son Maitre. ie y. courut, jeta son oe i sur la flamme--céleste, et dit : « Quand je serai mort, jimpl re « Seigneur pour qu il fasse disparaitre,.ce feu de la cou

« de Elisée, fils d’Abouya ».

- Admirable - -exemple de respect et d'amour ata disciple son Maitre, le

entia

BO aE

Les péchés que |’homme foule aux pieds, en ce monde, feront cortége au moment de paraitre devant lej juge sume, ainsi qu’il est dit : (6) |

Pourquoi me troublerai-je aux jours du mal, 4 avec everett de mes adversaires autour de moi.

Cede Pope Rs:

wo) Sop oT

de Raba, fils de R. Oula :

ek le sens du passage (Ps. LXXIH, 4):

Car point de tourment pour eux, sain et gras est leur corps,

a la misére des mortels ils n’ont point part, ey eta avec les autres hommes ils ne sont pas jrappés; oes

| non ‘seulement les i impies ne se préoccupent pas de la mort, ‘mais « leur cceur est large comme un portique », et quoique. sentant que la mort les guetie, ils font semblant de |’ oublier, par bravade, comme il est dit : (14) cee

Voila leur conduite, sottise de leur part, Et la suite. coe de leur propre bouche ils en conviendront.

(Sanhedrin: 38).

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