A LA MAISON DE LA PROVIDENCE
Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur et Lady Langelier ont bien voulu, il y a quelque temps, faire une visite aux œuvres que les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, dirigent à Saint-Malo, Maison de la Providence.
L Article de 1912.
Les journaux de la ville ont fait de cette bienveillante et gracieuse visite d'excellents comptes rendus. Nous voulons cependant en témoigner toute notre reconnaissance à Sir François et à Lady Langelier dans la Revue Eucharistique.
Comme beaucoup d'autres, le Gouverneur, — c'est lui-même qui l'a déclaré, — ne soupçonnait pas l'existence de cette Maison de la Providence et des œuvres qui s'y accomplissent sans bruit au profit de la jeune et déjà florissante localité de Saint-Malo ; c'était pour lui une découverte et une surprise, et il ne pouvait s'en taire.
On avait préparé un joli petit programme auquel prirent part un certain nombre des 350 enfants, bambins et bambines de 2 à 7 ans, qui composent le personnel très vivant de l'Ecole maternelle. Ce programme ne renfermait que des leçons de choses, ce qui est, paraît-il, la meilleure manière d'instruire les enfants d'un tel âge sans les fatiguer.
Leurs Excellences ont paru goûter beaucoup le naturel et l'aisance avec lesquels ces chers petits s'acquittaient de leur rôle.
Pour apprécier selon son mérite une œuvre comme celle de l'école maternelle, il suffit de savoir que les Sœurs Franciscaines gardent ces enfants depuis le matin jusqu'au soir, afin de permettre aux parents, aux mères surtout et aux grandes sœurs, de travailler à l'extérieur. Elles donnent à ces enfants l'éducation qui convient à leur âge, et, avec l'aide des Dames de la localité, elles pourvoient à la nourriture de la plupart et à l'habillement d'un très grand nombre.
Du bon petit discours que le Gouverneur adressa aux religieuses et à leur nombreuse assistance, en son nom et au nom de Lady Langelier, nous aimons à citer les paroles suivantes, si pleines de vérité et d'actualité :
" Je remercie sincèrement les bonnes Sœurs Franciscaines de nous avoir invités à cette intéressante séance. Je les remercie de m 'avoir donné l'occasion de lier connaissance avec une admirable maison d'œuvres dont j'ignorais l'existence. Je connaissais très bien leur couvent de la Grande Allée, leur belle église qui a été la mienne pendant plusieurs années ; mais je ne savais pas
qu'en outre des œuvres qu'elles font à la Haute Ville, elles avaient ici des œuvres dont l'importance et l'utilité, dans un quartier ouvrier, sautent aux yeux.
" C'est, entre tant d'autres, un nouvel exemple qui nous fait voir ce que le pays, la Province et la ville de Québec en particulier, doivent à l'Eglise et à ses communautés religieuses. Je viens d'assister à l'une des séances les plus intéressantes dont on puisse être témoin. J'en suis encore ému et ravi. Je viens de constater encore une fois ce que peut faire le dévouement religieux, poussé à des limites insurpassables, joint à l'expérience et au savoir-faire.
" La question ouvrière, la lutte entre le pauvre et le riche, est aujourd'hui à l'état aigu dans toutes les parties du monde. Ici^ je la trouve résolue, cette question, de la manière la plus admirable, comme l'Eglise seule, avec ses principes de sagesse, de justice et de charité, peut et sait la résoudre. Plût à Dieu que partout, dans les conflits qui s'élèvent entre le travail et la capital, on écoutât davantage de part et d'autre les conseils et la direction de l'Eglise ! "
Sir François, après avoir félicité les chers enfants et leurs maîtresses, voulut bien déclarer qu'il ferait tout en son pouvoir pour aider à l'agrandissement et au soutien d'une Maison d'œuvres dont les services sont simplement inappréciables.
Leurs Excellences visitèrent ensuite les divers départements de la Maison, en particulier les classes des enfants, le Dispensaire des pauvres et l'Ecole Ménagère, lesquels parurent les intéresser vivement.
Nul doute que cette visite, toute de bonté et de bienveillance^, ne porte les meilleurs fruits.