‹ Éclairage à l'électricité; (volume 2)Chapitre 1 sur 46 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

Télectricité, en proclamant qu'il est cent fois plus économique que le précédeut, qu'on peut l'employer partout, le fractionner indéfiniment et que sa lumière est aussi belle et aussi intense que le soleil lui-même.

D'autres personnes, malheureusement plus nombreuses que les premières, ne veulent pas sortir de la routine et entravent par leur inertie la marche de tous les progi^ès. Pour elles, la lumière électrique ne saurait exister industriellement ; c'est un foyer fantaisiste qui éblouit ceux qui le regardent et fatigue tellement les yeux, qu'il est matériellement impossible d'en faire usage.

Nous ignorons les surprises que l'avenir nous réserve, mais notre connaissance du sujet nous permet d'affirmer que le rôle de l'électricité est loin d'être arrivé à sou entier développement, surtout au point de vue de la transformation du mouvement en lumière. L'important n'est d'ailleurs pas de savoir ce qui sera, c'est de connaître ce qui est. Et, c'est pourquoi nous présentons aujourd'hui une étude sur les éléments qui sont définitivement entrés dans le domaine pratique de l'éclairage à l'électricité et sur les meilleures conditions de les mettre en usage. Plus tard, lorsque les perfectionnements surgiront, on les mettra d'autant mieux à profit que l'on aura su mieux apprécier leurs avantages ; en attendant il nous paraîtrait peu raisonnable . de négliger l'emploi de ce qui est déjà très-bon, sous prétexte qu'on arrivera un jour à quelque chose de plus parfait.

La lumière électrique peut être utilisée de deux manières, soit en de puissants foyers permettant de voir ou d'être vu à de graildes distances ; soit en des foyers moins intenses donnant un éclairage propre à toutes sortes de travaux de nuit. Dans le premier cas, rien ne peut égaler les services rendus par l'électricité; dans le second cas, ce n'est plus qu'une affaire de comparaison, tantôt à l'avantage du gaz,

AVANT-PROPOS. vu

de rhuile, du pétrole, etc., tantôt à lavantage de Télectricité.

Ainsi pour le service des phares, des forts, des navires, des côtes, des armées en campagne, la lumière électrique est supérieure à toutes les autres ; pour les ateliers ou les manufactures, pour les chantiers en plein air et les vastes cours d usines, elle est également excellente; pour l'éclairage des maisons d'habitation et de certaines fabriques à plafonds bas, où il existe une grande subdivision de locaux, le gaz, rimile ou le pétrole sont préférables. Dans beaucoup d'établissements installés aujourd'hui avec le gaz, il y a intérêt à lui substituer l'électricité.

Disons-le tout de suite, le nombre des applications serait assez restreint si l'on devait continuer à se priver de lumière, comme c'est l'habitude aujourd'hui dans la plupart des manufactures, où la surveillance est impossible la nuit, où le travail produit pendant les veillées est beaucoup moindre que pendant la journée. Mais, hâtons-nous d'ajouter que ce statu quo n'est pas à redouter ; dès que les industriels intelligents, et le nombre en est grand, auront remplacé leur éclairage actuel par un éclairage quatre ou cinq fois plus intense, ils ne tarderont pas à constater qu'ils produisent mieux, en plus grande quantité, et, par suite, plus économiquement ; leur exemple ne sera pas perdu, et, pour soutenir la concurrence, leurs confrères se hâteront de les imiter.

A l'appui de cette opinion, il nous suffira de rappeler que la machine Gramme, avec laquelle on obtient pratiquement l'éclairage électrique, n'avait l'année dernière que douze applications, tandis qu'elle en compte aujourd'hui plus de deux cents. Et cependant on n'a pas manqué de critiquer cette nouvelle machine : on disait' qu'elle s'échauffait, qu'elle était onéreuse, incommode, capricieuse; on allait jusqu'à prétendre qu'elle ne pouvait pas

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