‹ Échos grégoriens des deux centenairesChapitre 4 sur 29 · IG · texte numérisé non relu

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digne de la Maison de Prière et de la majesté de Dieu.

Nous ne toucherons pas à chacun des abus qui peuvent se rencontrer en pareille matière. Aujourd’hui, Notre attention se tourne vers l’un des plus communs, des plus difficiles à déraciner et que, parfois, l’on doit déplorer là où toute autre chose est digne de tout éloge pour la beauté et la somptuosité du temple, pour la splendeur et la soigneuse ordonnance des cérémonies, pour le nombre du clergé, pour la piété et la gravité des ministres qui célèbrent. Nous voulons dire l’abusdans les choses du chant et delà musique sacrée.

En effet, soit à cause de la nature de cet art fluctuant et variable par lui-mème, soit à cause de l’altération successive du goût et des habitudes dans la longue durée des temps, soit à cause de la funeste influence qu’exerce sur l’art sacré l’art profane et théâtral, soit à cause du plaisir quç la musique produit directement et qu’il n’est pas toujours facile de contenir en de justes bornes, soit à cause des nombreux préjugés qui, en cette matière, s’insinuent peu à peu et qui se maintiennent ensuite avec ténacité, même auprès de personnes autorisées et pieuses, il y a une tendance continuelle à dévier de la voie droite, établie en vue de la fin pour laquelle l’art est admis au service du culte, et qui est marquée très clairement dans les canons ecclésiastiques

dans les ordonnances des conciles généraux et provinciaux, dans les prescriptions émanées à plusieurs reprises des Sacrées Congrégations romaines et des Souverains Pontifes, Nos prédécesseurs.

Il Nous est agréable, et c’est une vraie satisfaction de notre âme, de reconnaître le grand bien qu’en ce point, depuis dix ans, il a été fait même dans Notre auguste ville de Rome, et dans beaucoup d’églises de Notre patrie, mais d’une façon spéciale chez certaines nations où des hommes excellents et pleins de zèle pour le culte de Dieu 'se sont, avec l’approbation du Saint- Siège et sous la direction des évêques, réunis en des sociétés florissantes et ont remis en plein honneur la musique sacrée dans presque toutes les églises et chapelles. Toutefois ce bien est encore très loin d’être commun à tous. Si Nous consultons Notre expérience personnelle et tenons compte des plaintes extrêmement nombreuses qui Nous sont venues de toutes parts, depuis qu’il a plu au Seigneur d’élever Notre humble personne au faîte suprême du Pontificat Romain, Nous croyons que, sans différer plus longtemps, Notre premier devoir est d’élever aussitôt la voix pour réprouver et condamner tout ce qui, dans les fonctions du culte et dans la célébration ecclésiastique s’observe de diflorme, par rapport à la droite ligne indiquée.

En effet, Notre très vif désir étant que le véri-

table esprit chrétien relleu risse de toute manière et se maintienne chez tous les fidèles, il est nécessaire de pourvoir, avant lout autre chose, à la sainteté et à la dignité du temple, où les fidèles se réunissent précisément pour se pénétrer d^cet esprit puisé à sa première et indispensable source, qui est la participation active aux saints mystères et à la prière publique et solennelle de l’Eglise.

Il serait vain d’ailleurs d’espérer que l'abondance des bénédictions du ciel descende sur Nous à cette fin, quand Notre hommage au Très-Haut, loin de monter en odeur de suavité, remet, au contraire, dans la main du Seigneur les fouets dont jadis usa le divin Rédempteur pour chasser du temple ses indignes profanateurs.

Dans ce but, afin que personne dorénavant ne puisse trouver une excuse dans le fait de ne pas connaître clairement son devoir et que soit écartée toute indécision dans l’interprétation de certaines règles déjà prescrites, Nous avons jugé opportun d’édicter brièvement les principes qui règlent la musique sacrée et de rassembler en un cadre général les principales prescriptions de l’Eglise contre les abus les plus communs en pareille matière.

En conséquence de Notre propre mouvement et de science certaine, Nous publions Notre présente c( Instruction »,à laquelle, comme au code

juridique de la musique sacrée, Nous voulons, de Notre pleine autorité apostolique, qu’il soit donné force de loi, et à tous, par le présent chirographe, nous en imposons la plus scrupuleuse observation.

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