‹ Echos des Psaumes dans le TalmudChapitre 5 sur 47 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

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de R. José le Galiléen :

Au moment ow les Israélites, sortant de |’Egypte, avaient traversé, sains et saufs, la Mer Rouge, ils éprouvérent un veritable besoin d’entonner un cantique de reconnaissance ! Meéme |’enfant sur les genoux de sa mére et le nourrisson au

savoir, son école fut trés fréquentée. A un moment ov un. grand nombre de sectes se disputaient la prédominance en Terre-Sainte, il prit pour tache, avec un tact et une tolérance extrémes, de réconcilier les ‘sciences religieuses et les sciences profanes. Contrairement 4 quelques-uns de ses collégues, il autorisa la lecture des livres grecs. On a dit symboliquement, 4 son sujet: « Depuis la mort de R. « Yokhanan, la fumée ne monte plus de la tombe de R. Elisée, fils « de Abouya », pour indiquer que la paix était faite entre les différents partis : entre les amis de la tradition et entre les novateurs.

EccHos DES PsAUMES 31

sein, dés qu’ils se sentirent enveloppés de la « Schékhina ») : Tenfant se redressa et le nourrisson lacha la mamelle pour sécrier tous les deux (Exode XV, 2) : « Voila mon Dieu,

« je lui rends hommage »), ainsi qu'il est écrit (3)

Par la bouche des enfants et des nourrissons tu as établi ta puissance.

(Sota, 30°).

VIII, 5 SDT; wage

de R. Josué, fils de Lévi (*)

Lorsque Moise monta au Ciel, les Anges dirent au « Saint-béni-soit-I] » : Maitre du monde, que vient faire

(*) R. Josué, fils de Levi, collégue de R. Yokhanan, (2° siécle) , avait une école 4 Lydda et semble y avoir donné un enseignement conforme aux idées des ’Hassidéens, s’opposant énergiquement aux innovations qui tendaient 4 se faire jour. Aprés l’issue désastreuse du soulévement de Bar-Cokheba, il s’appliqua a réorganiser les Communautés, profondément troublées. Pour ce motif, il était trés bien vu par les autorités romaines, et il fit un jour un voyage dans la Ville éternelle, pour plaider la cause de ses coreligionnaires, Il fut frappé du luxe qui y régnait a cété de la misére affreuse, et il nous raconte y avoir vu une statue douillettement enveloppée, tandis qu’a son pied, un pauvre homme, en haillons, grelottait de froid. Sa piété fut grande, et, dans les temps de sécheresse, on lui demandait, en toute confiance, des priéres pour faire tomber la pluie.

S'occupant surtout de questions doctrinales, il était l’ennemi de certaines divagations des Aggadistes. Il aborda consciencieusement toutes les questions intéressant la religion, déclarant que, depuis la destruction du Temple de Jérusalem, le sacrifice du coeur avait remplacé le sacrifice sanglant qu’on offrait auparavant sur l’autel. Il

ici cet étre, né de la femme ? Dieu leur répondit : « Il vient « pour recevoir la Tora ». Alors, ils répliquérent : « Com- « ment ! ce trésor que tu tiens en réserve depuis 974 géné- « rations, tu veux en faire don a un étre de chair et de sang >

Qu’est-ce que l'homme pour que tu penses a lui ? (5)

Le Saint-béni-soit-I] dit alors 4 Moise : « Réponds-leur « toi-méme )). Moise prit la parole en ces termes : « Maitre « du monde, je crains qu’ils ne me brialent de la flamme « de leur haleine ». — « Eh bien, reprit le Seigneur, tou- « che, pour rester indemne, un coin de mon trone »).

(R. Nakhoum ajoute : Nous déduisons de ce passage que Dieu a enveloppé Moise de la « Schékhina ») (*).

précha, en toute circonstance, le respect di 4 l’autorité et raconta, un jour, dans une de ses conférences, la fable de la queue du serpent qui, lasse de se laisser guider par la téte, voulut remplacer celle-ci et périt misérablement. Le respect de |’autorité est, pour lu, Ja pierre angulaire sur laquelle repose la société.

(*) « Schekhina », de Schakhan : demeurer.

Ce mot, d’aprés de nombreux passages de nos Docteurs, signifie la présence de Dieu parmi les hommes, ou la manifestation de la divinité 4 certaines personnes dans des conditions déterminées.

« La lumiére perpétuelle qui brile devant le Sanctuaire, est un « symbole de la présence de Dieu dans le Temple », dit un rabbin du IV¢® siécle.

« Partout, dit le Talmud, ot Israél est exilé, la « Schékina » « est exilée avec lui ».

La traduction araméenne de la Bible, Targoum Onkelos, rend généralement le nom de la divinité par celui de « Schekhina ».

Puis Moise commenca en ces termes :

« Maitre du monde, que se trouve-t-il écrit dans cette « Tora dont tu veux me faire cadeau > — « Je suis |’Eter- « nel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir de la terre de Mizraim ») (Exode, XX, 1). Or, je vous le demande, Anges,

avez-vous été esclaves sous les Pharaons ?

« Tu n’auras pas d’autres dieux ») : demeurez-vous donc parmi des adorateurs d’idoles >

« Souviens-toi de sanctifier le jour du Schabbat » : travaillez-vous donc pour avoir besoin de vous reposer ?

« Tu ne prononceras pas en vain le nom de |’Eternel, ton Dieu ») : vous occupez-vous donc de négoce ?

« Honore ton pére et ta mére ») : avez-vous donc des parents >

« Tu ne tueras point! Tu ne commettras pas d’adultére ») : y a-t-il donc de mauvaises passions chez vous ?

Aussitét les Anges rendirent hommage a Dieu et s écriérent :

Eternel, notre Seigneur,

combien est magnifique ton nom

sur toute la terre,

et chacun d’entre eux devint |’ami de Moise, lw remettant un présent, 1’Ange de la Mort non excepté.

(Schabbat, 89%).

VIII, 5 saeIne wig

de R. Jehouda (*) :

Quand Dieu résolut d’appeler |">homme 4 |’existence, il créa d’abord une catégorie d’anges, auxquels il demanda : « Voulez-vous que je crée l’homme 4 notre image ? » Ils lui répondirent (5) :

Qu’est-ce que l'homme Pour que tu penses a lui ?

Le Seigneur tendit son petit doigt vers eux et les brila. Il fit de méme pour la 2° catégorie. La 3° lui-dit : « Maitre

(*) Rabbi Iehouda, l’un des Tianaim dont les noms se trouvent le plus fréquemment mentionnés dans la Mischna, était fils de R. Elai, disciple de R. Tarphon, de R. Akiba, de R. José le Galiléen, de R. Eléazar ben Azaria, collégue de R. Méir, de R. José et de R. Siméon, et florissait, comme ces derniers, au II® siécle... I] fut lun

des maitres de R. Iehouda le Naci, Rédacteur de la Mischna...

Appréciant favorablement certains actes du gouvernement romain, il en recut des faveurs et le droit de parler le premier dans les assemblées, ce qui lui fit donner le titre de « Rosch-Hamedaberim » (le le orateur). Il usa de ce privilége 4 Ouscha ot il siégea a da

téte du Sanhédrin...

C’est lui aussi qui prononca cette parole sévére contre ceux qui négligeaient l'éducation professionnelle de leurs enfants: « Celui qui « n’enseigne pas de profession utile 4 son fils, est comme s'il |’élevait « pour le brigandage ».

Supplément du dictionnaire Sander et Trénel, par S. Ulmann, Grand-Rabbin de France.

« du monde, |’univers entier t’appartient et tu as le pou- « voir de faire ce qui te plait ».

Mais quand arriva l’époque du Déluge et celle de la « Confusion des langages »), ou les mceurs étaient si dissolues, les anges dirent au Créateur: « Les autres anges « avaient peut-étre raison de s’opposer a la création de « homme ? » Mais Dieu se contenta de leur répondre : (Isaie, 46, 4) « Je suis et j’existe jusqu’a la dernieére vieillesse ».

(Sanhédrin, 38°).

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