MODES DE COUPLAGE DE LA PILE
PARALLELES
de 94 éléments.
4 ber.
5 becs 9 becs
PARALLÈLES
delSélémentii.
ToUlité
de la lumière
émise par
l'ensemble
des lampes.
l/î- de bec.
3/4 de bec.
2 becs.
6 becs 1/2
PARALLÈLES
de 11 éléments.
Totalité
de la lumière
émise par
l'ensemble
des lampes.
2 becs 1/2.
3 becs.
4 becs.
PARALLÈLES
démêlements.
Totalité de la lumière émise par l'ensemble des lampes.
3/4 de bec
1 bec 1/2.
8 becs.
Plusieurs observations importantes ont été faites pendant les expériences.
Quand les récipients sont étanches et les contacts soigneusement mis d'aplomb, les charbons ont une durée satisfaisante. Le premier charbon d'une lampe ne dure jamais moins d'un quart d'heure, quelquefois il ne se brise qu'au bout de 30 à 35 minutes, mais cela est très-rare, sa durée moyenne est de 21 minutes. Les charbons qui succèdent, durent en moyenne 2 heures, à moins cependant que l'intensité lumineuse n'atteig*ne 40 becs, auquel cas ils ne durent en moyenne qu'une demi-heure. Dans l'expérience des 4 séries parallèles de i2 éléments, les 5 lampes étant assemblées en batteries et une seule allumée, le charbon, qui donnait 65 becs, n'a duré que 23 minutes en moyenne.
L'examen attentif des charbons incandescents, à travers un verre fortement coloré, a montré qu'ils ne sont pas
uniformément brillants. Ils présentent des taches obscures, indices de non-homog»énéité et siég^es de g^erçures qui désag*rég*ent rapidement le charbon.
Le vide n'étant jamais parfait dans les récipients, le premier charbon est brûlé en g'rande partie. Il semble qu'ensuite, le peu d'oxyg*ène contenu dans la lampe étant transformé en acide carbonique et oxyde de carbone, le charbon doive se conserver indéfiniment. Mais il se produit alors une sorte d'évaporation qui continue à ruiner lentement les bag*uettes incandescentes. Cette évaporation est d'ailleurs nettement prouvée par un dépôt pulvérulent de charbon sublimé qu'on trouve sur la surface intérieure des cloches, sur les diverses pièces intérieures : tigres, contacts, charnières, etc.
Aucune cloche n'a été cassée par chaleur ou refroidissement pendant toutes les expériences qui ont duré plusieurs mois, mais plusieurs ont eu leur col brisé par le serrag^e trop énerg'ique du joint.
La partie délicate de la lampe est dans la série des contacts qui précèdent la bag*uette incandescente. On n'obtient l'aplomb des charbons, indispensable à leur durée, qu'avec des précautions minutieuses et long^ues. Après rupture, le contact ne se reforme pas toujours automfiîtiquement, et une fois sur trois on est obligée de secouer la lampe pour provoquer l'allumag^e du charbon suivant.
Les rendements maxima ont constamment été ceux obtenus avec une seule lampe et avec 4 éléments de quantité ; dès qu'on employait deux lampes ou qu'on descendait à 2 éléments de quantité, les résultats étaient considérablement diminués.
Nous avons fait tout récemment les mêmes expériences avec des charbons artificiels Gaudoin de même section que les premiers, et les résultats ont été plus satisfaisants. Ainsi la lumière totale produite avec 48 éléments en
4 séries et une seule lampe a atteint 80 becs, et celle produite avec la même pile et 3 lampes a atteint 30 becs.
La même pile, couplée en tension et agpissant sur une lampe Serrin, donnait un arc voltaïque de i05 becs ; mais la lumière obtenue par incandescence était beaucoup plus fixe et plus agréable aux yeux.
De ce qui précède il paraît résulter que le procédé King* et Lodyg'uine est beaucoup plus favorable aux g*rands foyers qu'à la divisibilité de la lumière électrique ; cependant il convient de remarquer que lorsqu'on ne dépasse pas iO becs par lampe, les charbons ont une assez long*ue durée, tandis qu'ils s'usent très-vite pour une intensité de 60 et 80 becs.
Les charbons de 0™,00i6 de diamètre et 0",0i8 de long'ueur lumineuse étaient jusqu'alors les seuls que nous ayons essayés ; ils se comportaient assez bien avec un fort courant, mais ne donnaient aucune lumière avec i2 éléments. Il était intéressant de chercher quelle lumière on peut obtenir avec i2 éléments en diminuant la long*ueur des charbons. Ce fut le but d'une nouvelle série d'expériences.
Cinq combinaisons diverses ont été tentées, en faisant varier tour à tour le couplag'e de la pile, le diamètre du charbon et sa long^ueur.
Les meilleurs résultats ont été obtenus avec une lampe unique g*arnie de charbons Gaudoin de 0",00i6 de diamètre et de 0",0i5 de partie incandescente.
La lumière constatée a varié entre 2 et 8 becs, elle a été le plus souvent de 5 becs. Chaque charbon a duré i5 minutes en moyenne.
Nous devions reprendre toutes ces expériences, en substituant à la pile une machine Gramme combinée pour donner le meilleur effet utile possible; mais les imperfections des lampes, la difficulté d'obtenir de bons contacts,
FiG. 48. Lampe H. Fontaiiic.
les soins trop minutieux à prendre au commencement de chaque opération, nous ont décidé à étudier préalablement une lampe un peu plus commode et un peu plus pratique que celle de M. Koiln.
Cette lampe, que nous représentons fig*ure 48, est actuellement en construction chez M. Brég*uet. Elle est caractérisée par les deux points suivants : IMes charbons sont encastrés par chacune de leurs extrémités dans des contacts rigides et maintenus fixes, ce qui permet de faire fonctionner la lampe dans toutes les positions; 2* le courant électrique passe automatiquement d'un charbon à Fautre par l'action d'un électro-aimant intercalé dans le circuit.
Une description, même sommaire, n'aurait pas un g-rand intérêt^ puisque la lampe n'est pas encore exécutée; le dessin indique d'ailleurs suffisamment le dispositif que nous avons adopté pour réaliser notre projet.