MACHINES GRAMME. H
balais métalliques et le faisceau de conducteurs sur lequel se recueille le courant ; cependant elle n'a donné lieu, depuis cinq ans, à aucun inconvénient sérieux.
Entrant dans la voie des améliorations, M. Gramme a tout d'abord cherché à supprimer les étincelles et réchauffement de sa machine, et, comme l'intensité de la lumière demandée alors par divers gouvernements ne dépassait pas 500 becs, il a été amené à réduire les dimensions de l'appareil primitif.
Nous représentons (fig*. 32) cette première transformation. La machine a toujours six barres d' électro-aimants; mais, au lieu d'être g^roupées sur deux lignes droites, ces barres sont groupées en triangles. Deux anneaux permettent d'envoyer le courant total dans les électro-aimants, ou de magnétiser les électro-aimants avec l'un d'eux, ou enfin de produire deux lumières séparées.
Cette machine pèse 700 kilogrammes ; sa hauteur est de 0",90, sa largeur de 0",65. Le poids du cuivre enroulé sur les barres d'électro-aimants est de- 180 kilogrammes, celui des deux anneaux de 40 kilogrammes. Elle produit une lumière normale de 550 becs, qui s'est élevée dans des expériences à grande vitesse jusqu'au double. Quand on envoie le courant dans deux régulateurs, chacun d'eux donne 150 becs Carcel.
L'appareil ainsi constitué a été installé à bord du Suffren et du Richelieu ^ de la marine française : de la Livadia et du Pieire-le-Grand, de la marine russe : il est employé par plusieurs gouvernements pour le service des places fortes. La vitesse ne dépasse pas 400 tours à la minute. Aucun échauffement nuisible ne se produit dans la bobine ou les électro-aimants. Bref, la machine est excellente, mais son prix est un peu élevé et son intensité lumineuse un peu faible lorsque l'atmosphère est brumeuse.
C'est pour remédier à ces deux inconvénients que l'inventeur a étudié la machine (fig. 33 et 34), laquelle a
donné des résultats très-supérieurs à toutes celles qui
l'avaient précédée.
Elle se compose de deux flasques en fonte disposées verticalement et réunies par quatre barres en fer, servant d'àmes à Félectro-aimant. L'axe est en acier de très-bonne qualité; ses portées sont relativement très-longues. L'anneau central, au lieu d'être formé d'un fil unique attaché
FiG. 33. Machine de 2 000 becs (coupe longitudinale}.
par fractions ég^ales à un collecteur commun, est formé de deux fils de même long'ueur enroulés parallèlement sur le fer doux et reliés à deux collecteurs pour la prise des courants. Les armatures des pôles de l' électro-aimant sont très-développées et embrassent les sept huitièmes de la circonférence totale de l'anneau central.
Les balais, au nombre de quatre, recueillent les courants développés.