APPAREILS USITÉS EN BELGIQUE
Régulateur Jaspar. — Le régulateur breveté par M. Jaspar, de Liège, est du type Archereau; mais il est plus complet et plus sensible que ne l'était celui-ci.
La figure 176 représente l'appareil en marche, au moment où les crayons sont presque complètement usés.
La tige /est en communication avec le pôle positif d'une pile ou d'une machine dynamo-électrique ; elle est complètement isolée du corps de l'appareil. Cette tige est armée, à sa partie supérieure, d'un porte-charbon et, à sa partie inférieure, d'un
guide glissant le long d'une coulisse verticale empêchant le porte-charbon de décrire un arc de cercle autour d'elle. Elle possède, comme le régulateur Serrin, deux boutons molletés qui permettent de donner au charbon supérieur une position rigoureusement en rapport avec le charbon inrérieur et de remplacer
les charbons lorsqu'ils sont totalement usés. Une petite corde est attachée au guide et à la jante d*une poulie de transmission R, et sert à relier les mouvements des deux porte-charbons.
La tige 2', en communication avec l'ensemble de l'appareil et avec le pôle négatif du générateur d'électricité, soutient le porte-charbon inférieur et pénètre en bas dans un solénoïde S.
Cette tige est en fer. Elle est attachée par une petite corde, laquelle est fixée sur la jante d'une poulie faisant corps avec la première et ayant un diamètre moindre, de sorte que, au fur et à mesure de la descente de la tige t, la tige t^ remonte d'une quantité égale à la moitié de la descente.
Près du solénoïde S, en
communication avec le courant,
se trouve un cylindre D rempli
de mercure, dans lequel se meut un piston ayant un peu de jeu
latéralement. Ce piston est relié par une tringle à la tige /'.
Un contrepoids P coulisse sur un levier horizontal attaché par une corde à une troisième poulie faisant corps avec les deux premières. Un bouton B, placé extérieurement, permet de rapprocher ou d'éloigner le poids P suivant qu'on veut diminuer ou augmenter son action.
Fig. 176. — Régulateur Jaspar.
Uû autre contrepoids r est fixé entre les bras de la première poulie et a pour but de régulariser Taction du solénoïde sur la tige en fer qui le pénètre.
Le régulateur Jaspar possède en outre une série de pièces accessoires pour embrayer le mouvement des tiges, attacher les fils conducteurs, supporter l'ensemble du mécanisme, etc., et une boîte vernie enveloppant le tout pour préserver les organes contre la poussière des ateliers et les chocs extérieurs.
Le fonctionnement est très facile à comprendre.
Au début de l'opération ou élève la tige t aussi haut que possible et on garnit les deux porte -charbons de crayons en charbon de cornue ou de crayons artificiels, en ayant soin de placer à la partie supérieure un crayon deux fois aussi long que celui du bas. On ajuste bien les pointes des crayons l'une sur l'autre, puis on fait passer un courant électrique à travers l'appareil.
L'action du solénoïde se fait immédiatement sentir sur la tige inférieure; celle-ci s'abaisse de quelques millimètres, et l'arc vollaïque jaillit entre les pointes de charbon sans amener aucune des oscillations fâcheuses qu'on remarque dans la plupart des autres régulateurs. Les tiges se trouvent ainsi embrayées tant que le solénoïde retient son armature intérieure.
Lorsque l'arc voltaïque dépasse une longueur déterminée, le courant devient plus faible, le solénoïde perd une partie de sa puissance attractive et les charbons, sollicités par le poids de la tige tj se rapprochent un peu. Ce rapprochement augmente naturellement l'intensité du courant et, par suite, l'action du solénoïde qui reprend ses fonctions.
Le contrepoids P agit en sens opposé de la tige motrice t, puisqu'il tend à la relever sans cesse ; on le fait avancer sur son levier pour lui donner un effet inversement proportionnel à la puissance de la source électrique. Cela permet d'employer un même régulateur avec des courants d'intensités diverses.
La tige qui plonge dans le mercure produit deux effets également utiles: elle empêche d'abord tout mouvement brusque des tiges, car, le mercure ne pouvant passer qu'entre le piston et la surface intérieure du cylindre, c'est-à-dire par un très petit espace annulaire, s'écoule lentement et s'oppose à une
descente ou à une montée trop rapide; puis, elle procure un excellent contact à la tige négative.
Le contact de la tige positive t est obtenu par le frottement contre le fourreau de cette tige ou par un petit frotteur disposé ad hoc.
Des expériences directes, d'accord d'ailleurs avec la théorie des solénoîdes, ont démontré que Taction magnétique exercée par le solénoïde sur la tige f est (à égale intensité du courant) d'autant plus grande que la tige est moins enfoncée dans le solénoïde; l'appareil donnerait donc un écart, entre les charbons, plus grand à la fin de la course qu'au commencement, si M. Jaspar n'eût imaginé d'établir le petit contrepoids r et de laisser la possibilité de placer ce contrepoids plus ou moins près du «entre, suivant l'intensité du courant de régime. C'est là le point saillant de l'invention.
Au début, le contrepoids r étant à gauche diminue l'action de la tige motrice et augmente, par suite, l'effet du solénoïde. Petit à petit, le moment de ce contrepoids diminue ; il devient nul au sommet et reprend des valeurs inverses, pour atteindre :Son maximum lorsque les charbons sont usés.
Notre dessin représente cette dernière position. 11 est facile de voir qu'à cet instant l'action de la tige t est augmentée de tout l'effet du contrepoids r, et que, si le solénoïde est devenu plus puissant, la force antagoniste est également plus grande. L'appareil de M. Jaspar est ainsi caractérisé par trois points: !• Cylindre à mercure empêchant les mouvements brusques des tiges et donnant un bon contact au charbon négatif;
T Contrepoids à action variable permettant de placer un régulateur quelconque sur un courant électrique plus ou moins intense ;
3"* Contrepoids mobile réglant à chaque instant l'action du f^olénoïde, et conservant à l'arc voltaïque la même loQgueur pendant toute la durée des crayons.
Régulateur Pieper. — Appareil ancien. — Le principe adopté primitivement par M. Pieper dans ses régulateurs à arc est représenté par le schéma (Fig. ill).
La tige A du porte-charbon positif est très légère ; elle glisse à frottement doux dans une sorte de fourreau, ce qui permet à Tappareil de fonctionner en dehors de la position verticale si cela est nécessaire.
L'électro-aimant B, que, pour simplifier, nous indiquons vertical, est ordinairement horizontal ; il est monté en dérivation et agit sur une armature articulée. Cette armature est maintenue par deux ressorts antagonistes RR et munie d*un bras transversal DE garni d*un petit sabot métallique à chaque extrémité.
Une palette F fixée sur l'armature C vient, à chaque oscillation, établir un contact en G, lequel contact a pour effet de retirer Télectro-aimant B du circuit et de ramener Tarmature G dans la position que lui assignent les ressorts RR.
Le recul est obtenu, comme dans le régulateur Breguet, au moyen d'un électro-aimant excité par le courant principal et placé sous le porte-charbon négatif, à la partie inférieure de la lampe.
Dès que l'action de l'électro-aimant B se fait sentir par suite de la résistance anormale de l'arc, l'armature G est attirée, le sabot D quitte la tige, tandis que le sabot E presse contre sa surface et l'oblige à descendre un peu.
L'électro-aimant est mis hors du circuitet l'armature reprend sa position primitive. Le courant revient en B qui sollicite de nouveau son armature et fait agir les sabots D et E. Ge mécanisme constitue ainsi un moteur électrique dont les vibrations incessantes donnent au charbon supérieur un mouvement presque continu d'une lenteur extrême.
Une série de vis, manœuvrées de l'extérieur, permet de régler les ressorts, le trembleur et tous les organes qui ont une influence sur l'arc.
Fig. 177. — Mécanisme du régalateur- Pieper.
Cet appareil fonctionne bien ; mais il doit surtout cette qualité à sa construction très soignée et très bien comprise ; on reconnaît l'ancien armurier dans son inventeur.
Appareil nouveau. — M. Pieper, pour rendre plus sûr le mouvement de rapprochement des crayons dans sa lampe, a imaginé la disposition représentée (Fig.
178 et 179) qui supprime complètement les sabots du trembleur.
L'électro-aimant en dérivation A A' a deux paires de pôles : l'une à l'extérieur, qui tend à les faire tourner autour d'un axe commun pour les amener au contact des armatures S et N ; l'autre à l'intérieur, ayant pour mission de retenir la tige en fer D du porte-charbon positif. Une douille en deux parties B, placée à la partie centrale de l'appareil, fait corps avec l'électro-aimant. Cette douille est terminée par une partie filetée qui s'engage dans l'écrou fixe C, et qui porte à son extrémité supérieure une traverse maintenue dans une position déterminée au moyen de ressorts antagonistes. En C, est fixée une tige de contact qui met l'électro-aimant hors du circuit lorsqu'elle vient toucher la vis V. Le portecharbon D a son mouvement contrôlé par un encliquetage à friction qui l'empêche de tourner de droite à gauche et de descendre sous la seule action de la pesanteur.
Le recul est produit par l'électroaimant MM' agissant sur la tige du portecharbon inférieur. Lorsque l'arc dépasse sa longueur de régime, l'influence magnétique des bobines AA' les fait tourner de gauche à droite ; la
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Fig:. 178 et 179. — Nouveau régulateur Piéper.
REGULATEURS A ARC.
douille B et la tige D participent à ce mouvement, et ces trois organes descendent dans Técrou G; au même instant, Télectroaimant est retiré du circuit par l'interrupteur, et les ressorts antagonistes font tourner les pièces en sens inverse, ce qui les oblige à remonter à leur place initiale. Seule, la tige D, qui ne peut pas tourner de droite à gauche et qui n'est d'ailleurs plus attirée par les pôles intérieurs de l'électro-aimant, reste en place. Le trembleur continue ses vibrations, et la tige D descend petit à petit pour compenser l'usure des pointes.
Cet appareil est étudié soigneusement. Il peut s'établir à un prix modéré et donner un excellent service, à la condition d'être bien entretenu. Une oxydation, même minime, de la tige D, rendrait la descente un peu moins régulière.
Régulateur de Puydt. — Dans cet appareil (Fig. 180), la tige du porte-charbon supérieur sert de moteur ; elle engrène avec la première roue A d'un jeu d'engrenages placé sur un châssis pouvant osciller autour de l'axe de cette roue.
La tige inférieure, également taillée en crémaillère, engrène avec une seconde roue calée sur le même axe, et vient butter sur la traverse b. Les deux roues qui engrènent avec les tiges ont un diamètre tel que le point lumineux ne Fig. 180. - Régulateur dePuydt.
change pas de hauteur pendant toute la durée de l'éclairage.
3t6 ÉCLAIRAGE A L'ÉLECTRICITÉ.
Le recul est obtenu au moyen d'un électro-aimant P placé sur le courant principal et agissant sur une armature oblique reliée au châssis des rouages. L'armature P\ influencée par Faction magnétique de Télectro, fait osciller le châssis autour de l'axe inférieur, ce qui oblige les tiges à s'éloigner l'une de l'autre. L'arc est réglé à une longueur constante par un électro-aimant de dérivation Q dont l'armature Q' est fixée à un levier en U, oscillant autour du même axe que le châssis des rouages. Ce levier est muni à son extrémité de droite d'un doigt d'arrêt a qui embraye ou désembraye une roue à ailettes terminant le jeu d'engrenages. Un ressort facilement réglable ramène le levier à sa position normale dès que le courant est interrompu.
Ce régulateur est manufacturé par M. Jaspar, de Liège. Uest simple et donne de bons résultats dans la pratique industrielle.