APPAREILS USITÉS EN ANGLETERRE
Régulateur Grompton. — Le régulateur primitif de M.Crompton était caractérisé par un électro-aimant à double armature : la première, assez massive, placée près des pôles de l'électro; la seconde, très légère, superposée à la première et maintenue à une certaine distance de la précédente par un ressort antagoniste.
Le rôle de l'armature principale était de produire l'écart des charbons; celui de l'armature légère, d'opérer le rapprochement successif des pointes.
L'armature principale faisait corps avec le porte-charbon négatif; elle prenait une position déterminée quand le courant était envoyé dans le régulateur et conservait cette position jusqu'à ce que le circuit /ùt rompu. L'armature légère portait un bras coudé qui venait faire frein sur le dernier mobile d'un mouvement d'horlogerie, quand l'écart, des pointes était normal, et qui laissait défiler les engrenages et la crémaillère, taillée sur une deg faces de la tige positive, lorsque l'arc devenait trop grand.
L'électro-aimant n'avait ainsi, en marche normale, qu'à faire
mouvoir une pièce pesant quelques grammes, ce qui rendait l'appareil extrêmement sensible : pour un millimètre de rapprochement, il fallait plus de cinquante déclenchements du mouvement d'horlogerie.
C'est, sans doute, cette sensibilité exagérée qui rendait l'appareil trop délicat et trop difficile à régler, et qui en a fait abandonner l'exploitation au bout de quelques années.
Régulateur Grompton et Crabb. — Le nouveau régulateur manufacturé par M. Cromptonest représenté (Fig. 181). 11 se compose essentiellement d'un grand solénoïde différentiel A B, dans lequel se meut un tube en fer J, maintenu dans une position déterminée par un ressort antagoniste intérieur, dont on règle la tension et la hauteur dans le tube au moyen de deux vis facilement manœuvrables de l'extérieur.
Ce régulateur possède généralement deux paires de crayons, afin de pouvoir fonctionner 12 heures consécutives avec la môme garniture de charbons.
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Fig. 181. — Régulateur CromptoQ et Crabb.
Les tiges M et N sont taillées en crémaillères et engrènent avec des pignons sur l'arbre desquels sont calées les roues de frein C et D.
Les sabots E et F, commandés par les leviers G et H, solidaires de l'armature du solénoïde A B, empêchent les roues C et D de tourner, tant que l'arc voltaïque ne dépasse pas sa longueur de régime.
Les deux tiges extérieures V V servent à maintenir le globe entourant le foyer lumineux.
Les porte-charbons inférieurs S et T sont supportés par une tige centrale.
Les leviers K et L, sur lesquels reposent les sabots de frein E et F, sont articulés en 0 et 0', et portent, entre les sabots de l'articulation, deux petites tiges à peu près égales au rayon des roues C et D.
Si l'action du solénoïde amène les leviers L et K au-dessus de l'horizontale, tout le poids des tiges et des charbons est supporté par les roues CD, et le frottement entre ces roues et leurs sabots est suffisant pour les empêcher de tourner; par suite les crémaillères ne peuvent pas descendre. Quand, au contraire, les leviers L et K sont en dessous de l'horizontale, le poids est supporté par les petites tiges intermédiaires. Les roues peuvent alors tourner et les crémaillères s'abaissent jusqu'à ce que les pointes des crayons viennent se toucher.
Quand on envoie le courant dans le régulateur, il traverse d'abord le gros fil du solénoïde ; le noyau se soulève et entraîne les leviers L, K et les roues C, D ; l'écart se produit entre les pointes et en même temps les roues sont embrayées. Au moment où l'arc dépasse sa longueur normale, le courant dérivé qui traverse le fil fin du solénoïde devient plus fort, et le noyau s'abaisse avec les leviers et les roues. Ces dernières deviennent libres, et les crémaillères descendent d'une certaine quantité.
Les deux paires de charbons ne brûlent pas en même temps ; la petite tige intermédiaire de gauche est plus longue que celle de droite. Le charbon de droite est ainsi relevé avant celui de gauche, et, par suite, les charbons X sont séparés avant les charbons Y et maintenus à une trop grande distance pour qu'il y
ait formation d'un arc entre eux. Quand les charbons Y sont brûlés, un arrêt empêche leur porte-charbon de descendre davantage ; l'arc devient très grand, et le noyau s'abaisse fortement, ce qui finit par rendre libre la seconde crémaillère et par amener les pointes des charbons X en contact.
La seconde paire de cliarbons brûle comme la première, et,
Fig. 182. — Régulateur Rogers.
Fig. 183. — Mécanisme du régulateur Rogers.
lorsqu'elle est consumée, un arrêt empêche la crémaillère de descendre plus bas; le mouvement du noyau tubulaire s'accentue encore jusqu'à ce qu'un contact vienne s'effectuer et mettre la lampe hors du circuit. Le même contact se produit si, pendant la marche, le courant est interrompu pour une cause quelconque : rupture d'un charbon, grippement d'une crémaillère, etc., etc. Le régulateur Crompton et Crabb est un appareil de premier ordre. Le nombre de ses applications est considérable, sans
atteindre cependant celui des applications des régulateurs Gramme et Thomson-Rice.
Régulateur Rogers. — Le régulateur combiné par M. Francis Rogers, de Londres, est Fun des plus simples que nous connaissions. Nous le représentons (Fig. 182).
Le courant entre par la borne A et sort par la borne E.
Le solénoïde B B est garni de gros fil que traverse tout le courant.
Le manchon en fer doux F est terminé par une embase carrée en deux parties : l'une fixe, l'autre mobile. Ces deux parties sont reliées entre elles par quatre lamelles HH. La partie mobile G est munie d'une vis réglable à volonté, dont la tête vient reposer sur la plaque I (Fig. 183).
Dès que le circuit est fermé, l'armature pénètre dans le solénoïde; la pièce G vient appuyer sur la tige motrice et l'entraîne avec elle. L'arc jaillit entre les pointes D et G. Lorsque le courant s'affaiblit dans le solénoïde, le manchon en fer doux descend un peu ; la pièce G cesse de presser contre la tige motrice, et celle-ci, en tombant, diminue la longueur de l'arc.
La longueur normale de l'arc est réglée aumoyendel'écrouJ. Il va sans dire que nous ne saurions recommander un appareil sans ressorts ni organe d'amortissement; nous le signalons à cause de la simplicité du désembrayeur.
Régulateur Lever. — M. Lever, de Manchester, a adopté le système de coinçage américain pour arrêter la descente du portecharbon positif; les détails de construction de son appareil sont assez originaux pour mériter une mention toute spéciale.
L'électro-aimant FF (Fig. 184) est garni de fil fin et placé en dérivation sur le courant principal. L'attraction de cet électroaimant sur son armature A est contrebalancée par un ressort 0 facilement réglable en E. La rondelle de coinçage B, que nous avons représentée à part (Fig. 185), est soulevée par le taquet 1 faisant corps avec le levier oscillant L sur lequel l'armature A se trouve fixée. Quand la rondelle est horizontale, le porte-charbon supérieur peut glisser librement sous l'action de la pesanteur;
mais, ^uand elle est incliDée par le ressort, elle pince le portecharbon et le retient.
Le fonctionnement du mécanisme se comprend à première vue : si la lampe n'est pas dans le circuit, la rondelle retient le porte-charbon et les deux crayons restent séparés l'un de l'autre, si leur contact n'est pas assuré d'avance ; quand on ferme le circuit, le courant traverse l'électro-aimant F; l'armature A est vivement attirée, ce qui donne la liberté à la tige G, et les deux pointes se touchent presque instantanément. A ce moment, le courant trouvant un passage ayant moins de résistance que les fils de l'électroaimant, l'action magnétique de celui-ci diminue notablement, et le ressort D devenu prépondérant soulève l'armature L, la rondelle B et la tige C, que le coinçage rend solidaires entre elles. L'arc se trouve ainsi établi.
Les crayons brûlent alors jusqu'à ce que l'augmentation de résistance de l'arc fasse dériver une proportion plus grande du courant dans les fils de l'électro-aimant et permette à l'action magnétique d'équiUbrer celle du ressort. La rondelle B prend, petit à petit, une position de plus en plus horizontale-
Fig. 184. — Régulatoar Lever.
et laisse enfin descendre la lige C. Cette descente est généralement très faible, presque imperceptible, et la tige est de nouveau coincée, jusqu'à ce qu'une nouvelle augmentation de Tare produise un nouveau réglage; et ainsi de suite, jusqu'à usure complète des crayons.
Une pompe à glycérine R amortit les mouvements brusques de l'armature.
Une vis G permet de régler la hauteur du support sur lequel repose la rondelle B lorsqu'elle est inactive.
Un écrou J limite le rapprochement de Tarmature A des pôles de l'électro-aimant F. Les vis S S' servent d'attaches aux conducteurs introduisant les tiges et, par suite, les charbons, dans le circuit.
Quand toutes les lampes d'un circuit sont mises en action, si les pointes ne se touchent dans aucune d'elles, la résistance des électro- '^'deiie^^de win'^^'e ^ï"^"*^ est très grande et, à moins d'être excitée du régulateur Le- elle-même en dérivation, la dynamo est souvent impuissante à produire l'excitation de son propre inducteur et celle des électro-aimants des lampes. Pour obvier à cette difficulté, M. Lèvera imaginé un appareil automatique qui a pour effet de placer la dynamo en court circuit sur une dérivation de résistance modérée jusqu'à ce que le courant ait atteint son intensité normale. Cet appareil cesse d'agir dès que les lampes sont allumées.
Récemment M. Lèvera modifié plusieurs détails de son régulateur : il a remplacé l'électro-aimant par un solénoïde pour que l'armature ait une plus grande course ; il a ajouté un coupecircuit automatique analogue à celui de la lampe Brush, pour rendre les appareils indépendants les uns des autres lorsqu'ils sont placés en série ; il a complètement transformé le châssis et le bâti de la lampe pour en diminuer le volume, etc., etc. Ces changements ont sensiblement amélioré la marche de l'appareil qui était souvent irrégulière avec la première disposition.
Régulateur Burgin. — Le mécanisme de cet appareil repré-
sente (Fig. 186) se compose d'un électro-aimant A à gros fil; d'une armature B garnie, au pourtour, de fil de très grande résistance et articulée aux deux leviers CC d'une poulie à friction D sur laquelle frotte le ressort K; d'un support T faisant corps avec l'armature et formé de deux flasques entre lesquelles est placé l'arbre 0 de la poulie D; d'un ressort antagoniste R; d'une poulie P; d'un anneau M et de diverses pièces accessoires.
Les fils de l'électro-aimant et de l'armature sont enroulés de telle sorte que les pôles magnétiques engendrés dans l'armature sont de même nom que les pôles voisins de l'électro-aimant.
Le porte-charbon supérieur est suspendu au moyen d'une corde enroulée sur la poulie N. Cette corde passe sur la poulie Pet entre dans l'armature B, qui est perforée dans toute sa longueur.
Une deuxième corde, enroulée sur un tambour également placé sur l'arbre 0, a son extrémité garnie de l'anneau M et sert à remonter le porte-charbon supérieur quand les crayons sont usés-,
A l'allumage, l'électro-aimant attire son armature ; les leviers CC oscillent; l'arbre 0 s'élève; l'arc se produit; en même temps le ressort K embraye la roue D.
Par suite de la combustion des pointes des charbons, la longueur de Tare augmente peu à peu, ainsi que sa résistance. Le courant dérivé autour de l'armature et l'aimantation de cette dernière augmentent par conséquent jusqu'à ce que la répulsion entre les polarités de même nom permette à l'armature de s'abaisser un peu. Le volant se dégage de l'action du frein et le porte-charbon supérieur descend un peu, grâce à son propre poids. Le courant dérivé autour de l'armature et son magnétisme diminuent immédiatement, et tout le système entre dans un état
Fig. 186. — Régulateur Bûrgin.
d'équilibre instable entre Faction combinée de rattraction magnétique et du ressort K, d'un côté, et celle du poids du portecharbon et du ressort R, de l'autre. Il s'ensuit un avancement presque continu du crayon positif et, par suite, une fixité de lumière satisfaisante.