‹ Echos et glanuresChapitre 50 sur 51 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

et lorsqu'après des négociations dont Monsieur l'abbé Louis- Honoré Paquet ne se désintéressa pas, les Frères Mineurs revinrent dans la ville de Québec, il leur donna l'hospitalité des premiers jours et, à partir de ce moment jusqu'à sa mort, devint leur Syndic Apostolique.

Depuis deux ans, la santé de Monsieur l'abbé Louis-Honoré Paquet lui inspirait des inquiétudes plus sérieuses ; il avait le pressentiment de sa fin ; en ces derniers mois, ce fut une conviction : et il se prépara à la mort. Au milieu des souffrances incessantes de ses derniers jours, il ne cessa de tenir son cœur uni à Dieu, et de lui faire le sacrifice de sa vie en expiation. Le dimanche 19 septembre, à une heure du matin, assisté d'un Frère Mineur, entouré des enfants de saint François et de sa famille, il rendit doucement son âme à Dieu.

Ses funérailles ont été un merveilleux témoignage de sympathie de la part de ses nombreux amis, et de reconnaissance de la part de tous ceux qui ont été l'objet de ses innombrables bienfaits.

Fr Alexandre-Marie Couget^

Ibommagea euprêmee

Nous ne pouvons songer à mettre sous les yeux du lecteur tous les témoignages de sympathie, offrandes spirituelles, lettres d'évêques, de prélats, de communautés religieuses, de prêtres et de laïques distingués, reçus par les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie à l'occasion de la mort de leur regretté aumônier.

Ces témoignages divers et presque innombrables, portent tous d'empreinte touchante de la plus haute estime pour le cher défunt et de la plus sincère admiration pour ses talents si remarquables et si variés.

Nous nous contenterons de reproduire ici, en les choisissant parmi bien d'autres également très sympathiques, deux lettres très belles et qui caractérisent bien l'émotion profonde créée par la mort de l'abbé Paquet chez tous ceux qui eurent l'avantage de le connaître. L'une est d'un recteur d'Université, dans les Provinces maritimes, l'autre d'un chanoine de France que nos lecteurs connaissent déjà.

Poitiers, 21 décembre 1915.

Ma Révérende Mère,

L'idée me vient de saluer en vous et par vous, la Famille religieuse dont vous êtes la mère, et à laquelle appartinrent presque sans partage les vingt dernières années de mon cher ami, Louis Paquet.

Une forte impression m'est restée de notre dernière entrevue.

C'était dans l'importante paroisse dont une précoce infirmité ne m'avait point exilé encore, sur les hautes murailles féodales d'un presbytère, où, pendant des siècles, ont existé un Monastère et un Château fort, et qui semblent commander encore tout le pays d'alentour.

Son regard parcourait, un peu étonné, tout un horizon de vallées sèches, quoique plantureuses, bien différentes de celles qui, chez vous, dégorgent de si puissantes masses d'eau.

Mais tout de suite sa pensée remontait vers les hauteurs de Québec, là où se profilent, le Couvent de Saint- Antoine de Padoue, comme la cour et le palais du Roi-Jésus, et — tout à côté — la belle église toujours admirée, qui est comme la Salle du Trône.

Avec une verve juvénile qui étonnait mes jeunes vicaires et qui donnait le démenti à ses cheveux blancs, il nous parlait de vous. Il nous expliquait votre œuvre. Il nous dépeignait le noviciat, gerbe de fleurs incessamment renouvelées, et toujours cueillies dans les meilleurs milieux.

Nous voyions le travail, nous entendions presque le va et vient de la maison. Dans son très bel article nécrologique, Monsieur Routhier n'a donc fait que nous rappeler ce que nous savions à cet égard. Il était fier de tout, même de Vimprimerie, mais sans jamais parler de la part ou du mérite qu'il y avait.

Puis, ces lendemains de Pentecôte, comme il disait, ces jours de dispersion apostolique, où, comme des envolées d'oiseaux migrateurs, vos Filles s'en vont vers tous les horizons, faire bénir votre saint habit, et porter la Bonne Nouvelle !

C'est l'acte d'abandon suprême, disait-il : et, à ce propos, nous évoquions la belle page de Mgr Gay, qu'il se promettait de vous prêcher, avec commentaires : " L'âme abandonnée est toujours libre d'elle-même. Tout lui semble également bon. Etre rien, être beaucoup: commander, obéir, manquer, être pourvue : vivre longtemps, mourir bientôt, mourir sur l'heure. Tout lui plaît. Elle veut tout, parce qu'elle ne veut rien ; elle ne veut rien, parce qu'elle veut tout ; elle n'est à Dieu qu'un oui perpétuel et vivant. "

Voilà ce qu'il disait de vous ! voilà ce qu'il rêvait pour vous, petites voyageuses du Seigneur, vaillantes Missionnaires de Marie !

Nous pouvons leur demander beaucoup, disait-il ; car elles sortent de la fournaise de l'amour divin, d'un grand foyer eucharistique.

Et, alors, nous tâchions de prolonger sa conversation sur l'œuvre de l'Adoration Perpétuelle, qui sera, peut-être, devant Dieu une des idées les plus fécondes de la féconde vie de votre Cardinal. Tandis que le fond de tant d'Eglises, même en France, n'est qu'un four noir et glacé, où l'on pourrait presque dire que Jésus est livré à l'ennui de nos abandons et de notre froideur, chez vous, là haut, sur vos hauteurs, une belle église vit et brille jour et nuit. Vous êtes là, vigilantes vierges, avec la lampe toujours allumée de votre foi. Les ténèbres même les plus épaisses ne peuvent franchir votre seuil. Elles reculent, devant les pointes d'or brûlant de vos cierges, mais, surtout, devant la flamme de vos cœurs. Et, couché dans le tombeau où vous l'avez déposé^ tout près, votre Père attend pour son corps la résurrection, son âme ayant déjà commencé, espérons-le, l'adoration perpétuelle des Cieux !

Avec mon humble et instante requête de prier pour moi, vous et vos chères filles, daignez agréer, ma Révérende Mère, l'hommage de mon profond respect.

Th. Baebot, C. H.

Antigonish, N.S., University of St. Francis Xavier, Sept. 21, 1915. The Rev. Mother Superior,

Convent des Sœurs Franciscaines, Québec.

Rev. and dear Mother Superior.

I beg to thank you most sincerely for having informed me of the death of Rev. Doctor Paquet, your noble hearted and holy chaplain.

To me he was the truest of friends and the news ot his death caused me the most profound grief.

I shall never forget his kindness and hospitality to the late Bishop and myself during our stay at the Council of Québec. He was such a perfect gentleman and such an exemplary priest.

It was God's will that he should be called away now to enjoy the reward of a long life well spent in His service. Blessed are the dead who die in the Lord. This is the great consolation that remains to ail of us whose hearts are sore and whose heads are bowed do\vn with grief.

I beg to tender you and your grand Community my sincère and heartfelt sympathy. By none will the death of Rev. Dr. Paquet be felt more keenly than by you and the good sisters of your Community. He was your friend, protector and spiritual father. But he is so still. Before the throne of God he will be more powerful than ever to help you and to advance the great missionary work to which you are devoted.

I shall say the community Mass to-morrow for the repose of his soûl and shall remember him in the daily sacrifice.

Praying God to comfort and bless you,

I remain,

Yours faithfully in Xto,

H. P. McPherson.

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