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rien perdu de l'esprit profondément catholique, dans le sens le plus large du mot, qui lui a été inculqué par les premiers apôtres de la foi et les héroïques fondatrices de nos couvents à l'origine même de notre pays, esprit qui s'est développé avec le temps et que nous retrouvons aujourd'hui aussi vivace que jamais.

Seuls, en effet, les peuples vraiment chrétiens peuvent se faire un titre de gloire de ces magnifiques floraisons de vierges volontaires qui, par amour pour le divin Maître, quittent joyeusement famille et patrie et embrassent une vie de privations et de sacrifices afin de soulager les misères physiques ou morales de leurs frères.

De tous les malheurs, en est-il de plus grand que celui de l'infidélité ? Et peut-on concevoir œuvre plus belle, plus agréable à Dieu, que de se consacrer à la conquête de tant d'âmes qui ignorent encore qu'un Dieu est venu ici-bas pour les racheter et leur ouvrir le ciel ? Rien de surprenant que l'Eglise, dont la mission est de remplacer Notre-Seigneur sur la terre, ait une prédilection marquée pour ceux ou celles de ses enfants qui, à l'exemple des Apôtres eux-mêmes, vont porter aux extrémités du monde la parole de vie et la bonne odeur du Christ.

On sait que le Noviciat des Sœurs Franciscaines, à Québec, fondé il n'y a que quelques années encore, est devenu en peu de temps une pépinière de Sœurs Missionnaires. Il est fier à bon droit d'avoir fourni déjà une nombreuse phalange de vaillantes auxiliaires dans la grande armée du Christ au sein des pays infidèles.

Les lecteurs de la Revue Eucharistique s'intéressent tout naturellement aux œuvres et aux travaux de la communauté qui, tout en faisant avec un vrai bonheur l'adoration perpétuelle du Très Saint Sacrement au nom du diocèse entier, s'occupe de former des sujets pour les missions étrangères. Ils apprendront avec grande édification que dans l'espace de très peu d'années, trente et une religieuses canadiennes, sorties du Noviciat de Québec, ont été envoyées dans les pays suivants : Congo, Ile Madagascar, Mozambique, Zoulouland, Indes Orientales, Birmanie, Chine, Japon. L'année dernière seule a compté dix départs.

S'il fallait ajouter aux Missionnaires proprement dites les Sœurs qui ont fait leur noviciat à Québec dans ce même espace

de temps et qui sont maintenant dispersées dans toutes les contrées d'Europe et dans le Nord de l'Afrique, nous arriverions à un chiffre dépassant de beaucoup la centaine.

Il n'y a guère de pays, croyons-nous, où les vocations à la vie religieuse soient aussi nombreuses qu'au Canada. Quand nous disons au Canada, évidemment nous voulons parler surtout de la Province de Québec. Sous ce rapport, la Nouvelle-France se montre la digne émule de la Vieille France catholique dans ses plus beaux jours.

Nos jeunes filles canadiennes, grâce à leur éducation de famille si chrétienne, à leur intelligence des devoirs et des sacrifices que le don de la foi impose à ceux qui le possèdent, une fois décidées à se donner à Dieu, ne regardent ni aux distances ni aux difficultés. Elles sont prêtes à partir pour les contrées infidèles les plus lointaines, et les horreurs des léproseries ne sont pas pour les effrayer. Au témoignage cent fois répété des Supérieures de l'Institut, elles font les meilleurs, les plus dévouées, les plus vaillantes missionnaires.

C'est assurément une gloire très pure pour le Canada, mais plus particulièrement pour le Canada français, de fournir ainsi à la sainte Eglise, dans son œuvre d'évangélisation, ces nobles phalanges de religieuses Missionnaires, lesquelles, par la sainteté de leur vie, par leur dévouement sans bornes, par l'héroïsme de leur charité, finissent par toucher le cœur d'un très grand nombre d'infidèles et deviennent ainsi les instruments de leur conversion.

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